Bilan de mon année télé 2011

Je tiens encore à m’excuser pour le manque de mise à jour ces derniers temps, et je vous remercie pour votre fidélité, le fait est que j’ai un peu de mal à me remotiver pour la suite, ma vie personnelle étant ce qu’elle est. Je me suis aperçu, en plus, que je n’avais même pas fêté le deuxième anniversaire du blog début décembre (!).

Mais je tenais quand même à évoquer – rapidement – cette année télé.

Commençons si vous le voulez bien, par les dramas asiatiques. L’année dernière j’avais formulé le souhait d’en regarder davantage, étant de plus en plus frustré par l’actualité et par certaines reviews élogieuses. Autant le dire tout de suite, ce ne fut pas le cas. Une fois de plus, je n’ai pas pu abandonner certaines séries américaines en cours, et je n’ai donc pas pu libérer plus de place sur mon agenda.

Pour autant, j’ai trouvé cette année dramas en demi-teinte.

Du côté japonais, j’ai définitivement abandonné toute tentative de regarder une ou deux séries de saison. Curieusement, cette année 2011 je n’ai pas vu beaucoup de dramas japonais en entier. Je n’avais pourtant pas pour habitude d’abandonner des dramas aussi facilement, mais avec les problèmes techniques (la généralisation d’un format que je ne peux lire dans des conditions de visionnage confortables), et un investissement moindre pour les personnages, je n’ai pas eu de véritable coup de cœur cette année, Jin saison 2 exceptée. J’ai même du mal à terminer la deuxième saison d’Hotaru no Hikari, moi qui avait pourtant adoré la première. La réalité, c’est que j’aurai du réserver plus de place à la découverte, ou laisser plus de chance à une série pour s’installer (comme Love Shuffle). C’est toujours frustrant de se dire qu’on passe à côté de plein de choses par manque de temps, et il va vraiment falloir que je ré-équilibre tout ça.

Du côté coréen, là aussi, j’ai été surpris par mon manque d’investissement à moyen terme. Le problème, c’est que je n’ai même pas le temps de commencer un drama que les prochains me font encore plus saliver. (C’est fou comme je suis devenu accroc aux annonces de casting, aux teasers, aux posters). Et puis, à force de lire des reviews, vient le doute. Aurais-je du continuer The Musical, Flower Boy Ramyun Shop, 49 days, Dream High, My Princess… (Pour Flower boy je crois qu’il va falloir me forcer, vu les critiques dithyrambiques) ? Aurais-je du tenter de visionner des dramas plus « girly » comme I need romance ? C’est souvent une question de cible, et cette année j’ai trouvé moins de dramas capables de me toucher, en tant qu’homme. Entre les k-pop idols et les flower boys, j’ai eu du mal à m’y retrouver. Après un hiver passé à me réjouir de certaines scènes de Secret Garden, j’attendais avec impatience le retour des comédies romantiques, lesquelles se sont révélées sympathiques (Baby-faced beautyThe Greatest Love) mais ne réussissant jamais à réunir l’intégralité des ingrédients requis. L’exemple parfait étant Lie to me. Avec un tel casting, une telle alchimie, j’ai pu vivre de belles scènes, mais l’ensemble manquait de liant pendant les 90 % du temps. Je peux d’ailleurs pleurer amèrement sur le retour de comédiennes que j’aime beaucoup : Yoon Eun Hye bien que convaincante, n’a pas choisi le meilleur drama avec Lie to Me. Quant à Kang Hye Jung, que j’attendais tellement depuis Flowers for my life, elle n’a quasiment aucun rôle dans Miss Ripley. Reste à m’investir, peut-être, sur la reine Kim Sun Ah et Scent of a woman. Mais ce que j’ai pu en lire laisse à penser que le drama n’a pas su aller au bout de son concept.

Heureusement, il y eut le drama City Hunter, qui malgré son nombre affolants de faux cliffhangers, a su rester passionnant. Et puis d’autres productions se sont révélées de très bonnes surprises, comme White Christmas et son ambiance, mais aussi Killer K dont l’action survitaminée, la tension ont permis de contrebalancer un scénario en tous points risible. Et puis, j’ai pu rattraper quelques dramas comme  l’épique The Legend, le déjanté Coffee House, le mystérieux Harvest Villa voire même quelques KBS Drama Special. De quoi oublier mon temps perdu devant Manny. Allez, l’année prochaine, je vais essayer de m’investir davantage dans un genre auquel j’ai toujours été réticent (les dramas historiques), et tenter par exemple Princess Man…Mais au final, c’est plutôt l’approche du drama coréen en tant que tel qui m’a plu cette année (collaborer à Critictoo pour essayer de trouver une liste de séries pouvant donner envie aux curieux, faire des dossiers sur la culture coréenne dans les séries (le korea special event va reprendre ne vous inquiétez pas), m’amuser avec les produits dérivés ou essayer de saliver devant la liste de dramas à venir…)

Enfin, venons-en aux séries américaines. La fin de saison précédente a déjà fait l’objet d’un billet, et comme je n’ai pas fait de réel bilan de la rentrée mis à part un article regroupant les critiques des pilotes, voici donc mes impressions. La saison précédente j’ai du dire adieu à Life Unexpected, V, Traffic Light, Chicago Code, Better with you, et Men of a certain age. Quelles séries allaient pouvoir combler ce vide ? Contre toute attente, et malgré le niveau plutôt moyen de la rentrée, je me suis surpris à accrocher à de nouvelles séries.

Parmi elles, Once upon a time signe le retour du fantastique à la télévision, et malgré des effets spéciaux au budget limité, et un enfant casse-pied, le récit est suffisamment bien tricoté avec notamment des flashbacks intéressants pour à la fois nous faire réfléchir via quelques puzzles et pour nous émouvoir sans niaiserie (ce qui n’est pas facile vu le sujet du conte de fée). Le casting est impeccable, et vu mes réactions aux premiers rebondissements, je suis attaché aux personnages. Bref, en 7 épisodes, à part un épisode en deçà, j’ai vraiment été conquis.

Je n’ai pas eu le temps de faire un bilan de la première saison, passée à la vitesse de la lumière, mais déjà je peux dire que j’ai adoré Boss. La petite Starz jouait gros, mais a réussi à diffuser une petite pépite. Bien sûr tout le monde ne va vous parler que de Kelsey Grammer, que j’adore (on ne dira jamais assez à quel point Frasier était une sitcom exceptionnelle), mais ce qui m’a le plus impressionné, c’est le sens de la mise en scène. Ces détails qui cherchent à rendre grandiloquent la moindre prise de vue. Il y a là une approche qui permet à la fois une lecture réflexive et surtout, émotionnelle. Comment éprouver de la compassion pour un être abject mais malade, qui s’accroche désespérément à ce qui lui reste : le pouvoir, alors qu’il a tout perdu par sa faute. Il y aurait tant à dire sur l’irruption de la maladie, présente dans chaque processus de décision, mais niée autant que possible. Tant de choses à dire sur les nombreux rebondissements dans cette lutte de pouvoir, ces coups bas, cette distorsion de la réalité, cette chasse à l’homme médiatique et la corruption généralisée. La série de cette fin d’année, assurément. (La première partie étant réservée à Game of Thrones).

Je nuance mon appréciation sur Homeland, qui fait déjà les gros titres un peu partout. Si la série a d’indéniables qualités : d’excellents interprètes, du suspense, un joli puzzle à déchiffrer, certains rebondissements m’ont fait tiquer. Un peu comme 24, la série n’arrive pas à prolonger son thriller sans décrédibiliser l’intelligence des personnages et certaines facilités. De fait, beaucoup d’évènements sont prévisibles et, il faut bien le dire, rageants. Mais je n’ai pas boudé mon plaisir, ça faisait longtemps qu’on avait pas eu une série aussi passionnante.

Hormis ce trio de tête, deux autres séries dramatiques ont su m’accrocher : Pan Am et Ringer. Deux séries dont l’ambition démesurée se frotte aux dures réalités : la reconstitution politique pour l’une, le puzzle d’un thriller pour l’autre. Au final, on se retrouve avec deux séries superficielles, au charme limité.Une amère déception surtout pour Pan Am, qui à défaut, aurait pu être davantage passionnante si au moins les histoires de cœur n’étaient pas aussi ridicules.

Et puis il y a les séries dont on se lasse très vite. L’année dernière ce fut Hawaï 5-0, qui n’arrivait pas à donner un background intéressant à ses personnages. Cette année, c’est notamment le cas de Person of Interest. Oui,c’est un formula show, mais le concept aurait pu donner d’intéressants rebondissements. Une fois les personnages dessinés de manière minimaliste, il ne reste plus qu’à bailler. Si quelques épisodes se sont révélés plaisants, on tourne vite en rond. Autre show policier abandonné, Prime Suspect. La prestation de Maria Bello n’est pas en cause, mais l’évolution de la série laisse pantois. Sur un concept on ne peut plus basique, voilà que les scénaristes ont choisi d’affadir le personnage principal et ses relations difficiles dans un univers policier macho. Et comme les enquêtes policières n’en sont pas (aucun raisonnement, aucune astuce, juste la chance ou le hasard pour découvrir le coupable), j’ai jeté l’éponge.

Je passe volontairement sur les séries qui m’ont fait fuir, comme Terra Nova. Reportez-vous au billet concernant les pilotes si besoin.

Heureusement, cette rentrée est aussi le retour des séries comiques. Après avoir échappé à l’horripilante New Girl, à la soporifique Whitney ou aux improbables mâles en perte de repères (Last Man Standing, Man Up, How to be a gentleman), j’ai trouvé deux jolis couples : le premier, fauché, qui baigne dans les blagues sexuelles et les réparties agressives (2 Broke Girls), le deuxième, entre un père et une fille qui essayent de s’accommoder à leur nouvelle vie déjantée dans les suburbs (Suburgatory). Malgré tout, les épisodes sont assez inconstants, mais j’espère toujours une amélioration.

Et heureusement que les nouveautés sont là, car au niveau des reprises, c’est la catastrophe. Dexter (saison 6) réussit l’exploit de détruire à peu près tout ce qui restait de la série (la relation « familiale ») tout en sombrant dans la mise en scène ridicule. The Walking Dead (saison 2) m’a fait autant d’effet qu’une boîte de somnifères excepté la jolie scène finale. House (saison 8) n’a pas su rebondir après sa calamiteuse fin de saison dernière, proposant des épisodes sans aucune perspective intéressantes pour les personnages malgré un cast plaisant et des cas médicaux guère passionnants. How i met your mother (saison 7) n’a réussi à retrouver l’humour que le temps d’un épisode, juste avant de tout détruire à nouveau. Modern Family (saison 3) n’arrive pas à faire évoluer ses personnages, et ses gags sont archi-prévisibles. Grey’s Anatomy (saison 8) a certes donné de meilleurs épisodes que la saison passée avec un peu plus d’humour, mais on est encore loin du niveau acceptable pour me faire à nouveau apprécier les personnages.

Quelques séries réussissent peu à peu à se sortir de leur bourbier : The Good Wife (saison 3), d’abord (qui a développé une relation auquel je n’accroche pas au lieu de montrer un fil rouge et des enjeux intéressants), et The Mentalist (saison 4) qui après l’énorme gifle du season premiere a donné quelques épisodes plus sympathiques pour se faire pardonner. Enfin, le retour de Chuck (saison 5) fut très décevant, avec un manque flagrant d’imagination et d’intrigues efficaces. Les derniers épisodes ont heureusement su redresser la barre : il fallait retourner à la spécificité de la série.

Alors que reste-t-il comme moments forts dans cette semaine ? Nikita (saison 2) tout d’abord, qui a su densifier son univers sans perdre en cohérence ni en enjeux. Parenthood (saison 3), ensuite, malgré quelques maladresses de personnages et une émotion en dessous de la saison passée. Enfin, pour les séries comiques : deux constantes : The Big Bang Theory (saison 5), qui a développé avec délice le personnage d’Amy, et Raising Hope (saison 2) qui fait toujours preuve de créativité.

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[30 days drama challenge] days 13/14 : « Je t’aime » et baisers favoris

Voilà encore des questions réunies pour en garder l’intensité.

Les déclarations d’amour à la télévision font encore rêver des millions de téléspectatrices (et j’ose espérer, téléspectateurs romantiques comme moi). On peut aimer une télévision plus adulte ou cynique et en même temps apprécier de jolies envolées passionnées. En tout cas je suis prêt à militer pour cette diversité.

Donc voilà des scènes qui m’ont fait chavirer le cœur, m’ont ému ou m’ont transporté de joie. Le bonheur devant le petit écran, c’est possible.

J’ai regroupé cette thématique avec la question des baisers favoris, parce qu’il me semblait évident que l’un va fréquemment avec l’autre et que je voulais éviter toute redondance. Enfin, je me voyais mal faire un article centré sur les baisers passionnés sans me faire taper sur les doigts par mon épouse parce qu’ils y vont un peu trop goulument, dira-t-on. Vous l’aurez compris, on va essayer de rester romantique. Un peu de tenue, messieurs !

Attention spoilers dans tout l’article, évidemment. D’aussi belles scènes doivent être découvertes par vous-mêmes !

Coffee Prince est inégalable sur ces plans là. Il y a quelque chose de viscéral dans ces scènes, on sent tout le poids des sentiments, et c’est magnifiquement bien joué.

Une scène -clé contient un baiser (joliment rendu par Yoon Eun Hye) et une magnifique déclaration d’amour : « Just once. I’ll say this just once so listen up. I like you. Whether you’re a man … or an alien. I don’t care anymore. I tried getting ried of my feelings but i couldn’t. So let’s go, as far as we can go. Let’s give it a try. »

Autre scène qui cette fois-ci allie humour et émotion : quand Choi Han Kyul (Gong Yoo) la « force » à avouer ses sentiments, lui demandant si elle n’aimait que lui.

Tell me the truth, you like me and Han Sung hyung both, right ?

No, really, it’s not like i can take out my heart and show it to you. Han Sung ahjussi is just a nice ahjussi and you…i don’t know why but… (A l’autre bout du fil, entendant ça il exulte silencieusement…) i like you.

Il la taquine : I still can’t get over it.

I did wrong i’m sorry but…

Il ment : – After falling asleep, i just get up and get angry all of a sudden.

Elle craque : I love you.

Il est obligé de s’asseoir dans le canapé, estomaqué. Elle continue : I love you. I love you. I really love you. I love you.

Il répond en jouant la comédie : Hey. Tell the truth. You’re a player, right ? I say i ‘m still mad and you say you love me. Where did you learn to change your subject ? I didn’t know you were like that. You jerk, why did you give me such a hard time, huh ? When we could have said « i love you to each other » and dated as much as we wanted ? Bad Go Eun Chan. you jerk. And take note of this… I love you more. How dare you… Bye.

Lui sourit béatement sur son canapé. Elle saute de joie : He loves me ! He loves me ! He loves me !

Et puis, je ne pouvais pas passer sous silence la scène où les deux tourtereaux décident de franchir le cap. Elle, en mettant les pieds chez lui, alors qu’il l’avertit qu’à cette heure-ci il ne la laissera plus partir. Il la soulève, la plaque contre la porte, l’embrasse passionnément et ça se finit sur le lit, avec la lumière qui s’éteint. Une scène courte mais osée pour un drama coréen !

Autres jolies scènes de baisers, marquantes : celles de Coffee House, que ce soient lorsque Park Si Yeon se jette sur Kang Ji Hwan qui avait trouvé refuge dans une cabine téléphonique, ou lorsque celui-ci lui rend la pareille en allant l’embrasser fougueusement sur le quai d’une gare. Et puis, même si ce n’était pas un baiser mais une mise en scène, lorsque Kang Ji Hwan plaque sa partenaire sur la table, en lui tenant la jambe, ce fut … très chaud !

Mais question intensité, celle de Lie to Me n’a rien à envier à ces ténors, au contraire. Yoon Eun Hye et Kang Ji Hwan (aka best korean kissers) mettent de la passion dans le geste, et ça se ressent à l’écran. Les deux se chamaillent en s’aspergeant mutuellement de cola, et pour finir il la prend contre lui en lui serrant les mains dans le dos pour éviter qu’elle ne puisse l’asperger. Mais ce geste a des conséquences et ils finissent par s’embrasser mutuellement (c’est devenu le fameux « cola kiss »). A noter, que comme dans Coffee Prince, Yoon Eun Hye reprend l’initiative pour embrasser son partenaire une seconde fois.

Évidemment, trouver des baisers aussi forts, (voir des baisers tout court) à la télévision japonaise, c’est beaucoup plus difficile. Rares sont les « baisers », il n’y a très souvent que des plaquages de lèvres. Un exemple ? Le baiser pur et innocent entre le héros de Densha Otoko et Hermes, peut-être ? Lorsqu’il feint ne rien voir parce qu’il n’a plus ses lentilles de contact, Hermès se rapproche de lui au plus près, et lui demande : « c’est à toi maintenant« . Il l’embrasse alors doucement sur la joue. Elle lui dit : « pas là, ici« , en mettant son doigt sur sa bouche. Et il finit par plaquer lentement ses lèvres contre les siennes. En voix off, il raconte : « Ne serait-ce que quelques secondes ? Je ne pensais pas qu’une chose aussi douce puisse exister en ce monde« .

En matière de déclaration d’amour, là aussi, la tâche est ardue. J’en ai choisi une originale, pour un couple : Minami/Sena (Long Vacation). Originale, parce que ces deux là ne se disent pas je t’aime au moment crucial, mais se crient sans cesse leur prénoms « Minami ! » « Sena! » en se regardant et regardant le monde. Dans leurs regards, tout est dit. Sena lui demande ensuite de la suivre, sinon il sera obligé de l’embrasser. Elle le regarde, fait mine de zipper sa bouche, et ils s’embrassent… passionnément et à plusieurs reprises (yes !). (Oui j’ai opté pour cette scène de baiser plutôt que leur premier échange).

Enfin, pour terminer ce double défi, il me reste à choisir du côté américain.

Pour le coup, je vais opter pour une scène dramatique, qui je pense a du bouleverser beaucoup d’adolescents à l’époque, moi y compris : la fameuse scène de la fin de seconde saison de Buffy (Acathla), où celle-ci se retrouve brusquement en face d’Angel (Angelus ayant disparu), mais il est trop tard. Pour sauver le monde, elle doit le tuer. Elle luit dit de ne pas avoir peur alors que celui-ci reprend ses esprits. Ils s’embrassent en se disant « Je t’aime« , et Buffy prend son arme et… AAAH. N’en jetez plus, avec Sarah Mc Lachlan en fond sonore quand elle prend le bus après ça. C’est trop triste. Même maintenant, en revisionnant la scène, je trouve qu’elle a encore une belle intensité.

[30 days drama challenge] Day 6 : Chanson favorite tirée d’un OST

Voilà typiquement le genre de défi impossible à relever pour moi, car j’attache une très grande importance aux OST de série. Comme beaucoup de passionnés de série, je suppose, je considère que la musique est essentielle pour « rentrer » dans une fiction. Et la plupart des grands moments télévisuels sont magnifiés par la mélodie adéquate.

J’avais déjà longuement parlé des OST de séries coréennes en particulier, mais j’avais mis l’accent sur les orchestrations. Ne vous étonnez pas de trouver beaucoup de chansons douces, c’est pour pallier à la déferlante de rythmes k-pop qui petit à petit commence à rentrer dans la pièce, au grand dam de mon épouse.

Corée : Comment choisir parmi toutes ces excellentes chansons ? The Fog de Boo Hwal (Someday), what if we la chanson phare d’Alone in love, The Stuff de Lasse Lindh (Soulmate), l’OST de Coffee House ou dernièrement la chanson don’t forget me de l’ost de The Greatest Love. Je vais opter pour quelque chose de léger, qui donne la pêche : LaLaLa It’s Love de The Melody (Coffee Prince), ou Polly de The Melody. Non, finalement ça sera … Go Go Chan . Il faut dire que l’OST de Coffee Prince est exceptionnelle. (J’en profite pour ajouter une MV sooo lovely ^^ – Attention spoiler !). Si avec ça vous avez toujours pas compris que Coffee Prince est LE drama coréen idéal pour sourire bêtement à la vie….

Japon : Là aussi, la liste est longue, l’ending de Nobuta wo produce, Voyage de Ayumi Hamasaki qui sert aussi de générique de fin de My Little Chef, Wanderin’ Destiny de Globe dans Aoi Tori, Twilight d’Electric Light Orchestra dans Densha Otoko ou l’ending de My boss my hero par Sorafune, mais il y a une chanson qui a tourné en boucle pendant plusieurs mois : Prisoner of Love de la talentueuse Utada Hikaru pour le drama Last Friends.

USA : Récemment j’ai eu un coup de foudre pour le générique de Chicago Code chanté spécialement pour l’occasion par Billy Corgan. Et puis il y a certaines chansons qui restent associées à des séries, comme Teddybears feat. Cobra : Cobrastyle (pour Chuck), voire même le fameux Here with me de Dido pour Roswell. Qui pourrait oublier également les chansons interprétées par Vonda Shepard dans Ally Mc Beal : I only want to be with you, the end of the world, walk away Renee, et évidemment les danses sur Barry White  (qui inspirent encore aujourd’hui) ou le générique ? Comment ne pas penser à ces petits frissons de bonheur en écoutant Where you lead de Carole King pour Gilmore Girls ? Oui, la nostalgie passe à plein régime dès que vous écoutez les génériques de Veronica Mars (We used to be friends des Dandy Warhols), De Friends (évidemment). Comment ne pas résister au clap clap, ou au C’mon, C’mon du générique de Rescue Me ? Moi je chante sur le générique de Wonderfalls (merci Andy Partridge), where everybody knows your name (Cheers), le haha inimitable du générique jazzy Tossed salad and scrambled eggs de Frasier… Ok, là on s’éloigne déjà plus du concept de chanson. Dur dur de départager tous ces excellents titres. Alors je vais désigner une chanson de circonstance : Forever Young, de Bob Dylan dans Parenthood. (La musique vidéo officielle n’est pas interprétée par Bob Dylan)

Le pire, c’est que je suis sûr qu’après avoir rédigé cet article, je vais penser à plein d’autres chansons…

Coffee House

Coffee House – à ne pas confondre avec Coffee Prince – est une comédie romantique qui a su trouver son ton pour parvenir à me séduire. Ce n’était pas gagné. Avec un titre pareil, mon premier réflexe était de penser à un commerce de café. Quelle ne fut pas ma surprise quand j’ai finalement compris que le café allait être un alibi pour parler… écriture.

Car l’histoire qui nous est contée est celle de Lee Jin Soo (Kang Ji Hwan, Hong Gil Dong), un écrivain talentueux et célèbre, qui tourne en bourrique sa patronne éditrice, une vieille amie Seo Eun Young (Park Si Yeon, Story of a man) avec qui il partage un passé douloureux. Vous cherchez un lien avec le café ? En voici plusieurs : Seo Eun Young est également directrice d’une enseigne de café. Tandis que l’avant-dernière protagoniste de l’histoire, la jeune Kang Seun Yeong (Ham Eun Jung du groupe T-ARA, Dream High) tient également un petit café familial. Elle se retrouve engagée comme secrétaire au service de Lee Jin Soo, et ses tâches seront particulièrement déroutantes.

En effet, Lee Jin Soo a ce petit grain de folie qui lui permet toutes les audaces, comme de demander à sa nouvelle et ingénue secrétaire de le divertir d’être sa victime. La pauvre va ainsi vite comprendre que les tâches qu’on lui ordonne n’ont pas beaucoup de sens, ou alors servent sa maniaquerie : résumer une encyclopédie sur les fossiles en anglais, attraper un chat sauvage, rentrer dans une valise et essayer de téléphoner, sauter contre un mur avec les chaussures trempées de peinture, et j’en passe. La vie n’est pas de tout repos. D’autant que son boulot est répétitif et ne sert à rien : tailler des crayons, servir du café, à quoi bon ? De toute façon, son café n’est jamais à la hauteur de ses exigences, et le crayon n’est jamais taillé comme il faut non plus. Décourageant, non ?

Si l’effet comique est voulu, j’avoue avoir eu un peu de mal à me faire à ce personnage bizarre, qui détonne par rapport à la moyenne de des dramas coréens. Car sous ses airs gentils, et son sourire particulier (qui plait sans doute davantage à la gente féminine), se cache un être assez dur, qui ne ménage pas son entourage. La secrétaire est souvent rabrouée, ce qui fait que l’écrivain m’a un peu porté sur les nerfs pendant les 5 premiers épisodes. Il est vrai qu’en contre partie la secrétaire au bon cœur apparait particulièrement stupide et un rien masochiste.

C’était oublier que la force des dramas coréens réside dans l’évolution des personnages. Au lieu de masochiste, la secrétaire est en fait quelqu’un qui persévère et qui se donne à fond pour satisfaire les exigences de son patron ou de son entourage. Quant à l’écrivain, son petit grain de folie cache non seulement un besoin d’être isolé, mais aussi une profonde blessure. S’il est brillant, il joue avant tout un personnage, et aime manipuler son monde.

Et l’amour dans tout ça ? La série, en plus d’avoir un personnage pour le moins atypique, se permet de faire évoluer deux histoires d’amour autour de l’écrivain, en parallèle. Rassurez-vous, le téléspectateur comprend très vite quel est le couple phare de la série. Mais cette idée a ses avantages : celle de fédérer deux types de public, à l’image des deux personnages féminins principaux. L’un plus conventionnel, et plus adolescent peut-être, et l’autre plus mature, où les personnages décortiquent leur relation et posent sans trop de détour les bonnes questions (ce qui est plutôt agréable !).

Autant dire qu’une fois les personnages acceptés, le show décolle. De très jolis moments d’émotion y côtoient des scènes comiques et farfelues. On rit beaucoup, souvent, et sans se forcer, grâce  à l’énorme sympathie dégagée par ces personnages.

Mieux encore, la série va intégrer un 4ème personnage, et au lieu d’en faire un ennemi juré, où sa méchanceté et sa bêtise pourraient le rendre pénible, elle en fait un élément comique de second plan, et au final lui aussi plutôt sympathique. Il n’est d’ailleurs pas évident de tourner en dérision l’extrême romantisme de ce personnage tout en construisant à côté une autre romance. 

Quelques très belles scènes parsèment la série. Oubliez les baisers accidentels, laissez la place à la passion. Si elles n’ont pas la fulgurance ou l’intensité d’un certain épisode de Coffee Prince, elles ont tout de même ce petit plus qui la distinguent du drama coréen moyen.

Malheureusement, comme dans beaucoup de dramas, le show a un peu plus de mal à tenir sur la longueur. Alors que je saluais l’audace concernant le couple-phare, j’ai été déçu par les tergiversations finales. A croire que les scénaristes ne savaient pas comment dénouer les fils de l’intrigue sans repasser par les habituels clichés. Et que dire de l’épisode final, qui tombe vraiment à plat, et conclut de façon très maladroite les différents arcs (secondaires comme principaux). Une panne d’idées, au dernier épisode, vraiment ?

Si la série n’a pas su tenir ses promesses, elle a en revanche assuré au niveau des performances de ses acteurs. Tout le monde citera Kang Ji Hwan, bien sûr, qui a su trouver l’équilibre entre la folie , l’humanité, la passion, la gentillesse et la moquerie. Difficile d’envisager quelqu’un d’autre.  Pour ma part je saluerai surtout Park Si Yeon, une actrice qui n’a fait que monter dans mon estime au fur et à mesure de ses participations dans des dramas aussi variés que My Girl, Story of a man, ou le drama special Red Candy. Avec Coffee House, elle a ainsi pu prouver qu’elle n’était pas condamnée aux rôles de méchantes ou d’arrivistes sang-cœur et qu’elle était également douée pour des rôles plus légers ou comiques. Enfin, si au départ j’étais sceptique devant le jeu simpliste et caricatural d’Ham Eun Young, sa fraicheur et sa candeur ont su progressivement me désarmer. Si au début de la série, elle en faisait trop dans le registre comique, à la fin elle a réussi à être particulièrement émouvante.

Au final, Coffee House reste un drama tout à fait recommandable malgré sa fin bâclée. Le parti-pris est suffisamment original pour qu’on lui pardonne ses erreurs. Beaucoup de bonne humeur, une bonne dose d’émotions, une OST agréable, contrat rempli !