Coffee House

Coffee House – à ne pas confondre avec Coffee Prince – est une comédie romantique qui a su trouver son ton pour parvenir à me séduire. Ce n’était pas gagné. Avec un titre pareil, mon premier réflexe était de penser à un commerce de café. Quelle ne fut pas ma surprise quand j’ai finalement compris que le café allait être un alibi pour parler… écriture.

Car l’histoire qui nous est contée est celle de Lee Jin Soo (Kang Ji Hwan, Hong Gil Dong), un écrivain talentueux et célèbre, qui tourne en bourrique sa patronne éditrice, une vieille amie Seo Eun Young (Park Si Yeon, Story of a man) avec qui il partage un passé douloureux. Vous cherchez un lien avec le café ? En voici plusieurs : Seo Eun Young est également directrice d’une enseigne de café. Tandis que l’avant-dernière protagoniste de l’histoire, la jeune Kang Seun Yeong (Ham Eun Jung du groupe T-ARA, Dream High) tient également un petit café familial. Elle se retrouve engagée comme secrétaire au service de Lee Jin Soo, et ses tâches seront particulièrement déroutantes.

En effet, Lee Jin Soo a ce petit grain de folie qui lui permet toutes les audaces, comme de demander à sa nouvelle et ingénue secrétaire de le divertir d’être sa victime. La pauvre va ainsi vite comprendre que les tâches qu’on lui ordonne n’ont pas beaucoup de sens, ou alors servent sa maniaquerie : résumer une encyclopédie sur les fossiles en anglais, attraper un chat sauvage, rentrer dans une valise et essayer de téléphoner, sauter contre un mur avec les chaussures trempées de peinture, et j’en passe. La vie n’est pas de tout repos. D’autant que son boulot est répétitif et ne sert à rien : tailler des crayons, servir du café, à quoi bon ? De toute façon, son café n’est jamais à la hauteur de ses exigences, et le crayon n’est jamais taillé comme il faut non plus. Décourageant, non ?

Si l’effet comique est voulu, j’avoue avoir eu un peu de mal à me faire à ce personnage bizarre, qui détonne par rapport à la moyenne de des dramas coréens. Car sous ses airs gentils, et son sourire particulier (qui plait sans doute davantage à la gente féminine), se cache un être assez dur, qui ne ménage pas son entourage. La secrétaire est souvent rabrouée, ce qui fait que l’écrivain m’a un peu porté sur les nerfs pendant les 5 premiers épisodes. Il est vrai qu’en contre partie la secrétaire au bon cœur apparait particulièrement stupide et un rien masochiste.

C’était oublier que la force des dramas coréens réside dans l’évolution des personnages. Au lieu de masochiste, la secrétaire est en fait quelqu’un qui persévère et qui se donne à fond pour satisfaire les exigences de son patron ou de son entourage. Quant à l’écrivain, son petit grain de folie cache non seulement un besoin d’être isolé, mais aussi une profonde blessure. S’il est brillant, il joue avant tout un personnage, et aime manipuler son monde.

Et l’amour dans tout ça ? La série, en plus d’avoir un personnage pour le moins atypique, se permet de faire évoluer deux histoires d’amour autour de l’écrivain, en parallèle. Rassurez-vous, le téléspectateur comprend très vite quel est le couple phare de la série. Mais cette idée a ses avantages : celle de fédérer deux types de public, à l’image des deux personnages féminins principaux. L’un plus conventionnel, et plus adolescent peut-être, et l’autre plus mature, où les personnages décortiquent leur relation et posent sans trop de détour les bonnes questions (ce qui est plutôt agréable !).

Autant dire qu’une fois les personnages acceptés, le show décolle. De très jolis moments d’émotion y côtoient des scènes comiques et farfelues. On rit beaucoup, souvent, et sans se forcer, grâce  à l’énorme sympathie dégagée par ces personnages.

Mieux encore, la série va intégrer un 4ème personnage, et au lieu d’en faire un ennemi juré, où sa méchanceté et sa bêtise pourraient le rendre pénible, elle en fait un élément comique de second plan, et au final lui aussi plutôt sympathique. Il n’est d’ailleurs pas évident de tourner en dérision l’extrême romantisme de ce personnage tout en construisant à côté une autre romance. 

Quelques très belles scènes parsèment la série. Oubliez les baisers accidentels, laissez la place à la passion. Si elles n’ont pas la fulgurance ou l’intensité d’un certain épisode de Coffee Prince, elles ont tout de même ce petit plus qui la distinguent du drama coréen moyen.

Malheureusement, comme dans beaucoup de dramas, le show a un peu plus de mal à tenir sur la longueur. Alors que je saluais l’audace concernant le couple-phare, j’ai été déçu par les tergiversations finales. A croire que les scénaristes ne savaient pas comment dénouer les fils de l’intrigue sans repasser par les habituels clichés. Et que dire de l’épisode final, qui tombe vraiment à plat, et conclut de façon très maladroite les différents arcs (secondaires comme principaux). Une panne d’idées, au dernier épisode, vraiment ?

Si la série n’a pas su tenir ses promesses, elle a en revanche assuré au niveau des performances de ses acteurs. Tout le monde citera Kang Ji Hwan, bien sûr, qui a su trouver l’équilibre entre la folie , l’humanité, la passion, la gentillesse et la moquerie. Difficile d’envisager quelqu’un d’autre.  Pour ma part je saluerai surtout Park Si Yeon, une actrice qui n’a fait que monter dans mon estime au fur et à mesure de ses participations dans des dramas aussi variés que My Girl, Story of a man, ou le drama special Red Candy. Avec Coffee House, elle a ainsi pu prouver qu’elle n’était pas condamnée aux rôles de méchantes ou d’arrivistes sang-cœur et qu’elle était également douée pour des rôles plus légers ou comiques. Enfin, si au départ j’étais sceptique devant le jeu simpliste et caricatural d’Ham Eun Young, sa fraicheur et sa candeur ont su progressivement me désarmer. Si au début de la série, elle en faisait trop dans le registre comique, à la fin elle a réussi à être particulièrement émouvante.

Au final, Coffee House reste un drama tout à fait recommandable malgré sa fin bâclée. Le parti-pris est suffisamment original pour qu’on lui pardonne ses erreurs. Beaucoup de bonne humeur, une bonne dose d’émotions, une OST agréable, contrat rempli !

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2 réflexions sur “Coffee House

  1. Une critique nuancée de façon juste, mais qui souligne les points incontestablement positifs d’un drama somme toute agréable qui produira une bonne dose d’émotions et de fraîcheur méritant à elle seule le détour !
    J’ai beaucoup aimé Coffee House, même si je lui reconnais les points noirs que tu soulignes, notamment les tergiversations du dernier quart – cela l’empêche sans doute de franchir pour moi la dernière marche et d’en faire un « classique ».
    Reste que j’ai passé de très bons moments, je me suis délectée devant certaines jubilatoires, j’ai frémi d’émotions devant d’autres. J’ai apprécié tous les personnages, et plus que tout, l’angle finalement plutôt original adopté. Les acteurs s’en sortent globalement bien ; certes, j’en aimais déjà quelques-uns avant (je ne dis pas ça uniquement pour Kang Ji Hwan, hein 😛 )
    Et puis, j’ai adoré l’OST qui aura sans doute été celle que j’ai le plus écouté en 2010 : un petit bijou de dynamisme. Quand je pars au travail, c’est celle que je mets invariablement le matin pour me donner du courage sur le chemin du tram 😀

    Au final, certes, des erreurs, mais qu’on pardonne sans difficulté devant un ensemble vraiment sympathique 🙂

    Merci pour cette belle review et ce bilan d’ensemble ! 😉

  2. c’était ça la surprise ? ^^
    Un drama à qui on peut pardonner ses petites erreurs ^^
    tellement il était sympathique ^^ le coup de la valise ou de l’azote était terriblement marrant.
    Tiens ça me fait penser que j’ai toujours pas vu Hong Gil Dong….

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