My Mad Fat Diary [Pilote – UK]

my mad fat diary

Après le retour décevant de Girls, la soporifique Carrie Diaries, il ne me restait plus que My Mad Fat Diary pour tenter d’adhérer à une chronique intimiste pour jeunes filles. Et vous savez quoi ? Cette dernière remporte le match, haut la main. Très haut.

J’avoue, j’ai un biais, j’ai toujours préféré les histoires d’ados mal dans leur peau. Parce que l’adolescence est le moment crucial où tout se détermine, où la façon dont vous surmonterez les obstacles déterminera en partie vos chances de survie pour le restant de vos jours. Pas étonnant que j’avais craqué pour Huge, la série de l’été 2010 sur ABC Family, qui racontait comment des ados obèses essayaient de se reconstruire. La série était brillamment écrite par la scénariste de My So-Called Life, Thirtysomething, Once and Again, et je m’étonne encore de son manque de considération.

Ne nous voilons pas la face, une série qui raconte les tribulations d’une ado obèse, c’est visuellement peu attractif quand vous avez passé la soirée à voir les stars anorexiques aux Golden Globes. Et pourtant, je vous invite vraiment à faire un tour du côté de le dernière-née de la chaîne britannique E4.

my mad fat diary e4 sharon rooney

Un ado mal dans la peau a forcément quelque chose à dire, et avouons-le, est quand même un personnage de série plus intéressant, plus complexe que ses congénères. Ainsi Rae (Sharon Rooney) cache bien son jeu. Il lui faudra du temps pour s’ouvrir, notamment devant son nouveau psy, mais ses pensées sont brutes de décoffrage, et ça fait un bien fou. Bon, ok, on est sur E4, donc parfois les allusions sexuelles sont overzetop, mais cela reste drôle, très drôle, même.

my mad fat diary e4

C’est le premier argument en faveur de la série. Si notre héroïne commence son histoire dans un institut psychiatrique, ou  si elle pleure, le ton général est largement humoristique. Et le procédé utilisé est en parfaite adéquation avec l’âge du personnage : beaucoup d’arrêts sur image avec des dessins et des gribouillis à l’écran. Les coréens ont adopté ce style depuis des années, et ça rajoute une fraîcheur incomparable, un dynamisme… A condition de ne pas en faire trop, mais ce fut rarement le cas ici.

my mad fat diary sharon rooney

Il faut dire qu’on plonge assez facilement dans son univers où les hormones prennent le dessus et où notre héroïne semble autant en manque d’ami(e)s que de relations sexuelles. Bien au delà des fantasmes qui prennent sporadiquement le dessus, son problème majeur est de se trouver une bande avec qui sortir et se sentir « normale », après 4 mois passés en institution. Et bien sûr, résister à l’appel de l’armoire remplie de cochonneries grasses et sucrées. La mise en scène là encore est parfaite, car elle réplique les effets de films d’horreur, avec ce fameux appel lumineux et effrayant.

Le défi est de taille pour Rae, d’autant qu’elle ne semble guère aidée par sa mère célibataire, qui ne lui prête aucune attention, préoccupée par son régime diététique alphabétique (où chaque jour on ne mange que les aliments qui commencent par une lettre). Dur d’avoir une mère qui ne cesse de la tenter avec des sucreries, ou qui lui propose de fumer une cigarette alors qu’elle n’a jamais fumé de sa vie. Dur d’avoir une mère qui vous réveille en plein milieu de la nuit parce qu’elle est en plein ébats avec son partenaire, un immigré tunisien illégal. Mais la série a l’avantage de ne pas victimiser Rae : notre héroïne est capable elle aussi de heurter – volontairement ou non – sa mère par ses propos. Le conflit n’est pas permanent, et malgré les défauts de chacun, on sent bien que le couple mère-fille s’aime aussi, à sa façon. Et c’est plutôt bien vu.

my mad fat diary friends

Mieux encore, j’ai vraiment apprécié l’intégration progressive de Rae à un groupe d’adolescent. Son amie qui s’était éloignée d’elle a désormais des mensurations parfaites et lui propose de rejoindre un groupe de garçons et de filles dans un bar. Et bien qu’accumulant les gaffes désopilantes, Rae va peu à peu surmonter son angoisse et sortir de sa coquille. On se souviendra longtemps de la scène du crocodile, et du toboggan. Sauf que… derrière la séquence humoristique, la série revient nous démontrer son mal être. Et son amie Chloé va faire de surprenantes découvertes sur Rae…

sharon rooney my mad fat diary

Vous l’aurez compris je suis tombé sous le charme de cette chronique adolescente parfaitement mise en scène, malgré ses quelques excès de vulgarité. Elle est drôle, mais aussi très tendre, arrivant à se moquer de son héroïne sans jamais être méchante. Et sous cette couche de grossièretés et de sucreries, il y a une vraie personnalité, un désordre reconnaissable entre milles. L’adolescence, la vraie.  Celle qui vous fait croire que le moindre évènement est la fin du monde…et que la vie ne doit se vivre que dans l’excès.

A regarder d’urgence.

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