Touch [Pilote]

Encore une jolie surprise pour ce début d’année : Touch réussit à nous donner de l’émotion là où le concept aurait pu dévier vers du suspense un rien exagéré. Alors oui, la patte de Tim Kring (Heroes) est bien là, et ça suffirait à refroidir la plupart des sériephiles échaudés par ce qu’est devenu son bébé, mais pourtant, le pilote est très efficace, et j’ai envie de croire à sa suite.

Touch nous raconte l’histoire d’un pseudo-autiste qui ne parle pas (sauf en voix off, où il nous fait partager son obsession), et qui ne supporte pas d’être touché par quelqu’un. Il passe son temps à écrire, montrer, observer des chiffres, parce que pour lui la nature est régie par un ensemble de lois, et est par conséquent prévisible. On ne réagira pas devant ce concept poussé à l’extrême : les lois physiques, les « patterns » existent bel et bien (et permettent d’ailleurs à quelques scientifiques d’y voir une trace de « Dieu », mais c’est un autre débat que n’aborde pas la série). Le problème, au fond, c’est de nous faire croire que les relations entre les 7 milliards d’individus sur Terre sont du coup parfaitement prévisibles. Mais on a envie d’y croire, car la série fonctionne comme un puzzle, où on finit par découvrir ces liens et leurs conséquences.

Cet assemblage aurait pu ne s’appuyer que sur les catastrophes à éviter, comme toute fiction hollywoodienne. Mais il y a un parti pris : celui de vraiment s’attarder sur les motivations, les secrets, les détresses de ces personnages. On est donc très loin de retrouver un Jack Bauer sauveur du monde. Le téléspectateur ne pourra s’empêcher de faire le rapprochement, car Kiefer Sutherland incarne le père de ce gamin. Ex-journaliste, il cherche à survivre en enchainant les petits boulots, tout en s’occupant au mieux de son fils depuis que sa femme est morte le 11 Septembre dans les tours du World Trade Center.

Comme dans Heroes, Tim Kring aime parcourir le monde, donner à son show une approche globale. C’est pourquoi nous rencontrerons des iraquiens, des japonais, des irlandais, des américains… On évitera donc pas les clichés, et les raccourcis, mais une fois encore j’ai apprécié ce que ceux là avaient à dire. Le pilote prend son temps (49 minutes, quand même !), et le résultat en vaut la peine : j’ai été ému plus d’une fois. On remarquera au passage un joli casting : avec Dany Glover, Gugu Mabatha-Raw… et pour ce pilote, la présence de Titus Welliver (Lost).

Est ce que le show pourra continuer ainsi, à jouer l’équilibriste entre un puzzle impossible à décrypter (et donc forçant la passivité du téléspectateur), les drames évitables, et l’émotion qui en découle ? Est ce que le show aura un fil rouge ? Aucun indice pour le moment. On pourra juste déplorer une programmation inadéquate pour la suite de la série (fin Mars, vraiment ?), et croiser les doigts pour que ça reste tout aussi prenant que ce pilote. En tous cas, j’ai bien envie de lui donner sa chance, car rares sont les séries qui arrivent à parvenir à ce mélange.

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