La rentrée américaine 2016 (2ème partie) : le moment de faire le tri

La Peak Tv (l’abondance de séries télévisuelles américaines) est en train de chambouler les plannings. Je vous propose de faire un petit état des lieux, entre réflexion sur les nouveautés déjà présentées, celles dont je n’ai pas eu le temps de parler jusque là, et une petite mise au point sur mes visionnages.

Au bout de quelques épisodes, il est donc temps de savoir si certaines séries valent à mes yeux la poursuite du visionnage.

quarry

Quarry : Le pilote ne m’avait pas inspiré malgré une mise en scène bien léchée. La fin de saison est pourtant exceptionnelle, après avis de nombreux critiques. Une seconde chance, oui, mais quand ? (statut : indéterminé)

westworld

Westworld : On lit un peu de tout sur la série du moment. J’aime les mystères, j’aime le regard sur l’humanité de ces « androïdes » (même si on a vu mieux). Mais la série n’arrive pas à faire décoller l’émotion. Et c’est un gros handicap pour le moment. Sans compter les scènes orgiaques et beaucoup de scènes violentes totalement dispensables. On se fiche vraiment du sort de tous les personnages, même de l’analyste jouée par Shannon Woodward. Mais j’attends toujours le prochain épisode avec impatience. J’ai toujours été fan d’Evan Rachel Wood, depuis Once and Again. (statut : mini feu vert 2)

insecure

Insecure : J’avais été séduit par son approche du célibat, mais les épisodes suivants ont refroidi mes ardeurs. Il manque un petit grain de folie supplémentaire pour vraiment m’investir dans l’aventure. Oui, la concurrence est sans pitié. C’est tout le problème de la PeakTv : une série a encore moins le droit de faire dans la demi-mesure. (statut : mini feu rouge 2)

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Designated survivor : La série maitrise son rythme et ses rebondissements. Mais j’aimerai là aussi un peu plus d’originalité. On a vraiment l’impression d’assister à un recyclage d’idées. Et le prochain épisode déterminera la poursuite ou non du visionnage. (statut : mini feu orange 2)

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Lethal Weapon : Une bonne surprise. La série a su garder l’humour des films. Après le pilote, les scénaristes passent beaucoup de temps pour donner à ce divertissement un côté léger. Après tous ces shows qui se prennent au sérieux, c’est plutôt agréable. Et ça peut rejoindre facilement Scorpion sur la liste des guilty pleasure. On aurait aimé, tout de même l’atténuation de certaines scènes machistes…(statut : mini feu vert 2)

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The Exorcist : Là aussi, une bonne surprise. Le show réussit à se détacher de l’œuvre horrifique originelle pour surprendre, non avec ses très bons effets spéciaux, mais avec quelques twists empreints d’émotion. (statut : mini feu vert 2)

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This is Us : Je ne suis pas aussi enthousiaste que les médias qui prêtent à la série des qualités qui ne correspondent pas à son succès d’audience. Oui, la série a un côté tranches de vie bien appréciable en ces temps obscurs, mais ses personnages manquent encore de profondeur. Ils ne nous sont pas aussi immédiatement sympathiques, et les interactions entre les personnages manquent encore souvent d’intensité. Pour une série familiale, ce n’est pas rédhibitoire, mais j’espère vraiment tomber amoureux de la série. Ce n’est toujours pas le cas. (statut : mini feu vert 2)

speechless

Speechless : la comédie n’est toujours pas encore un coup de cœur, la faute à des enfants manquant d’histoires intéressantes (en comparaison à Fresh off the boat, en tous cas). Et je ne suis pas sûr que son originalité (le regard autour du handicap) lui suffise à rester longtemps dans mon planning. L’humour est encore un peu trop plat, hélas… (statut : mini feu orange 2)

timeless

Timeless : La série prend malheureusement trop de temps pour développer son fil rouge, et on finit par avoir un Quantum Leap sans émotion, aux séquences d’action masquant tout le potentiel du récit. On arrête là. Frequency, l’autre drama qui nous fait voyager dans le temps vaut largement plus détour. (statut : mini feu rouge 2)

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Au rayon des retours, je suis un brin déçu par le ton de plus en plus soporifique d’Ordinary Lies, Humans, et The Fall. J’ai du arrêter Arrow et The Flash devant la pâleur des scripts. Je pensais arriver au 100ème épisode d’Elementary mais le show a perdu une grande partie de son casse-tête cérébral qui faisait son charme. Et puis je suis aussi un peu déçu par le retour des séries de la CW : Jane the virgin ne retrouve pas son pep’s d’antan (j’étais habitué à mieux, même s’il reste encore quelques bonnes trouvailles), Crazy ex-girlfriend s’enfonce dans la médiocrité de ses numéros musicaux …

Au rayon sitcoms, c’est mieux. Mom continue d’aborder des thèmes peu fréquents avec un humour bien placé, The Big bang Theory explore agréablement une certaine intimité du couple Sheldon/Amy, Fresh Off The Boat retranscrit de mieux en mieux les années 90, … si seulement The Odd Couple n’était pas aussi inconstante !

On continue avec un petit tour des dernières nouveautés :

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mini feu rouge 2The Great Indoors : la comédie frappe fort sur les millenials, et alors ? J’avoue ne pas trop comprendre certaines critiques un brin susceptibles. Tant que la critique est énorme, elle fait rire. Le gros problème de la série, c’est surtout son décalage entre les dialogues et les situations. On ne croit pas une seconde à ce qui se passe sous nos yeux. Un petit tour et puis s’en va.

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mini feu rouge 2Dirk Gentlys Holistic Detective Agency : Une série fantastique qui part dans tous les sens, sans jamais réussir dans le ton dans lequel elle se lance : elle n’est pas mystérieuse, elle est confuse, elle n’est pas drôle, elle prétend l’être. La multiplication des twists n’aide pas non plus à voir autre chose que la tête ahurie du héros à tous les tournants… Tant pis.

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mini feu rouge 2Good Behavior : L’actrice de Downton Abbey aurait pu faire un meilleur choix : cette histoire de voleuse annonce l’intégralité des twists à venir. Et on a bien du mal à s’attacher au personnage. On oublie vite.

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mini feu rouge 2Pure Genius : Katims surprend, mais dans le mauvais sens du terme. Nous voilà avec une série médicale qui se veut à la pointe de la technologie, mais qui en oublie le lien essentiel entre le patient et le médecin. Non, la médecine, ce n’est pas une mélange de pitié et de technologies futuristes. Il en résulte un show sans âme, et sans émotion. Yeurk.

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mini feu rouge 2Man with a plan : Joey Tribbiani a bien vieilli. Le voilà désormais à la maison, s’occupant enfin des enfants pendant que sa femme reprend le travail. Et c’est désespérément plat. Même pour une sitcom de troisième zone.

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mini feu orange 2The Young Pope : La coproduction fait le buzz avec son casting de luxe, mais le résultat est pour le moins mitigé. Après une introduction outrancière et par moment ridicule (même pour un rêve), les enjeux de pouvoir peinent à enthousiasmer. On aura compris que ce jeune pape est contre l’establishment, et l’épisode tourne autour du concept pendant de longues minutes. Reste la confession finale du pape, qui ne surprend guère, ou tout du moins ne devrait surprendre personne si on a un tant soit peu fait attention à son discours. Jamais un croyant ne dirait à un autre croyant : « dans une autre vie ». Les gimmicks sur les « blagues » tournent d’ailleurs rapidement en rond. Bref, une débauche de moyens pour un résultat superficiel, au mieux vaniteux. On lui laissera de peu une seconde chance, en espérant que ça bouge vraiment par la suite…

chance

mini feu rouge 2Chance : J’avais très envie de revoir Hugh Laurie, qui démontre une fois de plus l’étendue de son talent. Hélas, ce premier épisode est un peu trop classique pour réellement surprendre. Un peu comme Goliath. L’histoire se déroule bien trop lentement pour accrocher le téléspectateur : un neuropsychiatre consultant essaye de sauver la vie d’une patiente en danger. C’est dommage, car sans rude compétition, on lui aurait bien donné une seconde chance.

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mini feu rouge 2Stan Against Evil : Mc Ginley est très à l’aise dans son rôle d’ex-shériff bougon et misogyne, mais on a bien plus de mal à se prendre à la thématique horrifique, et aux scènes carrément loupées qui n’arrivent ni à faire rire ni à faire peur.

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mini feu vert 2Incorporated : SyFy s’aventure davantage vers la science-fiction plutôt que le fantastique, un projet ambitieux avec cette histoire d’espion faisant son chemin à travers une multinationale toute puissante. Le sujet aurait pu gagner en paranoïa, être un peu plus sombre, mais cet épisode remplit son job : nous donner envie de voir comment notre héros va atteindre son but. Et puis la description de la perversité de ce monde futuriste est plutôt intéressante.

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mini feu rouge 2Shooter La série a beau être basé sur  le film éponyme de 2007, on a vraiment l’impression d’assister à un scénario basique, digne des films d’action générique des années 80-90. Aucune surprise. On passe des heures à voir notre héros calibrer ses joujoux mortels, tout en sachant pertinemment qu’il se ferait piéger. Émotion, suspense, paranoïa, un background qui ne soit pas limité à un traumatisme, tout manque à l’appel.

 

En bonus – UK Version :

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mini feu vert 2Crazyhead. La série britannique a peut-être un pitch ado basique (une énième chasse aux démons) mais on se prend au jeu grâce à une bonne dose d’humour et un ton si délicieusement trash, que seuls nos amis d’outre-manche sont capables de réussir. Il est un peu dommage que les épisodes soient de moins en moins bien écrits et cohérents au fur et à mesure (on plonge vite dans les rebondissements sans prendre le temps d’expliquer l’irréalisme et l’idiotie des personnages secondaires). Un divertissement sans prétention.

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mini feu orange 2Hooten and the lady : ce recyclage d’Indiana Jones manque d’impertinence et d’idées. Mais que ne ferait-on pas pour les beaux yeux d’Ophelia Lovibond.

 


Mon coup de cœur du moment ?

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kims-convenience

Kim’s convenience, la série canadienne qui parle de façon amusante, intelligente, tendre et diplomate des différences culturelles avec la Corée. On aborde bien sûr la question de la figure paternelle, mais également le nationalisme coréen, le racisme, certains gestes déplacés comme le ddongjjeem (similaire au kancho japonais, c’est à dire le fait de surprendre une personne en poussant ses doigts dans son anus), le décalage entre les coréens expatriés et les coréens touristes (et l’aegyo), l’éducation stricte, … La série, sous son habillage basique, dégage énormément de charme.

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La rentrée américaine 2016

Comme prévu, voici donc un rapide tour d’horizon des nouveautés de cette rentrée.

Je reprends mon système : feu rouge (on arrête là les dégâts), feu orange (on continue éventuellement si planning de visionnage pas trop chargé), feu vert (vivement le prochain !) ;

Autant vous le (re)dire tout de suite, cette année il n’y a pas de gros coup de cœur pour l’instant…

Cet article est régulièrement mis à jour avec les nouveautés (dernière mise à jour 18 Octobre 2016)

Du côté des chaines câblées ou de streaming :

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mini feu rouge 2Quarry (Cinemax) Située dans les années 70, la série raconte sans grande surprise comment un vétéran du Vietnam devient un mercenaire. C’est bien filmé, mais qu’est ce qu’on s’ennuie ! Il manque un angle d’attaque pour rendre la chose plus intéressante.

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mini feu rouge 2Graves (Epix) Le postulat de cette comédie était sympathique : un ancien président républicain, devenu vieux, se rend compte qu’il a été le plus mauvais dirigeant de l’histoire. Malheureusement sa quête de rédemption se contente d’un discours creux, où – vous allez rire – le président fugue et fume des joints. Il ne reste donc plus rien, à part la performance d’acteur de Nick Nolte et la présence sympathique de Sela Ward.

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mini feu rouge 2Easy (Netflix) Il s’agit d’une anthologie de Swanberg (qui semble découvrir ainsi les attraits du monde des séries par rapport au cinéma indépendant). Elle tente de décrypter les rouages de la sexualité et de l’amour. Il y a de l’idée dans la première histoire, qui tente de rappeler comment notre psyché joue avec l’attribution des rôles donnés aux femmes et aux hommes. Mais le propos reste largement superficiel, noyé sous une tonne de scènes rendant l’acte sexuel encore plus banal et déprimant. Je n’irai pas jusqu’à dire que l’enrobage est prétentieux, quoique…

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mini feu rouge 2Falling Water (USA Network) Si comme moi vous détestez les scènes de rêve dans les séries, fuyez ! Falling Water essaye de monter une mythologie autour de la mise en commun de rêves de personnages. C’est absurde, prétentieux, ennuyeux au possible, et on se contrefiche complètement des personnages. Oui, même l’héroïne, là, qui ne sait pas si elle a eu un bébé.

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mini feu rouge 2High Maintenance (HBO) Une comédie sur un dealer de cannabis qui rencontre ses clients ? Pourquoi pas, mais alors il faut me démontrer qu’il y a quelque chose derrière. On s’ennuie ferme devant le pilote. Lorsque notre dealer attend impatiemment qu’on le paye pour partir, on est avec lui : vivement que ce théâtre improvisé se finisse, qu’on puisse lancer, je sais pas moi, une série plus passionnante !

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mini feu rouge 2Better Things (FX) La comédienne de (Lucky) Louie tente de nous toucher avec son quotidien de mère. Malheureusement, ça parle un peu dans le vide, et ça tourne vite à l’introspection sexuelle. Pas facile d’aborder ce qui s’est fait un million de fois à la télévision.

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mini feu vert 2Berlin Station (Epix) Lorsqu’un écrivain spécialisé dans l’espionnage se lance dans la création d’une série d’espionnage, ça donne forcément un récit bien construit, et bien rythmé. Le point fort c’est surtout la grande sobriété de la mise en image. Ni emphase, ni paranoïa. Pas de récit qui s’embourbe dans les clichés sur la drogue ou l’alcool. Pas de voyeurisme sur la sexualité. Juste des hommes et des femmes faisant leur boulot au sein de la CIA, et qui essayent d’avoir une vie à côté. Les acteurs sont tous excellents. Je n’ai pas résisté au deuxième épisode, qui montre bien les dérives du système de la CIA, qui broie les hommes, les utilise, les jette. Bien sûr l’intrigue centrale a son lot de rebondissements, rien de foncièrement novateur, mais il y a clairement une prime à l’efficacité.

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mini feu rouge 2Aftermath (SyFy) L’apocalypse est un des thèmes favoris chez nos amis américains. Rien de neuf sous le soleil dans cette série, on assiste à une succession de meurtres et d’ explosions. L’épisode est ainsi rythmé régulièrement par les cris d’horreur des filles. On tente maladroitement de nous lier ça à une mythologie, mais le cœur de la série c’est l’action et les effets spéciaux. Exit le mystère et l’ambiance. Bonjour les dialogues mal écrits, et les personnages incohérents, qui hurlent puis reprennent leur discussion comme si de rien n’était.

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mini feu orange 2Westworld (HBO) Voilà donc le messie ? Certes, le pilote fait étalage de son beau casting, de ses superbes décors, de ses bons effets spéciaux. Mais on a vu plus incisif pour traiter de l’intelligence artificielle, et surtout beaucoup plus attachant et émouvant (Äkta Människor). Le problème c’est qu’on est tellement détaché des réalités, que l’on se fiche du sort des androïdes. Tout, absolument tout est une fable. Il n’y aucun regard sur la façon dont l’homme gère l’IA. Juste du spectacle, qui n’évite pas non plus la répétition (jamais j’ai autant détesté les mouches dans une série). On a beau ne pas encore comprendre la « bigger picture », il n’y a rien pour nous donner envie de la connaître. Il est clair que sans les moyens alloués, le show n’aurait jamais obtenu un feu orange, et encore, de justesse, pour moi. Une grosse douche froide.

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mini feu rouge 2Crisis in Six Scenes (Amazon) Je n’ai pas de problème avec des séries verbeuses, aux dialogues finement écrits, trop théatralisés au point d’être irréalistes. Mais j’ai un gros problème avec les pilotes qui n’arrivent pas à raconter une histoire. Tout le long du premier épisode, j’ai regardé ma montre. Va au but, Woody Allen ! A part souligner l’hypocrisie et l’égoïsme du monde, que se passe-t-il donc d’intéressant pour tes personnages ? Pas étonnant que l’ensemble de la presse conclut au naufrage…

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mini feu rouge 2Divorce (HBO) Je ne sais pas ce qui est le plus perturbant, au fond. Le fait que certaines critiques trouvent que le personnage de Sarah Jessica Parker soit « cool »  (une femme mariée qui trompe son mari mais qui veut rester avec lui lorsque son amant prend ses distances, et parce que c’est plus confortable). Ou le fait que l’écriture ne cherche jamais à donner le pendant masculin du divorce, cherchant par tous les moyens à ridiculiser les réactions du type… Bref, voilà encore un show peuplé d’égocentriques, riches au demeurant. Sur la forme, en revanche, rien à dire : il y a du rythme, ce n’est pas trop verbeux, et le jeu est à la hauteur. Mais il m’est impossible de m’impliquer émotionnellement dans un show sans finesse.

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mini feu orange 2Insecure (HBO) Une comédie sur une énième célibattante ? Oui, mais celle-ci a du charme, grâce à son interprète principale, qui vit à sa manière les désillusions amoureuses d’une jeune femme black. Les réparties sont à la hauteur, l’humour n’est jamais méchant et l’héroïne devient très vite sympathique. Il m’aurait fallu peut-être davantage de twists narratifs pour m’imposer définitivement un feu vert. Mais quand une série a du cœur, on a vraiment envie de lui donner une seconde chance.

haters back off

mini feu rouge 2Haters Back Off (Netflix) Une jeune femme décérébrée veut devenir célèbre en commençant par une video sur Youtube, laquelle démontre son manque de talent. On aurait pu croire à une satire du monde moderne dans lequel chacun veut avoir sa minute de gloire. Hélas, les gags sont dignes d’une série de sketchs d’étudiants, poussant au maximum leur concept vers la crétinerie, et rendant leurs personnages horripilants. Rendez moi mes 30 minutes.

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mini feu rouge 2Eyewitness (USANetwork) Difficile de sortir du visionnage sans avoir l’impression d’avoir perdu son temps devant une histoire policière générique, ou les témoins mineurs d’un meurtre sont pourchassés par un tueur. Côté psychologie des personnages, rien de vraiment poignant, y compris dans le portrait de ces jeunes qui découvrent leur homosexualité. Vu et revu.

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mini feu rouge 2Goliath (Amazon) Là aussi difficile d’accrocher à un énième récit d’un avocat talentueux qui sombre dans l’alcool, et finit par trouver une affaire d’une grande portée. Le portrait est convaincant, et la réalisation honnête, mais il manque vraiment un ingrédient supplémentaire pour donner envie d’y retourner.

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mini feu rouge 2Channel Zero (SyFy) La série tente d’imprimer une certaine ambiance mystérieuse – à défaut d’horrifique – autour de l’enquête d’un homme qui a perdu son frère jumeau dans une série de meurtres non élucidés. Malheureusement le récit vire vers la chasse au monstre et aux effets spéciaux, alors que tout était en place pour donner une vraie profondeur psychologique… Encore raté.

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mini feu rouge 2Travelers (Netflix / Showcase) Un énième show sur des personnes du futur qui viennent sauver l’humanité. Celui-ci est particulièrement mal écrit, redondant, et sans finesse. Des gimmicks visuels aux dialogues, en passant par l’incongruité des situations, et un très mauvais jeu d’acteur. Rien à sauver de ce naufrage…

Du côté du network traditionnel :

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mini feu rouge 2Bull (CBS) Attanasio tente de nous remixer House avec Weatherly en génie prédisant les réactions d’un jury. Mais au final il nous livre un essai raté sur les rouages du système judiciaire américain, se focalisant sur des twists et des ficelles vues et revues. Non merci.

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mini feu orange 2Designated survivor (ABC) A l’occasion du discours du président aux deux assemblées réunies, notre héros joué par Kiefer Sutherland est mis à l’écart comme la procédure l’exige. Il devient alors le nouveau président des USA quand une énorme bombe extermine en une fois tous les élus. La série semble avoir deux lignes intéressantes, celle d’un candide qui va assumer le pouvoir, et celle de la conspiration intérieure (avec Maggie Q à l’enquête) . C’est efficace, mais on espère que la série va tenir sur le long terme.

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mini feu orange 2Lethal Weapon (FOX) De façon étonnante, le remake télévisuel des films d’action débouche sur quelque chose de bien calibré. Certes, les acteurs sont bons (même si Damon Wayans est en deça) mais le script respecte surtout bien l’univers, lui donnant la dimension humaine tant espérée. J’ai là aussi des doutes sur le long terme, mais pourquoi pas….

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mini feu rouge 2Pitch (FOX) Contrairement à beaucoup de critiques, je n’ai pas du tout aimé ce pilote. La raison est simple : sous son habillage féministe se cache une histoire cousue de fil blanc dans l’univers du baseball. Aucun twist à prévoir. On y retrouve évidemment le cliché du sportif qui n’arrive pas à réussir ses lancers mais qui finit par réussir au dernier moment. Même le tout dernier twist censé apporter une motivation humaine plutôt que sportive se voyait à des kilomètres. Après, je comprends qu’on puisse s’enthousiasmer sur le contexte progressiste de la série (la première femme à jouer la major league), mais d’un point de vue narratif, je me suis ennuyé ferme. Une icône c’est bien, un personnage plongé dans une histoire c’est mieux.

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mini feu rouge 2Notorious (ABC) Piper Perabo manipule à sa guise l’information, avec son ami avocat. Rythmée, la série lorgne du côté de Shonda Rhimes. Mais le malaise vient assez vite à cause du traitement réservé aux personnages : on veut nous les rendre « cools », « intelligents », alors qu’ils sont au fond tout simplement méprisables. N’y cherchez pas un regard sarcastique ou même de l’humour, tout ce petit monde se prend au sérieux. On manipule sans complaisance et tout le monde couche avec tout le monde. Ah, même la dirigeante de la chaîne d’information n’a qu’une envie, celle de s’envoyer en l’air et traite littéralement les hommes comme de la viande.

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mini feu orange 2The Exorcist (FOX) De tous les projets de remakes de la FOX, celui-ci est de façon inespérée le plus étonnant. Il ne joue ni la surenchère, ni le gore, ni la complexification du mystère, il se contente de poser de façon impeccable son ambiance, délivrant de ci de là un message sur la foi, sur le doute. Le problème, c’est que le show risque vite de lasser s’il n’arrive pas à amener quelques twists.

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mini feu rouge 2Mac Gyver (CBS) Affreux, affreux, affreux. Dans ce remake McGyver devient un super jeune espion qui détourne de façon irréaliste la plupart de son environnement. Des twists en passant par l’humour, tout a été rabaissé, prémâché. Même le générique a été digéré, coupant au bout de quelques secondes la mélodie originale pour la transformer en gloubi-boulga. Une honte, du début à la fin.

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mini feu orange 2This is Us (NBC) J’en ai eu les larmes aux yeux. Un des personnages joue dans une sitcom et s’en prend à son public parce que ce dernier a soif d’exhibition sexuelle au lieu de sentiments et d’émotion. J’ai failli applaudir devant ce discours qui montre bien la dérive actuelle des séries américaines. Hélas, les problématiques abordées par les personnages sont peu intéressantes car très peu approfondies : un acteur en crise, une personne en surpoids, un homme qui retrouve son père biologique. On aurait aimé de meilleurs dialogues, de meilleures situations. Mais le pilote se rattrape largement avec son très joli twist final, qui montre comment nos personnages sont liés les uns aux autres. L’émotion est là, donnez moi juste un tout petit plus sous la dent, on a pas encore atteint Parenthood, hélas. Mais comme on nous promet encore des twists façon Lost, j’avoue que ma curiosité est suffisamment piquée…

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mini feu rouge 2Kevin can wait (CBS) Comme chaque année j’attends désespérément une sitcom traditionnelle qui me fasse rire. Kevin can wait s’empêtre dans un rire qui sans être gras manque tout de même de finesse. Peu de réparties réellement intelligentes ici : on doit se contenter des pitreries visuelles de l’acteur, et faire avec les immaturités masculines qui remplissent désormais toutes les comédies américaines (snif !). On passe sans regret.

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mini feu rouge 2Son of Zorn (FOX) Voilà l’exemple type d’un show qui repose sur son seul concept, celui de donner vie à un personnage d’animation dans une comédie. Malheureusement on a vite fait le tour du sujet, tant le héros « animé » est stéréotypé, renforçant une fois de plus l’imagerie populaire du mâle alpha incapable de comprendre son fils. La société a changé, on a compris. A quoi bon enfoncer des portes ouvertes ? Et qui a cru que c’était drôle d’avoir un barbare décapiter un volatile géant devant une famille ?

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mini feu orange 2Speechless (ABC) On peut saluer la volonté de donner une autre image de l’infirmité motrice cérébrale,  avec l’histoire de ce garçon qui doit se coltiner l’hypocrisie, la condescendance – quand ce n’est pas la pitié – à l’école. Changer les regards, c’est bien. Parler de handicap à la télévision est suffisamment rare. Il est pourtant partout autour de nous (parlons de représentativité, tiens !). Mais pour autant, il manque à la sitcom des gags mieux écrits. On sourit, certes mais on est loin de s’esclaffer. A travailler ! Un feu orange obtenu d’extrême justesse.

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mini feu rouge 2The good place (NBC) Je suis là aussi en grand désaccord avec la plupart des critiques. Je veux bien qu’on accorde le bénéfice du doute au responsable de Parks and Recreation, mais quand même ! Passé son pitch (une jeune femme se retrouve au « paradis » au lieu de l’enfer) et ses couleurs chatoyantes (une pensée pour Pushing Daisies ?), le show est d’une platitude : l’humour repose sur les effets spéciaux, lesquels rappellent constamment que ce monde n’a aucune importance. A-t-on peur que ce paradis disparaisse à vause des mauvaises actions de l’héroïne ? Non. A-t-on des personnages attachants, incisifs, drôles, intelligents ? Non. Le show repose sur son décalage, et oublie de donner de l’épaisseur. J’ai tenté 4 épisodes. Bien mal m’en a pris. Pauvre Kristen Bell.

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mini feu orange 2Timeless (NBC) Voilà un pilote plutôt sympathique, direct, rythmé, qui n’oublie pas de rester humain malgré la thématique de voyage dans le temps. Il a tout de même deux gros problèmes : rien n’est foncièrement original, et ses raccourcis scénaristiques ont tendance à rendre le propos encore plus léger qu’il ne l’est. Ça m’a presque donné envie de revoir Quantum Leap. Mais pourquoi pas… On a frôlé le feu vert.

conviction

mini feu rouge 2Conviction (ABC) Il faut vraiment qu’ABC arrête avec la caractérisation outrancière de ses héroïnes qui n’ont pas froid aux yeux. J’en ai eu de la peine pour l’actrice, obligée de se déshabiller devant les autres, de faire croire qu’elle s’enfile une ligne de coke, tout ça pour nous vendre la plus mauvaise représentation possible de la « femme forte », qui couche avec qui elle veut. A quand un personnage féminin réellement humain, c’est à dire émouvant ? Le reste du show est à l’image du stéréotype : musique tapageuse sans lien avec ce qui se passe à l’écran,  décalage constant entre la gravité du sujet et la nullité de la recherche sur la culpabilité de l’auteur. Bref, j’ai éprouvé un vrai malaise pour de très nombreuses scènes… Yeurk !

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mini feu vert 2Frequency (CW) Forcément, après avoir suivi avec passion Signal, le drama coréen inspiré par le film dont est issu la série américaine, j’avais quelques craintes. Mais je suis rassuré. Le show réussit à donner de l’émotion à un pitch suffisamment ingénieux (à condition de ne pas y regarder de trop près évidemment). La musique est un peu trop présente aussi, mais on est sur la CW donc… Mais le pilote est rondement mené, sans temps mort, émouvant, attachant, mystérieux. Hop, voilà enfin le premier show du network traditionnel à vraiment me faire de l’œil ! J’espère juste que l’aspect procedural ne sera pas trop présent…

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No Tomorrow (CW) Décidément, La CW est sur la bonne voie au rayon des comédies. Après Jane the virgin, Crazy Ex-girlfriend, No Tomorrow est une comédie romantique pleine de surprises : d’abord le duo a un charme fou, et nous est immédiatement sympathique. Ensuite, le ton de la série est délicieusement dingue (la fin du monde est proche). Tous les personnages ont d’ailleurs aussi leur propre grain de folie, ce qui donne au show son ton décalé et léger. Une bien jolie surprise !

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mini feu rouge 2American Housewife (ABC) A vouloir en faire trop, on loupe le coche. Notre héroïne se veut « cool », optimiste, tolérante, … La liste s’allonge en même temps qu’on découvre les excentricités de chaque membre de la famille (un père en retrait, un fiston avare, une fille bourrée de Tocs, une ado qui ne pense qu’à l’apparence). Bref, chaque ingrédient de la comédie est là, mais en surdosage. Il en résulte un côté brouillon manquant de personnalité. Et les gags qui en résultent sont plutôt plats, vus, et revus, quand ils ne sont pas répétés ad nauseum pendant le pilote. On a vu bien pire, mais même en bouche-trou, j’aurai du mal à conseiller cette comédie.

En bonus  :

mini feu rouge 2Crunch Time (web-serie) : l’histoire d’un type qui se fait larguer par sa copine. Pour la forcer à changer d’avis, il l’hypnotise et utilise ses copains scientifiques pour explorer son subconscient. Gags potaches, concept initial carrément écœurant… Buzz immérité.

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mini feu vert 2Kim’s Convenience (CBC, Canada) : Une comédie portée par un casting d’ acteurs asiatiques, qui explore à son niveau l’adaptation coréenne – société conservatrice et patriarcale – aux mœurs d’Amérique du Nord. La série réussit un petit miracle, celui de rendre sympathique des personnages peu acclimatés, par exemple, aux questions tournant autour d’autres sexualités. C’est très bien écrit par moment, et on se met vite à prier pour que la suite soit à la hauteur. Oui, oui, oui !

La rentrée des séries : que regarder ?

Cette saison j’ai décidé d’opter pour une publication différente, plus adaptée à mes horaires. Vous trouverez donc ici, de manière centralisée, un panorama de la rentrée des séries sur le network américain.

En ce qui concerne les bilans hebdomadaires – qui rappelons-le servent à mes statistiques de fin de saison- j’ignore de quelle manière ils vont pouvoir continuer sur ce blog, qui continue donc à un rythme de parution extrêmement réduit pour le moment. On verra comment les choses évoluent.

Place donc, aux nouveautés, comme d’habitude triées selon un code couleur simple : feu rouge, on s’arrête là ; feu orange : on donne une autre chance si on a le temps ; feu vert : on regarde.

Pour l’instant la rentrée du network traditionnel est tout simplement catastrophique et de loin la pire depuis une quinzaine d’années. On le sentait venir, mais j’espère toujours une bonne surprise.

On zappe :

blindspot

mini feu rouge 2Blindspot (NBC) Une héroïne amnésique mais experte en tout (des langues aux arts martiaux), une nudité bien peu affriolante, un mystère plus épais que la carte de Prison Break, et vous obtenez un machin sans surprise, sans charisme, sans enjeux. Faudra pas compter sur moi pour défendre ça.

Blood and Oil

mini feu rouge 2Blood and Oil (ABC) On tente de nous imposer un nouveau soap sur le boom pétrolier, avec des personnages caricaturaux détestables au premier regard. Impossible de s’intéresser à leurs destins, surtout quand chaque rebondissement nous est amené de la façon la plus cliché possible. Vous rajoutez à ça Scott Michael Foster, la pire tête à claques qu’on veut absolument nous caser chaque saison, et vous comprenez vite qu’on termine ces 40 minutes dans la douleur.

Dr Ken

mini feu rouge 2Dr Ken (ABC) L’acteur de Community est obligé d’en faire des tonnes pour masquer la nullité des dialogues et des situations. Je veux bien une comédie familiale, mais il me faut un minimum d’écriture. Tout ici pue la fainéantise. Fuyez.

Heroes Reborn

mini feu rouge 2Heroes Reborn (NBC) Non, la série originelle n’en sort pas grandie. En quelques minutes, on se rappelle à quel point la série était devenue soporifique. Et au beau milieu d’une séquence de jeu vidéos laide et niaise, on prie pour que ça se termine en suicide collectif.

life in pieces

mini feu rouge 2Life in pieces (CBS) Poussive, cette nouvelle comédie tente de nous faire partager différents moments d’une famille, à tous âges. Plus on s’avance dans l’épisode, plus les gags sont ennuyeux, réchauffés, et ce qui aurait pu sauver le show – la sympathie pour cette famille – s’écroule lamentablement devant des acteurs qui se contentent du minimum.

limitless

mini feu rouge 2Limitless (NBC) Le duo Kurtzmann-Orci reprend un film surestimé, lui enlève le peu de personnalité restante et nous montre à peu près tous les clichés possibles sur le sujet (une pilule donne des super-pouvoirs). C’est prévisible, sans raisonnement, bouclant à la dernière minute la motivation de notre agent du FBI. On baille du début à la fin devant des dialogues insipides et des situations sans enjeu et l’émotion ne vient jamais. Bradley Cooper, en guest, ne sauve rien de ce naufrage. Pauvre Jennifer Carpenter. Au secours.

lucifer

mini feu rouge 2Lucifer (FOX) Vous prenez un policier, vous le mettez en duo avec un personnage irritant mais qui arrive à ses fins, et vous avez l’enquête de la semaine. Ce coup-ci, les auteurs sont même allés chercher Lucifer lui-même pour déclencher l’hilarité. Trop fort, il fait peur aux enfants avec ses yeux, il interrompt un mariage… L’ennui, c’est que l’enquête est linéaire, sans recherche de preuves. Il faudra juste pointer du doigt le coupable pour qu’il se dénonce lui-même. Pratique, on embête pas le téléspectateur avec des détails. Allez, zou, poubelle. Même pour les beaux yeux de Tom Ellis (aka l’amant de Miranda, excusez du peu !)

minority report

mini feu rouge 2Minority Report (FOX) En reprenant l’univers du film, les auteurs ont manifestement oublié d’en traduire l’essentiel, se contenant de mettre l’argent là où on ne le demandait pas. La résultat est donc une débauche d’effets spéciaux complètement inutiles au service d’une histoire générique, prévisible et lisse. Le réalisateur prendra tout de même le temps de zoomer plusieurs fois sur la poitrine de l’héroïne. Chacun ses priorités, hein. Hop, poubelle.

quantico

mini feu rouge 2Quantico (ABC) En voulant surfer du côté d’How to get away with murder, les auteurs nous plongent dans un univers bourré de détails et de secrets. Qui est terroriste, qui cache quoi ? Au lieu de poser son ambiance, cultiver une certaine paranoïa, ou nous faire aimer les personnages, le pilote veut trop en faire et on se fiche rapidement de toute cette tribu. Voilà typiquement le genre de shows très mal écrit qui me hérisse les poils parce qu’il met la charrue avant les bœufs.

rosewood

mini feu rouge 2Rosewood (FOX) Devinez quoi ? Un médecin pathologiste, playboy et impertinent et sûr de lui façon mentalist, aide une enquêtrice veuve. Voilà, voilà. C’est sophistiqué, plein d’humour, l’enquête est palpitante, on voit rien venir. Bref, on sent pas du tout l’usure des scénaristes, c’est dingue. Aheum. Je vais prendre mon cachet, au dodo.

scream queens

mini feu rouge 2Scream Queens (FOX) Il y a des pilotes qui vous laissent indifférents et d’autres… que vous détestez. Scream Queens est l’incarnation du mauvais goût, des blagues que n’oseraient pas faire les frères Wayans (la scène facebook), des dialogues tellement faux qu’il est impossible d’y sourire, des clichés vulgaires qui se veulent détournés mais qui ne font que rajouter au malaise. J’ai jamais eu autant envie d’éteindre mon poste avant la fin d’un épisode. C’est juste mauvais à en pleurer. Et qu’on ne me parle pas de blagues à prendre au second ou troisième degré, dans ce registre la série s’enfonce continuellement.

the grinder

mini feu rouge 2The Grinder (FOX) Rob Lowe incarne un acteur de série judiciaire qui utilise sa popularité pour squatter le tribunal local, en compagnie d’un frère avocat plutôt agacé. On sent la formule un peu trop limitée, surtout dans ses rebondissements, pour vraiment s’attacher à la série. Pas désagréable, la série a du potentiel, mais il lui manque un petit quelque chose au niveau de l’auto-dérision ou des gimmicks pour lui donner une seconde chance.

the muppets

mini feu rouge 2The Muppets (ABC) Flanquée d’un sous-texte pseudo-adulte (comprendre « familial »), les muppets reviennent façon mockumentary, insistant sur les déboires amoureux de Kermit. Le problème, c’est que les sketchs ne font vraiment pas rire, et manquent cruellement de délires et de fantaisie, qui étaient le point fort de la série originelle. Difficile de recommander cette nouvelle mouture formatée, et inodore. Un retour manqué.

mini feu rouge 2The player (NBC) Voilà un concept qui aurait pu être sympa. Wesley Snipes organise des paris sur des affrontements entre un héros et des gros méchants. C’est plein d’action, mais ça manque cruellement d’humour et de second degré, et les jeux de mots sur l’univers du casino donnent plutôt envie de vomir. Tant pis.

Une deuxième chance ?

Code Black

mini feu orange 2Code Black (CBS) J’attendais depuis longtemps le retour de la série médicale façon Urgences, première saison. Code Black est sur la meilleure voie possible avec des cas médicaux qui ne cherchent pas à être excessifs, tout en laissant une marge pour l’émotion. La galerie de portraits flirte encore un peu trop du côté de Grey’s Anatomy (merci « Mama »), mais comme ces rôles sont vraiment au second plan, on est vite rassuré. Il manquait juste au pilote davantage de personnalité, mais j’ai bien aimé la façon de filmer les scènes dans une foule compacte. On se sent oppressé, survolté, inquiet. Bref, une série sur laquelle il faut miser en cette rentrée.

grandfathered

mini feu orange 2Grandfathered (FOX) On nous refait le coup du playboy qui découvre sa progéniture. On s’apprête à serrer les dents, et puis la comédie distille quelques moments touchants, tout en évacuant rapidement le caractère détestable du héros. C’est bien vu, mais on se serait passé de la révélation finale qu’on voyait à des kilomètres. Une comédie à dimension humaine, qui évite le mélo ou les rires gras, pourquoi pas. Mais je ne pense pas continuer très longtemps.

supergirl

mini feu orange 2Supergirl (CBS) Le leak le plus rapide de l’histoire fait qu’on risque d’oublier très vite Supergirl avant sa vraie rentrée en Novembre prochain. Le matériel d’origine était déjà bien cheesy et difficile à moderniser. Le pilote a pourtant  quelques atouts : un casting sympathique (Melissa Benoist, Calista Flockhart), un bon rythme… Mais l’avalanche de superlatifs et d’emphase, un discours pseudo-féministe bancal, fait qu’on a beaucoup de mal à prendre au sérieux ce pilote. Pire, les rares surprises tombent à côté de la plaque. Le résultat est donc nunuche au possible, et même Smallville paraît être plus mature… La curiosité me fera regarder un second épisode, mais je ne pense pas aller très loin…

you me and the apocalypse

mini feu orange 2You, Me and the apocalypse (SKY1, NBC) Avant d’arriver mi-saison chez nos amis américains, les britanniques en commencent la diffusion. J’étais très intrigué par le concept, je reste un peu sur ma faim, la faute au ton de l’œuvre, qui n’ose pas assez verser vers la comédie délirante. Après tout, on nous parle des 30 derniers jours de l’humanité, vus à travers quelques personnages. Mais la comédie se crispe pour se donner un faux air de sérieux, et on est pas vraiment à l’aise pour se décoincer les zygomatiques. Heureusement le casting est toujours génial, mais j’attends davantage de twists…

 

Bilan de ma saison US 2014-2015 (1ère partie)

Ce n’est pas comme si les chiffres n’étaient pas posés, là devant moi, depuis plus de deux mois. Oui, je suis en retard. Mais je ne pouvais pas faire l’impasse sur cette saison américaine riche en découvertes…

Vu le temps imparti, je vous propose cette année un bilan plus accéléré, mêlant statistiques et commentaires. En deux parties, si possible !

Rappelons que je vous parle d’une saison « traditionnelle », de septembre à Juin. C’est la période habituelle où j’évalue chaque épisode suivi, à l’occasion de bilans hebdomadaires. Dans ces articles, chaque épisode marquant fait l’objet d’une illustration. Leur décompte me permet de vraiment mesurer mon ressenti pendant la saison (comme le taux de bons épisodes). A noter, dans le cas d’un pilote : un épisode n’est marquant que s’il a obtenu le feu vert.

Alors, combien de séries américaines abordées cette saison ? Hors période estivale, donc, j’en ai entamé 103. Et j’ai fini les saisons de 38 d’entre elles.

séries visionnées 2014-2015

Un bon cru (1) ? La saison dernière, j’avais un bien meilleur taux de rétention (presque 50 %), avec il est vrai 15 % de séries en moins. Cette saison fut donc plus propice à l’abandon de séries, qu’elles soient nouvelles ou anciennes. On peut par exemple parler des comédies romantiques qui se sont toutes crashées. Marry Me, A to Z, Manhattan Love Story… Il n’y a guère que Selfie qui a su tirer son épingle un moment.. jusqu’à son annulation. Cette saison, j’ai surtout abandonné Sleepy Hollow, The Blacklist, Ground Floor, …

C’est là que ça se complique. Pour juger la qualité d’une saison, je m’appuie donc notamment sur ce taux de bons épisodes, recensés pendant le visionnage. Pour moi, une bonne série doit être capable de maintenir l’intérêt, et pas seulement d’avoir un ou deux épisodes sensationnels. D’où l’importance de ce nombre de bons épisodes, mais également de leur régularité. Est-ce vraiment la peine de préciser qu’une saison ne peut se contenter d’un bon season premiere et d’un final à la hauteur ?

Le problème évidemment, c’est qu’on peut difficilement mettre sur le même plan des mini-séries de 4 épisodes (comme Olive Kitteridge par exemple), et des séries de networks qui font plus de 22 épisodes. Il est plus difficile de maintenir l’intérêt sur un grand nombre d’épisodes. C’est d’ailleurs en partie pour ça que les saisons de networks ont de plus en plus tendance à se raccourcir, suivant l’exemple des séries du câble.

Le classement suivant est donc à prendre avec quelques pincettes, j’ai très légèrement corrigé un ou deux taux après relecture des bilans hebdomadaires, mais il n’en apporte pas moins de jolies constations. A noter : quelques rares séries n’ont pas été évoquées dans les bilans hebdomadaires mais elles sont tout de même incluses dans ce top. Et Grey’s Anatomy et Once Upon a time n’ont pas un taux nul mais un taux à 0.04. Yep. Un seul bon épisode sur une saison interminable.

taux 2014-2015

Vraiment, un bon cru (2) ? Pour juger de la qualité de cette saison américaine dans sa globalité, j’ai donc à nouveau comparé la répartition de ces taux …

répartition séries 2013-2014

répartition 2014-2015

Cette saison, donc, les saisons médiocres (>20 %) sont en retrait, et les bonnes saisons (taux > 60 %)plus nombreuses.

Donc, oui, globalement, la saison fut meilleure que l’an passé. Un constat à nuancer grâce à (1) : je n’ai pas persisté à suivre des séries qui ne m’apportaient aucune satisfaction. En gros, plus de séries visionnées, et un meilleur tri peuvent aussi expliquer partiellement ce léger « bond » qualitatif.

La production a explosé (on parle de « pic » aux USA, d’ailleurs, à tort ou à raison)… Il sera très dur de pouvoir suivre la saison prochaine.

Dans une deuxième partie, on parlera des séries proprement dites et notamment de l’évolution du taux des séries qui sont revenues cette année. En espérant avoir le temps d’écrire cet article avant la rentrée !