Mahoro Ekimae Bangaichi [Pilote – Japon]

mahoro ekimae bangaichi

Il y a des séries qui s’obligent à travailler leurs concepts, leurs scripts, … et puis il y a des séries comme Mahoro Ekimae Bangaichi qui n’ont pas grand chose à dire si ce n’est de mettre en scènes deux acteurs japonais adulés dans des rôles à contre-emploi. Et ce minimalisme m’a laissé dans la perplexité.

Tada (Eita) et Gyoten (Matsuda Ryuhei) sont deux hommes détachés, blasés de la vie,  qui essayent de survivre en faisant des petits boulots dans leur ville paumée (Mahoro), et qui malgré leur profond attachement, ne peuvent s’empêcher de se chamailler. Leurs disputes  finissent par être remarquées par un champion de catch, qui décide de faire appel à eux à l’occasion de sa retraite.

N’espérez pas la moindre lecture moraliste ou humanisante sur le sujet. On aura bien compris que les auteurs ont cherché à prendre le contre-pied de toute histoire classique, mais il manque quand même … une histoire, et des personnages avec un comportement, un background. Ainsi j’ai été très ennuyé par différentes scènes. Notre catcheur a une femme et une toute petite fille, laquelle assiste – sans que cela ne gêne personne (!) – aux coups que reçoit son père, à ses cris de douleur, à ses injures, bref à tout ce qui fait le « charme » des spectacles truqués. Pire encore, lorsqu’il s’agira de choisir entre une retraite auprès de sa famille ou faire une tournée, notre héros du jour n’aura guère de mots pour évoquer sa compagne ou sa fille. Tout ce qui l’intéresse c’est le catch, et basta… Mmm.. Oui mais encore ? C’est bien trop peu pour s’attacher aux personnages.

eita matsuda ryuhei mahoro ekimae bangaichi

Et nos deux personnages principaux dans tout ça ? On aura bien compris que ce sont des « glandeurs », sans ambition, mais à aucun moment leurs caractères ne sont approfondis. Il y a là une forme d’humour qui, pour tout vous dire, m’échappe un peu. Lorsqu’un de nos compères se prend du courant électrique, je suis même plutôt consterné. Et il m’en faut un peu plus que des acteurs connus se déguisant en catcheurs. Quant à l’étrangeté des situations et de nos personnages, elle ne sert jamais à donner une quelconque ambiance au récit. Bref, je me suis profondément ennuyé. Et croyez-moi, cela m’attriste que de dire ça.

Par acquis de conscience, et pour vraiment savoir quel est le sujet de la série, j’ai zappé – sans que cela ne change mon avis – sur le deuxième épisode qui cette fois-ci voit nos héros enquêter dans le monde des vidéos de karaoké. Bref, le concept étrange et qu’on devrait donc trouver intéressant, c’est qu’il n’y a pas de concept. L’humour, c’est qu’il n’y en a pas. Et l’histoire, eh bien elle est surtout soporifique, car à moins d’être fan des acteurs au point d’apprécier la moindre de leurs intonations, il n’y a strictement rien à ressentir pendant les looongues, très longues minutes de l’épisode.

Le néant absolu. Bref, je suis passé complètement à côté.

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4 réflexions sur “Mahoro Ekimae Bangaichi [Pilote – Japon]

  1. Ce pilote m’a laissé extrêmement perplexe. Je n’ai pas détesté comme toi, mais je n’ai clairement pas su quoi en penser, ni quoi ressentir. Il y a quelques rares passages où le concept « à rebours » fonctionne, mais souvent tout tombe à plat sans trop comprendre où l’on veut en venir. Je ne sais pas trop. Je vais sans doute poursuivre un peu histoire d’arriver à me faire un avis !

    Par contre, et c’est pour ça que je reste sur la réserve, je pense que le visionnage du film de 2011 (Mahoro Ekimae Tada Benriken) dont la série est justement la suite est sans doute important pour resituer l’action et les personnages. Je n’ai pas réussi à mettre la main dessus, même si une version VOSTA semble exister. Mais à la lecture de son synopsis, il me semble plus remplir une fonction de « pilote » (introduction des personnages, motivation, sens à l’ensemble, etc.) plutôt que ce premier épisode du drama où nous sommes parachutés sans explication dans le quotidien des deux protagonistes principaux.
    Les séries qui suivent un film sont parfois difficiles à apprécier sans avoir vu le film d’origine, et je me dis que peut-être ce drama appartient justement à cette catégorie ; et il semble partir du principe que toutes les informations du film sont connues.

  2. Ce que tu dis m’interpelle. Je ne savais pas qu’il s’agissait d’une suite d’un film (!). Cela dit quand on passe d’un support à l’autre, le moins qu’on puisse faire est de parler a minima des personnages. Or là, il n’y a strictement rien à dire et je me suis profondément ennuyé. Je n’ai jamais pu m’enlever cette impression désagréable que les auteurs n’avaient rien à dire, et que c’était ça le sujet de la série. J’ai persisté (d’où le visionnage du second épisode), parce que je ne comprenais pas et que je ne voulais pas émettre un avis aussi tranché. Mais je pense que c’est pas pour moi.
    J’ai hâte de lire d’autres avis sur ce sujet. Le peu que j’en ai lu était des réactions de fans (trop drôle quand il se prend le courant !), d’où ma consternation…

  3. Alors alors~ Je viens pour ma part de regarder le film (et l’épisode 1 du drama)… et il y a certaines choses qui s’expliquent -comme par exemple le fait que la compagne et l’enfant ne soient pas le choix du personnage-. Les personnages ont une identité et une histoire, surtout développée dans le dernier quart du film. Des histoires assez tristes même. Le personnage d’Eita en particulier a un grand moment de « breakdown » qui explique pas mal son côté « coquille vide » j’imagine. Du coup je pense que pour apprécier le drama il faut voir le film. Ce qui est un défaut du drama. Cela n’en serait pas un si le drama était sorti juste après le film, on aurait pu se dire que le film était une sorte d’épisode 0…mais là, quand même, il y a eu deux ans entre les deux. C’est un peu comme ces adaptations de livres où il faut avoir lu le bouquin pour apprécier/comprendre le film….dans ces cas-là c’est que le film est mal foutu. Donc c’est un manque du drama mais le fait est que pour comprendre ses personnages il faut voir le film.
    L’introduction du film nous parle de Mahoro, un quartier de Tokyo où tout le monde est paumé et que personne ne quitte « ou alors pour y revenir ». Donc je crois que le film -et le drama- est justement une histoire de « rien », de gens vidés qui vivent un peu au hasard. Je ne dirais pas comme toi qu’il n’y a pas de concept et personnellement j’ai apprécié le film et l’épisode 1 du drama -je ne suis pas encore allée plus loin-. Pendant la première moitié du film environ je me suis sérieusement demandée si tout cela me menait quelque part et finalement, je crois que j’ai trouvé quelque chose dans cette histoire et dans ces personnages. Et, bien que je sois effectivement très fan des acteurs principaux, je ne suis pas fan de tous leurs projets et je ne pense pas avoir simplement été aveuglée par leur présence. Bon pour le moment ce n’est pas encore trop défini dans ma tête donc je vais démêler tout cela et après je reviendrai t’en parler -sauf si tu veux pas :'(-.

    • Merci mille fois pour ce complément d’info très utile. Donc le visionnage du film apparaît comme indispensable (ça me rassure vraiment).
      Reviens quand tu veux pour en parler, tu es bien sûr la bienvenue !

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