Underemployed [Pilote]

Je vais vous faire une confidence. Les séries de MTV et moi, nous n’avons jamais réussi à nous entendre. Ceci explique sans doute pourquoi j’ai mis un certain temps à me lancer dans le visionnage d’Underemployed.

Pourtant, la série mériterait d’être regardée de plus près. Elle n’est pas sans défauts, mais elle réussit là où bon nombre de séries générationnelles ont échoué : elle génère une certaine sympathie. Avec Craig Wright aux commandes (Dirty Sexy Money, Six Feet Under, Lost, Brothers and Sisters), on sent que l’approche a été réfléchie (parfois trop, d’ailleurs).

Oui, il manque clairement des acteurs de talent pour faire vivre le scénario (ce n’est pas Parenthood, évidemment), mais la série sait se frayer un chemin dans le cœur du téléspectateur.

D’abord parce qu’il existe une véritable sensibilité malheureusement partiellement masquée par les histoires remplies de clichés. C’est mon second reproche, en effet : parler de jeunes gens qui luttent pour entrer dans la vie active, dans l’âge adulte, ça ne nécessitait pas forcément de parler de grossesse ou de découverte de sa sexualité. Et rien qu’en faisant le résumé, on se dit que le pilote a voulu placer trop de choses. En revanche, l’épisode met le doigt où ça fait mal, à savoir l’euphorie de jeunes en fin d’études, qui croient que le monde est désormais à leur portée. Le message est malheureusement répété un peu trop de fois pour être crédible, mais il garde un certain impact. Car la désillusion est là. Notre aspirante écrivain n’arrive pas à taper deux lignes et doit se contenter d’un job de vendeuse de donuts. Notre mannequin pensait faire les couvertures de magazines mais il n’arrive pas à se faire remarquer. Notre militant écologiste se rend compte que les gens ont d’autres préoccupations que de l’écouter, et il doit trouver un boulot en renonçant aux valeurs qu’il défend. Notre musicienne croyait percer dans le milieu mais finit barmaid, et en cloques. Notre publiciste n’arrive même pas à se faire payer dans la boîte où elle travaille.

Mais plus encore que son sujet, j’ai aimé voir ces jeunes ne pas perdre la foi. Évidemment la comparaison avec Girls est un passage obligatoire, mais cette dernière s’est fourvoyée dans des histoires de drogue et de sexe avec des personnages pour le moins antipathiques, qui ne se battent pas (ou plus) pour y arriver. Cela ne veut pas dire que Girls n’est pas une série ayant du charme, car elle a de très belles scènes, mais son approche est plutôt déprimante. Underemployed nous présente des individus qui gardent le sourire, parce que leurs amis sont leur famille. C’est une fable optimiste qui donne envie de continuer à suivre cette petite bande.

J’ai particulièrement apprécié certains dialogues remplis de maladresse, d’incompréhension démontrant chez l’une une certaine susceptibilité et chez l’autre un désir de bien faire qui masque le plus important. Et ce degré là de psychologie, je ne m’y attendais pas. Tout n’est pas de ce niveau, car entendre plusieurs fois nos jeunes gens se dire qu’ils vont devenir « des hommes, ou plutôt des dieux » avait quelque chose de forcé.

Je le redis là car le plus gros point noir du pilote : les acteurs sont au mieux moyens, et ne parviennent pas à délivrer autre chose que leur script. Cela déclenche malheureusement quelques malaises en cours de visionnage, surtout quand le scénario se veut un peu trop démonstratif. La série gagnerait à être un peu plus subtile, c’est certain. Elle réussit pourtant à ne pas être totalement prévisible malgré ses thématiques usées jusqu’à la corde. On ne nous annonce pas à l’avance ce qui va se passer, en nous lançant une demi-douzaine de clins d’œils. Et ça , c’est déjà beaucoup par rapports à certaines nouveautés de la rentrée.

Il faut bien sûr un peu d’indulgence devant les défauts de ce pilote : mal joué, trop démonstratif, rempli de clichés (et une BO agaçante). Mais l’ensemble génère beaucoup de sympathie, avec des personnages solidaires qui veulent bien faire, bref, qui ne sont pas tête-à-claques. L’optimisme a la dent dure. Et en ces temps de crise, ça fait du bien. Ça mérite bien de s’y attarder un petit moment, histoire de voir comment le scénariste va arriver à faire bouger ce petit monde suffisamment attachant.

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