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La rentrée américaine 2016

Comme prévu, voici donc un rapide tour d’horizon des nouveautés de cette rentrée.

Je reprends mon système : feu rouge (on arrête là les dégâts), feu orange (on continue éventuellement si planning de visionnage pas trop chargé), feu vert (vivement le prochain !) ;

Autant vous le (re)dire tout de suite, cette année il n’y a pas de gros coup de cœur pour l’instant…

Cet article sera mis à jour la semaine prochaine avec la suite des nouveautés…

Du côté des chaines câblées ou de streaming :

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mini feu rouge 2Quarry (Cinemax) Située dans les années 70, la série raconte sans grande surprise comment un vétéran du Vietnam devient un mercenaire. C’est bien filmé, mais qu’est ce qu’on s’ennuie ! Il manque un angle d’attaque pour rendre la chose plus intéressante.

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mini feu rouge 2Graves (Epix) Le postulat de cette comédie était sympathique : un ancien président républicain, devenu vieux, se rend compte qu’il a été le plus mauvais dirigeant de l’histoire. Malheureusement sa quête de rédemption se contente d’un discours creux, où – vous allez rire – le président fugue et fume des joints. Il ne reste donc plus rien, à part la performance d’acteur de Nick Nolte et la présence sympathique de Sela Ward.

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mini feu rouge 2Easy (Netflix) Il s’agit d’une anthologie de Swanberg (qui semble découvrir ainsi les attraits du monde des séries par rapport au cinéma indépendant). Elle tente de décrypter les rouages de la sexualité et de l’amour. Il y a de l’idée dans la première histoire, qui tente de rappeler comment notre psyché joue avec l’attribution des rôles donnés aux femmes et aux hommes. Mais le propos reste largement superficiel, noyé sous une tonne de scènes rendant l’acte sexuel encore plus banal et déprimant. Je n’irai pas jusqu’à dire que l’enrobage est prétentieux, quoique…

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mini feu rouge 2Falling Water (USA Network) Si comme moi vous détestez les scènes de rêve dans les séries, fuyez ! Falling Water essaye de monter une mythologie autour de la mise en commun de rêves de personnages. C’est absurde, prétentieux, ennuyeux au possible, et on se contrefiche complètement des personnages. Oui, même l’héroïne, là, qui ne sait pas si elle a eu un bébé.

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mini feu rouge 2High Maintenance (HBO) Une comédie sur un dealer de cannabis qui rencontre ses clients ? Pourquoi pas, mais alors il faut me démontrer qu’il y a quelque chose derrière. On s’ennuie ferme devant le pilote. Lorsque notre dealer attend impatiemment qu’on le paye pour partir, on est avec lui : vivement que ce théâtre improvisé se finisse, qu’on puisse lancer, je sais pas moi, une série plus passionnante !

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mini feu rouge 2Better Things (FX) La comédienne de (Lucky) Louie tente de nous toucher avec son quotidien de mère. Malheureusement, ça parle un peu dans le vide, et ça tourne vite à l’introspection sexuelle. Pas facile d’aborder ce qui s’est fait un million de fois à la télévision.

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mini feu vert 2Berlin Station (Epix) Lorsqu’un écrivain spécialisé dans l’espionnage se lance dans la création d’une série d’espionnage, ça donne forcément un récit bien construit, et bien rythmé. Le point fort c’est surtout la grande sobriété de la mise en image. Ni emphase, ni paranoïa. Pas de récit qui s’embourbe dans les clichés sur la drogue ou l’alcool. Pas de voyeurisme sur la sexualité. Juste des hommes et des femmes faisant leur boulot au sein de la CIA, et qui essayent d’avoir une vie à côté. Les acteurs sont tous excellents. Je n’ai pas résisté au deuxième épisode, qui montre bien les dérives du système de la CIA, qui broie les hommes, les utilise, les jette. Bien sûr l’intrigue centrale a son lot de rebondissements, rien de foncièrement novateur, mais il y a clairement une prime à l’efficacité.

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mini feu rouge 2Aftermath (SyFy) L’apocalypse est un des thèmes favoris chez nos amis américains. Rien de neuf sous le soleil dans cette série, on assiste à une succession de meurtres et d’ explosions. L’épisode est ainsi rythmé régulièrement par les cris d’horreur des filles. On tente maladroitement de nous lier ça à une mythologie, mais le cœur de la série c’est l’action et les effets spéciaux. Exit le mystère et l’ambiance. Bonjour les dialogues mal écrits, et les personnages incohérents, qui hurlent puis reprennent leur discussion comme si de rien n’était.

Du côté du network traditionnel :

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mini feu rouge 2Bull (CBS) Attanasio tente de nous remixer House avec Weatherly en génie prédisant les réactions d’un jury. Mais au final il nous livre un essai raté sur les rouages du système judiciaire américain, se focalisant sur des twists et des ficelles vues et revues. Non merci.

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mini feu orange 2Designated survivor (ABC) A l’occasion du discours du président aux deux assemblées réunies, notre héros joué par Kiefer Sutherland est mis à l’écart comme la procédure l’exige. Il devient alors le nouveau président des USA quand une énorme bombe extermine en une fois tous les élus. La série semble avoir deux lignes intéressantes, celle d’un candide qui va assumer le pouvoir, et celle de la conspiration intérieure (avec Maggie Q à l’enquête) . C’est efficace, mais on espère que la série va tenir sur le long terme.

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mini feu orange 2Lethal Weapon (FOX) De façon étonnante, le remake télévisuel des films d’action débouche sur quelque chose de bien calibré. Certes, les acteurs sont bons (même si Damon Wayans est en deça) mais le script respecte surtout bien l’univers, lui donnant la dimension humaine tant espérée. J’ai là aussi des doutes sur le long terme, mais pourquoi pas….

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mini feu rouge 2Pitch (FOX) Contrairement à beaucoup de critiques, je n’ai pas du tout aimé ce pilote. La raison est simple : sous son habillage féministe se cache une histoire cousue de fil blanc dans l’univers du baseball. Aucun twist à prévoir. On y retrouve évidemment le cliché du sportif qui n’arrive pas à réussir ses lancers mais qui finit par réussir au dernier moment. Même le tout dernier twist censé apporter une motivation humaine plutôt que sportive se voyait à des kilomètres. Après, je comprends qu’on puisse s’enthousiasmer sur le contexte progressiste de la série (la première femme à jouer la major league), mais d’un point de vue narratif, je me suis ennuyé ferme. Une icône c’est bien, un personnage plongé dans une histoire c’est mieux.

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mini feu rouge 2Notorious (ABC) Piper Perabo manipule à sa guise l’information, avec son ami avocat. Rythmée, la série lorgne du côté de Shonda Rhimes. Mais le malaise vient assez vite à cause du traitement réservé aux personnages : on veut nous les rendre « cools », « intelligents », alors qu’ils sont au fond tout simplement méprisables. N’y cherchez pas un regard sarcastique ou même de l’humour, tout ce petit monde se prend au sérieux. On manipule sans complaisance et tout le monde couche avec tout le monde. Ah, même la dirigeante de la chaîne d’information n’a qu’une envie, celle de s’envoyer en l’air et traite littéralement les hommes comme de la viande.

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mini feu orange 2The Exorcist (FOX) De tous les projets de remakes de la FOX, celui-ci est de façon inespérée le plus étonnant. Il ne joue ni la surenchère, ni le gore, ni la complexification du mystère, il se contente de poser de façon impeccable son ambiance, délivrant de ci de là un message sur la foi, sur le doute. Le problème, c’est que le show risque vite de lasser s’il n’arrive pas à amener quelques twists.

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mini feu rouge 2Mac Gyver (CBS) Affreux, affreux, affreux. Dans ce remake McGyver devient un super jeune espion qui détourne de façon irréaliste la plupart de son environnement. Des twists en passant par l’humour, tout a été rabaissé, prémâché. Même le générique a été digéré, coupant au bout de quelques secondes la mélodie originale pour la transformer en gloubi-boulga. Une honte, du début à la fin.

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mini feu orange 2This is Us (NBC) J’en ai eu les larmes aux yeux. Un des personnages joue dans une sitcom et s’en prend à son public parce que ce dernier a soif d’exhibition sexuelle au lieu de sentiments et d’émotion. J’ai failli applaudir devant ce discours qui montre bien la dérive actuelle des séries américaines. Hélas, les problématiques abordées par les personnages sont peu intéressantes car très peu approfondies : un acteur en crise, une personne en surpoids, un homme qui retrouve son père biologique. On aurait aimé de meilleurs dialogues, de meilleures situations. Mais le pilote se rattrape largement avec son très joli twist final, qui montre comment nos personnages sont liés les uns aux autres. L’émotion est là, donnez moi juste un tout petit plus sous la dent, on a pas encore atteint Parenthood, hélas. Mais comme on nous promet encore des twists façon Lost, j’avoue que ma curiosité est suffisamment piquée…

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mini feu rouge 2Kevin can wait (CBS) Comme chaque année j’attends désespérément une sitcom traditionnelle qui me fasse rire. Kevin can wait s’empêtre dans un rire qui sans être gras manque tout de même de finesse. Peu de réparties réellement intelligentes ici : on doit se contenter des pitreries visuelles de l’acteur, et faire avec les immaturités masculines qui remplissent désormais toutes les comédies américaines (snif !). On passe sans regret.

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mini feu orange 2Speechless (ABC) On peut saluer la volonté de donner une autre image de l’infirmité motrice cérébrale,  avec l’histoire de ce garçon qui doit se coltiner l’hypocrisie, la condescendance – quand ce n’est pas la pitié – à l’école. Changer les regards, c’est bien. Parler de handicap à la télévision est suffisamment rare. Il est pourtant partout autour de nous (parlons de représentativité, tiens !). Mais pour autant, il manque à la sitcom des gags mieux écrits. On sourit, certes mais on est loin de s’esclaffer. A travailler ! Un feu orange obtenu d’extrême justesse.