Jin

Jin est le drama d’automne au Japon. Il est adapté du manga du même nom, lequel est toujours en cours de parution (le 10è volet est trouvable en France).

Jin part d’une idée simple mais très peu usitée  : Et si un médecin de notre temps voyageait dans le temps, pour se retrouver un siècle et demi en arrière ? Pour un féru d’histoires médicales comme moi, c’est évidemment un concept alléchant. L’histoire de la médecine c’est une vaste aventure scientifique, de la naissance d’un raisonnement logique à travers les expérimentations, les peurs ancestrales, l’imaginaire collectif. C’est une histoire qui conte également comment la société va profondément changer, non seulement en termes de santé et de bien-être mais en terme de culture, d’approche des populations.

C’est ainsi que Jin Minakata, neurochirurgien, va vivre une aventure humaine incroyable. Ce médecin n’a pu sauver sa fiancée Miki, atteinte d’une tumeur au cerveau. Plongée dans le coma, elle ne se réveillera jamais. Un soir, en opérant un homme arrivé aux urgences, il extrait de son crâne un foetus qu’il place dans un bocal. Un fois rétabli, ce patient vole ce foetus et bouscule Jin en disant qu’il « doit revenir ». Jin tombe dans le vide… et se réveille en 1863, à Edo (futur Tokyo).

Vous l’aurez compris, il s’agit d’une histoire fantastique et mystérieuse. Mais l’intérêt du drama ne se situe pas de savoir « pourquoi et comment il voyage dans le temps, ou encore quel était ce foetus et cet homme mystérieux ». Sinon, vous risquez d’être déçu. Non, la quête de Jin est beaucoup plus philosophique et humaine. Doit-il faire profiter le monde d’Edo de ses connaissances, au risque de changer l’histoire ? (Cette époque est une période charnière dans l’histoire du Japon, au contact avec le monde occidental) Doit-il sauver des vies au risque de changer la vie future de Miki (et la sienne) ? Comment un médecin, qui a pour mission « sacrée » de sauver des vies peut-il se faire comprendre dans une société qui n’est pas forcément prête à l’entendre (la médecine traditionnelle est confrontée à l’arrivée de « dutch doctors », la médecine occidentale, plus pointue) ? Et enfin, sur un plan plus terre à terre mais courageusement expliqué dans le drama : comment sauver des vies sans matériel médical, sans antibiotiques, sans scanner ni radiographie, comment parler de santé publique, d’épidémie, de contagions ? Comment enseigner la médecine sans avoir le droit de faire des autopsies (le taboo brisé en Occident depuis) ?

Le héros se retrouve plongé dans un univers qu’il va apprendre à aimer. Ainsi, il assistera aux coulisses de l’Histoire, de la société nippone, avec ses règles (comment se vêtir, s’habiller, comment respecter l’honneur de son interlocuteur même s’il a tort, comment marcher dans la rue avec une fille de samourai, comprendre la prostitution de l’époque et ses quartiers où règnent les rares courtisanes (qui deviendront geishas 50 ans plus tard)).

Il s’agit donc d’un drama intelligent, captivant, humain, qui mérite largement ses scores d’audience. Malgré deux épisodes moins intéressants et qui développent moins les intrigues, j’ai vraiment passé un très bon moment. De bons acteurs, un joli thème musical, une réalisation correcte même si par moment un peu larmoyante, non vraiment c’est du chipotage. Le grand regret est évidemment la fin, tellement ouverte que les affamés de fantastiques s’empresseront de la décrier. Même si TBS ne semble pas vouloir annoncer une suite, ce succès « surprise » (aux yeux de la chaîne de télévision) va peut-être les faire réfléchir. Je n’ai pas lu le manga, mais il y a semble-t-il, matière.

« God only gives us  trials we are able to overcome ».

Il est vraiment dommage qu’une telle histoire ne puisse être racontée chez nous. Voir un médecin arriver au moyen-âge, où l’on traitait toutes les maladies par des sangsues ou des saignées…. Sans compter les implications sociétales, religieuses (l’Eglise étant alors très opposée à la médecine)… Il y a de quoi faire, vraiment.

En tous cas, ne loupez pas JIN si vous en avez l’occasion. Je ne suis pas le seul à en faire l’éloge, d’ailleurs.

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3 réflexions sur “Jin

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