Manhattan Love Story

Non, je ne vous parle pas de l’insipide Jennifer Lopez, mais de la série japonaise diffusée sur TBS en 2003 et qui a rapidement obtenu son petit statut culte. Si comme moi vous aimez les comédies romantiques, vous avez certainement une vision bien précise de ce que vous recherchez. Autant le dire tout de suite, une comédie comme celle-là, vous n’en avez jamais vu. Et je tiens le pari. Son imprévisibilité et son délire sont tout bonnement extraordinaires. Manhattan Love Story, c’est un peu l’anti-comédie romantique, qui  a tout compris des comédies romantiques. Ou plutôt, c’est la comédie romantique qui ne veut rien comprendre aux comédies romantiques.

C’est bien simple, au lieu de triangles amoureux, la série – tout comme le héros- décortique les relations, et en fait des enchainements complexes. Tout est monté, et patatras, il faut tout recommencer. Cela donne un jeu de puzzle absolument jubilatoire (et vraiment pas facile à suivre, tant le débit est impressionnant – ne cherchez pas, seuls des sous-titres anglais sont disponibles).

Vous voulez connaître l’histoire ?

Un gérant d’un café (Manhattan) est passionné par son métier, il ne vit que pour voir ses clients savourer son café. Il ne parle pas, ou très peu, préférant laisser son serveur Shinobu Gamo se charger de tout.
Mais, à son grand malheur, sa clientèle ne vient pas pour son café, mais parce que c’est un endroit privilégié pour les rencontres, les ruptures et les discussions.
Nobuko Akabane, conductrice de taxi, est une trentenaire célibataire après une relation extra-conjugale de plusieurs longues années. Elle fait la rencontre du chorégraphe Hideki Bessho… Alors que le café est le théatre de développement amoureux, son gérant (qui aimerait se faire appeler Maitre au lieu de Tenshou), décide de faire goûter à Akabane un café délicieux, chose dont il n’est toujours pas parvenu. Pour ça, il va falloir qu’il trouve un moyen pour la faire venir au café, et progressivement il va se retrouver obligé de s’impliquer dans la vie amoureuse de tous ses clients : Maki Chikura, qui écrit des dramas à l’eau de rose pour la télévision, le doubleur pour la télévision Satoshi Dagoki, la jeune présentatrice de télévision Shiori Emoto, l’acteur Eiichiro Funakoshi. Même Gamo et lui ne seront pas épargnés dans cette longue chaîne de relations amoureuses, symbolisée par l’assemblage des premières lettres de noms de chacun (A,B,C,D,E,F,G,…)

La série joue à fond sur le décalage, la mise en scène loufoque. A vrai dire, on a même pas le temps de se préoccuper des sentiments des personnages (la psychologie des personnages semble pourtant tenir à peu près la route). On est constamment désorienté, balloté d’un côté puis de l’autre, au rythme de révélations, de cliffhangers, et de scènes romantiques parodiées. La mise en scène est volontairement loufoque et kitsch, que ce soit à la télé (un drama est en cours de diffusion), que ce soit dans les souvenirs des personnages, ou dans les moments où les personnages vivent leur amour (pluie de grains de café dorés, taxi qui vole dans le ciel façon E.T., coeurs étincelants dessinés avec le doigt, etc…). On ne vous épargne rien.

Se rajoute à ça le héros extraordinaire, ce maître cafetier qui fait des paris (Akabane va-t-elle enfin boire son café ? Sinon, il cèdera aux demandes de ses clients et transformera son menu). Un héros à la fausse moustache qui conseille les autres en conservant son anonymat, et qui à la manière d’un manga, court à toute vitesse. L’acteur est tout bonnement épatant, aidé il est vrai par une mise en scène délirante.

Bien qu’ayant une structure répétitive, la série ne m’a pas ennuyé. Drôle et parodique, originale, complexe et jubilatoire, rythmée et visuellement délirante, elle est en plus dotée d’une bande-son jazzy parfaite.

Son seul problème, c’est qu’à force d’être originale et rapide dans son évolution des personnages, on perd pied : qui est avec qui déjà ? Sans pause, point de salut. On tente bien de nous repêcher à de multiples reprises, mais les rappels sont trop rapides, pas le temps de les saisir.

Au début de mon voisinage, j’arrêtais pas de faire le rapprochement avec Koi Ga Shitai (accessoirement l’une des plus belles séries japonaises que j’ai pu voir) dans son optique de créer des liens entre des personnages qui se rencontrent au même endroit. Mais là où Koi Ga shitai est empreint de psychologie, de romance et de drame, Manhattan Love Story joue la carte de la loufoquerie et de l’autodérision (elle se moque d’ailleurs ouvertement des dramas romantiques : le box dvd comprend d’ailleurs les épisodes de ces dramas et émissions parodiques).

Au final c’est une série captivante de par son originalité (des love stories vraiment imprévisibles), mais qu’il faut regarder d’un jet ou presque (sous peine d’être paumé). Bien sûr, si vous ne supportez pas la réalisation typée manga, vous aurez du mal. Et je vous dis ça, « with my life, my experience and my soul » . Grooooar !

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Une réflexion sur “Manhattan Love Story

  1. Bonjour! Je viens à la découverte de ton blog, parce que tu es venu commenter « chez moi » il y a quelques jours et la curiosité m’a poussée à jeter un oeil sur ton blog…
    J’ai choisi de commenter sur cette page, parce que « Manhattan Love Story » est le prochain drama sur ma liste. Je suis motivée à le regarder parce que je suis sensible à ce genre d’humour (mon drama préféré, c’est Kisarazu Cat’s Eye, c’est dire si j’aime ce qui est déjanté…) et parce qu’il y a du beau linge: Takashi Tsukamoto, Wakana Sakai, etc. Je pense que je vais trouver mon bonheur dans ce p’tit drama!
    En tout cas, félicitations! J’ai visité quelques pages et ton blog est très agréable à lire. (^^)

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