Cruel Palace – War of flowers [Pilote – Corée]

cruel palace war of flowers

Après un Gu Am Heo Joon aux saveurs limitées, il était temps de passer à un sageuk bien plus ambitieux. Avec un titre aux multiples facettes (Cruel Palace / War of Flowers / Palace Wars / Blood Palace / Palace’s Cruelty History – choisissez bien !), le drama de la chaîne câblée JTBC nous propose une plongée dans une période noire de l’histoire coréenne, en 1636 lorsque le 16ème roi de Joseon, Injo, capitule devant les forces militaires de la future Mandchourie lors de leur seconde invasion et – suprême humiliation, loue allégeance à leur empereur Hong Taiji (dynastie Qing).

cruel palace war of flowers fx

Le drama semble prendre beaucoup de libertés avec l’Histoire puisqu’il ne fait pas mention des liens de Joseon avec la dynastie Ming. Mais il aime particulièrement détailler ses protagonistes, rappelant sans cesse le nom de chacun, et utilisant une voix off pour resituer le contexte. Ça ne sera pas de trop.

Les deux premiers épisodes développent énormément la relation entre deux personnages principaux : Kim Ja Jeom (Jung Sung Mo, Korean Peninsula), et le roi Injo (Lee Duk Hwa, History of a salaryman). Des flashbacks viendront expliquer comment Kim Ja Jeom a participé au coup d’état renversant Gwanghaegun, instaurant le roi Injo. Alors que Kim Ja Jeom avait promis à Injo de le protéger, il n’interviendra pas avec son armée pour sauver son pays lors de l’invasion chinoise, obligeant le roi à se prosterner devant son ennemi. Une trahison que ne pardonnera pas celui-ci. Furieux, Injo exilera Kim Ja Jeom seul sur une île déserte et hostile, estimant ainsi le condamner à mourir de faim ou de froid.

cruel palace kim ja jeom

Le drama a du mal à décrire les émotions. Que ce soit l’exil de Kim Ja Jeom ou l’humiliation du roi Injo, on a souvent l’impression que les acteurs en rajoutent, voulant donner aux scènes un impact dramatique beaucoup trop important. C’est assez pénible, et vraiment dommage, car pour le reste, la réalisation fait extrêmement plaisir à voir, n’hésitant à montrer la violence des barbares dans des scènes bien chorégraphiées. Le sang coule, des viols sont perpétrés (en arrière-plan mais quand même), et la voix off d’un historien nous raconte comment 60 000 coréens furent déportés et réduits en esclavage à cette période. Quelques effets spéciaux d’intégration plutôt réussis permettent de mieux plonger dans cette reconstitution.

cruel palace king injo

C’est aussi la première fois que je ressens qu’une fiction télévisuelle coréenne a autant de liberté au niveau de la mise en scène, laquelle atteint largement les standards du câble en terme de beauté. Non seulement les corps sont dénudés (vus de dos) – on verra même une princesse donner le sein en gros plan (!) – mais les relations sexuelles sont amplement suggérées, nos personnages masculins plutôt vicieux passant décidément beaucoup de temps à se payer du bon temps. Rassurez-vous on est encore très loin des fictions américaines, mais le drama s’adresse clairement à un public plus âgé.

Et on va d’ailleurs beaucoup parler de la place de la femme à cette époque, avec les fameuses concubines, qui bien qu’ayant un peu d’influence n’ont pas pour autant un sort enviable. Notre héroïne, fille de concubine, désire une autre vie. Elle a assisté, étant enfant, à la sauvagerie de l’épouse officielle prête à tout pour garder son pouvoir, et à l’indifférence de son père. Non, être rouée de coups et côtoyer les hommes avides de pouvoir et un brin obsédés, ce n’est pas son truc pour le moment, et on la comprend. Ainsi Yam Jun (Kim Hyun Joo) en pince pour Nam Hyuk, un jeune homme dont la famille est désormais destituée. Malheureusement, leur amour est impossible, car un noble ne peut épouser une fille de concubine (ex gisaeng de surcroît).

cruel palace yam jun

Le drama va donc nous proposer de suivre l’ascension de notre héroïne auprès du roi Injo, qui va avoir soif de revanche et comptera bien utiliser la perversité masculine pour servir ses propres intérêts. Elle devrait ainsi être à l’origine d’un différend entre le roi et le prince héritier So Hyun (Jung Sung Woon) (alors qu’historiquement ce différend serait plutôt politique). Ce point est particulièrement intéressant, et je croise les doigts pour que notre héroïne soit suffisamment intelligente pour manœuvrer dans cet univers bourré de testostérone.

La question du prince héritier est donc également soulevée dans la fiction, puisqu’il est obligé de quitter Joseon (ainsi que son épouse), en délaissant leur fils, pour vivre temporairement dans une sorte de prison dorée, selon les termes de l’accord avec les mandchous.

La place est donc libre pour influer sur le gouvernement de Joseon, et le drama occupera une majeure partie de son temps à développer l’aspect politique, entre les partisans d’une rébellion, et les autres qui préfèrent fermer les yeux. Et forcément, avec le nombre de personnages secondaires, il n’est pas toujours évident de s’y retrouver.

cruel palace war of flowers king injo

Le récit est sans doute un peu trop complexe de prime abord, mais il y a là une richesse qui ne peut laisser indifférent. Si le parti-pris est largement politique (et les amours étant presque anecdotiques), on sent très bien les enjeux, et grâce à des personnages ambigus qui ne versent pas dans le manichéisme (du moins pour l’instant), et à un propos nettement plus incisif et adulte (et sans beaucoup d’humour), on peut largement se passionner pour le drama. J’aurai juste voulu un peu plus d’émotion dans les premiers épisodes, histoire d’arriver à mieux m’attacher au destin de chacun. Au fond, le drame lyrique, c’est peut-être trop ambitieux pour le responsable de Personal Taste ?

C’est là que vient le hic : 50 épisodes, c’est beaucoup. Mais le jeu pourrait bien en valoir la chandelle. En tous cas, moi, je continue un petit moment… et je vous en reparle.

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2 réflexions sur “Cruel Palace – War of flowers [Pilote – Corée]

  1. Cela fait plusieurs reviews globalement positives que je lis sur ce drama. Et comme en plus cela faisait quelques temps que je ne me suis plus lancée dans un sageuk, ta présentation fait plus que piquer ma curiosité. 🙂
    Le sujet a l’air intéressant. La longueur est certes pas négligeable, mais les sageuk peuvent assez bien se prêter à ces « grandes épopées » (et se voir en plusieurs fois, puisqu’ils fonctionnent souvent avec des « cycles » de progression).
    En tout cas merci pour cette review, j’ajoute ce drama (aux noms multiples) sur de mes prochaines listes de dramas à voir ! 😉

    En fait, jTBC semble confirmer les promesses laissées entrevoir l’année dernière.

    • Très clairement, JTBC est désormais ma chaîne coréenne préférée (Cruel Palace, Childless Comfort, A Wife’s Credentials, Can we get married, Padam Padam… ) Autant dire que j’attends les sous titres de The End of The World avec impatience !

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