Mousou Shimai (Paranoid sisters)

Ben voilà, c’est de votre faute, Ladyteruki et Livia, après tant d’éloges, il fallait que je m’y mette.

Si vous ne l’avez pas encore lu sur leurs blogs respectifs, voici le début de l’histoire de Mousou Shimai, série japonaise diffusée en 2009. 3 sœurs vivent dans la maison de leur père, Ichikawa Sotaro, célèbre écrivain, mort il y a 20 ans dans des circonstances mystérieuses (meurtre ou suicide ?). La vie apparaît ennuyeuse pour Akiko l’aînée,  dont la journée consiste à entretenir la maison. Tandis que pour Fujio la cadette, la vie est faite de soirées bien arrosées (et de conquêtes masculines ?). Enfin, Setsuko la plus jeune des sœurs, ne semble pas vouloir l’aider non plus. Il est vrai que sa santé est fragile. Ces sœurs là ne semblent pas particulièrement proches, on dirait qu’elles ne font que cohabiter, chacune vivant sa vie de son côté.

Et puis un jour, Setsuko relève le courrier et tombe sur une lettre postée par leur défunt père. Dans l’enveloppe, la clé d’un coffre secret qui contient une dizaine de livres. Les instructions sont précises : il faut qu’elles lisent ces œuvres littéraires dans l’ordre afin de percer le secret qui se cache derrière la mort de leur père. Mais peut-être y découvriront-elles d’autres secrets, enfouis dans leurs mémoires et dans leurs cœurs.

Chaque épisode raconte ainsi la lecture d’une œuvre différente. Des destins de femme auxquelles les sœurs s’identifient. Femme meurtrière, violée, soumise et abusée, maîtresse, fragile, rêveuse adolescente, passionnée, autant de portraits dressés d’une manière langoureuse, poétique, avec une mise en scène érotisante. Le désir, la convoitise, la mort, l’obsession, autant de thèmes abordés dans de superbes scènes.

Chaque histoire permet d’en savoir un peu plus sur nos personnages, et sur d’autres mystères peu à peu dévoilés.

Sur la forme, c’est un formidable voyage narratif, où la prose s’inscrit devant notre écran. La réalisation est tout bonnement exceptionnelle, composant de nombreux tableaux teintés de rouge, de vert, d’ocre ou de blanc. Un régal pour les yeux. Rien que pour ça, la série mérite le détour. Grâce à l’interprétation sans failles des actrices (avec en tête Kichise Michiko, que j’avais trouvé particulièrement charismatique dans Bloody Monday), ce voyage à travers le cœur de ces jeunes femmes est aussi particulièrement poignant, la tragédie ou la cruauté n’étant pas loin.

Bien sûr pour se laisser emporter par ce voyage, il faudra véritablement plonger dans ces rêveries tout de même un peu longues. Suivant le sujet, et sa propre sensibilité, on est plus ou moins critique envers le rythme du récit. C’est le jeu de l’imaginaire personnel, celui du lecteur, qui dévore les pages ou s’ennuie devant son histoire. Pour autant j’ai toujours aimé les dénouements de ces différentes histoires, ainsi que la réflexion qui suit. Car comme dans un cercle de lecture, les sœurs vont ensuite analyser et décoder le message.

La résolution de la série est particulièrement intense avec un jeu de fausses pistes, et une certaine confusion fort appréciable. Dommage que le message global, reliant les différents histoires les unes aux autres, soit aussi prévisible. Cependant cela n’altère pas trop l’émotion ressentie en toute fin de série.

En l’état, la série est une démonstration magistrale d’un savoir-faire reliant la forme et le fond. En dépit de certaines faiblesses de rythme propres à chaque histoire et à chaque lecteur, c’est un voyage plus que recommandé au pays de l’imaginaire féminin.

Par contre quelle énorme faute de goût que ce générique rock, à milles lieux de ce que veut dire la série. Encore une sombre histoire de marketing qui s’impose devant le créatif, je suppose.

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4 réflexions sur “Mousou Shimai (Paranoid sisters)

  1. Eh bien voilà ! Parfait. Et de deux. Plus 6 milliards d’autres êtres humains à convaincre de l’intérêt de cette série. C’est intéressant que tu aies été réceptif (mais légèrement moins que nous) à cette série, en tant qu’homme, parce qu’on aurait pu craindre que la série ne touche justement que des spectatrices.
    Ce que tu dis est très vrai sur le générique, cela dit.

  2. Heureuse de lire que tu as apprécié ! (La bonne parole se propage 🙂 )
    Comme Ladyteruki, je me demandais si les téléspectatrices ne seraient pas les plus sensibles à la série étant donné la manière dont la thématique est traitée, donc j’étais curieuse de lire ce que tu en avais pensé.
    Sinon, j’aime beaucoup ton expression parfaitement adéquate qualifiant la série de « voyage recommandé au pays de l’imaginaire féminin » : c’est vraiment très juste !

  3. C’est sur, en tant qu’homme, j’ai un peu moins été touché, je suppose. Mais ça n’empêche pas d’apprécier la série pour ses qualités.
    Espérons que ce drama connaisse davantage de succès, il le mérite.
    Et merci pour vos commentaires 🙂

  4. Pingback: Mon année 2010 « Cinédramas

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