[Pilote] Dont trust the B**** in Apartment 23

La saison se termine bientôt, et pourtant les nouveautés continuent d’affluer. Dernière en date, la comédie Don’t trust the B**** in apartment 23, qui m’a donné envie de reprendre le clavier. Pourtant à l’instant où je tape sur ses touches, j’ignore où j’en suis encore avec le pilote. Parce qu’il faut bien le dire, plusieurs aspects m’ont fortement irrité.

On nous raconte donc en une vingtaine de minutes l’histoire de June, venue tenter sa chance à New York, et qui suite à plusieurs revers, se retrouve en colocation avec Chloé, une jeune femme qui cachait bien son jeu. Elle est odieuse, et a pour habitude de faire fuir celles qui osent habiter avec elle. Évidemment, on s’en doute dès le départ, ces deux là vont finir par s’apprécier à leur façon. Et pour remplir le quota des personnages secondaires délirants, nous avons droit à James Van Der Beek dans son propre rôle, un voisin voyeur et pervers, et une voisine obsédée par Chloé.

Avant toute chose, je vais reprendre une réflexion que j’ai malheureusement déjà faite plusieurs fois cette saison : si on veut faire dans la provoc’, il faut assumer. Il n’y a rien de pire qu’un titre de série qui s’autocensure. « Ah vous voyez toutes les choses qu’on pourrait raconter mais qu’on ne va pas vous montrer ? » Si les créateurs se sentent censurés par le network, qu’ils changent de chaîne pour avoir la liberté qu’ils désirent et ne s’en servent pas comme un argument marketing ! La censure peut certes amener un regain de créativité quand il s’agit de contourner des règles, mais pour cela il faut une écriture parfaite, chose extrêmement rare que ce pilote n’a évidemment pas réussi à atteindre. Lorsque Krysten Ritter apparaît nue à l’écran, son corps est tellement flouté qu’on se demande l’intérêt de la montrer. Il aurait été plus amusant de se servir du pouvoir de suggestion comme certaines scènes célèbres d’Austin Powers. L’effet comique est ici proprement inexistant.

Ce qui m’amène à une autre reproche : les gags. Si l’épisode a un rythme trépidant, et qu’on sent une bonne dose de délire dans la plupart des scènes, la majeure partie de ces gags utilisent très mal l’effet de surprise. Un gag qui ne surprend pas n’est pas un gag. Et je me pose encore la question de l’efficacité du flashforward dans le registre comique, étant donné qu’il dévoile dès les premières secondes la quasi intégralité de l’intrigue de l’épisode.

Enfin, vous constaterez aussi ma complète subjectivité : j’en veux énormément aux créateurs de la série d’utiliser Liza Lapira ainsi. C’est un crève-cœur de voir cette actrice qui avait su interpréter si brillamment une femme forte dans un couple (Traffic Light) devenir une binoclarde recluse, revancharde et obsédée par sa voisine, avec un temps d’antenne n’excédant pas les 20 secondes. Un rôle on ne peut plus limité et tout sauf drôle. Le cas de James Van der Beek me laisse de marbre, où plutôt me laisse à penser que là aussi la série a voulu faire du buzz sans penser à écrire des scènes efficaces. Ce n’est pas la première fois qu’un acteur s’autoparodie dans une série, et j’ai été complètement hermétique à un James Van Der Beek tombeur, acteur raté qui tourne des pubs ratées (merci Joey Tribbiani).

On finit donc par se demander si derrière la forme et le plaisir certain de la nouveauté se cache vraiment un potentiel comique. Fort heureusement il est là, mais il faut pour cela contourner les limites du concept. On est pas encore comme dans 2 Broke Girls où l’alchimie entre les actrices est immédiate, mais Krysten Ritter est formidable et assure une vraie présence tandis que sa consœur Dreama Walker (Becca dans The Good Wife) est prometteuse. J’espère juste que les raccourcis opérés lors du pilote pour des raisons de rythme et de présentation ne seront plus là par la suite, car au final j’ai eu du mal à comprendre le lien de sympathie de Chloé envers June (il aurait fallu autre chose qu’une explication de James van Der Beek !). C’est là la limite du procédé. Chloé ne pouvait pas rester méchante, mais on ne peut expliquer d’une manière « humaine » qu’elle peut être gentille, parce que ça détruirait le cœur du show : son côté « osé » sévèrement buzzé.

Difficile au final de savoir comment le show va équilibrer ses personnages sans faire perdre l’atout du show, Krysten Ritter. Mais malgré la sensation d’un buzz créé de toutes pièces, j’ai tout de même eu du plaisir à découvrir ce pilote : il y a du rythme, certains gags fonctionnent plutôt bien, le duo a du potentiel pour être attachant. Ça vaut le coup de tenter quelques épisodes de plus…

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