Vegas [Pilote]

Basée sur l’histoire vraie d’un cowboy devenu shérif dans les années 60, Vegas est l’occasion pour CBS de rajouter un énième show policier à sa liste. Ne vous y trompez pas : si on vous parle de mafia, de cowboys, ou des années 60, c’est pour maquiller l’ignoble vérité : l’enquête est profondément ennuyeuse.

La plupart des cop-show reposent sur la personnalité de l’enquêteur. Et là, impossible de prendre du plaisir devant un Dennis Quaid qui surjoue le cowboy au caractère trempé. On aura beau nous expliquer que cet ex-militaire avait réussi à résoudre des meurtres, on se demande comment il est possible qu’un homme bourru prenne autant de facilités avec la loi sans provoquer la moindre colère des autorités. Il est si facile de trouver les meurtriers quand on tape des témoins, emprisonne leurs avocats, menace d’autres personnes avec un fusil, ou lorsqu’on rentre par effraction. Exit la reconnaissance de la preuve, tout ce qu’il faut c’est attraper le fuyard, car c’est forcément lui le coupable. Au début, le personnage amuse parce qu’il est en décalage avec le monde qui se construit autour de lui (Las Vegas continue d’agrandir ses casinos), et puis au bout d’un moment le plaisir de découvrir la solution du puzzle disparaît, noyé sous la menace et l’intimidation d’un personnage antipathique qui se la joue en permanence.

Si je ne suis pas arrivé à m’attacher à l’enquêteur, je pensais que j’arriverai à m’attacher au boss de la mafia incarné par Michael Chiklis, mais celui-ci délivre une prestation bien trop légère pour impressionner. Le voir affublé d’un chapeau n’aide pas non plus. Quand il passe à tabac un des siens, on ne ressent guère la démonstration de force. D’une manière générale la violence est bien trop censurée pour inspirer une certaine crainte. Certes, CBS n’a pas la latitude d’une chaîne câblée, mais il existe des moyens pour s’assurer de l’impact d’une scène, moyens complètement absents dans le pilote. Lorsqu’un personnage se fait assassiner, c’est tout juste si on ne réprime pas un bâillement.

L’ennui est là, et il ne vous quitte plus. Pas de suspense, pas de drame, un ton désespérément neutre alors qu’il y avait de quoi montrer une certaine noirceur. Le manque d’enjeu explique aussi cette léthargie. Ok, le boss de la mafia fait des trucs louches, mais ça on s’en doutait déjà. Quand on apprend qu’il cherche un traître et qu’on a pas vu l’ex-shérif, on fait bien trop vite le rapprochement. Et si l’enjeu n’est que de démasquer les auteurs de crimes, alors la série loupe le coche. Ça aurait pu être une saga, un brulot politique sur la corruption ou la disparition d’une certaine Amérique, ça n’est qu’une série où on enquête sur des morts, avec des acteurs qui endossent un costume sans jamais parvenir à être crédibles. La sensation de gâchis vient donc compléter le tableau. Même la présence de Carrie-Anne Moss, icône geek s’il en est, ne parvient pas à me ranimer.

On pourrait croire que je reproche à la série de ne pas être ce que j’aurai voulu qu’elle soit. C’est faux. Il manque des mystères, des arcs, des rebondissements, une mise en scène astucieuse, une vraie enquête basée sur un raisonnement et non sur des coups de poing, des personnages attachants et charismatiques définis autrement que par leurs fausses démonstrations de force, bref il manque du contenu, même pour une simple série policière. Il manque du plaisir tout simplement. Au vu du casting et de l’ambition du projet, j’aurai du donner une seconde chance, mais là je me suis tellement ennuyé que je ne ferai pas cet effort.

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