Arrested Development saison 4

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Lorsqu’en 2010 j’avais rédigé un article hommage à cette série culte (terme pour une fois non galvaudé), il m’était impossible d’imaginer qu’Arrested Development renaîtrait vraiment de ses cendres sur Netflix. En 15 épisodes, le show fait mieux que nous faire revivre avec nostalgie ses meilleurs moments. Cette 4è saison n’est pas un best-of, mais bien l’occasion de raconter une nouvelle histoire, sans perdre toute sa loufoquerie.

Ainsi, nous retrouvons la famille Bluth au complet. Le fils, Michael (Jason Bateman) a décidé de couper les ponts avec tout le monde. Il n’arrive pas à vendre son parc immobilier, touché par la crise. Il se fait déposséder de sa compagnie par Lucille Austero (Liza Minnelli), et lui doit un gros paquet d’argent. Complètement ruiné, il va rejoindre son fils George Michael (Michael Cera) désormais à l’université. Ce dernier prétend inventer un nouvel outil antisocial (Fakeblock) pour le respect de la vie privée. Un succès qui bien entendu attirera sa fausse cousine Maeby (Alia Shawkat), restée elle à l’école, n’ayant toujours pas réussi à faire réagir ses parents. Lindsay et Tobias sont toujours un couple en crise, et ces deux là vont devoir trouver leur voie… Pendant ce temps la matriarche Lucille (Jessica Walter), emprisonnée, va devoir se défendre à son procès, et son mari George (Jeffrey Tambor) au fond toujours un peu gourou, invente un moyen de faire de l’argent dans le désert jusqu’à ce qu’Oscar, son frère jumeau s’en mêle un peu trop. Quant à Buster, il va devoir apprendre à vivre sans sa mère tandis que Gob (Will Arnett) va chercher à se venger de Tony Wonder (Ben Stiller).

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La construction de la saison est bien différente des précédentes, puisqu’elle tire vraiment parti de son support. En effet, Netflix rend disponible en intégralité tous les épisodes de cette saison, ce qui permet un visionnage rapproché. Ainsi le scénario fait vraiment appel à votre mémoire, et les évènements et personnages s’imbriquent les uns et les autres au fur et à mesure. Le procédé est génial, car il ne s’agit plus de détails, de clins d’œil comme dans les autres saisons, mais bien la sensation de voir un immense puzzle se reconstituer sous nos yeux. Rien de tel que de comprendre qu’un évènement prend une toute autre signification. Cela ajoute aussi une certaine confusion qui rend presque obligatoire un second visionnage, pour bien repérer tous les personnages, comme la présence d’Ann (Mae Whitman), parfois bien cachée dans les scènes.

Bien sûr la série s’appuie aussi sur sa cohorte de personnages et les fans – dont moi – seront ravis de voir ce que sont devenus Annyong, Steve Holt, Bob Loblaw, Stacy Stiwell ou Kitty Sanchez… (la liste est longue !). Mais cette saison marque aussi l’arrivée de nouveaux personnages marquants. On aurait d’ailleurs tort de considérer la série comme une série dont la réussite ne tient qu’à ses guests (comme l’omniprésent Andy Richter cette saison). Non, ce qui compte, c’est son humour.

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Et rassurez-vous, la loufoquerie est permanente. Les jeux de mots font mouche, qu’il soient en rappel ou non, comme sur l’homosexualité refoulée de Tobias ou l’art du malentendu (« Daddy needs to get his rocks off ») ou sur l’attirance de George Michael (le fameux « don’t be afraid to ride her hard »), par exemple. La plaque d’immatriculation de Tobias destinée à célébrer un nouveau départ, est désormais culte. Les gags visuels ou sonores sont encore là et on aura évidement aussi des clins d’œil de nevernude, au blue man en passant par la fameuse marche triste de Charlie Brown.

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La série se lâche aussi et rit avec nous des prédateurs sexuels, de l’homosexualité, des clichés racistes (sur les noirs ou les asiatiques), pratique l’auto-dérision (Imagine entertainment de Ron Howard), se moque de sujets qui n’existaient pas à l’époque (Facebook), multiplie les références jusqu’à l’orgie (ah les fantastic four !).

Devenue complètement imprévisible – et incontrôlable – à cause de sa narration toute particulière, la série enchaîne avec bonheur les gags, les surprises, les clins d’œil, les hommages, sans jamais oublier ce qu’elle est. Non la série n’a rien perdu. Même si le rythme est un peu plus lent, parfois la densité d’information est telle qu’on doit se repasser le même passage 4 ou 5 fois. L’arrêt sur image est indispensable pour profiter de tous les détails, de la bande annonce télé aux couvertures de magazines.

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Pour des raisons de planning des acteurs, chaque épisode est centré sur un personnage (ma préférence ira au 4.05 et 4.12 centrés sur Tobias et Maeby)  et il est rare d’avoir un petit groupe. Mais cela n’est guère choquant, il y a largement de quoi faire, et j’ai tellement aimé cet effet « puzzle » que je suis prêt à re-signer pour la suite. A la fin des 15 épisodes, j’ai ressenti une grande sensation de manque. J’avais pas connu un tel plaisir de seriephile depuis des années.

Ah. La suite. C’est la grande inconnue. Si Netflix semble finalement vouloir une 5è saison, Mitchell Hurwitz semble vraiment tenir à son projet de film. Et je ne vois vraiment pas la série s’adapter à ce nouveau média, par essence diluant l’information, les gags. Et sans télécommande, aussi, pour prendre des pauses.

Tout simplement un énorme bravo pour cette sublime 4è saison qui prouve à toutes les comédies de ces dernières années que l’écriture est la base de tout.

Wow.

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Une réflexion sur “Arrested Development saison 4

  1. Je ne sais pas si c’est parce que j’ai regardé la série tardivement (début 2012) ou si c’est autre chose mais face aux trois buildozers qui ont précédé, cette quatrième saison me paraît fade, drôle que pendant quelques instants et extrêmement mal construite .. J’y plaçais de l’espoir pourtant ! Je me déçois de ne pas aimer, la série me déçoit de ne pas me laisser l’aimer (c’est la même chose pour Community)

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