Incarnation of Money [Pilote – Corée]

incarnation of money

L’un des grands succès de l’an passé fut History of a Salaryman, qui racontait – avec un sens de la dérision ravageur – l’ascension d’un homme d’apparence ordinaire au sein d’une grande entreprise sud-coréenne. Quel plaisir de retrouver une bonne partie de l’équipe pour Incarnation of Money ! Mais ne nous y trompons pas, si les thématiques sont ressemblantes, le propos est ce coup-ci entièrement dramatique. Finies les loufoqueries, place au tragique et à la vengeance.

incarnation of money kang ji hwan

Dans le fond, il n’y a rien d’original dans le drama, vu qu’il récupère absolument tous les artifices scénaristiques des précédentes productions du pays. Ainsi, les deux premiers épisodes s’attachent à reconstituer le passé traumatique du héros, après avoir montré un bref instant ce qu’il est devenu … et ce dont il n’a pas conscience d’avoir perdu. On regrettera donc de ne voir Kang Ji Hwan que  quelques secondes à l’écran. Il y interprète un procureur qui découvre un magot sans propriétaires, sans savoir qu’il en est le légitime héritier. Comme souvent c’est le lot des productions coréennes de nous montrer la jeunesse de nos protagonistes afin de vraiment avoir envie de les soutenir jusqu’à ce qu’ils retrouvent la place qui leur ait due.

incarnation of money drama

Et ma foi, c’est plutôt efficace. L’intrigue est limpide, certes prévisible, mais attachante malgré toutes les ficelles. Ainsi notre héros, gamin, est l’héritier d’une famille de chaebol, et il ne comprendra que trop tard toute la machination diabolique dont il est victime. Car vivre dans l’opulence est loin d’être un signe de bonheur. Son père trompe allègrement sa femme avec une artiste, laquelle, profitant de ses largesses, n’hésite pas à avoir un autre amant. Cet amant est en réalité un homme qu’il a élevé comme son propre fils, et dont les motivations ne sont pas sans arrières-pensées.

drama incarnation of money

Tout a un lien autour de l’argent dans la série, qui n’hésite pas à nous marteler son message : tous les problèmes du monde peuvent se régler avec de l’argent, ce n’est qu’une question de prix. Et quand on croit que tout peut s’acheter, à quoi bon avoir une conscience ? A quoi bon travailler / étudier quand on est riche ? Notre héros était destiné à donner des ordres à ceux qui auront fait des études pour s’en sortir. Le propos est cynique, et on ne peut s’empêcher de penser que ce monde l’est devenu aussi.

incanration of money trial

Tout concourt à nous le démontrer. Ce qui démarre comme un acte de jalousie puis de trahison prend une ampleur de plus en plus considérable. Le père de notre héros meurt après avoir voulu tuer sa maîtresse et son amant, trahi par ses proches. La mère tombe dans un piège et est condamnée à la place des conspirateurs. Et notre héros, qui a tout perdu à cause d’un testament truqué, cherche à rétablir la vérité en demandant de l’aide autour de lui. Mais tous ceux qui sont susceptibles de l’aider vont le trahir un à un : avocat, journaliste, procureur… rappelez-vous le propos de la série : Tout s’achète, tout a un prix…

incarnation of money accident

Et c’est en voulant échapper à une énième tentative de meurtre que notre héros se fait renverser par une voiture, ce qui devrait lui faire perdre sa mémoire… Recueilli par une autre famille, comment va-t-il devenir ce procureur des années plus tard ? Va-t-il réussir à se venger ?

La première chose qui vient à l’esprit en regardant les deux premiers épisodes, c’est que l’auteur de Giant et History of a salaryman est décidément fidèle à ses acteurs, au point de les replacer dans le même genre de rôle. Ainsi on reconnaîtra Yong Yong Hyun ou Lee Ki Young… C’est sympathique, évidemment, mais avec des thématiques aussi proches de la fin d’History of a salaryman, on a un peu l’impression de se retrouver en terrain connu, trop connu.

incarnation of money oh yoon ah

Heureusement, si le show appuie sur son propos, il n’est pas manichéen, mais simplement désenchanté. La nuance est appréciable. Ainsi, on sent qu’il y a de la place pour les remords, en ce qui concerne au moins deux personnages. Oh Yoon Ah a déjà eu un peu plus de marge dans ses rôles de peste (Someday), mais elle devrait prendre moins d’importance dans l’avenir. En effet, la question principale est celle de la romance (pour l’instant complètement absente). Il nous reste encore à découvrir les rôles féminins, avec Hwang Jung Eum (Full House Take 2) et Choi Yeo Jin (I need Romance)….

Avec ses thématiques et ses acteurs recyclés, et une mise en scène conventionnelle, la tentation est forte de ne pas donner suite. Mais le récit est maîtrisé : fluide, sans temps morts, prenant, ne tombant pas dans le pathos malgré toutes les difficultés que rencontre le jeune garçon. Ça vaut peut-être le coup de voir ce que cela peut donner… car il reste encore deux arguments  : la présence de Kang Ji Hwan au générique (après ses déboires), et la confiance que l’on peut avoir envers les créateurs de la série (Jang Young Chul au script et Yoo In Sik à la réalisation).

J’aurai préféré avoir un coup de cœur, cela dit…

feu_clignotant1

Lie to me

Que de péripéties pour en arriver là ! Rappelons-le, suite à la mort de Park Yong Ha (Story of a man), le drama Comrades dans lequel devait participer Yoon Eun Hye (Coffee Prince) est mis en suspens. Celle-ci veut rester fidèle à ses engagements et attend un nouveau casting… qui ne viendra pas, personne ne se sentant à la hauteur. Au bout de très longs mois, l’actrice se rend à l’évidence, il lui faut trouver un nouveau projet. Ce sera Lie to me. Entre-temps Kang Ji Hwan (Coffee House) pressenti pour d’autres rôles finit par accepter de rejoindre ce même drama. Le buzz médiatique est lancé, avec la réunion de deux des plus grandes stars coréennes. On s’enflamme très vite, on prédit de jolies scènes de baisers… et on croise les doigts pour que le scénario soit à la hauteur de ses acteurs.

Le résultat ? Il ne va pas plaire à tout le monde. Alors que dans le même temps sortent d’autres comédies romantiques réussies, la lutte est serrée, et le pitch de départ ne donne pas beaucoup de potentiel. Rappelons-le, c’est l’histoire d’une fonctionnaire qui prétend être mariée à l’héritier d’un chaebol, parce qu’elle veut… rabattre le caquet à sa copine. Ni gourde ni méchante, Gong ah Jung est juste terriblement humaine, et ne voit pas les conséquences de ses actes. De ce mensonge va naître une série de complications qui va très vite rapprocher les deux personnages principaux. En effet, comme la série est diffusée sitôt l’épisode tourné, des ajustements rapides de scripts sont possibles. Alors que les autres dramas prennent leur temps pour créer leurs couples vedettes, Lie to me va enclencher la seconde vitesse, au risque de perdre en cohérence et en développement des personnages : ces deux acteurs là ont une telle alchimie à l’écran, il va falloir s’en servir pour couper l’herbe sous le pied des concurrents.

C’est là que le drama perd beaucoup de spectateurs. Un baiser, oui pourquoi pas, mais les personnages principaux n’ont pas vraiment eu le temps d’être développés. Et ça s’est ressenti, notamment pour le personnage de Kang Ji Hwan, Hyun Ki Joon, qui semble bien trop rigide pour être attachant. Pourtant, après avoir vu l’intégralité du drama, je persiste : précipiter les choses, c’était le bon choix. Le postulat de base courait le risque de tomber dans l’archi-classique avec le carré amoureux, les parents opposés, la méchante de service, le mensonge, le contrat,… Ce n’est pas un mal en soi (et je m’en serai contenté à vrai-dire puisque rien n’est vraiment déplaisant, avec un ton très équilibré). Mais on était en droit d’attendre mieux. Malheureusement le drama n’en finissait pas d’allonger sa liste de personnages, avec une chanteuse, un cuistot, une secrétaire, bref… tout un petit monde dont on ne percevait pas bien l’intérêt et qui n’avait pas beaucoup de capital sympathie. En restant sur son postulat de base, l’échec aurait été cuisant.

Le rapprochement entre Yoon Eun Hye et Kang Ji Hwan n’a pas seulement pour but de plaire aux fans, il recentre surtout l’intrigue qui partait dans tous les sens. Malheureusement les dégâts sont faits, et il va bien falloir gérer tout ce petit monde, on ne peut pas le faire disparaître. Du coup, on s’ennuie un peu avec les personnages secondaires même si on arrive à les comprendre. Il y a effectivement des choses à dire, et le carré amoureux, par certains côtés, est touchant (le frère du héros qui tombe amoureux par deux fois de la prétendante de son frère, l’ex petite amie qui n’arrive pas à faire une croix sur son ex). Autre intrigue qui a failli m’irriter : l’amie de l’héroïne, imbue d’elle-même, coincée dans un mariage qui la rend malheureuse. Par moment méchante, elle a failli transformer le ton du drama en victimisant l’héroïne, et en la rendant un peu naïve (qui voudrait d’une amie comme elle ?). Mais en fait, ça a tout simplement permis d’humaniser le personne de Yoon Eun Hye : honnête, tentée par la vengeance, mais fidèle en amitié. Heureusement on ne tombe pas dans le tragique entre temps, car on est venu pour le couple principal, qui nous le rend bien malgré des débuts trop froids.

Et puis un nouveau producer-director arrive, aux deux tiers du drama, et tente de renflouer le bateau bien endommagé. Première étape : essayer de rendre cohérent les comportements passés par rapport au fameux mensonge. Car le mensonge, devait apporter une réflexion sur la réalité des sentiments de chacun, et il n’aura servi qu’à gérer des intrigues de cache-cache assez décevantes. Enfin, en quelques scènes, les explications tombent, et malgré quelques détails globalement, le nouveau scénario a su remettre les personnages sur leurs rails, en leur donnant des motivations plus crédibles. Ça fait énormément de bien à la série, même si cela fait beaucoup de justifications en un épisode. Deuxième étape : rendre le couple attachant. Pour cela, il suffit de laisser les acteurs exprimer leur jeu, leur naturel. A l’évidence, leur complicité saute aux yeux. Il faut juste leur donner du temps d’antenne, ne pas les montrer dans intrigues ridicules. Troisième étape : se débarrasser du superflu (le carré amoureux), développer le strict minimum concernant les personnages secondaires (hormis le père de Gong Ah Jung éminemment sympathique lors de ses affrontements avec son futur beau-fils), et redonner confiance en virant toute animosité à l’égard du couple (il n’y aura pas de méchant, ouf !).

Dès lors la magie opère, et malgré les obstacles dressés sur leur route (parfois un peu capillotractés), les personnages ne sont pas excessivement larmoyants (la tare d’un bon nombre de dramas). Mieux encore, quelques bonnes idées, simples mais réussies rendent le couple très romantique. Et le final est à l’image de ce romantisme classique. D’habitude je n’aime pas révéler les choses mais je vais en parler parce que ça démontre bien que le nouveau PD a tout compris. SPOILER Notre héroïne a toujours été honnête, sincère, mais elle n’a pas attendu son prince charmant. De son tout premier échec amoureux, elle a compris qu’elle ne devait pas attendre que son homme lui donne tout. Fière de son boulot, elle conçoit désormais le couple comme une complémentarité pas comme un but. Ce dernier obstacle scénaristique est en fait une jolie manière pour compléter un personnage tout ce qu’il y a de plus humain, avec ses faiblesses et ses qualités (rappelons quand même les motivations premières de ce fameux mensonge !). Et ce que j’ai adoré, c’est qu’on nous rappelle qu’il y a des forces supérieures qui nous guident : le destin. Sans cette notion, le romantisme n’a pas d’âme. Enfin, ce qui m’a fait plaisir, c’est de m’apercevoir que le pilote en parlait déjà, en mentionnant le mariage (cf la critique du pilote). La boucle est bouclée, chapeau bas pour avoir réussi à redonner un semblant de cohérence à tout ça. Même si je me serai passé de la voix off. FIN DU SPOILER.

Vous l’aurez compris, le drama vaut essentiellement le coup d’œil pour la prestation du couple. J’ai été charmé, ensorcelé par leur naturel, leur complicité, leurs regards. Kang Ji Hwan, toujours classe, a pu faire apparaître un côté plus jovial qui lui sied nettement plus. Quand à Yoon Eun Hye, elle est encore plus bluffante que d’habitude. J’étais déjà fan, mais elle a bien progressé : elle est arrivée à donner à son personnage une multitude de facettes, et « vit » ses scènes avec une simplicité désarmante. Ce fut un bonheur de les voir rire, pleurer, se chamailler… et s’embrasser bien sûr !

En effet, je n’oublie pas des scènes magiques (le cola kiss, entre autres). A contrario de Greatest Love, il n’y a nul besoin de symbolisme, mais juste besoin de cœurs qui se parlent. Et puis,on nous donne un aperçu de l’île de Jéju, (l’héroïne travaillant au ministère du tourisme et de la culture), et on ne peut rêver de plus joli cadre, même si la réalisation est moyenne.

Enfin, alors que j’étais très réservé en ce qui concerne l’OST du drama et son emploi, l’ajout d’une chanson – au bout de plusieurs épisodes – a fini par renverser la vapeur. Lovin Ice Cream, la mélodie simple, guillerette, légère, sans aucune signification mais que l’on ne peut s’empêcher de fredonner, comme l’était  salad song. Le drama va exploiter ce thème, y compris en version instrumentale, et ça va participer au changement de ton du drama, pour une romance légère et souriante.

Il est indéniable que le drama a été écrit au jour le jour à partir d’un pitch basique qui demandait une grande maîtrise dans l’emploi des intrigues et des motivations des personnages pour arriver à quelque chose de correct. De ce fait, pendant une grande moitié du drama, on se perd dans ces personnages mais j’ai réussi à m’accrocher grâce un coup de poker : le rapprochement anticipé du couple principal, tout simplement magique. Je fais donc partie des personnes qui ont pu oublier une grande partie des défauts de la série, parce que j’y ai trouvé ce que je cherchais : un couple magnifique au naturel. Ce n’était pas gagné, mais grâce à cela, à mes yeux, le drama n’a fait que s’améliorer. Il reste on ne peut plus classique, léger, et bourré de défauts, mais pour une fois l’alchimie du couple principal l’emporte sur le reste. Mais j’en suis conscient, c’est sans doute parce que je ne résiste pas au charme de leurs interprètes, Yoon Eun Hye en tête évidemment. (au fait, des rumeurs font état d’un prochain film chinois historique aux côtés de Chow Yun Fat, mais j’ai tendance à me méfier des fans).

[30 days drama challenge] days 13/14 : « Je t’aime » et baisers favoris

Voilà encore des questions réunies pour en garder l’intensité.

Les déclarations d’amour à la télévision font encore rêver des millions de téléspectatrices (et j’ose espérer, téléspectateurs romantiques comme moi). On peut aimer une télévision plus adulte ou cynique et en même temps apprécier de jolies envolées passionnées. En tout cas je suis prêt à militer pour cette diversité.

Donc voilà des scènes qui m’ont fait chavirer le cœur, m’ont ému ou m’ont transporté de joie. Le bonheur devant le petit écran, c’est possible.

J’ai regroupé cette thématique avec la question des baisers favoris, parce qu’il me semblait évident que l’un va fréquemment avec l’autre et que je voulais éviter toute redondance. Enfin, je me voyais mal faire un article centré sur les baisers passionnés sans me faire taper sur les doigts par mon épouse parce qu’ils y vont un peu trop goulument, dira-t-on. Vous l’aurez compris, on va essayer de rester romantique. Un peu de tenue, messieurs !

Attention spoilers dans tout l’article, évidemment. D’aussi belles scènes doivent être découvertes par vous-mêmes !

Coffee Prince est inégalable sur ces plans là. Il y a quelque chose de viscéral dans ces scènes, on sent tout le poids des sentiments, et c’est magnifiquement bien joué.

Une scène -clé contient un baiser (joliment rendu par Yoon Eun Hye) et une magnifique déclaration d’amour : « Just once. I’ll say this just once so listen up. I like you. Whether you’re a man … or an alien. I don’t care anymore. I tried getting ried of my feelings but i couldn’t. So let’s go, as far as we can go. Let’s give it a try. »

Autre scène qui cette fois-ci allie humour et émotion : quand Choi Han Kyul (Gong Yoo) la « force » à avouer ses sentiments, lui demandant si elle n’aimait que lui.

Tell me the truth, you like me and Han Sung hyung both, right ?

No, really, it’s not like i can take out my heart and show it to you. Han Sung ahjussi is just a nice ahjussi and you…i don’t know why but… (A l’autre bout du fil, entendant ça il exulte silencieusement…) i like you.

Il la taquine : I still can’t get over it.

I did wrong i’m sorry but…

Il ment : – After falling asleep, i just get up and get angry all of a sudden.

Elle craque : I love you.

Il est obligé de s’asseoir dans le canapé, estomaqué. Elle continue : I love you. I love you. I really love you. I love you.

Il répond en jouant la comédie : Hey. Tell the truth. You’re a player, right ? I say i ‘m still mad and you say you love me. Where did you learn to change your subject ? I didn’t know you were like that. You jerk, why did you give me such a hard time, huh ? When we could have said « i love you to each other » and dated as much as we wanted ? Bad Go Eun Chan. you jerk. And take note of this… I love you more. How dare you… Bye.

Lui sourit béatement sur son canapé. Elle saute de joie : He loves me ! He loves me ! He loves me !

Et puis, je ne pouvais pas passer sous silence la scène où les deux tourtereaux décident de franchir le cap. Elle, en mettant les pieds chez lui, alors qu’il l’avertit qu’à cette heure-ci il ne la laissera plus partir. Il la soulève, la plaque contre la porte, l’embrasse passionnément et ça se finit sur le lit, avec la lumière qui s’éteint. Une scène courte mais osée pour un drama coréen !

Autres jolies scènes de baisers, marquantes : celles de Coffee House, que ce soient lorsque Park Si Yeon se jette sur Kang Ji Hwan qui avait trouvé refuge dans une cabine téléphonique, ou lorsque celui-ci lui rend la pareille en allant l’embrasser fougueusement sur le quai d’une gare. Et puis, même si ce n’était pas un baiser mais une mise en scène, lorsque Kang Ji Hwan plaque sa partenaire sur la table, en lui tenant la jambe, ce fut … très chaud !

Mais question intensité, celle de Lie to Me n’a rien à envier à ces ténors, au contraire. Yoon Eun Hye et Kang Ji Hwan (aka best korean kissers) mettent de la passion dans le geste, et ça se ressent à l’écran. Les deux se chamaillent en s’aspergeant mutuellement de cola, et pour finir il la prend contre lui en lui serrant les mains dans le dos pour éviter qu’elle ne puisse l’asperger. Mais ce geste a des conséquences et ils finissent par s’embrasser mutuellement (c’est devenu le fameux « cola kiss »). A noter, que comme dans Coffee Prince, Yoon Eun Hye reprend l’initiative pour embrasser son partenaire une seconde fois.

Évidemment, trouver des baisers aussi forts, (voir des baisers tout court) à la télévision japonaise, c’est beaucoup plus difficile. Rares sont les « baisers », il n’y a très souvent que des plaquages de lèvres. Un exemple ? Le baiser pur et innocent entre le héros de Densha Otoko et Hermes, peut-être ? Lorsqu’il feint ne rien voir parce qu’il n’a plus ses lentilles de contact, Hermès se rapproche de lui au plus près, et lui demande : « c’est à toi maintenant« . Il l’embrasse alors doucement sur la joue. Elle lui dit : « pas là, ici« , en mettant son doigt sur sa bouche. Et il finit par plaquer lentement ses lèvres contre les siennes. En voix off, il raconte : « Ne serait-ce que quelques secondes ? Je ne pensais pas qu’une chose aussi douce puisse exister en ce monde« .

En matière de déclaration d’amour, là aussi, la tâche est ardue. J’en ai choisi une originale, pour un couple : Minami/Sena (Long Vacation). Originale, parce que ces deux là ne se disent pas je t’aime au moment crucial, mais se crient sans cesse leur prénoms « Minami ! » « Sena! » en se regardant et regardant le monde. Dans leurs regards, tout est dit. Sena lui demande ensuite de la suivre, sinon il sera obligé de l’embrasser. Elle le regarde, fait mine de zipper sa bouche, et ils s’embrassent… passionnément et à plusieurs reprises (yes !). (Oui j’ai opté pour cette scène de baiser plutôt que leur premier échange).

Enfin, pour terminer ce double défi, il me reste à choisir du côté américain.

Pour le coup, je vais opter pour une scène dramatique, qui je pense a du bouleverser beaucoup d’adolescents à l’époque, moi y compris : la fameuse scène de la fin de seconde saison de Buffy (Acathla), où celle-ci se retrouve brusquement en face d’Angel (Angelus ayant disparu), mais il est trop tard. Pour sauver le monde, elle doit le tuer. Elle luit dit de ne pas avoir peur alors que celui-ci reprend ses esprits. Ils s’embrassent en se disant « Je t’aime« , et Buffy prend son arme et… AAAH. N’en jetez plus, avec Sarah Mc Lachlan en fond sonore quand elle prend le bus après ça. C’est trop triste. Même maintenant, en revisionnant la scène, je trouve qu’elle a encore une belle intensité.

[Pilote – Corée] Lie to me

Le voilà donc ce drama tant attendu !

Avant de commencer cette critique, deux mises au point s’imposent. La première, c’est que le drama Lie to me n’a strictement rien à voir avec la série américaine éponyme. Ne cherchez donc pas une série policière, Lie to me est une comédie romantique tout ce qu’il y a de plus classique au pays du matin calme. Son ancien titre, Sweet scandal, était peut-être plus approprié.

La deuxième mise au point est en fait un avertissement. Je ne peux pas, non vraiment, je l’avoue, je ne peux pas être objectif quand je vois Yoon Eun Hye (Coffee Prince) sur le petit écran. Donc histoire d’éviter les superlatifs douteux et l’abus de compliments, permettez que je me lâche ici une bonne fois pour toutes. C’est tout simplement extraordinaire comme elle arrive à partir d’un scénario qui tient sur un mouchoir à faire passer autant d’émotion et de naturel. Et bon sang, ce qu’elle m’avait manqué ! Son regard, ses mimiques, son sourire, sa candeur. Voilà. Promis, j’éviterai d’en faire des tonnes pour la suite de ma critique. J’encourage mon lectorat féminin à faire de même pour Kang Ji Hwan (Coffee House), qui n’est pas en reste mais bon, hein, chacun ses goûts !

J’avais très peur d’être déçu car le buzz généré par le casting était tout simplement affolant. La présence de Yoon Eun Hye et Kang Ji Hwan a suscité beaucoup de questions.

La première concerne le charisme de chacun des interprètes. Les acteurs allaient-ils trouver un rôle taillé sur mesure, ou bien allaient-ils prendre un risque en jouant des personnages éloignés des rôles qui leur ont valu le succès (ce qui est arrivé à Yoon Eun Hye dans Take care of the young Lady/My Fair Lady)? Dès les premières minutes il est facile d’y répondre. Yoon Eun hye et Kang Ji Hwan sont immédiatement à l’aise dans leurs personnages. Yoon Eun Hye  joue Gong Ah Jung, une fonctionnaire de niveau 5 travaillant au ministère de la Culture, du Sport et du Tourisme. Si l’introduction de l’épisode laisse penser qu’on va avoir droit à une nouvelle gaffeuse à qui il arrive toute sortes d’aventures, on comprend plus tard que son véritable talon d’Achille est son manque de réflexion avant d’agir. Autrement dit, elle est impulsive, ce qui n’est pas sans lui causer beaucoup de problèmes. Mais au lieu d’être tête à claques, elle devient rapidement attachante. Elle a juste le bon dosage d’immaturité qui lui permet d’être à la fois crédible et naïve. Et comment ne pas être touché lorsqu’on comprend que sa meilleure amie lui a volé l’homme qu’elle convoitait depuis tellement longtemps ? Et tant pis pour cela on doit passer par le cliché habituel de la copine méchante et jalouse opposée à l’héroïne honnête et gentille. Quant à Kang Ji Hwan, son élégance et son autorité naturelle font merveille pour incarner ce fils de chaebol (conglomérats coréens richissimes). Ni colérique ni arrogant (ouf !), Hyun Ki Joon cherche à maitriser son environnement. On ne sait pas s’il a un TOC, mais il en présente les premiers symptômes : tout doit être parfaitement ordonné et ajusté dans le grand hôtel qu’il dirige. Et s’il inspire le respect (voire la crainte), il reste magnanime  et parfois même gentleman. Une personne a une chemise mal boutonnée ? Il la reboutonnera lui-même, voilà tout. En fait, on sent que son personnage a un lourd passé, et on apprend que son propre frère aurait empêché son mariage. Tout cela rend ce personnage éminemment sympathique.

C’est d’ailleurs une des premières choses que l’on remarque : la série nuance beaucoup ses personnages. Un problème ? Parfois, il suffit de s’expliquer, pas besoin de faire de très grandes incartades ou de très longues poursuites burlesques. Il y a un petit grain de folie, mais ce n’est pas exagéré. Ce qu’on perd au niveau de la fantaisie, on le gagne au niveau de la profondeur des personnages. Le rythme de la série est à ce propos dans le même état d’esprit. On prend son temps, on détaille, on laisse les scènes durer pour permettre aux acteurs d’exploiter leurs mimiques ou leur naturel.

La deuxième question qui tournait autour du casting était évidemment celle de l’alchimie. Soyez rassuré, le dieu du drama vous a entendu. Si entre les acteurs le jeu passe très bien (on ne pouvait rêver mieux questions échanges de regards et jeu naturel), du côté des personnages on a ce qu’il faut pour assurer au couple une certaine dynamique. Certes, le manque d’hygiène et le laisser-aller vestimentaire de Gong Ah Jung s’oppose à la maniaquerie de Hyun Ki Joon. Mais l’entente est possible sitôt passé le malentendu (ou le bras de fer), et on nous le montre dès le seconde épisode. D’ailleurs, on nous laisse entendre que Gong Ah Jung craque déjà un peu pour ce fils de chaebol.

Pour compléter le tableau, on voit déjà se profiler le triangle amoureux avec le frère de Hyun Ki Joon, Hyun Sang Hee, un playboy qui semble en pincer pour Gong Ah Jung. Rien qui ne sorte de l’ordinaire, encore une fois, mais les quelques scènes ensemble donnent une idée du potentiel.

La série tourne donc autour du mariage. Cette institution est vue sous différents angles avec en premier lieu la copine l’ennemie de Gong Ah Jung qui se sert de son mari ou l’accapare, et qui s’est visiblement mariée pour montrer qu’elle le pouvait. Autre point de vue, celui du fils de chaebol qui se voit obligée de se conformer aux attentes de sa mère, mais qui a déjà connu une expérience douloureuse en la matière. Enfin Gong Ah Jung qui préfère mentir sur son statut de célibataire afin de ne pas se sentir humiliée. Ainsi, du fait d’une pression sociale forte, elle en est arrivée à la conclusion qu’être marié, c’est avoir un statut social différent, qui prouve que l’on est désiré, que l’on vaut quelque chose.

C’est à partir de ce mensonge que l’histoire commence réellement. Gong Ah Jung, pour rabattre le caquet à sa « copine » prétend donc s’être mariée. Et comme, à la suite de circonstances particulières, on la voit en compagnie d’Hyun Ki Joon, les rumeurs vont bon train. Et il n’y a rien de plus difficile que de faire taire une rumeur… comme on le sait, plus c’est gros plus ça passe, et plus on crie au mensonge, plus on y croit !

Le petit détail qui m’a plu, c’est la réflexion faite par l’ami de Hyun Sang Hee qui donne un espoir au téléspectateur : peut-être que l’on va aussi parler de destin. Destin, mariage, autant de thèmes qui ne pouvaient pas mieux tomber pour ma part, et qui me feront toujours chavirer…

Au final, on pourrait s’arrêter sur ces deux épisodes en critiquant le manque d’originalité de cette comédie romantique. Et pourtant, il y a là un naturel, une simplicité qui pousse à adhérer au concept. C’est même plutôt bien équilibré au niveau du ton (drôle sans être loufoque, émouvant sans être larmoyant). La série prend son temps, laisse s’exprimer son sujet et s’épanouir ses acteurs. Et quels acteurs ! Leur complicité, leur jeu fait vraiment plaisir à voir, d’autant qu’on ne se retrouve pas avec des personnages nunuches ou détestables. Si seulement la mise en scène était un peu plus travaillée, ou si la bande sonore pouvait être adéquate à défaut d’être réussie ! A cause de cela, la série manque un peu de percutant. Mais je serai là pour la suite, je suis très enthousiaste !