Long love letter

Cette série japonaise diffusée en 2002 est à la fois originale et typique de la culture de l’archipel.

De prime abord, on vous raconte les liens entre différents protagonistes au lycée, qu’ils soient profs ou élèves. Une énième amourette, une énième histoire d’amitié et d’amour dans les couloirs, penserez-vous.

Alors tout comme moi vous tomberez de haut à la fin du 1er épisode, où le lycée (et ses occupants) se volatilise en quelques secondes, laissant un cratère géant en plein centre ville. Intéressé ? Attendez la suite. Figurez-vous que le lycée se retrouve dans un désert géant post-apocalyptique.

No Future ?

Ce postulat fantastique sert de prétexte à un melting pot d’idées :

– la survie d’un groupe et l’apprentissage de la collectivité

Il serait d’ailleurs intéressant de faire une petite comparaison entre Jericho, la série post-apocalyptique américaine, et Long love letter. Jericho s’appuyait en partie sur des problèmes politiques, de gouvernement, de pouvoir. La série japonaise, à l’opposé, laisse ses protagonistes libres de s’allier. il s’agit d’une vision non plus politique, mais idéaliste. Il faut dire que la majorité des occupants sont des enfants, qui doivent désormais grandir vite, et devenir responsables. Si des heurts surviennent, c’est à cause de la cupidité, de la peur, de l’égoïsme. Et si les problèmes sont surmontés, c’est non seulement grâce à la solidarité, mais c’est grâce aux spécificités de chacun. Tous ces jeunes qui ne trouvaient pas leur voie vont pouvoir utiliser leurs atouts cachés, qu’ils soient nerds ou rebelles. Je n’irai pas jusqu’à dire que le récit est centré sur leur place dans la société, car pour le coup ce serait donner trop d’importance à ce thème en particulier. Mais je n’ai pu m’empêcher de penser au  mythe d’une société d’enfants qui progresse dans notre propre pays,  j’en veux pour preuve les fameux Conseils municipaux d’enfants.

Un des problèmes de la série réside dans sa façon de brosser des caractères complètement déjantés. Devait-on montrer qu’à part le couple adulte principal, les autres adultes sont des fous dangereux ? Le récit, fort heureusement ne s’attarde pas trop sur eux, mais il plombe déjà une première fois toute la dynamique post-apocalyptique réaliste qu’on était en droit d’attendre. A moins de considérer le récit comme une fable, mais il ne nous a pas été présenté ainsi.

-les questions mythlogiques : où sont-ils et peuvent-ils revenir ?

Je l’avoue, même si on devine très vite ce qu’il s’est passé, c’est surtout cet aspect là qui m’a retenu. Même si je suis resté sur ma faim. Les explications scientifiques ne tiennent pas debout, mais qu’importe, j’ai eu envie d’y croire, et comme tous les gamins qui découvrent hébétés un monde inhabité, j’étais bien obligé d’y croire… jusqu’à ce que le récit dérape fortement (je vais y revenir).

-l’amour qui avait mal démarré peut-il repartir sur d’autres bases ?

Après tout, la série s’appelle Long love letter. J’avoue avoir eu du mal avec le couple principal. Ce n’était pas un problème d’alchimie, mais bien de développement psychologique des personnages. Pour tout dire, il y a un bon début, et une excellente fin. Mais cela ne me suffit pas.

Peut-être que ce vaste melting pot de thèmes bigarrés a finalement porté préjudice à la romance.

-Le tout baigne dans des discours écologiques simplifiés, en s’appuyant maladroitement sur un concept scientifiquement erroné.

Et c’est finalement ce qui m’a le plus déçu dans la série.

Ok, des personnages overzetop, j’en ai l’habitude à force de regarder des dramas japonais. Ok, la romance n’est pas très bien développée, mais c’est pas un drama coréen. Ok l’aspect naïf écolo, ça fait partie de la culture japonaise.

Mais pourquoi avoir voulu prolonger l’aspect post-apocalyptique de la série en nous montrant des conséquences complètement farfelues (le lecteur qui aura vu la série comprendra de quoi je veux parler) ? Le message écologique, aussi naïf soit-il, aurait pu rester simple et donc efficace.

A conclusion d’une série qui partait sur de si belles bases, il ne reste donc qu’une histoire écolo complètement loufoque mais qui sur le principe résonne davantage aujourd’hui, une histoire d’amour résolue de manière improbable mais touchante, des personnages parfois excessifs et irritants mais parfois intéressants…

En bref, toutes les qualités d’une fiction japonaise… avec tous les défauts d’une fiction japonaise. Originale sous plein d’aspects, et pourtant si conventionnelle à y regarder de plus près.

Publicités

Une réflexion sur “Long love letter

  1. J’ai vu cette série il y a très longtemps et j’en ai encore un excellent souvenir. Je l’avais à l’époque trouvée très bien ficelée et intrigante. Certains plans mêlant présents et futur (notamment le combat dans l’hôtel) sont restés gravés dans ma mémoire. J’y ai découvert Yamada Takayuki, qui est depuis restée un de mes acteurs favoris.

    Je suis plutôt d’accord sur les défauts de l’histoire, notamment l’explication scientifique. Un tel changement en si peu de temps parait franchement improbable… mais qu’y faire si au fond c’est bien joué ?

    D’ailleurs, je n’ai pas honte de dire que c’est LLL qui m’a inspiré Black Hole!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s