Traffic Light

Traffic Light a été l’une des perles de cette saison 2010-2011 aux USA. Une série comique injustement boudée par le public n’a malheureusement aucune chance d’être renouvelée, sauf encensement des critiques. C’est le sort qui lui a donc été réservé, dans l’indifférence la plus totale.

Pour l’apprécier, encore eut-il fallu passer outre les nombreuses critiques négatives, qui rien qu’à la vue du pitch (une comédie sur trois couples), ont mis cette perle dans le sac des productions sans âme.

Et pourtant. Ça faisait des années que je recherchais non seulement des couples qui paraissent suffisamment réels (et là je ne parle pas d’alchimie, mais bien de personnages qui ne sont pas creux et qui ont de vraies personnalités sans être caricaturaux). Je cherchais également une vision masculine qui soit autre chose que celle de l’éternel college boy. Et surtout, je voulais une grille de lecture sur le fonctionnement d’un couple sans tomber dans les clichés.

Traffic Light a comblé tous mes espoirs. Oui il était encore possible de dire quelque chose sur les couples, et mieux encore, sur l’homme dans un couple. Et ça forcément, ça détonne dans le contexte actuel où la sitcom est devenue une avalanche de gags sans la moindre réflexion sur les personnages.

Traffic Light tient peut-être son originalité du fait qu’il s’agisse d’un remake de la série israélienne Ramzor, série acclamée par la critique (elle a notamment un international emmy award en 2010 comme meilleure série comique).

Ne vous limitez donc pas à la lecture de ce pitch, qui ne rend pas hommage à ces personnages qui je le répète, ont une vraie personnalité, une vraie présence.

La série nous présente 3 hommes, copains depuis des années, qui sont tous à un stade différent de leurs vies. Ces 3 là cherchent leur identité d’homme tout en disant adieu à leur passé de garçon. Ce qui leur donne une certaine sensibilité.

Mike (David Denman, l’ex de Pam dans The Office) est marié à Liza (Liza Lapira) et ensemble ils élèvent leur enfant. Dans cette vie, Mike se rend compte qu’il perd peu à peu ce qu’il avait. Fini le temps libre, finies les décisions simples, il est mené à la baguette par sa femme qui fait tout mieux que lui. Et il va se battre pour récupérer sa dignité d’homme mâle. Sont en jeu : sa liberté, sa virilité, sa position dans le couple, autant d’un point de vue sentimental que financier.

Adam (Nelson Franklin) vient d’emménager avec sa copine Callie (Aya Cash), et cherche les clés qui lui permettront de rester ce qu’il est sans perdre sa copine. Il est un peu le type naïf, pataud, qui ne sait pas comment s’y prendre pour aborder sereinement le virage de la vie à deux.

C’est un engagement que refuse de faire Ethan (Kris Marshall), qui continue d’enchaîner les conquêtes. Évidemment il s’agit du personnage le moins intéressant des trois. Il sert en quelque sorte de point zéro pour placer chacun par rapport aux divers problèmes de couple. Pour autant il n’est pas un dragueur « lourdingue » comme Barney dans How i met your mother. C’est un chasseur, séducteur, mais qui traite les femmes avec beaucoup plus de respect.

La raison de la réussite de la série tient donc dans le portrait de ces hommes attachants, mais aussi dans celui des femmes, avec en tête, Liza Lapira, absolument parfaite en femme à poigne, non pas dominatrice, mais qui sait comment manipuler son homme tout en étant encore très amoureuse de lui.

Ainsi, la série fonctionne très bien quand il s’agit d’aborder des questions de couple, son rapport de force entre l’homme et la femme, et toutes les questions peuvent mettre en péril celui-ci. C’est assez fin, généralement très bien vu, et ça contribue à rendre les personnages encore plus sympathiques. Il ne s’agit pas là d’un humour délirant, au rythme frénétique, mais bien d’une peinture douce et sucrée. C’est drôle parce que c’est vrai, parce que ça nous touche, et pas parce que c’est un festival de gags.

La série n’évitera pas, bien sûr les situations abracadabrantes, pour la plupart très réussies et suffisamment drôles pour se rappeler que nous somme bien dans une série comique. En revanche j’ai quelques réserves sur l’apparition de personnages bien trop délirants pendant quelques épisodes, qui cassent ce si précieux et fragile équilibre tenu jusqu’à alors.

13 épisodes, et rien de plus. On se retrouve ainsi terriblement frustré à la fin de cette saison, qui a heureusement le bon goût de ne pas entamer un fil rouge. Pas de cliffhanger, donc. Mais l’envie de revoir tous ces épisodes, pour se dire, que parfois, avec une vraie écriture, et de bons acteurs, on peut arriver à faire revivre la magie télévisuelle, celle où les séries sont touchantes et sincères.

Traffic Light, tu vas me manquer. (Et Liza aussi !)

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