[Pilote – Corée] The Greatest Love

Les changements de noms étant particulièrement fréquents ces temps-ci, il a bien fallu faire un choix pour cette critique. J’ai préféré retenir The Greatest Love puisqu’il est plus répandu sous ce nom, mais sachez qu’il peut également s’appeler Best Love. Il serait d’ailleurs temps que les auteurs choisissent des noms un peu plus évocateurs. Et que les affiches aient un semblant d’unité.

Ne vous arrêtez pas au titre, il se pourrait bien que ce drama vaille le coup d’œil. Issu de l’imagination décidément fertile des sœurs Hong (You’re Beautiful, My Girlfriend is a gumiho, My Girl), cette série raconte la rencontre de deux stars plongées dans la folie médiatique.

Le regard porté sur le showbiz coréen reste pour le moins dénué de critiques. D’autres dramas avaient su montrer le tourbillon de flashs, de nouvelles, de rumeurs, et pointer du doigt la communauté internet, qui est aussi prompte à adorer une personne qu’à la haïr (You’re Beautiful, Secret Garden). The Greatest Love se permet par exemple de montrer comment les commentaires peuvent être particulièrement durs et blessants, en plus de nuire à une carrière. Mais cela n’ira pas au delà. Car le propos du drama reste le divertissement.

Et chose à mon sens plus intéressante, le drama devrait nous parler … de la télé coréenne. Après avoir parlé des émissions de variété produisant des groupes d’idoles et après avoir évoqué la création de dramas, il était temps, en effet, d’aborder les émissions de divertissements qui invitent tous les jours des célébrités : jeux télévisés, épreuves « sportives » ou cérébrales, et même.. émission pour bachelor, où une célébrité cherche l’âme sœur.

Mais il y a différents niveaux de célébrités. Prenez notre héroïne, Goo Ae Jung. Elle a commencé sa carrière comme l’une des pionnières des girls band. A l’époque bien plus sage, (disons qu’on cherchait davantage des filles mignonnes que sexy),  Goo Ae Jung avait réussi à se faire un nom. 10 ans plus tard, elle est désormais has been, et sa carrière est au plus mal : elle est obligée d’aller dans des émissions où elle se ridiculise. Que s’est-il passé ? C’est un des mystères qui sera dévoilé peu à peu. Les pièces du puzzle sont là : une dispute avec sa collègue, la rupture du groupe, les rumeurs de liaison avec un homme déjà fiancé, une autre dispute sous l’emprise de l’alcool, un album solo qui fait un bide. Bref, Goo Ae Jung cherche à relancer sa carrière, et lorsqu’elle croise celles qui lui ont succédé, des jeunes filles imbues d’elles-mêmes, elle ne peut s’empêcher de vouloir leur donner des conseils pour être aimé des gens.

Pour autant, Goo Ae Jung ne pleurniche pas sur son sort, et est capable de bien des choses pour obtenir ce qu’elle veut : mentir, se déguiser, etc… Pour tout dire, j’aime bien ce personnage volontaire, mais en deux épisodes j’ai eu du mal à m’y attacher. L’actrice Gong Hyo Jin (Pasta) n’y est pour rien. C’est juste que malgré tout ça j’ai pas réussi à être touché. Oui, il lui arrive plein d’évènements, et elle essaye de s’en sortir, mais … pour rependre une image plusieurs fois développée dans le drama, mon cœur ne bat pas pour elle.

Et à vrai dire, le personnage qui lui est promis a mis aussi beaucoup de temps à devenir sympathique. Bien sûr, le bad boy prétentieux, arrogant mais au grand cœur est un grand classique, mais avait-il besoin d’être aussi… dur ? Dok Go Jin, joué par le charismatique Cha Seung Won (Athena), est un acteur adulé, d’un tout autre niveau que la pauvre Ae Jung. Son rêve est de percer le marché américain en jouant à nouveau dans un film d’action : Ninja Assaut (Toute ressemblance avec Bi /Rain (Ninja Assassin) est évidemment… voulue). Malheureusement il n’est pas retenu pour ce rôle bien qu’il ait tenté de soudoyer le réalisateur. Sa mauvaise maîtrise de l’anglais semble poser problème. Seulement voilà, là aussi j’ai du mal à compatir, vu comment ce monsieur traite les gens avec mépris, voire même fait du mal (il tort les bras d’Ae Jung) ou fait mine de frapper un réalisateur. Son salut viendra de son cœur malade ou fatigué après une opération chirurgicale,  et des premiers signes avant-coureur de sentiments amoureux (son cœur bat étrangement quand il est en présence d’Ae Jung).

C’est notamment ce point là qui m’a donné envie de voir la suite. Oui les acteurs sont charismatiques, ça joue bien (et la scène de douche a je suppose ravi l’ensemble du public féminin), mais je voulais de l’émotion, et je l’ai enfin eu… à la fin.

Pour le reste, j’étais ravi de revoir Yoo In Na (Secret Garden) dans le rôle de l’ex-collègue d’Ae Jung (désormais responsable de l’émission de bachelor). Tandis que l’autre rôle masculin , tenu par Yoon Kye Sang (Triple), malgré son temps d’antenne très restreint m’a laissé de bonnes impressions du fait de son caractère asocial : c’est un médecin oriental qui cherche l’âme sœur et finit par faire fuir ses prétendantes en leur montrant leurs problèmes de santé. Comme on dit, la déformation professionnelle joue parfois de mauvais tours.

Ce qui m’a notamment plu dans le drama, c’est lorsque nos deux héros essayent de corriger la gaffe initiale (Ae Jung raconte à la télé que Dok go Jin a tenté de soudoyer le réalisateur américain) et ce faisant, compliquent la situation.

C’est classique, mais finalement j’ai beaucoup plus ri du fond que de la forme. Ces deux premiers épisodes, par exemple, usent de gimmicks insupportables (les « mots » qui « attaquent » les personnages). Malgré une mise en scène efficace qui donne du rythme au récit (split-screen), les gags n’ont pas été suffisamment percutants. Reste l’utilisation de la pop-culture si chère aux soeurs Hong pour se détendre les zygomatiques  entre les clins d’œil appuyés à Bi ou les scènes décalées d’infiltration à l’hôpital (avec la musique des chariots de feu de Vangelis ou Mission impossible). J’en profite au passage pour saluer la bande originale, très réussie, avec des mélodies qui accrochent, et qui sont utilisées au bon moment.

Bref, je suis davantage convaincu par la prestation des acteurs que par leurs personnages, et davantage intrigué par la suite du récit (l’émission de bachelor) que par sa mise en place initiale et les gags, un peu trop mous à mon goût (peut-être quelques mimiques supplémentaires auraient fait du bien à l’ensemble). Il manque aussi ce petit plus pour être complètement dans l’aventure : l’attachement à tout ce petit monde. Selon les dramas, ça peut prendre plus de temps que prévu, alors je veux rester optimiste.

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Une réflexion sur “[Pilote – Corée] The Greatest Love

  1. Je suis très très enthousiaste pour ce drama, à un point où ma critique ne cherche pas à se faire constructive… Toujours est il que tu soulignes l’aspect peut être trop caricaturé des personnages. Or, les sœurs Hong ont cette tendance à nous servir avant tout des amuse-gueules bien croustillants pour ensuite rentrer plus à fond dans les caractères et l’intrigue. Du coup, même si je peux être déçue, je penses que l’ensemble va se construire peu à peu, surtout que l’on voit déjà Cha seung won (ou plutôt son cœur!) réagir au charme de sa coéquipière. Ce couple est pour moi le grand point fort du drama et sa réalisation montre bien la patte de sœurs Hong, qui manquait vraiment à MGIAG. Bref, je suis d’accords pour ton bilan positif!
    Ah oui et c’est vrai que l’Ost colle (comme toujours) très bien à la réalisation

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