Parenthood – saison 1

Parenthood aura été l’une de mes plus fortes attentes cette saison. Et pour une fois, je n’ai pas été déçu.

Parenthood est tiré de l’adaptation du film éponyme avec Steve Martin, sorti en 1989. J’ai par principe, ne pas voulu voir l’oeuvre originale, pour ne pas me lancer instantanément dans des comparaisons.

Oui, j’avais des préjugés plus que positifs pour commencer la série : Jason Katims , Ron Howard aux commandes, et un cast absolument sensationnel. Peter Krause, Lauren Graham, Erika Christensen, Mae Whitman, Bonnie Bedelia, Monica Potter… J’étais loin de me douter que le reste du cast allait être convaincant, notamment Dax Shepard,aka l’homme aux vilains tatoos, Craig  T. Nelson, mais aussi Mark Burkholder, et dans une moindre mesure Sarah Ramos.

Allez, lançons nous, comme vous pourrez le lire partout sur la toile, Parenthood n’a cessé d’être comparé à Brothers and sisters. Il est vrai que certaines caractéristiques des personnages sont ressemblants, mais pour ma part je n’ai jamais aimé Brothers and Sisters. Et c’est pas faute d’essayer. Malgré son cast lui aussi alléchant, je n’ai pu tenir que 4 épisodes. Car Brothers and sisters n’avait aucune chaleur, je ne voyais que des histoires sans intérêt, bien loin de ce que j’attendais d’une série qui parle de famille. Une famille comme vous et moi, avec ses difficultés quotidiennes.

Car s’il y a bien une chose qui m’a embêté ces dernières années, c’est la nécessité de raconter des familles dysfonctionnelles. Alors que tout le monde semble savourer ce politiquement incorrect, j’ai toujours eu besoin d’un contrepoids. Ne vous y méprenez pas, j’aime Six Feet Under, j’aime Huff, j’aime beaucoup ce genre de séries également. Ce sont des œuvres remarquables, qui percutent habilement les idées reçues. Mais ma télé n’est pas censée me déranger à tout moment. Elle n’est pas censée me donner une vision noire de la vie. Elle peut aussi être un moment agréable, de détente, cet instant de réconfort, de magie tout en me faisant réfléchir de façon réaliste sur ma vie. Ca a été le cas avec Once and Again, probablement ma série préférée. (J’en parlerais certainement à nouveau ici).

Mais qu’il m’a été pénible de voir débarquer des séries l’une derrière l’autre, racontant des stéréotypes (du fait de leur surutilisation) sur la drogue, l’homosexualité, la violence verbale et physique. Qu’il m’a été pénible de voir étiqueter ces séries comme des réussites tout simplement parce qu’elles étaient, non pas plus adulte, mais réservées à des adultes (la nuance est de taille). Comme si parler de ces thématiques rendaient forcément leur message plus profonds et intéressants, ou leur fiction plus divertissante !

Il était temps que l’on s’aperçoive, non pas que c’est dans les vieux pots que l’on fait la meilleure soupe, mais que le public a aussi envie d’avoir une fiction miroir. Tant qu’à parler sociologie dans les séries, tiens, l’utilité de ces séries n’en est que plus importante en ces temps de crise. Alors non, Peter Krause ne connait aucune déchéance en passant de Six Feet Under à Parenthood, il ne fait pas de l' »alimentaire », il montre simplement l’autre versant de la vie. Une autre émotion peut surgir, basée sur ces gestes quotidiens, si nous ne sommes pas devenus, nous les téléphages, blasés, irrités par l’essentiel.

Et l’essentiel (que d’autres appellerons « classique »), la série en a à revendre. Elle ne parle pas de parentalité pour rien. Comment être un bon parent ? Doit-on angoisser sur nos échecs quand on est parent ? Comment devenir responsable ? Doit-on tout contrôler ? A quel moment faire confiance ? Doit-on se sacrifier pour nos enfants ? Comment vivre les handicaps de nos enfants ? Comment les éduquer sur des sujets essentiels ?

Faisons un rapide tour des personnages :

– les grands-parents : Zeek et Camille Braverman. Le type même du patriarche bourru, habitué aux grandes claques pour faire grandir, mais qui ne manque pas d’amour pour autant. Et sa femme, qui a consacré sa vie à ses enfants. Le modèle ainsi constitué reflète bien son époque, et les différences générationnelles de point de vue.

– les parents : 4 frères et soeurs qui construisent leurs familles respectives. D’emblée on remarque que leurs liens sont très forts, même s’ils sont, et c’est naturel, parfois dans une logique compétitive. Parmi les thèmes abordés nous auront donc le syndrôme d’Asperger, remarquablement joué par le petit Mark Burkholder. On comprend tout à fait l’énergie qu’il faut pour l’accompagner au quotidien. Il est débordant d’énergie, irritant, et demandant sans cesse de faire des concessions. Mais nous aurons aussi les déboires amoureux de l’adolescence qui conduiront à de très belles scènes de Mae Whitman (une actrice vraiment épatante, que j’avais adoré dans Thief),. Nous verrons la culpabilisation pour une mère, de travailler en laissant sa fille (Erika Christensen est parfaite dans ce rôle, elle me manquait depuis Six Degrees). Il y aura surtout le combat d’une mère pour donner un meilleur cadre de vie à leurs enfants (Lauren Graham, dans un rôle très proche de celui de Gilmore Girls, toujours impressionnante). Je n’oublie pas la responsabilisation d’un homme qui devient papa (le stupéfiant Dax Shepard, au physique si peu avenant, mélange de cool-attitude et d’émotion contenue).

Tout ce petit monde interagit parfaitement et de façon très réaliste, et au contraire de ce que j’ai pu lire, l’alchimie entre les acteurs est belle et bien là.

S’il y a un défaut, c’est peut être le besoin de positiver un peu trop la série. Il ya des relents claniques : parce que vous êtes un Braverman, vous êtes les meilleurs (!). Il y a les happy end (le final de la saison est un peu trop positif pour donner l’envie immédiate de revenir la saison prochaine, je suis trop habitué au cliffhanger sans doute).

Qu’importe finalement, la série a naturellement très vite grandi dans mon coeur. Ne vous fiez pas à son pilote qui doit présenter trop de personnages à la fois. Voir ce petit monde intéragir, se débattre de leurs difficultés quotidiennes, est un spectacle d’une qualité trop rare à la télévision. Sans atteindre le niveau d’humanité et de profondeur psychologique d’Once and Again, elle constitue pour l’instant le drama familial de référence de ces dernières années. NBC a visé juste. Les plaisirs les plus simples sont parfois les meilleurs.

Et puis, j’aime la promo autour de la série :

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3 réflexions sur “Parenthood – saison 1

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