What Remains [Pilote – UK]

what remains

Énième fiction policière britannique, What Remains nous propose non pas de découvrir la face cachée d’un village, mais celle d’un immeuble résidentiel.

Après la découverte d’un corps momifié dans le grenier, la police ne semble pas vouloir pousser l’enquête. Est-ce une démonstration de l’égoïsme de notre société ou y a-t-il quelque chose qui cloche dans ce portrait de la victime : une femme seule, non connectée à internet (?), aimable mais timide, dont la disparition pendant des années n’inquiète personne ?

what remains victim

Très vite, la fiction nous impose un enquêteur à la retraite, fatigué, qui soupçonne quelque chose, mais n’arrive pas à mettre le doigt sur le malaise. Hélas, alors qu’on s’attend à se mettre dans sa peau via une enquête minutieuse ou des indices, What Remains opte pour un point de vue extérieur, décidant selon son humeur de nous révéler ou non ce qui se passe (et s’est passé) dans cet immeuble.

Selon le principe sacré du genre policier, il nous faut donc une liste de suspects, à commencer par les habitants, qu’ils aient connu ou non la victime. Et c’est plutôt le professeur au rez-de-chaussé qui remplit les conditions : détesté par ses élèves, craint par les autres propriétaires, désireux de faire respecter les règles de cohabitation, il prétend être seul alors qu’une femme est auprès de lui. Et qu’en est-il du couple de lesbiennes ? L’une d’entre elles semble avoir disparu. Le journaliste, lui, semble bien plus préoccupé par la perte de valeur de son habitation que de chercher à comprendre ce qui s’est réellement passé. Le couple de jeunes mariés qui vient de s’installer aura fort à faire, et on est un peu choqué de voir que personne n’a peur de l’autre en se croisant dans l’immeuble, alors qu’un cadavre vient d’être trouvé.

what remains dark

Cette indifférence généralisée, ce huis-clos, et son héros enquêteur ne suffisent malheureusement pas pour réveiller le téléspectateur rompu au genre policier. Le manque de tension est criant, et sans aller jusqu’à la maison des horreurs, ou à une critique de notre société, on était en droit d’attendre un minimum de suspense, et à une certaine mise en scène dans les révélations, qui prennent un peu trop leur temps. L’ensemble se révèle plat, et un peu trop conventionnel. Sans compter l’absence de point de vue.

Bref, à trop respecter ces recettes, la fiction policière peine à donner de l’intérêt à son whodunnit. Les personnages ont heureusement suffisamment de temps d’exposition pour qu’on puisse s’attacher à leurs secrets, et le jeu des acteurs est irréprochable.. De quoi être titillé, mais pas totalement emballé… Mais What Remains n’a que 4 épisodes et du potentiel, alors pourquoi pas ?

feu_clignotant1

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