The Mob Doctor [Pilote]

On savait que FOX allait difficilement remplacer House. Ça se confirme, The Mob Doctor n’atteindra jamais le prestige de ce dernier.

Pourtant à la vue du pitch, il y avait quand même de l’espoir. Un médecin qui mène une double vie en soignant les truands de la mafia, c’était un mélange excitant entre le cop show et le medical drama. J’y ai même cru pendant quelques minutes, où on nous présente donc cette femme médecin, son passé, et son activité underground. Quelques touches de noirceur bienvenue laissent présager le meilleur (petite fille elle ne semblait guère touchée quand elle voyait des cadavres, et elle n’éprouve aucune pitié envers les criminels qu’elle soigne) et puis… et puis le médical drama est complètement loupé.

Parce que notre héroïne semble avoir les mêmes capacités de télétransportation de Jack Bauer, elle sort sans arrêt et à sa guise de l’hôpital où elle travaille, traverse la ville en quelques secondes pour régler ses affaires et revient au bloc juste à temps. Pire, on dirait que les auteurs n’ont aucune idée du fonctionnement d’un hôpital, avec des médecins qui font joujou avec un air pensif devant des écrans tactiles (vous avez vu mon cœur en 3D, et mon artère bouchée en 3D ? Magnifique), des seringues en verre (fragile de surcroit évidemment), et un suivi des opérations et des patients qui laisse penser qu’on peut faire tout et n’importe quoi. On peut changer une opération à la volée, administrer de l’héparine sans vérifier les plaquettes, aller et venir d’un bloc comme bon vous semble… A partir de maintenant, je ne pourrai plus tiquer devant les invraisemblances de Grey’s Anatomy. Bon, j’exagère un peu, c’est pas le carnage façon Three Rivers, mais le dommage est considérable vu la thématique de la série.

En effet, on veut nous imposer du suspense, et le seul moment important du pilote est de savoir si notre médecin acceptera de tuer pour la mafia. Mais quand la question se posera, on aura depuis longtemps deviné la réponse, pas la peine de nous faire le coup du rêve, procédé malhonnête sans doute destiné à être intégré dans les trailers de l’épisode pour égarer le téléspectateur. On recherche à semer de l’ambiguïté, alors qu’il n’y en a plus. Lorsque notre héroïne va pourchasser le médecin qui commet une erreur médicale, ou qu’elle essaye de masquer une procédure pour sauver la vie d’une adolescente, on sait que son sens de l’éthique côtoie celui du redresseur de torts. D’ailleurs si elle collabore avec la mafia, c’est pour une excellente raison :  sauver son frère qui avait une dette avec eux.

Qu’en est-il alors de l’aspect policier ? Notre héroïne se met en danger mais le boss de la mafia est un abruti de première (pas étonnant qu’il soit joué par Michael Rapaport, acteur que je déteste depuis de longues années, incapable de nuancer son jeu). Celui-ci se balade sans garde du corps, conduisant une voiture de sport sans atteindre la vitesse d’un 4×4. Le retournement de situation qui en suivra n’en sera que plus ridicule. Et ce n’est pas révélation finale sur l’identité d’un cadavre et la cause de sa mort qui changera quoi que ce soit à la sentence. Rien que la mise en scène grandiloquente des toutes dernières images montre que le réalisateur a conscience de la vacuité de son propos.

On se demande vraiment ce que sont venus faire Zach Gilford, William Forsythe et Zeljko Ivanek dans cette galère. Jordana Spiro incarne l’héroïne sans se montrer suffisamment convaincante (trop lisse ?). A sa décharge, le scénario ne l’aide pas beaucoup non plus.

Le pilote déconstruit donc peu à peu tout ce qui aurait pu faire l’intérêt de son pitch, et on se retrouve avec un drama médical bâclé, des personnages sans ambiguïté, inintéressants et peu crédibles, un faux suspense, et une révélation qui laisse de marbre. Ça fait beaucoup.

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Off The Map saison 1

J’étais parti avec beaucoup d’espoirs en regardant la nouvelle série de Shonda Rhimes : un casting sympathique (Caroline Dhavernas en tête), l’idée de faire de la médecine avec les moyens du bord et donc la nécessité de revenir aux fondamentaux de la discipline, et enfin l’écriture « soap » copié-collé de Grey’s Anatomy (série que je suis toujours même si la flamme n’est plus là).

Quelle désillusion au bout de quelques épisodes !

Il faut bien le dire, placer quelques docteurs au milieu de la jungle d’Amérique du Sud n’était au fond qu’un subterfuge pour nous amener à contempler de beaux paysages hawaïens, et apporter son lot d’accidents en tous genres. Non, la série n’allait pas parler de médecine traditionnelle, mais de catastrophes et de sauvetages spectaculaires. A croire que le diplôme de médecin vous forme aussi à devenir cascadeur/secouriste/bricoleur tout terrain. C’est là que le bat blesse. En une saison nous avons eu droit au serpent qui étouffe, au crocodile qui broie les membres, à l’hélicoptère qui se crashe, au camion qui écrase ses occupants, à la noyade dans une rivière, aux accidents des parcours d’accrobranches, au feu, aux balles qui sifflent, aux prisonniers qui s’évadent, au fond des océans, au fond des mines, et comme si le visuel ne suffisait pas :  aux maladies mentales, au trafic d’organe, à la culture de la cocaïne, aux épidémies, aux maladies cardiaques…

Ce surdosage du spectaculaire et du n’importe quoi finit par être risible et l’émotion disparait peu à peu. On ne se préoccupe plus des patients, malgré l’enrobage compassionnel habituel. Pire, on réduit les médecins à un corps de sauveteurs aguerris le jour et des alcooliques ou drogués notoires la nuit. Au lieu de parler des fondamentaux de la médecine, de prévention, de gestes minimaux, du bon usage des antibiotiques limités dans cette région, bref de multitude de sujets passionnants et encore trop rares à la télévision, on nous donne une pharmacopée providentielle, avec un shaman dont le savoir dépasse la médecine occidentale !

Si encore les personnages se révélaient intéressants ! Après avoir attendu pendant de longs épisodes des développements, on finit par comprendre que nous n’aurons droit à rien d’original : la drogue, la maladie, les coucheries entre amis, le bad boy irrésistible, … Tous ces secrets sur leur passé ou leur présent n’arrivent jamais à émouvoir, parce qu’on ne nous a jamais présenté ces personnages comme étant multidimensionnels. Il ne suffit pas d’avoir un lourd passé, encore faut-il l’exploiter.

Dans ce lot de personnages fades, un seul sortira du lot : le Dr Mina Minard. Compétitive, asociale, et fébrile par moments, elle arrive à faire sourire, ce qui n’est pas si mal. Mamie Gummer s’en sort avec les honneurs, ce qui n’est pas le cas du reste du cast, et j’éviterai de vous parler du cas de Caroline Dhavernas tant ma déception est immense. A croire qu’elle ne servait qu’à se doucher sous une cascade !

Les éléments soap qui font le sel de la série-mère (Grey’s Anatomy) ne fonctionnent donc pas du tout ici. A cause du manque d’humour, de relations sincères entre les personnages, de conflits intéressants ou de situations émouvantes, on n’arrive pas à s’impliquer.

Dur de s’accrocher jusqu’au bout, et de trouver en de maigres occasions de nouvelles motivations. Arrivé à la fin, on se fiche du sort de ce petit monde, et on a qu’une envie : souffler un grand coup. Il n’y aura vraisemblablement pas de deuxième saison. Tant mieux.

[Pilote US] Off The Map

Après la médecine à l’hôpital (Grey’s Anatomy) et la médecine de ville (Private Practice), voilà qu’on nous propose la médecine… de brousse. Enfin, quelque part en Amérique du sud.

Si le concept ne m’enchantait pas plus que ça, je dois avouer que le pilote fut assez rafraichissant.

Ici, les médicaments se font rares, on donne de l’ibuprofène à tour de bras, on a la chance d’avoir des traitements antituberculeux, mais pas de bronchodilatateur. On manque évidemment de poches de sang pour certains groupes sanguins. La langue est un obstacle majeur à la compréhension, tout comme les différences culturelles.

Réaliste ? Je ne saurai dire. Le fait est que je trouve qu’il y a moyen de raconter des histoires de la médecine des années 50, celle où il fallait vaincre les réticences des patients, mais où le médecin était encore reconnu pour son savoir (et remercié avec les moyens du bord). C’est de la médecine ingénieuse, du bricolage. Un temps où le risque était pris parce qu’il n’y avait que ça pour faire avancer les techniques médicales, un temps où les médecins n’étaient pas davantage préoccupés par le besoin de se couvrir juridiquement. Et le pilote nous le rappelle.

Oui ce retour en arrière me plait. Il permet de lancer quelques questions et réflexions sur la médecine. J’aurai préféré une série médicale historique, mais au fond pourquoi pas : au lieu d’une reconstitution, nous voilà plongés dans un décor de jungle. (Il est d’ailleurs amusant de savoir que la série est en fait tournée à Hawaii).

Le problème, c’est que le pilote tente l’esbrouffe. Si je peux comprendre le côté casse-cou de certains médecins, j’ai en revanche plus de mal avec le côté démonstratif (un sauvetage au-dessus des arbres, vraiment ?). Mais ce sont des défauts qui peuvent se corriger une fois l’effet de découverte estompé. J’ai un peu peur également qu’au lieu de me retrouver avec une médecine ingénieuse, je finisse avec une série à la Mac Gyver. Le bricolage, c’est sympa, mais ça a ses limites.

En revanche, je ne m’attendais pas à aimer autant les personnages. Si évidemment le pilote se sent obligé d’expliquer pourquoi les 3 recrues sont arrivées dans ce coin perdu, j’ai beaucoup aimé leur tempérament. Un peu moins le côté grande gueule des résidents actuels, cependant. Si le pilote garde en réserve une part de mystère sur ceux-là, même si ce n’est pas ça qui va me faire revenir, pourquoi pas.

En fait, plus j’y pense et plus j’aime le cast. Mais là je dois vous avouer aussi que je ne pourrai pas être impartial. J’adore Caroline Dhavernas. J’aurai voulu la voir dans un rôle plus ébouriffant, mais hé, c’est déjà pas mal, et la revoir à la télé depuis Wonderfalls ça n’a pas de prix. Caroline, tu m’avais manqué. Et puis il y a les attendus, comme une partie du cast de What about Brian avec la sympathique Rachelle Lefevre, et Jason Winston George, décidément bien à l’aise avec son bagout habituel (oui je fais partie des rares personnes à avoir apprécié la série). Il y a même un ancien de Friday Night Lights, Zach Gilford. La bonne surprise, c’est la présence de Mary Willa « Mamie » Gummer (la fille de Meryl Streep), qui m’avait déjà marqué dans The Good Wife.

J’avais l’impression, à en lire quelques réactions sur le net, que le pilote allait être un désastre. Il n’en est rien. J’ai trouvé l’ensemble nettement plus intéressant et plus charmeur que celui de Private Practice par exemple. Alors oui, c’est calibré, millimétré, on sent la patte de Shonda Rhimes, mais j’aime les personnages, j’aime le concept même si je dois fermer les yeux sur le côté démonstratif, un poil plus sanglant et abracadabrantesque de certaines scènes. Peut-être aussi que l’effet découverte a joué son rôle, je n’avais rien vu mis à part le trailer.

Ça sera donc un oui, avec un soupir de soulagement, notamment grâce au cast (et je sais que je ne suis pas objectif sur ce coup-là). Et puis ça tombe bien, je commence à saturer du côté de Grey’s Anatomy.