Mockingbird Lane [Pilote]

J’ai sacrifié à la tradition d’Halloween en reportant la publication de cet article. Et pourtant, ce pilote bien décevant ne mériterait pas tant de mise en avant.

Contrairement à la majorité de mes collègues seriephiles qui ont été enchantés par le remake des Munsters, je suis vraiment tombé de haut en visionnant la nouvelle création d’un de mes showrunner préférés : Bryan Fuller. Oui, Bryan Fuller, responsable entre autre de Wonderfalls, Dead Like Me, et Pushing Daisies, trois bijoux de la télévision américaine (achetés en double dans ma DVDthèque, c’est dire). Avec sons sens de l’humour si particulier et son génie visuel, il a apporté une palette d’émotions rarement atteinte jusque là.

Je m’attendais donc à encenser Bryan, à le couvrir de compliments, et à vociférer contre NBC qui a décidé de ne faire de cette série qu’un « one-shot » (sauf miracle). Mais rien n’est jamais acquis, malheureusement.

Il est vrai que la thématique utilisée, bien qu’originale, ne m’intéressait guère. Il était assez facile de percevoir les limites d’une sitcom à monstres, où chaque personnage en faisait des tonnes dans un rôle limité à l’expression de son « originalité ». Et c’est exactement ce qui est arrivé. Alors bien sûr, il s’agit du pilote, donc il y a une part prépondérante dans la présentation des personnages. Mais quand même. J’ai toujours eu horreur des fictions qui font étalage de leurs effets spéciaux. Je n’aime pas cette dérive des blockbusters américains qui consistent à faire apparaître un truc « super-cool » toutes les 3 minutes et demi. Parce que ce qui compte vraiment dans une fiction, c’est l’histoire. Quand Bryan Fuller s’est fait plaisir à faire apparaître ses dragons, vampires, loup-garous, monstres de frankenstein et compagnie, il a oublié le principal.

Le ressort comique ne repose donc que sur deux éléments : la découverte d’un monstre, et les innombrables références à ses caractéristiques, glissées dans la conversation ou dans son comportement. Si l’effet découverte s’estompe bien vite (à cause de ce côté show off justement), j’espérais un rattrapage dans les dialogues. Hélas, nos personnages sont bien mal équilibrés. Le vampire est quasiment le seul à avoir une dose d’humour, et la fadeur de l’ensemble l’emporte très vite (quelle idée d’employer Jerry O’ Connell aussi !). La symbolique n’est à vrai dire pas très subtile, ce qui n’aide pas la sitcom à décoller de son niveau zéro.

Mockingbird Lane, c’est donc une sitcom avec des monstres. Et pas grand chose de plus. Wonderfalls et Dead Like me avaient de l’acidité et des personnages féminins réjouissants. Pushing Daisies avait un couple charmant réinventant la romance impossible, et des enquêtes policières décalées. La dernier création de Bryan Fuller a … ses effets spéciaux. Difficile de donner du caractère à ces personnages.

Oh, on tentera bien de nous raconter l’arrivée de la puberté pour le loup-garou, ou le changement d’une pièce pour notre monstre de Frankenstein, mais difficile de ne pas réprimer un baillement devant ces maigres histoires utilisant des concepts vus et revus. J’aurai voulu un point de vue, quelque chose qui m’accroche, me surprenne. Le déroulement est sans surprise, si on écarte l’apparition des effets spéciaux. La seule chose qui m’a vraiment fait plaisir, c’est de retrouver Beth Grant, une habituée des productions de Fuller. C’est dire. (et puis Portia de Rossi, méconnaissable).

Mon constat est sévère, et sans doute un peu le fruit de ma déception. A mon avis Bryan Fuller s’en sort mieux avec les créations originales qu’avec les remakes ou les sujets déjà visités, ce qui me fait craindre le pire pour Hannibal (cf. Le silence des Agneaux), actuellement en tournage (avec la très jolie Caroline Dhavernas, youhou !). Il ne fait nul doute que son génie visuel est intact, mais le scénario a besoin de s’adapter à sa vision. En l’état, Mockingbird Lane est bien trop limité.

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