Coma [Miniserie]

Lorsque j’ai entendu parler de l’adaptation de Coma en mini-série, j’étais plutôt content. Ayant lu quelques romans de Robin Cook dans ma jeunesse, et surtout vu le film Morts suspectes de Michael Crichton avec Michael Douglas et Genevieve Bujold, j’avais quelques idées en tête sur ce que j’attendais.

Robin Cook fait des thrillers médicaux éprouvants, dénonçant les dérives médicales, environnementales, s’attaquant au système de santé et ses fameux HMOs (cf le roman Contagion). Au-delà de la simple histoire d’horreur, il y a donc un questionnement éthique sur notre humanité, et c’est ce qui rend sa thématique transposable dans notre décennie.

J’avais peur que cette mini-série des frères Ridley et Tony Scott s’attarde sur l’histoire d’horreur avec une tonne d’effets spéciaux mais les dialogues montrent que l’auteur originel n’a pas été complètement oublié. Notre héroïne Susan Wheeler (le nom n’a pas été changé), étudiante en médecine, a un regard humaniste sur sa profession, alors que tout autour d’elle les requins nagent. Ce portrait acide et peu flatteur est peut-être un vrai rappel des consciences, ce que n’osent plus aborder de nos jours les séries médicales.

Susan va donc remarquer que le nombre de comas augmente largement dans l’hôpital, et fait sa petite enquête, ce qui ne va pas manquer de soulever beaucoup de questions et déranger plusieurs personnes. La grande différence, au fond, c’est que la mini-série ne verse pas dans la paranoïa. En 1978, le public n’était pas vraiment au courant de ce qui se passait dans un hôpital, et le film jouait sur ça, dévoilant avec un certain réalisme les procédures (les prémisses d’ER, pour Michael Crichton sans doute). Le public faisait légitimement confiance en sa médecine, alors quand Genevieve Bujold commençait à basculer, le doute était encore permis, on ne voulait pas y croire. De nos jours, les dérives de la science font la une quotidienne des journaux et plus que jamais le monde a peur de la science. En 1978 le film de Michael Crichton avait provoqué une peur panique des anesthésies, en 2012 plus rien ne peut étonner le téléspectateur. Exit la paranoïa épurée des 70s, donc, et place à la surenchère.

Pour cela, la mini-série va nous peindre deux figures diaboliques qui n’étaient pas franchement nécessaires : un stalker, et une vieille femme un rien dérangée. Malheureusement ce sont de vieilles recettes de films d’horreur ou de téléfilms qui éloignent d’autant plus le propos originel : la dénonciation d’un système immoral.

Il y a également un grave problème d’écriture dans cette mini-série. Consciente qu’elle ne peut plus surprendre son téléspectateur, elle préfère l’aguicher, en montrant des images de ce qui se passe au Jefferson Institute avant même que l’enquête ne démarre. Beaucoup de personnages n’ont pas de fin, ou disparaissent sans raison précise, laissant au téléspectateur le choix d’imaginer ce qui a pu (ou ce qui va) leur arriver, ou pire encore n’expliquant pas leurs revirements soudains. Il y a là un manque de cohérence, et on sent un remaniement dans la seconde partie pour se focaliser exclusivement sur les séquences d’horreur, ce qui est bien dommage.

Non pas que ces séquences soient loupées car la réalisation est soutenue, mais elles prennent bien trop de temps et font plutôt catalogue des horreurs. Je regrette également l’usage d’effets spéciaux (comme le lit qui se construit, ou les « tenues » des victimes), cela casse la crédibilité du sujet et crée donc une distanciation.

Heureusement les acteurs sont impeccables, et le casting de luxe fait plaisir : Lauren Ambrose, Steven Pasquale, Richard Dreyfuss, Geena Davis, James Woods

La fin est malheureusement bâclée, peu crédible et peu cohérente, même si heureusement la toute dernière scène finale rajoute une noirceur bienvenue.

La mini-série n’est donc pas une réussite, elle satisfera peut-être les amateurs de sensations fortes, mais malgré quelques judicieuses questions éthiques disséminées ici et là ainsi qu’un casting charmant, elle manque de cohérence. Allez plutôt voir le film de Michael Crichton (trailer ici). Vous y trouverez même les débuts d’une future star prénommée… Tom Selleck !

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