[Pilote – Corée] The Moon That Embraces The Sun

Succès incontestable de ce début d’année (avec une audience qui ne cesse de croître), le nouveau drama fantasy-sageuk de MBC utilise parfaitement des recettes éculées. Je m’attendais, à vrai dire, à un peu plus original quand j’ai su que la série était en fait l’adaptation du roman best seller éponyme, dont l’auteur est déjà responsable du fameux Sungkyunkwan Scandal. Que cela ne vous refroidisse pas, la maitrise narrative saute aux yeux, et dès les premières minutes on se prend d’affection pour ces personnages.

C’est en effet un procédé rusé, celui de nous mettre l’eau à la bouche : la série va nous parler de destins..tragiques ? La vision d’une shaman semble nous prédire des vies passionnantes, autour d’un concept un peu flou : celui de l’opposition/attraction de Soleil(s) et de Lune(s). Les deux premiers épisodes vont peu à peu nous dévoiler les personnages concernés, en même temps qu’un grand nombre de personnages secondaires. On se retrouve d’ailleurs vite un peu perdu pour comprendre les liens entre certains personnages, d’autant plus quand ils se mettent à mentir ou à cacher leur identité d’emblée. C’est certain, il faudra bien plus que ces deux épisodes pour s’immerger complètement dans le monde qui nous est décrit. Rien d’insurmontable, rassurez-vous.

Autre point important, cette saga prend son origine avec les parents de nos héros. On nous présente donc un shamanisme particulièrement prégnant à l’époque de Joseon, et une royauté fictive, comme toujours menacée par de sombres complots.

Je tiens d’ailleurs à prévenir que l’histoire étant un peu complexe, ceux qui veulent la découvrir avec un regard neuf peuvent passer quelques paragraphes. Mais je ne peux faire autrement que résumer l’intrigue, avec d’une part la prophétie, et d’autre part la première partie sur l’enfance des protagonistes.

Au début de l’histoire, le demi-frère du roi est assassiné, devenu bien trop gênant pour la reine, et son ami officier général est également pendu rapidement, sa mort maquillée en suicide. Une shaman, Ari, témoin du meurtre, arrive à s’échapper. Mais un complot est fomenté : elle est à son tour accusée de traitrise, et doit fuir. Elle est recueillie par la fille d’un des 3 plus grands « Ministères » de Joseon : le bureau de la censure (historiquement, c’est un organisme luttant contre la corruption, et non un organisme censurant le peuple). Ari a ainsi une vision du bébé que cette fille porte dans son ventre : elle vivra sous l’égide de la Lune, elle aura un destin exceptionnel mais également une mort tragique. (Est-ce la sienne ? le flou est volontairement entretenu). Ari promet de protéger ce bébé, mais elle est rattrapée et emprisonnée. Condamnée à mort, elle arrive cependant à communiquer avec une amie shaman, pour lui demander d’honorer sa mission de protection à sa place, car « sa famille sera détruite si elle s’approche trop du soleil, et elle est destinée à être aux côtés du soleil, à le protéger ». Mais Ari n’a pas le temps de lui dire le nom de la fille à protéger : tout juste arrive-t-elle à professer l’existence de 2 Soleils et d’une Lune.

Voilà pour la partie prophétique. Comme bon nombre de dramas coréens, les premiers épisodes seront donc consacrés à l’enfance de ces personnages aux destins mystérieux. C’est là que ça se corse.

On nous présente le Prince Lee Hwon, qui fuit les cours qu’on lui impose. Il n’est ni idiot, ni têtu, il a juste envie de connaître un peu plus le monde. Il a pour ami son demi-frère Yang Myung (fils illégitime du roi), lequel peut de moins en moins approcher le palais.

Alors que son frère Heo Yeom (et son ami Kim Chae Woon) reçoivent les honneurs pour être sortis premiers de leur discipline à l’Université, la jeune Heo Yeon Woo rencontre fortuitement le Prince Lee Hwon, lequel masque sa réelle identité. La petite fille étonne celui-ci par sa sagesse, arrivant malgré son âge, à lui donner des conseils et des préceptes de Confucius : » Un homme d’honneur n’en veut ni à dieu, ni aux hommes. Le problème est en soi, pas dans celui que l’on regarde. »

Ces deux là vont peu à peu correspondre via quelques énigmes, tandis que Heo Yeom va enseigner la littérature et la politique au Prince. Heo Yeom jouit d’un tel charisme, que la Princesse, qui a le béguin pour lui, somme son père, le Roi, de lui donner des leçons. Pas de chance, Heo Yeom étant occupé par le Prince, c’est sa sœur, Heo Yeon Woo qui va les lui prodiguer. Frère et sœur rentrent ainsi au palais, ce qui n’est pas sans causer quelques inquiétudes, notamment à la Reine, qui voulait s’assurer le contrôle de l’éducation du Prince.

Se rajoute à cela Min Hwa, la fille du ministre du personnel (un des comploteurs), qui est la méchante de service, et qui se voit prendre une leçon de vie et de sagesse par Heo Yeon Woo.

Bref, après avoir multiplié les personnages et posé sa mythologie, un triangle amoureux prend déjà forme, avec le Prince, son demi-frère (les deux soleils), et Heo Yeon Woo (la lune). Et pour finir, la shaman n’arrive pas à reconnaître qui, de Min Hwa ou de Heo Yeon Woo, elle doit protéger, car ces deux là sont apparemment sous l’égide de la Lune.

Voilà pour le début de la partie enfance.

Au final, le récit est suffisamment mouvementé et dense pour être passionnant. Bien sûr on pourra tiquer devant l’ambivalence du propos : la reine, la fille du ministre du personnel, font un peu trop étalage de leur méchanceté, et la sagesse et la bonté de notre héroïne est un peu trop extravagante. Mais sa dimension fantastique permet de s’en affranchir. Nous sommes davantage dans le registre d’un conte, d’une histoire racontée dans les chaumière : il ne s’agit pas d’un récit historique. Fort heureusement, pour l’instant, aucun personnage n’est insupportable.

Plus embêtant, j’ai eu un peu de mal avec quelques scènes jouées par les enfants. Alors bien sûr ils ne sont là que pour quelques épisodes, mais cette inconstance a causé un peu de tort notamment au début du récit. Heureusement, peu à peu les enfants s’imprègnent mieux de leurs personnages.

Autre regret, la musique. Je sais bien que je ne peux pas réclamer des morceaux à la hauteur de The Legend, par exemple, mais pour le moment ce qu’on nous laisse entendre sont des mélodies un peu trop plates, elles accompagnent l’émotion mais ne la magnifient pas.

Pour le reste, c’est sobre, efficace, et on prend du plaisir à détricoter les relations entre les personnages, à comprendre les enjeux. La partie sur l’enfance n’est pas superflue, parce qu’elle permet déjà de montrer que ces enfants sont les pions des adultes et qu’il leur appartient de s’imposer pour maîtriser leur destin. J’ignore encore quelle est l’intérêt de l’élément fantastique (La Lune, le Soleil), car pour l’instant il ne s’agit de que d’un repère. Mais il s’agit sans doute beaucoup plus d’étoiles qui doivent les guider que de pouvoirs surnaturels. Ce n’est pas un mal, mais j’espère que le concept sera exploité.

L’ensemble est plus que correct. Pour démarrer un tel récit, il fallait de bonnes bases, et même s’il lui manque une certaine originalité, The Moon That Embraces The Sun a réussi son examen d’entrée, et on a hâte de voir la suite.

Advertisements

5 réflexions sur “[Pilote – Corée] The Moon That Embraces The Sun

  1. Merci pour cette critique ! A priori, il s’agit d’un sageuk qui use de recettes classiques, mais cela semble fonctionner, c’est le plus important ! Les thèmes ont l’air intéressant. Cependant, assez étrangement, alors que d’habitude je ne sais pas résister à un drama historique, The Moon embracing the sun me tente seulement moyennement pour le moment, même si ta review positive aiguise quand même mon intérêt.
    Je crois que je vais surveiller les review de la blogosphère, m’assurer qu’il se développe dans le bon sens et reste solide sur le long terme, avant de me lancer. Mais je vais mettre les premiers épisodes de côté de ce pas ! 😉

  2. je n’ai pas bien compris si t’a aimer ou pas le dramas mais moi j’ai regardé les 10 épisodes et j’adore les jeux des acteurs est genial l’histoire aussi , je ne suis pas d’accord avec toi pour la musique je trouve qu’elle corresponds à l’ambiance du drama .de plus la musique et le drama the legend je n’ai pas aimé . je pense que si le drama fait plus de 30% d’audience en corée c’est qu’il doit bien

  3. Là où j’ai arrêté (ep 9) il ne reste plus qu’à faire le bilan de l’échec.

    Les + : la réalisation (mais je suis d’accord pour la musique, si on met de côté la ballade thème le responsable de la musique ne se complique pas la vie). Ce drama est absolument sublime, et c’est du gros gâchis. Sinon : Kim Soo Hyun, Kim Min Seo, Kim Young Ae, Ah Nae Sang et tout le jeune casting (ils ont à peine 13/14 ans et en remontrent aux aînés).

    Les – : le roman de base est littéralement massacré. Ils ont viré tout ce qu’il y avait d’intéressant et de subtil pour nous faire du fusion sageuk standardisé à l’extrême (sauf que la réalisation est tout ce qu’il y a de plus classique, et du coup le fond et la forme entrent en contradiction), les rôles de Jung Il Woo et de Han Ga In sont des caricatures et ces deux acteurs ne parviennent pas à en faire quelque chose de plus, et enfin Kim Soo Hyun a plus d’alchimie avec Kim Min Seo qu’avec Han Ga In ce qui pose un GROS problème étant donné que le drama repose entièrement sur la relation du couple central. Je passe sur les méchants qui ricanent et complotent dans leur coin sur des questions dérisoires alors qu’ils devraient être préoccupés par des enjeux politiques autrement plus complexes. BREF, déception.

  4. Je reviendrai dessus probablement dans un addendum d’un bilan de semaine, j’en suis au 10è épisode et c’est de loin pas aussi catastrophique que je pensais en te lisant, Minalapinou. En gros, ça manque d’ambition. Mais j’ai quand même accroché, et j’ai eu aucun souci avec le triangle amoureux. : on nous répète suffisamment à longueur de temps que ces deux là sont destinés l’un à l’autre, que je me suis facilement projeté dans leurs conditions d’adultes.
    On en reparle, promis. Merci pour les commentaires !

  5. Bah pour moi c’est pas rentré justement, cette histoire de Destin qui Doit Advenir. Si il y avait une justification supérieure moins vaseuse que cette histoire de soleil et de lune qui s’attirent je pourrais y croire mais là trop c’est trop (en plus de Han Ga In qui regarde dans le vide en permanence). Par contre je viens de commencer God of War et ça, c’est du sageuk. MoonSun c’est très mignon, mais les papillons, la lune et les étoiles, ça va cinq minutes. Donnez-moi des personnages complexes, des intrigues politiques plus subtiles que de simples machinations de grand-mère, des enjeux plus intéressants que de savoir si le Roi va oui ou on se décider à se débarrasser de sa virginité (situation totalement absurde en plus, étant donné les mœurs de l’époque).

    Si je me souviens bien j’ai commencé à en avoir assez à l’épisode 6, et finalement tous ceux qui faisaient des récaps sont en train de se lasser voire d’abandonner, du coup pas de regrets. On a peut-être trop attendu du drama, moi la première. En tout cas lorsque je me suis autant investie dans un projet je continue de le suivre de l’extérieur par curiosité, alors je serais curieuse de lire ton bilan final =)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s