[Pilote – Corée] Baby-faced Beauty

C’est le mois des comédies romantiques en Corée, et la première à se lancer dans cette aventure est Baby-faced beauty. Réussir une rom-com n’est pas chose aisée, car la plupart des astuces scénaristiques sont devenues bien trop conventionnelles. Pourtant, il serait bien mal venu de ne penser qu’au scénario pour évaluer son intérêt. Car s’il y a une chose qu’on sait bien faire en Corée, c’est créer des personnages attachants. Et ça, ça l’emporte toujours sur le reste. Baby-faced beauty en est une bonne illustration.

Baby-faced beauty comme son nom l’indique, parle d’un problème encore rarement abordé à la télévision : l’apparence juvénile est malheureusement un énorme frein à l’épanouissement personnel et professionnel. Paraître jeune n’est pas – contrairement à ce qu’on pourrait penser – une bénédiction, mais un cauchemar, car personne ne vous prend au sérieux, même si vous avez tous les diplômes requis. On vous infantilise, on vous sape toute autorité, et vous êtes fréquemment humilié dans des scènes de la vie courante. Ne cherchez même pas l’âme sœur, à l’adolescence vous êtes un enfant, et à l’âge adulte il devient très difficile de trouver la perle rare, surtout quand on est conscient que si le temps semble ne pas avoir de prise sur votre visage, votre chronomètre biologique, lui, continue de tourner. Ce que vit donc l’héroïne me touche beaucoup, puisque, pour tout dire, je suis maudit comme elle, et je peux remplir un blog à ce sujet, car ça va bien plus loin que tout ce que vous pouvez imaginer.

Pour autant, même si notre héroïne manque parfois de confiance en elle dans ces moments là, elle ne se laisse pas abattre, et à vrai dire c’est ce qui sauve la série. Lee So Young (dont le nom évidemment n’est pas du au hasard) est en effet virée au début de la série, après 14 ans de travail dans une entreprise de mode, et malgré un talent indéniable. Malheureusement, c’est elle qui fait tenir la famille en proie depuis toujours à de lourdes difficultés financières. Lee So Young a une petite sœur qui parait bien plus âgée qu’elle:  Lee So Jin véritable peste, un concentré d’égoïsme et de lâcheté, qui ne fait que lui jouer des tours. Lee So Young ne peut même pas profiter de son apparence juvénile pour espérer un peu de compassion de la part de sa mère, qui prend systématiquement parti pour sa petite sœur. Bref, ce n’est pas auprès de sa famille que Lee So Young peut espérer de la reconnaissance ou du soutien. Et pourtant, elle est bien obligée d’assumer sa place. Notre héroïne doit désormais trouver du travail, chose impossible car personne ne la prend au sérieux malgré son CV.

Elle se retrouve obligée de faire un petit boulot dans un magasin de retouches alors qu’elle est passée maître dans le design de vêtements. Sa sœur, quant à elle, promet de se mettre à travailler. Elle déniche un boulot bien payé : être modèle une journée dans une entreprise de vêtements. Mais le jour J elle fuit, et Lee So Young voyant là une opportunité de gagner un peu d’argent, décide de se faire passer pour sa petite soeur. On ne lui donne que 25 ans alors qu’elle en a 34, alors pour une fois, peut-être que ça va l’aider…

Malheureusement elle déchante très vite : le boulot est en fait très mal payé puisque la paye promise est pour la semaine et non pour la journée. En plus, elle sert vraiment de larbin stagiaire qui doit courir pour amener repas, café, ou fournitures tout en étant prise de haut par une salariée débutante bien plus inexpérimentée qu’elle mais qui fait son âge. Ce qu’il faut préciser également, c’est que les codes de conduite sont particulièrement importants en Corée du Sud : le respect et les relations envers les personnes est fonction de l’âge. Lee So Young étant prise pour quelqu’un de jeune, doit se courber, accepter de parler avec déférence, accepter de traiter quelqu’un d' »Oppa » (Grand frère) alors qu’elle a en réalité 7 ans de plus que celui-ci.

Tout cela est déjà bien difficile à supporter pour elle, et si la série aurait pu faire des ces éléments des intrigues tragiques, larmoyantes, elle est au contraire particulièrement drôle à regarder. Oui, on a droit aux habituelles catastrophes qui amènent l’héroïne à rencontrer le héros, qui va comme il se doit, la détester. Et si ce n’est pas foncièrement original, ça fonctionne quand même car il y a des efforts de mise en scène qui donnent beaucoup de dynamisme et de légèreté aux scènes. Gros plans, contre plongée, le réalisateur s’amuse et les traits de nos personnages ne nous sont pas épargnés. C’est suffisamment rare pour être signalé.

Mais pour qu’une rom-com fonctionne, disais-je, il faut un couple attachant. Si Lee So Young m’a rapidement conquis par son caractère (elle ne se laisse pas marcher sur les pieds), il lui fallait une opposition corsée. Choi Jin Wook a tout pour me plaire : pleutre, égoïste, fourbe, profiteur, il est cependant très sympathique car ses méfaits se retournent contre lui. En un mot : c’est un gaffeur. Mieux encore, pour une fois ce n’est pas un riche patron imbu de lui-même. Choi Jin Wook n’est qu’un simple cadre dans l’entreprise, obligé lui aussi de subir les foudres de ses supérieurs et d’éviter les moqueries de ses collègues.

Pourtant la recette est toujours là. Méfiance. Le riche patron imbu de lui-même est toujours un possible love-interest. La garce ou méchante de service se profile déjà. Mais j’ai bon espoir. Le patron est en fait divorcé avec un enfant, ce qui rend sa situation un peu plus contemporaine et moins caricaturale. Décidément on voit de plus en plus de couples divorcés, puisque Manny est toujours en cours de diffusion. C’est une bonne chose puisque rappelons-le, il y autant de divorces en Corée du Sud que dans les pays occidentaux (Les USA restent évidemment champions du monde).

Les deux premiers épisodes se concentrent sur le couple principal, et c’est tant mieux. Car leur alchimie est là, ils sont très sympathiques, et si parfois les gags sont un peu trop « standardisés », la mise en scène permet de rattraper le tout. On sort du visionnage le sourire aux lèvres, et c’est déjà beaucoup.

Mon principal regret est en fait l’OST puisqu’elle passe complètement inaperçue. C’est dommage que les efforts visuels soient amoindris par une bande sonore plate, voire carrément médiocre par moments.

Saluons la prestation des acteurs principaux. Jang Na Ra, dont c’est le grand retour sur les petits écrans coréens, est tout simplement parfaite dans le rôle féminin principal (aidée il est vrai par son physique : elle a réellement 30 ans), et Daniel Choi est un gaffeur né. Les autres rôles étant plutôt limités, difficile de les évaluer pour le moment.

Bref, ce n’est pas très original mais quand on a des personnages aussi attachants c’est difficile de dire non. C’est drôle, rythmé, et je me sens proche des préoccupations de l’héroïne. Damned. Moi qui comptait faire l’impasse, me voilà bien embêté par cette série simple mais efficace.

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5 réflexions sur “[Pilote – Corée] Baby-faced Beauty

  1. Enchantée de voir que tu as apprécié le pilote! J’ai à peu de choses près le même avis sur les différentes composantes de cette rom com: ambiance rafraichissante qui tient pour beaucoup à sa réalisation et à ses acteurs qui ont une complicité déjà marquée, bref, un scénario bien exploité. J’avais relevé comme toi les gags un peu lourd qui sont peu risqués mais dans l’ensemble j’ai un bon ressenti sur ce drama. J’ai vraiment accroché avec Jang Na Ra qui selon moi fait beaucoup pour l’originalité de l’histoire, en investissant de manière nuancée mais osée son personnage.
    Merci pour ces premières impressions!

  2. Que de nouvelles séries testées en si peu de temps ! Tout m’a l’air sympa, difficile de choisir mais je sais pas pourquoi ce drama me tente le plus. Peut-être parce qu’il fait figure d’outsider. J’ai envie de tester un truc léger avec des têtes nouvelles. Ton impression est plutôt positive alors c’est décidé, je vais entamer ce « Baby-faced beauty ».

  3. Je n’en dis pas plus, mais c’est drôle comme on s’est croisé sur les OST de Best Love et de Baby-Faced ! Je n’ai pas vraiment apprécié celui de Best Love, tandis que celui de Baby-Faced Beauty m’a enchantée ! En particulier la ballade chantée par Jang Nara elle-même. Comme quoi l’appréciation de ce critère peut vraiment varier d’une personne à l’autre !

  4. @Xiaoshuo C’est vrai que Jang Na Ra porte la série sur ses épaules.

    @Lynda Le pilote est loin d’être parfait, mais je trouve qu’ils ont réussi leur coup, et cet outsider peut tirer son épingle du jeu

    @Minalapinou On s’est expliqué sur l’ost 😉 Je n’ai rien contre la chanson de Jang Na Ra, je trouve que le reste, la musique qui accompagne les scènes est inappropriée et « casse » leur impact.

  5. C’est vrai que le reste distrait plus qu’autre chose. Heureusement les chansons sont toutes bien trouvées (ils en introduisent encore une très jolie dans le troisième épisode), et dénotent par rapport aux autres dramas.

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