The Master’s Sun [Pilote – Corée]

the master's sun

Avec les sœurs Hong aux commandes de multiples dramas depuis des années, on peut s’attendre à tout : du bon ( You’re Beautiful, The Greatest Love) comme du moins bon (Big), mais jusqu’à présent leurs fictions ne laissaient pas indifférents.  Grâce à leur mix de pop-culture, de symbolisme, agrémenté d’une certaine dose de fantastique depuis quelques années, on avait au moins l’assurance de boire un jus survitaminé.

Hélas, après avoir abusé en trop grande quantité de la plupart de ces ingrédients, elles s’étaient perdues dans Big, évitant de dénouer leurs propres nœuds, et laissant leurs fans sur le carreau.

En voulant corriger le tir avec The Master’s Sun, les scénaristes vont malheureusement se brider, et perdre une partie de leurs génies créatifs. Il est évidemment trop tôt pour tirer des conclusions définitives, mais après 2 épisodes, l’enthousiasme n’était pas au rendez-vous.

masters sun gong hyo jin ghost

The Master’s Sun nous montre une héroïne (Gong Hyo Jin, The Greatest Love) capable de voir les fantômes. Ces derniers bien que muets la plupart du temps, lui causent de grandes frayeurs. Dans la grande tradition des fictions d’horreur coréennes (on ne compte plus les films sur le sujet), ces êtres de l’au delà ont une apparence pour le moins repoussante. Abîmés, sanguinolents, grisâtres, ils évoquent la tragédie de la mort. Mais tout comme une certaine fiction américaine (Ghost Whisperer), leur humanité est toujours là : il va falloir leur rendre service.

Enfin, rendre service, c’est vite dit. Car à défaut d’une mission bien précise, quel est l’intérêt de réunir dans une séquence larmoyante les vivants et les morts dans un dernier au revoir ? En deux épisodes, The Master’s Sun évoque le cas d’un homme qui retrouve le jour de son mariage son ex décédée, et des collégiennes qui vont culpabiliser suite à la mort accidentelle de l’une d’entre elles.

Ne cherchez pas un quelconque message humaniste sur la vie et la mort (façon Flowers for my Life) ou une conclusion intéressante, la fiction préfère faire surgir l’émotion de manière maladroite, sans jamais impliquer le téléspectateur. Ces fantômes là n’ont guère de caractère, et les raccourcis scénaristiques sont bien trop visibles.

masters sun gong hyo jin

La personnalité de notre héroïne est pour l’instant plutôt décevante. Certes, comme modèle féminin, on a vu pire chez nos amis coréens, mais que diable, à défaut de lui donner de la volonté et du courage, donnez lui au moins de la cohérence ! Entre sa peur, sa grande fatigue, ou ses enquêtes, on ne sait plus trop comment la définir. Courageuse ou froussarde ? Volubile ou timide ? A l’instar des fictions américaines, le caractère est principalement défini en réaction à son environnement. Et tant de passivité, forcément, ça m’agace. Une seule séquence viendra illuminer le tableau, celle où l’on comprend qu’elle n’aime pas sa vie. Hélas, il en faudrait bien plus pour la rendre attachante. Mention spéciale à ses moments de somnolence. Incompréhensibles, au mieux.

masters sun so ji sub

Avec une thématique fantastique, il est d’usage de donner au personnage principal – habitué au paranormal – un partenaire rationnel et sceptique. Notre héros va donc devoir s’ouvrir sur ce monde. Une lourde tâche en ce qui le concerne, puisque son caractère répond déjà à tous les clichés du riche héritier égocentrique et froid. Son background est heureusement un peu étoffé, et on comprend peu à peu le traumatisme qu’il a subi. Mais là encore, les scénaristes n’ont pas réussi à toucher une corde sensible. Hélas, ce n’est pas avec So Ji Sub qu’on pourra rire des faiblesses du personnage. Il était parfait dans Ghost, mais on cherche encore l’intérêt d’un acteur inexpressif dans une fiction où l’horreur et le rire devraient se côtoyer.

Car il est là au fond le principal problème. On suit les scènes sans s’impliquer, sans rire, sans frisonner. On aimerait tant que le show ose un peu plus de délire, au lieu de nous donner des scènes à l’intérêt discutable. Un peu d’enthousiasme, svp !

masters sun ghost

Cette platitude se ressent aussi sur les effet spéciaux. Tantôt affublés de masque, tantôt à visage découvert, tantôt effrayants, tantôt pleurnicheurs nos fantômes ont beau être bien réalisés, ils laissent indifférents… On oscille entre un ton légèrement comique et dramatique sans jamais vraiment guider le téléspectateur. Ça manque de liant. Sans être abrupte, la fiction ne prépare pas le téléspectateur émotionnellement. On a du mal à rentrer dans les séquences, surtout au premier épisode. Le second épisode les prolonge, fort heureusement, permettant ainsi de mieux rentrer dans cette atmosphère aux contours encore bien flous.

La bande son m’a semblé elle aussi plutôt en retrait, bien qu’exploitant les gimmicks habituels des films d’horreur. Les scènes manquent de punch.

Et pour une fois, j’en viens presque à regretter l’overdose de symbolique des soeurs Hong, qui avait au moins le mérite de donner de la forme lorsque le fond manquait. Master’s Sun n’a ni l’un ni l’autre pour le moment.

masters sun abduction

Pourtant, tout n’est pas si catastrophique. Il y a même de bonnes raisons pour se réjouir. L’univers du drama est bien complet, tant au niveau des liens – cachés ou non – entre les personnages que dans leurs motivations. Deux mystères retiennent principalement l’attention : que veut donc le jeune employé de la sécurité, et pour qui travaille-t-il ? Et bien sûr toute la question de l’enlèvement traumatique de notre héros, que ce soit la désignation des coupables ou la raison pour laquelle le fantôme de son ex rode autour de lui. Enfin, il subsiste encore un mystère de taille – pourquoi notre héros peut faire disparaître les fantômes dès que notre héroïne la touche ? C’est probablement dans le développement de cette histoire que nos scénaristes peuvent redresser la barre.

Le classicisme de ses intrigues et la faiblesse de ses personnages ne convaincront pas tout le monde, mais si le show ronronne un peu, soyons honnêtes, il développe plutôt habilement ses révélations, à défaut de surprendre les plus aguerris.

A la fin des deux épisodes, si le show avait été plus rythmé, communicatif, enthousiaste, sans forcément verser dans des délires, je lui aurai donné sa chance. Mais au moment de me poser la seule question qui vaille (ai-je envie de revenir ?), la réponse était malheureusement trop évidente.  Je croise les doigts pour que le show s’améliore tant sur la forme (un peu plus de pétillant serait bien) que sur le fond (la mort est une thématique très riche). Je regarderai les commentaires, mais pour l’instant, je m’arrête là. A trop vouloir être raisonnables, les sœurs Hong dénaturent un drama qui avait du potentiel. Un de plus.

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8 réflexions sur “The Master’s Sun [Pilote – Corée]

  1. Oh c’est dommage que tu n’aies pas apprécié! Si tu me le permets, je te conseillerais tout de même d’au moins tenter les épisodes 3-4 qui, à mes yeux, sont une nette amélioration. Personnellement j’avais bien apprécié les deux premiers épisodes déjà, essentiellement pour les personnages principaux, mais j’en avais regretté la réalisation et les histoires ponctuelles de fantômes que je trouvais mal écrites et plates. Néanmoins par la suite les histoires de fantômes s’améliorent réellement, le drama se concentrent plus sur ses personnages principaux et même la réalisation s’arrange. Donc je te conseillerais de regarder les deux épisodes d’après pour voir. Et après si cela ne te parle pas, après tout, tant pis~ Contrairement à toi j’aime beaucoup l’héroïne que je ne trouve pas si passive que cela. Elle a vécu de façon à se faire oublier mais dès qu’elle se trouve So Ji Sub et a « un moyen de respirer », finalement elle est quelqu’un d’honnête et direct quant à ses sentiments. Et j’aime beaucoup So Ji Sub dans ce rôle. Ce n’est clairement pas un acteur généralement expressif mais j’aime le duo qu’il forme avec l’héroïne. Et j’ai de l’espoir pour les personnages secondaires ausis, les « rivaux ». Bref pour ma part, je suis ravie de ce drama et j’espère que les soeurs Hongs ne le mèneront pas dans le mur parce que pour le moment il a plutôt tendance à aller de mieux en mieux~
    Merci pour ton article Eclair^^

  2. Bonjour tu nous encourage pas a voir ce drama je vient de lire ton commentaire ,c’est vraie que SO JI SUB n’est pas expressif mais c’est un excellent acteur mais je vais me laisser tenter merci Mila pour ton commentaire ça nous fait deux critiques différente, et je suis curieuse de voir les sœurs Hong et l’acteur SO JI SUB qu’es ce ça donne !!!!!!!!!

  3. Je suis larguée côté doramas ces derniers temps, et lire ton article m’attriste un peu.
    Finalement, je me suis laissée prendre au jeu avec les dramas des sœurs Hong, et là ça douche un peu mon enthousiasme.

  4. Merci pour vos commentaires !
    Je pense que je vais suivre ton conseil Mila, et exceptionnellement voir les deux épisodes suivants, vu que tu me dis que ça s’améliore sur la plupart des points. Je reviendrai parler de mes impressions ici.
    @ Playprawn & Nephthys Je ne veux dégoûter personne du drama. comme je l’ai dit, il a ses points forts, mais au vu des thématiques, il y avait de quoi faire bien mieux et l’ensemble est vraiment plat pour moi. N’hésitez surtout pas à vous faire vos propres avis !

    • Du coup j’espère que la suite de Master’s Sun te convaincra un petit peu plus! Sinon j’aurai l’impression de t’avoir fait perdre ton temps… J’ai hâte de savoir ce que tu as pensé =)

      • J’ai finalement vu deux épisodes supplémentaires (jusqu’au 4è épisode donc), Le 3è épisode fait l’effort d’expliquer et de recadrer proprement ce qu’on avait déduit jusque là en matière de mythologie des fantômes et de ressenti de notre héroïne. Quel dommage d’avoir loupé cette entrée en matière et d’avoir rendu les choses brouillonnes.
        Merci Mila en tous cas de m’avoir conseillé de continuer, car oui ça s’améliore beaucoup par la suite et je suis content d’avoir vu ce que ça donnait.
        D’une part parce que les intrigues sur les fantômes deviennent un peu plus imprévisibles et explorent d’autres thématiques (policière, horrifique).
        D’autre part parce que le délire pointe le bout de son nez. Ça dure une à deux minutes au début du 4è épisode, les références à la pop-culture sont minimalistes, mais au moins le show tente quelque chose. Malheureusement, sur le reste, j’ai toujours du mal. Je n’accroche pas du tout au héros. Au moins dans The Greatest Love il avait une personnalité qui le rendait drôle. Quant à notre héroïne, si elle est moins nunuche, on s’aperçoit assez vite qu’elle va finir une bonne dizaine de fois dans les bras de son homme sauveur et moi qui ne suis pourtant pas militant féministe, je trouve la symbolique du toucher assez lourdingue.
        Au final, c’est mieux, mais l’ensemble manque encore d’intrigues. Je m’interroge vraiment sur l’utilité des ghost-stories. Car si on les enlève, il faut bien avouer qu’il n’y a plus grand chose à se mettre sous la dent. Bref, lLa fiction est un greatest love édulcoré, avec un héros encore plus glacial, moins d’imagination, et beaucoup moins d’humour.
        Je reprendrai peut-être par la suite.

      • Hey Eclair ~
        Bon je suis contente que, malgré que tu ne sois pas convaincu, tu aies eu l’impression que le drama s’améliorait. Au moins comme cela je n’ai pas le sentiment de t’avoir arnaqué ^-^
        Je pense de toute façon que ce drama tend à s’améliorer au fil des épisodes -du moins pour le moment…je crains un petit peu une retombée-.
        Tu vois, justement j’ai tendance à préférer ces personnages à ceux de The Greatest Love. Cha Seung Won avait fini par m’agacer dans ce dernier. Sa personnalité finissait par relever de la bouffonerie en quelque sorte?
        En vérité, je ne suis pas bien fan de TGL. Sur le moment j’avais apprécié mais plus j’y repense moins ce drama me parait bon donc ..
        Quant à l’héroïne de Master’s Sun il est vrai qu’elle se réfugie souvent vers So Ji Sub mais je n’y vois pas spécialement de message anti-féministe pour le coup. Contrairement à certains dramas où l’homme protège par sa masculinité ou son statut social, là So Ji Sub est plus envisagé comme une sorte de talisman presque. Donc pas vraiment en tant qu’homme? Je ne sais pas trop comment l’exprimer, je suis désolée. Mais en tous cas cela ne me dérange pas et j’aime assez les dialogues que cela entraine. Et puis je ne doute pas que notre héroïne aura du sauvetage à faire en ce qui concerne So Ji Sub. Car s’il est sa bouée de sauvetage, elle est également la sienne puisqu’elle seule possède la capacité de lui livrer les réponses dont l’abscence, pour le moment, le paralysent.
        En fait je crois juste que je trouve le marché équilibré, ils vont se sauver l’un l’autre~
        Bref.
        Merci d’avoir tenté jusqu’à l’épisode 4 ^_^ J’espère que tu trouveras plein d’autres chaussures plus à ton pied!

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