Orphan Black saison 1

orphan black

Le nez dans le guidon, au contact de tonnes de nouvelles séries, il devient de plus en plus difficile de donner une chance à une nouvelle fiction après quelques minutes décourageantes. Orphan Black en faisait partie. J’avais trouvé le pilote très irritant, avec une héroïne dépourvue d’émotions plongée dans un complot qui m’apparaissait pas franchement original.

Et puis j’ai lu des critiques quasi dithyrambiques sur la série. Serais-je passé à côté de quelque chose ? Comme les fictions américaines sont moins nombreuses en cette période, c’était l’occasion de vérifier. Et surtout de comprendre.

Orphan Black, rappelez-vous, c’était l’histoire de Sarah Manning, une fille rebelle qui après avoir fait pas mal de bêtises, assiste au suicide d’une femme qui lui ressemble étrangement. Ni une ni deux elle va prendre son identité de flic, et mettre ainsi le doigt dans une vaste conspiration où il est évidemment question de clonage humain.

En suivant la série, deux points m’ont agréablement surpris.

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D’une part l’humour, par moments franchement réussi, grâce à certains personnages hauts en couleurs. Ça ne fonctionne pas toujours, mais il est agréable de voir que la série est capable de « souffler » un peu. Avec la multiplication des clones, ça rend même le visionnage jubilatoire, le sixième épisode reprenant presque les codes d’un vaudeville.

Autre sujet de satisfaction  : le rythme, qui ne faiblit jamais. Pas le temps de s’ennuyer, les rebondissements sont là, et même s’il y a des ratés, la mise en scène permet de surprendre le téléspectateur plus d’une fois. C’était pas gagné du tout au vu du pilote, et du coup je comprends mieux l’enthousiasme de certains blogueurs.

Par contre, au niveau de la cohérence, là il faut s’accrocher. A force de partir dans tous les sens, la série perd souvent ses notions de lieu et de temporalité. Les raccourcis sont pléthoriques, au point que ça finisse vraiment par m’énerver. Lorsqu’un personnage revient à l’improviste dans sa maison il y retrouve tout son voisinage qui l’attendait assis sagement depuis des jours. Lorsqu’un suicide a lieu on attendra des mois pour regarder les caméras. Les personnages sont également utilisés sans être maîtrisés. Un personnage psychopathe est capable de tuer, d’arracher des poteaux, mais se fait dominer par un simple gars, juste avant de se venger facilement sur lui. Ce même personnage dont les motivations, la psychologie, restent absolument impossible à comprendre, faisant tout et son contraire.

orphan black tatiana maslany

Mais il y a pire. La cohérence émotionnelle est celle qui fait le plus de mal à la série. Impossible de m’attacher à l’héroïne, à ce qu’elle ressent. Le développement amoureux est inexistant, et limité à du sexe. En une scène, l’héroïne est capable, pour se protéger, de coucher avec un individu au bout de 20 secondes (et je compte large). Une femme tombe amoureuse à peine après avoir rencontré une autre femme hétéro. Leur simple baiser suffit à créer une relation lesbienne (!). Au moins Felix, le personnage gay a des relations sexuelles assumées sans lendemain et pleines d’humour, ouf ! J’ai eu de gros malaises devant certaines scènes qui ne fonctionnaient pas du tout, parce qu’on a jamais pris le temps d’expliquer ce qui se passe dans la tête de ces personnages. On ne sait jamais si nos personnages ressentent vraiment quelque chose.

orphan black sarah kira

Le background des personnages clonés est également très limité. Jamais je n’ai pu être touché par Kira, la fille de l’héroïne, dont le comportement est – au mieux – incohérent et jamais expliqué. On ne voit pas une mère cherchant à retrouver sa fille, on est pas touché par son passé. Pour la voir en tant que mère, il faut autre chose que juste revoir son enfant et pleurer en la regardant ! Et que dire des clones qui sont de vrais clichés, limités expressément par leur définition et leur look. Seule la soccer mom a droit à du temps d’antenne, et à un vrai tempérament. Pas étonnant qu’elle constitue, et de loin, le meilleur atout de la série.

tatiana maslany orphan black

Malgré tout, la prestation de l’actrice Tatiana Maslany est remarquable. Aidée il est vrai par des coiffures travaillées, elle arrive sans peine à nous faire croire que tous ces personnages existent. Et surtout, contrairement à Ringer, la série prend un malin à plaisir à rapprocher ses clones dans une même scène : ils se touchent, se regardent, passent devant l’un de l’autre, bref ils coexistent sans dommages. Même si on ne voit pas des personnages profonds, intelligents, on voit autre chose qu’une simple variation subtile d’un même rôle. C’est déjà ça.

Bref, la série a été souvent frustrante, parfois irritante, mais a su ménager quelques pointes d’humour, sans faiblir son rythme. J’aurai aimé une meilleur fin de saison, avec ses demi-révélations sans saveur et un cliffhanger un peu ridicule, mais on perçoit dans ce mélange pas toujours cohérent une vraie ambition : celle de faire plaisir. Je ne regrette donc pas de l’avoir regardé, mais j’avoue toujours être dubitatif devant certains éloges…

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2 réflexions sur “Orphan Black saison 1

  1. Orphan Black fait partie des séries que j’ai commencé et abandonnées en cours de route.. Je vais tenter de m’y remettre cet été! Le concept est sympa, mais peine à convaincre..

  2. J’ai aussi repris la série (et fini la saison justement hier ^^) suite aux échos très positifs.
    Au final, j’ai apprécié cette 1ère saison qui décolle progressivement pour son rythme que tu soulignes, pour cette capacité à toujours chercher à jongler avec plus de storylines et de twists qui s’enchaînent… L’ensemble est addictif, plaisant à suivre car j’avoue pour ma part m’être attachée aux protagonistes. Pour le reste, je te rejoins sur le fait que la série frôle parfois la sortie de routes avec certaines surenchères ou cette façon d’ajuster les évènements et les réactions de chacun aux rebondissements vers lesquels elle nous entraîne (et vers la fin de la saison, la recette des scénaristes devient assez transparente). Il n’en reste pas moins que c’est une bonne petite série de SF plus enthousiasmante que ce à quoi je m’attendais.
    Pour le reste, la surprise de s’être laissé si bien prendre au jeu (une série sans attente a priori), l’effet de mode et la solidité de l’actrice principale expliquent sans doute le « buzz » positif qui gagnerait sans doute à être nuancé (d’autant plus que c’est typiquement une série qui peut subir un retour de bâton immérité de ces mêmes faiseurs d’éloges en saison 2 où elle sera plus attendue).

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