Mes séries comiques de référence (5/5) : Arrested Development

Diffusée de 2003 à 2006, Arrested Development est un petit bijou de créativité. Conçue comme un mockumentary, elle s’en éloigne pourtant sensiblement en préférant accumuler des gags plutôt que se moquer de ses personnages.

Mitchell Hurwitz a ainsi réalisé un véritable travail d’orfèvre, doté d’ une précision comique chirurgicale. Récompensé par la critique (6 Emmy Awards et 1 golden globes) il n’aura pourtant jamais rencontré le succès public. La FOX l’arrêta au bout de 3 saisons, malgré Ron Howard à la production.

A la différence de beaucoup de sitcoms, ce n’est pas le cercle d’amis qui est le moteur de la série, mais une famille dysfonctionnelle.

La famille Bluth n’avait jusque là jamais vécu dans le besoin, et tous ses membres étaient au mieux des gens égoïstes, idiots et inutiles, au pire des parasites. Tous, sauf Michael Bluth, le fils prodigue, qui veut essayer de remettre la famille sur ses rails alors que son père est en prison et que les finances vont au plus mal. Venu lui-même avec son propre fils (George Michael), il va vite comprendre que la tâche sera rude, car George Bluth Sr est un manipulateur né. Et le reste de la famille ne va pas l’aider non plus : Lucille, sa mère est alcoolique et a couché avec le frère jumeau de son mari. Lindsay sa sœur est matérialiste mais cherche à défendre à sa manière des causes humanitaires. Tobias, son beau-frère, psychiatre déchu, a des ambitions artistiques et agit comme un homosexuel alors qu’il refuse de l’admettre. Gob, son frère, est un magicien raté, tandis que son autre frère Buster est incompétent et asocial. A cela se rajoute encore Maeby, la fille (?) de Lindsay et Tobias, une ado rebelle qui escroque tout le monde.

En plus de ce foisonnement de personnages hilarants, de nombreux guest stars auront de très bons rôles : Carl Weathers, Henry Winkler, Mae Whitman, Liza Minnelli, Charlize Theron, Judy Greer, Julia Louis-Dreyfus, Ben Stiller… et bien d’autres.

Un tel tableau est évidemment propice à de nombreux gags. Pour autant la série ne cherche pas à faire de la caricature, elle devient presque une histoire en dehors du temps, avec des personnages tellement surréalistes qu’on se concentre très vite sur l’essentiel : les gags.

Et de ce côté là, la série fait très très fort. Comme toujours, les gags récurrents sont les meilleurs, comme le crush de George Michael envers sa cousine Maeby.

Michael, s’adressant à son fils pour qu’il s’occupe de sa cousine au stand : You stay on top of her, Buddy. don’t be afraid to ride her. Hard.

La série est aussi feuilletonnante, avec des histoires pas toujours faciles à suivre (pour une sitcom), ce qui, ajouté à la difficulté d’accès des gags, n’a pas contribué à rendre le show très attractif. Pourtant le show est une vraie pépite référentielle, où les dialogues sont à double-sens, les scènes sont parodiques, etc…

Maeby : Do you guys know where i could get on of those gold necklaces with a « T » on it ?

Michael : That’s a cross…

Maeby: Across from where ?

Trop ambitieux ? Parfois il y a tellement de gags et de clins d’oeil, de guests, d’images en second plan qu’il devient impossible de regarder l’épisode sans faire pause toutes les 10 secondes pour reprendre son souffle.

Alors quand la série lors de sa 3è saison est annulée et qu’elle cherche de l’aide du côté de HBO ou de Showtime, les derniers épisodes nous donnent de superbes dialogues à double-sens :

Michael : so what’s going on with the fundraiser ?

George sr : Well i don’t think the Home Builders Organisation is going to support us

Michael : Yeah, the HBO’s not going to want us. What do we do now ?

George Sr : « Well, i think it’s show time. I think we have to have a show during dinner

Oui, cet article est aussi une forme d’ hommage à la plus décapante et la plus inventive série télé de tous les temps. Comme j’adore les citations, voici une des meilleures répliques de la série :

Lors d’une inauguration, Michael et GOB se disputent et GOB prend les gros ciseaux destinés normalement à couper les rubans.

Narrator :G.O.B. charged at Michael with the scissors, but Michael,

Michael : Put it down.

Narrator : as he always did, picked rock… (il prend un faux rocher en plastique à côté de la maison à inaugurer)

GOB : Make it collapse. Make me look foolish.

Michael : G.O.B., don’t do this. G.O.B., the scissors!

Narrator : …which beat scissors.

Narrator : Unfortunately, the whole incident was covered by the paper.

(Paper – rock – cissors).

Je pourrais en faire des tonnes, du concept du nevernude, au « i just blue myself », au « jumping the shark », à Franklin la marionnette, la chicken dance, la série accumule les scènes cultes, donnant à chaque personnage son heure de gloire.

La série est tout simplement incontournable, de très loin la meilleure comédie des années 2000. Passée le pilote un rien déstabilisant, la série s’installe rapidement pour ne plus vous lâcher. A noter que le coffret DVD intégrale n’est pas onéreux. A ce prix là, ça serait dommage de louper une série culte, qui ne cesse de susciter l’imagination :

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2 réflexions sur “Mes séries comiques de référence (5/5) : Arrested Development

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