[Pilote – Corée] Lie to me

Le voilà donc ce drama tant attendu !

Avant de commencer cette critique, deux mises au point s’imposent. La première, c’est que le drama Lie to me n’a strictement rien à voir avec la série américaine éponyme. Ne cherchez donc pas une série policière, Lie to me est une comédie romantique tout ce qu’il y a de plus classique au pays du matin calme. Son ancien titre, Sweet scandal, était peut-être plus approprié.

La deuxième mise au point est en fait un avertissement. Je ne peux pas, non vraiment, je l’avoue, je ne peux pas être objectif quand je vois Yoon Eun Hye (Coffee Prince) sur le petit écran. Donc histoire d’éviter les superlatifs douteux et l’abus de compliments, permettez que je me lâche ici une bonne fois pour toutes. C’est tout simplement extraordinaire comme elle arrive à partir d’un scénario qui tient sur un mouchoir à faire passer autant d’émotion et de naturel. Et bon sang, ce qu’elle m’avait manqué ! Son regard, ses mimiques, son sourire, sa candeur. Voilà. Promis, j’éviterai d’en faire des tonnes pour la suite de ma critique. J’encourage mon lectorat féminin à faire de même pour Kang Ji Hwan (Coffee House), qui n’est pas en reste mais bon, hein, chacun ses goûts !

J’avais très peur d’être déçu car le buzz généré par le casting était tout simplement affolant. La présence de Yoon Eun Hye et Kang Ji Hwan a suscité beaucoup de questions.

La première concerne le charisme de chacun des interprètes. Les acteurs allaient-ils trouver un rôle taillé sur mesure, ou bien allaient-ils prendre un risque en jouant des personnages éloignés des rôles qui leur ont valu le succès (ce qui est arrivé à Yoon Eun Hye dans Take care of the young Lady/My Fair Lady)? Dès les premières minutes il est facile d’y répondre. Yoon Eun hye et Kang Ji Hwan sont immédiatement à l’aise dans leurs personnages. Yoon Eun Hye  joue Gong Ah Jung, une fonctionnaire de niveau 5 travaillant au ministère de la Culture, du Sport et du Tourisme. Si l’introduction de l’épisode laisse penser qu’on va avoir droit à une nouvelle gaffeuse à qui il arrive toute sortes d’aventures, on comprend plus tard que son véritable talon d’Achille est son manque de réflexion avant d’agir. Autrement dit, elle est impulsive, ce qui n’est pas sans lui causer beaucoup de problèmes. Mais au lieu d’être tête à claques, elle devient rapidement attachante. Elle a juste le bon dosage d’immaturité qui lui permet d’être à la fois crédible et naïve. Et comment ne pas être touché lorsqu’on comprend que sa meilleure amie lui a volé l’homme qu’elle convoitait depuis tellement longtemps ? Et tant pis pour cela on doit passer par le cliché habituel de la copine méchante et jalouse opposée à l’héroïne honnête et gentille. Quant à Kang Ji Hwan, son élégance et son autorité naturelle font merveille pour incarner ce fils de chaebol (conglomérats coréens richissimes). Ni colérique ni arrogant (ouf !), Hyun Ki Joon cherche à maitriser son environnement. On ne sait pas s’il a un TOC, mais il en présente les premiers symptômes : tout doit être parfaitement ordonné et ajusté dans le grand hôtel qu’il dirige. Et s’il inspire le respect (voire la crainte), il reste magnanime  et parfois même gentleman. Une personne a une chemise mal boutonnée ? Il la reboutonnera lui-même, voilà tout. En fait, on sent que son personnage a un lourd passé, et on apprend que son propre frère aurait empêché son mariage. Tout cela rend ce personnage éminemment sympathique.

C’est d’ailleurs une des premières choses que l’on remarque : la série nuance beaucoup ses personnages. Un problème ? Parfois, il suffit de s’expliquer, pas besoin de faire de très grandes incartades ou de très longues poursuites burlesques. Il y a un petit grain de folie, mais ce n’est pas exagéré. Ce qu’on perd au niveau de la fantaisie, on le gagne au niveau de la profondeur des personnages. Le rythme de la série est à ce propos dans le même état d’esprit. On prend son temps, on détaille, on laisse les scènes durer pour permettre aux acteurs d’exploiter leurs mimiques ou leur naturel.

La deuxième question qui tournait autour du casting était évidemment celle de l’alchimie. Soyez rassuré, le dieu du drama vous a entendu. Si entre les acteurs le jeu passe très bien (on ne pouvait rêver mieux questions échanges de regards et jeu naturel), du côté des personnages on a ce qu’il faut pour assurer au couple une certaine dynamique. Certes, le manque d’hygiène et le laisser-aller vestimentaire de Gong Ah Jung s’oppose à la maniaquerie de Hyun Ki Joon. Mais l’entente est possible sitôt passé le malentendu (ou le bras de fer), et on nous le montre dès le seconde épisode. D’ailleurs, on nous laisse entendre que Gong Ah Jung craque déjà un peu pour ce fils de chaebol.

Pour compléter le tableau, on voit déjà se profiler le triangle amoureux avec le frère de Hyun Ki Joon, Hyun Sang Hee, un playboy qui semble en pincer pour Gong Ah Jung. Rien qui ne sorte de l’ordinaire, encore une fois, mais les quelques scènes ensemble donnent une idée du potentiel.

La série tourne donc autour du mariage. Cette institution est vue sous différents angles avec en premier lieu la copine l’ennemie de Gong Ah Jung qui se sert de son mari ou l’accapare, et qui s’est visiblement mariée pour montrer qu’elle le pouvait. Autre point de vue, celui du fils de chaebol qui se voit obligée de se conformer aux attentes de sa mère, mais qui a déjà connu une expérience douloureuse en la matière. Enfin Gong Ah Jung qui préfère mentir sur son statut de célibataire afin de ne pas se sentir humiliée. Ainsi, du fait d’une pression sociale forte, elle en est arrivée à la conclusion qu’être marié, c’est avoir un statut social différent, qui prouve que l’on est désiré, que l’on vaut quelque chose.

C’est à partir de ce mensonge que l’histoire commence réellement. Gong Ah Jung, pour rabattre le caquet à sa « copine » prétend donc s’être mariée. Et comme, à la suite de circonstances particulières, on la voit en compagnie d’Hyun Ki Joon, les rumeurs vont bon train. Et il n’y a rien de plus difficile que de faire taire une rumeur… comme on le sait, plus c’est gros plus ça passe, et plus on crie au mensonge, plus on y croit !

Le petit détail qui m’a plu, c’est la réflexion faite par l’ami de Hyun Sang Hee qui donne un espoir au téléspectateur : peut-être que l’on va aussi parler de destin. Destin, mariage, autant de thèmes qui ne pouvaient pas mieux tomber pour ma part, et qui me feront toujours chavirer…

Au final, on pourrait s’arrêter sur ces deux épisodes en critiquant le manque d’originalité de cette comédie romantique. Et pourtant, il y a là un naturel, une simplicité qui pousse à adhérer au concept. C’est même plutôt bien équilibré au niveau du ton (drôle sans être loufoque, émouvant sans être larmoyant). La série prend son temps, laisse s’exprimer son sujet et s’épanouir ses acteurs. Et quels acteurs ! Leur complicité, leur jeu fait vraiment plaisir à voir, d’autant qu’on ne se retrouve pas avec des personnages nunuches ou détestables. Si seulement la mise en scène était un peu plus travaillée, ou si la bande sonore pouvait être adéquate à défaut d’être réussie ! A cause de cela, la série manque un peu de percutant. Mais je serai là pour la suite, je suis très enthousiaste !

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3 réflexions sur “[Pilote – Corée] Lie to me

  1. Rohhh…ta critique me donne envie de regarder le premier épisode tout de suite !!! Mais je ne peux pas ! Je dois réviser….T_T

  2. Je te rejoins totalement dans ton bilan, notamment quand tu parles de « naturel » et de « simplicité ». Ce sont des débuts classiques et confortables, en effet, mais où le charme opère l’air de rien et finalement on se sent bien devant l’écran, ayant envie de s’attacher à l’ensemble sans avoir besoin de se forcer.

    Après j’avoue moi aussi avoir un tel faible pour le casting, si bien que, si je suis honnête, je ne sais pas si j’aurais pu être intéressée et prête à poursuivre,s’il n’y avait pas eu les deux lead-in qui me donnent une furieuse envie de jeter tout sens critique par la fenêtre, et d’apprécier/savourer, même s’il n’y a pas d’innovation ou de valeur ajoutée réelle par rapport aux canons de la rom-com.

    Je vais lui faire confiance pour progressivement s’affirmer sur la durée ! 🙂

  3. Plus que deux épisodes et c’est fini. La série vaut le détour pour la performance des acteurs y compris les seconds rôles. J’avoue avoir été impressionné par le jeux de Yoon Eun Hye.
    C’est vrai que la bande sonore est un peu légère voir inexistante surtout comparé à celle de city hunter mais en fait on n’y prête pas vraiment attention tellement Yoon Eun Hye remplit l’écran.

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