Smash [Pilote]

Il est toujours difficile de juger sur des trailers. Lors de la présentation de la série aux upfronts, je n’avais pas du tout été emballé. Les scènes se succédaient sans arriver à faire naître la moindre émotion, et je pensais vraiment que le résultat serait froid et catastrophique.

C’est tout le contraire qui s’est produit. Alors certes on pourrait être circonspect devant l’histoire de deux chanteuses talentueuses en concurrence pour le rôle de leur vie dans une comédie musicale. Mais si l’épisode pilote surjoue certaines scènes, façon « je dois absolument en mettre plein la vue pour convaincre le téléspectateur » (Spielberg est à la production) il réussit à donner une âme, une direction. Il n’y a pas que les 7,5 millions de dollars de budget, et ça je ne m’y attendais pas.

J’aurai voulu ironiser sur l’aspect mercantile, sur la commercialisation des CDs à venir, le fait est que l’on se prend à ce jeu basique de LA question. Qui va devenir star ? Celle qui travaille dans l’ombre, jamais reconnue dans son milieu ? Ou celle qui attend désespérément de percer, en essayant de se soustraire aux invectives parentales ? J’ai beaucoup apprécié le développement de ces personnages principaux, mais je suis également conquis par les personnages secondaires qui ont une vie en dehors de leurs métiers de compositeur ou de producteur : nous avons une femme qui est tellement passionnée par son nouveau « bébé » qu’elle en oublie l’adoption de son bébé, et une autre femme, en plein divorce avec son mari qui l’a trompé plusieurs fois. Mes seuls regrets concernent les personnages masculins, qui, du coup, sont bien moins détaillés, et unidimensionnels, le réalisateur en tête.

La mise en scène tapageuse, je l’ai déjà dit, a étrangement bien fonctionné chez moi, alors que dans le même temps j’avais peur de ne pas aimer les refrains musicaux. Je ne suis pas sûr d’apprécier, au fond, le genre musical abordé, mais j’ai aimé l’énergie qui s’en est dégagée. Qu’importe si les numéros étaient trop « parfaits » pour retranscrire les premiers émois. Sur le long terme, cependant, je m’interroge : cet aspect musical va-t-il occuper la même place que dans le pilote ? Si oui, je risquerais de déserter. Et je dois dire que je n’ai jamais eu de fascination pour Marilyn Monroe, quand bien même mon épouse porte son prénom. Une icône, certes, mais utilisée un peu trop souvent à mon goût. C’est dit : ce qui m’intéresse, ce sont le destin de ces personnages, le travail pour arriver à mettre en scène, et sur la durée je ne veux pas voir un show avec des prestations magnifiées de manière exagérée.

Je ne sais pas encore ce que nous réservent les acteurs, mais j’ai été convaincu par les actrices-chanteuses interprétant les héroïnes, c’est déjà ça. Je ne connaissais pas Katharine Mc Phee (l’héroïne), et elle s’en sort honorablement. C’est plutôt amusant de voir notre Grace (Debra Messing) graviter à nouveau autour d’homosexuels. Quant à Angelica Huston, son charisme n’est pas atteint. Rassurant.

Il est encore tôt pour dire si le scénario sera à la hauteur, mais les personnages présentés ont du potentiel pour être attachants, on sent l’énergie à défaut de la passion, et l’ensemble est solide. Ce serait bête de passer à côté d’une si jolie surprise.

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