I hear your voice [Pilote – Corée]

i hear your voice

J’aime beaucoup les dramas coréens qui mélangent les genres, souvent parce qu’ils prennent une bonne dose de risque, et il faut avouer qu’I Hear your voice a justement ce petit quelque chose qui la fait sortir du tout-venant.

Le drama ne sait pas sur quel pied danser : il commence par deux drames d’enfance, se transforme en legal drama, en romance, pour aussitôt nous replonger dans l’atmosphère d’une enquête. Ceux qui voulaient une simple comédie romantique en seront pour leurs frais. I hear your voice s’attaque à tous les fronts, sans vraiment briller, mais il le fait avec ce petit supplément d’âme, qui rend l’histoire intéressante et l’ensemble du casting sympathique.

Notre héroïne Jang Hye Sung (Lee Bo Young), surtout, n’est pas le prototype habituel de la femme travailleuse qui surmonte un à un les obstacles. Aigrie par sa condition sociale, pas franchement élève modèle, elle devient victime d’un stratagème qui l’expulse de l’école et fait perdre à sa mère son job. Mais elle a une qualité : elle reste honnête, droit dans ses bottes.

i hear your voice lee bo young

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ça ne va pas l’aider à développer un sentiment de justice, ou l’envie de redresser les torts. Elle devient avocate pour l’argent, et bordélique, flemmarde, au caractère bien trempé, ne supportant pas la moindre leçon, le moindre conseil, elle est contrairement à son collègue (Yoon Sang Hyun, Secret Garden), tout sauf une idéaliste. Pour elle, il n’y a qu’une seule vérité, celle qui ressort des tribunaux. Alors quand elle doit défendre une lycéenne accusée d’avoir jeté par la fenêtre une fille de sa classe, elle ne prend pas la peine d’essayer de la comprendre. Elle a d’autres soucis : elle s’aperçoit que dans cette affaire, la procureur Seo Do Yun (Lee Da Hee) est celle qui l’avait fait expulser de l’école.

i hear your voice lee bo young sbs

Alors que dans bien des dramas coréens c’est l’homme qui est arrogant et égoïste, ce coup-ci c’est la femme qui prend le rôle de la personne insensible, et limite tête-à-claques. Un rôle qui va plutôt bien à Lee Bo Young habituée aux multiples facettes de ses personnages (cf Harvest Villa).

i hear your voice lee jong suk

Pour faire évoluer Jang Hye Sung, il va falloir faire appel au chevalier blanc, Park Soo Ha (Lee Jong Suk, School 2013) un lycéen modèle, souriant (parfois trop), un peu replié sur lui-même, qui cache une aptitude particulièrement utile : il entend les pensées des personnes qu’il regarde. Ça va notamment l’aider à éviter le suicide de cette lycéenne accusée à tort de tentative de meurtre.

Park Soo Ha a développé ce pouvoir depuis un accident de voiture dans sa prime jeunesse, qui a touché son cerveau. A cet instant précis, c’est Jang Hye Sung accompagnée de Seo Do Yun, alors toutes deux lycéennes, qui furent témoin du drame. En réalité, il ne s’agissait pas d’un accident mais du meurtre du père de Park Soo Ha par un individu menaçant de les tuer si elles révélaient la vérité. Évidemment, Seo Do Yun s’était défilée, tandis que Jang Hye Sung, bon gré mal gré, avait fini par envoyer le meurtrier derrière les barreaux.

i hear your voice lee jong suk sbs

Menacée de mort, Jang Hye Sung ne sait pas que Park Soo Ha veut protéger celle qu’il considère comme une fille intègre et jolie. Il est d’ailleurs amusant de voir comment notre héros va peu à peu déchanter et se rendre compte 10 ans plus tard que l’objet de son amour fantasmé est en fait une fille détestée par tous à cause de son fichu caractère. Tout effort pour caractériser davantage le héros est plutôt bénéfique, surtout quand il semble à première vue limité à ce registre.

i hear your voice courtroom

Comme je le disais plus haut, ce drama mêle habilement plusieurs thématiques, mais on ne pourra s’empêcher de tiquer sur les rebondissements au tribunal (où tout le monde se coupe la parole et intervient comme il veut), ou sur certaines scènes qui montrent que le drama est filmé bien trop vite (cf la prothèse dentaire ramassée interchangée bas et haut entre deux plans). Dans cet univers, il ne faudra donc pas s’étonner si notre héros lycéen capable de réparer les lumières dans les rues, tout seul, dans le noir, sans se prendre du jus, et surtout sans outils et sans pièces de rechange. Bref, on sent l’intérêt de la symbolique, mais ça manque un peu de finition.

Il faut donc fermer les yeux sur quelques scènes, mais on prend néanmoins beaucoup de plaisir à suivre ces aventures, grâce à une bonne BO, et une mise en scène qui à défaut d’être soignée, s’attarde suffisamment longtemps sur ses personnages pour qu’on puisse s’y attacher. Je ne pense pas que ce rythme pourra suivre longtemps, mais ça fait plaisir de voir ce dosage millimétré qui évite le larmoyant ou le loufoque. La série impose très facilement son ton, et le duo d’acteurs m’est très sympathique.

Alors oui, vraiment, ça vaut le coup de poursuivre un peu pour voir si ce drama continuera à naviguer entre ses thématiques…

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Can’t Lose [Pilote]

Can’t Lose (encore appelé Can’t live with losing)  est une jolie surprise dans l’univers très formaté des comédies romantiques coréennes. Dans cette série qui a débuté fin Août 2011 sur une chaîne pourtant classique (MBC), il n’est pas question de trouver l’amour, mais plutôt… de le garder.

Eh oui, les précédentes séries se finissaient la plupart du temps par un mariage (et des bébés). Ici, l’histoire commence … un an après le mariage de deux avocats : Lee Eun Jae et Yun Hyung Woo. Leur première rencontre fut intense puisqu’ il s’agit à ma connaissance de la première fois où je vois des personnages coréens s’embrasser de suite. Cette volonté de moderniser les rapports humains se retrouve d’ailleurs dans la suite du récit, puisque nous verrons ces deux là comme un vrai couple, emportés par leur désir. Rassurez-vous, ce n’est pas HBO, vous ne verrez aucune scène dénudée, mais ça fait plaisir de voir des adultes consentants.

Enfin, quand je dis consentants, je m’avance un peu, puisqu’il y a de l’eau dans le gaz entre nos jeunes mariés (ils vont fêter leur premier anniversaire). On pourrait pointer du doigt leur mariage précipité (un mois après leur rencontre, quand même !), mais la série va plutôt se focaliser sur les caractères de chacun, comme le réussissent la plupart des dramas coréens, tout en faisant une jolie peinture d’un couple ordinaire.

Lui, Yun Hyung Woo (Yoon Sang Hyun, Oska dans Secret Garden), ne cherche pas le conflit. Il veut passer sur les disputes de la veille (et pour cela il n’hésite pas à faire le ménage, la cuisine…). Mais sa bonté le perd. Il ne résiste pas à la détresse des gens, prête de l’argent facilement, travaille gratuitement, ce qui fait qu’il assèche le compte bancaire. Mais il est resté fidèle à ses engagements : il veut travailler pour la bonne cause. Et lorsqu’il a rencontré sa femme, c’était cette conviction qui lui avait plu.

Elle,  Lee Eun Jae (Choi Ji Woo, Winter Sonata) est l’opposée de son mari. Désordonnée, elle ne range rien, ni dans le salon ni dans sa voiture. On pourrait lui donner une excuse : elle travaille énormément pour équilibrer les comptes, et elle est vraisemblablement très fatiguée.  Mais comme elle l’explique elle-même, son côté « pagaille » fait partie de sa nature.  Elle en a marre de passer pour la mauvaise personne parce qu’elle veut rapporter de l’argent dans son ménage, et elle refuse de travailler gratuitement. Elle a donc renoncé à leur rêve commun (travailler pour les pauvres), elle est obligée de devenir pragmatique.

Au quotidien, ces deux là vont se chamailler, s’épuiser. Et ce sont ces joutes verbales, ces disputes incessantes qui font tout l’intérêt de la série. Ces disputes sont drôles, sans être touchantes pour le moment (mais ça devrait venir). J’avais l’espoir de retrouver un peu le ton doux-amer d’Alone in Love qui traitait elle aussi d’un couple déchiré, mais la chronologie n’est pas la même. Lee Eun Jae et Yun Hyung Woo s’aiment encore, ils vivent ensemble, travaillent ensemble (dans la firme qu’ils ont créé), ils veulent juste essayer de sauver leur couple avant qu’il ne soit trop tard. Dans Alone in love, le couple est déjà séparé. Et ça change tout. Plutôt que d’expliquer les regrets, les méchancetés qu’on s’envoie entre ex, ici il y a encore de l’espoir.

Car, là encore, l’originalité du drama fait que nous n’avons pas de carré amoureux (en tous cas rien ne nous le laisse supposer dans les deux premiers épisodes). Les personnages secondaires gravitent autour du couple, mais celui-ci n’est pas en péril à cause de prétendants extérieurs, il est en péril car ces deux là sont parfois comme chien et chat.

Et pourtant, il s’aiment. On nous le montre plus d’une fois, ce qui m’a d’ailleurs assez surpris. Je pensais vraiment voir ce couple poussé à bout dès les premières minutes, mais quand ils arrivent à surmonter leurs colères, ces deux là font un joli couple. L’alchimie entre les deux acteurs y est pour beaucoup, même si j’ai eu du mal à me sentir à l’aise avec le jeu de la superstar Choi Ji Woo, aka plus grande pleureuse au monde. Entendons-nous bien : elle joue bien, c’est juste que je ne m’attendais pas du tout à elle dans ce rôle (il doit y avoir un lien avec les audiences désastreuses de la série). Choi Ji Woo incarne un personnage combattif, moderne, drôle, à l’opposé de son rôle dans Winter Sonata.

Et dès le départ, il en faudra de la volonté, de la ténacité, car beaucoup de choses les séparent dans leurs modes de vie, leurs caractères, ou même leurs affaires juridiques (heureusement ils ne s’opposent pas devant la cour pour le moment). Mais on comprend aussi très vite que d’autres obstacles encore plus grands les attendent : leurs belles-mères. Ah, les belles-mères… Pour Lee Eun Jae, difficile d’accepter la méchanceté et les remarques désobligeantes d’une personne qui ne pense qu’à l’argent et qu’à son propre confort (d’ailleurs le drama s’amuse le temps d’une scène à la représenter sous les traits d’un démon). Mais pour le moment, elle serre les poings, car comme toujours en Corée, on se doit de respecter nos aînés, quels qu’ils soient. Quant à Yun Hyung Woo, il ne connaît pas sa belle-mère puisque Lee Eun Jae a coupé les ponts avec sa maman pour une raison encore inconnue. Un constat pas si calamiteux que ça, vous me direz. Oui, mais ça serait oublier que le conflit qui oppose ces deux belles-mères, lesquelles ignorent leurs relations l’une envers l’autre. L’une veut garder son commerce, l’autre, qui a acheté l’immeuble, veut la faire partir. Devinez qui a besoin d’avocats ?

Si le drama n’est pas irrésistible de drôlerie, il a su parfaitement exploiter son sujet : les disputes de couple… et les astuces que chacun adopte pour éviter que ça ne dégénère. Et dans ce cadre là, si parfois ça marche (réactiver la libido, ne plus parler du passé, aider au ménage et à la cuisine), parfois, ça ne fonctionne plus. C’est ça le mariage. Chacun connaît les trucs qui ont servi à émerveiller l’autre. Avant c’était si simple, elle l’admirait, quand il faisait une manœuvre en voiture, ou quand il disait vouloir travailler dans un souci de Justice. Après mariage, les charmes de chacun deviennent ses tares, comme le dit justement un de ces autres maris, parti oublier sa triste vie.

C’est l’autre point positif du drama : il cherche à donner une image plus « réaliste » et mordante du mariage, en Corée. Yun Hyung Woo et Lee Eun Jae ne sont les seuls à se lamenter, à s’égosiller au karaoké, à boire pour oublier. Dans le parc, la nuit, de nombreux hommes pleurent en silence. Dans leur cercle d’amis, un autre couple bat de l’aile : lui ne rapporte pas d’argent, elle n’en peut plus. On remarquera au passage que la gestion des cordons de la bourse est une affaire sensiblement féminine qui tend vers la parité lorsque les deux membres du couple travaillent. (il faudra que je vous parle d’une de mes récentes lectures sur la vie en Corée, à des années lumières de la pensée simplifiée de nos chères féministes occidentales qui ne voient en la femme asiatique qu’une femme totalement soumise).

J’apprécie d’ailleurs beaucoup le discours à l’égard de nos héros, puisque comme dans toute dispute, les torts sont partagés. Il ne fait nul doute que le déséquilibre du couple trouve une partie de son explication dans le fait que chacun a du pallier, à sa manière, à l’insuffisance de l’autre. Finis les espoirs d’une vie remplie d’amour et de bonheur, nos deux tourtereaux doivent maintenant réajuster leurs comportements, et ça ne va pas être facile. Grâce à cet équilibre dans la description des torts de chacun, aucun personnage n’apparaît détestable, et comme vous le savez sans doute, c’est le secret du succès quand on s’attache à traiter les difficultés d’un couple.

Avec son sujet suffisamment original, son casting surprenant (Choi Ji woo en tête), grâce à l’absence de formatage, à sa description équilibrée des tensions à l’intérieur d’un couple, les deux premiers épisodes m’ont vraiment convaincu d’aller plus loin. Je regrette juste un manque d’émotion, la réalisation se faisant très discrète (les quelques mélodies sont jolies mais rares). Ah, et puis la belle-mère est malheureusement parfois un peu trop caricaturale pour s’intégrer au reste du récit jusque là bien équilibré. Alors bien sûr, la série n’arrive pas à la cheville d’Alone in love (son ton est bien trop différent, au fond et ça manque encore de subtilité), mais vous comprendrez qu’étant jeune marié, je me délecte de ce rapport de forces.

Secret Garden

Après avoir fait la critique des deux premiers épisodes, il était temps de vous donner mes impressions sur la série entière.

Et cela ne va pas être facile. Afin d’être le plus objectif possible, je dois vous avertir que mes conditions de visionnage n’ont pas été optimales. En effet, j’ai interrompu le drama pendant une assez longue période, ce qui m’a forcé à reprendre plusieurs épisodes en arrière au moment où la série accusait une sérieuse baisse de régime. Évidemment revoir de mauvais épisodes ça laisse des marques et ça pèse beaucoup dans le jugement final.

Mais présentons plutôt à nouveau la série qui a été l’un des évènements phares de la fin d’année 2010.

A la lecture de son synopsis, son classicisme saute aux yeux : un riche héritier, imbu de lui même, arrogant, rencontre une pauvre cascadeuse. Mais ne jugez pas trop vite, ce sont dans les caractéristiques des personnages que se trouve le salut de la série.

D’abord, Kim Joo Won et Gil Ra Im ne sont pas des jeunes qui sortent péniblement de l’adolescence. Ne vous attendez donc pas à de nombreuses scènes mignonnes et immatures. Ce sont des trentenaires qui ont un parcours, un passé, des cicatrices qui expliquent ce qu’ils sont aujourd’hui.

Ainsi Kim Joo Won est un riche héritier issu d’une famille où l’argent corrompt les valeurs de solidarité, et où l’ambition, la trahison prend le pas sur sur l’amour parental. Kim Joo Won a conscience de sa place dans la société, et sait que sa partenaire dans la vie doit remplir une longue liste  de critères. Selon lui il n’y a pas d’amour dans un mariage, seulement des intérêts communs en économie, en culture… Kim Jong woon est donc un homme qui sait ce qu’il veut, et qui use de son arrogance pour imposer ses idées. Cela lui sert au niveau professionnel puisqu’il est à la tête (d’une partie) d’un immense empire commercial.

Bon, les héros arrogants, on connait, et Hyun Bin excelle dans ce rôle depuis My name is Kim Sam Soon, mais ce faisant, le drama court le risque de ne pas parvenir à rendre son personnage principal attachant. C’est là que les scénaristes vont avoir deux bonnes idées.

La première, c’est de fragiliser autant que possible Kim Joo Won. Non seulement en lui infligeant une maladie liée à un traumatisme, mais aussi en le ridiculisant. Kim Joo Won adore les survêtements de luxe « italiens, cousus main », mais sans avoir conscience que son goût vestimentaire est ridicule. Ce sera l’objet de nombreux gags. Ensuite, il va falloir le sortir de son univers pour lui faire perdre son assurance. Et quoi de mieux que d’intenses séances sportives, où sa verve ne lui sera d’aucune utilité.

La deuxième bonne idée pour rendre ce personnage attachant, c’est de le rendre amoureux au point de lui faire perdre tous ses repères, de le rendre fou. Lorsque Kim Joo Won rencontre la cascadeuse Gil Ra Im, il ne va penser qu’à elle et imagine sans cesse sa présence auprès de lui, dans des endroits parfois insolites. Alors que dans bon nombre de dramas l’attirance se fait progressivement, ce coup-ci le héros est carrément obsédé, possédé, et ne pourra pas lutter longtemps contre ses sentiments.

Gil Ra Im est pourtant l’opposé de tout ce qu’il cherche chez une femme. C’est une femme au caractère bien trempé, qui vit dans un univers masculin. Elle est fière et passionnée par son métier, a le goût du risque, mais sait bien que son métier de doubleuse ne lui donnera pas la gloire. L’argent ne l’intéresse pas, et Kim Joo Won ne pourra la conquérir en l’achetant. Contrairement à toutes les femmes qu’il a rencontré, Gil Ra Im lui résiste. Elle est d’un autre monde. Et sa pauvreté ne la gêne pas, elle vit selon les préceptes de son père, un pompier mort en service.

Le succès du drama tient certainement en ce personnage féminin fort, indépendant, adulte, fier, qui n’a pas honte de sa condition sociale. On savait déjà qu’Ha Ji won était une excellente comédienne pour les scènes d’action et les scènes dramatiques (cf Damo). Ce qu’on ignorait, en revanche, c’est qu’elle était capable de jouer plus finement… une fan trentenaire d’un chanteur à la renommée internationale. Encore une fois, les scénaristes ont fait le choix d’avoir un personnage solide sur bien des aspects, mais fragile dès qu’on parle à son cœur.

Les relations sont donc compliquées entre Kim Joo Won et Gil Ra Im, du fait de leurs différences sociales. C’est ce qui rend le drama intéressant : les scénaristes ont eu l’intelligence de montrer que cette incompréhension était mutuelle. Si Kim Joo Won ne comprend pas pourquoi elle résiste aux sirènes de l’argent, Gil Ra Im ne perçoit pas non plus les contraintes imposées par son statut.

Heureusement, le carré amoureux est simplement effleuré. C’est à mon sens une excellente chose de ne pas en faire des tonnes sur la jalousie de chacun. Et ça permet surtout d’approfondir les personnages secondaires. En effet, outre le duo principal, le récit évoque le cousin de Kim Joo Won, Choi Woo Young, de son nom de scène Oska. Oska est un chanteur à la renommée internationale, un personnage au sang chaud, qui va connaître une jolie évolution au fil de la série. D’abord insupportable, par ses attitudes colériques et égoïstes, il va devoir faire un long travail sur lui-même pour trouver (et savoir reconnaître) le bonheur. C’est un peu le même problème avec sa partenaire féminine, puisqu’elle frôle plus d’une fois le personnage machiavélique, la femme blessée vengeresse. Mais ils ont su se reprendre juste à temps.

Juste à temps, c’est exactement ce qui caractérise l’évolution du drama. Car j’ai quand même failli décrocher du drama (aidé il est vrai par l’interruption temporaire de mon visionnage).

Tout d’abord, Kim Joo Won aura beau être fragilisé, son arrogance et son entêtement sont parfois tels qu’ils m’ont empêché d’adhérer complètement au personnage, du moins pendant la première partie du drama. Une chose qui n’aurait pas été grave si la série n’avait pas eu un moment de flottement à mi-récit. Car lorsque le récit perd son rythme, ses rebondissements, il ne repose que sur ses personnages.

Ce n’est que lorsque s’installe définitivement la romance que j’ai pu vraiment basculer complètement, et me réjouir du récit. Cela devient plus intense, plus magique, plus rythmé. Je n’attendais pas forcément des scènes mignonnes et attachantes en première partie du drama, mais au moins une meilleure évocation de cette romance.

Ensuite, je n’ai pas pu m’empêcher de tiquer devant la nécessité de faire de la famille de Kim Joo Won un obstacle insurmontable. C’est évidemment un artifice courant en Corée, mais quand il est utilisé à ce point, ça me ramène au début des années 2000, et je n’ai plus la même patience qu’à l’époque où je découvrais ces fictions. Sans spoiler, disons qu’au moins les scénaristes sont allés au bout de leurs idées, et ne se sont pas trahis en chemin, c’est déjà ça.

Au milieu de ces critiques, je tiens tout de même à applaudir toute la partie fantastique de la série. Je ne veux pas parler des références constantes à des contes de fée, qui ne m’ont pas particulièrement touché, mais à l’intrusion du fantastique dans le réel. Disons simplement pour ne pas révéler ce qui fait l’originalité du drama, que ces twists ont su générer beaucoup d’humour (en première partie) et d’émotion (en seconde partie). Sans ces rebondissements, le récit aurait également beaucoup perdu en rythme. oui, j’ai beaucoup ri, et j’ai même failli écraser ma larme. Je tiens d’ailleurs à saluer la mise en scène alternant les points de vue, façon Quantum Leap. Ça me permet de couvrir d’éloges Hyun Bin et Ha Ji Won, tant ils sont épatant.  Et si je devais garder quelques scènes de la série, beaucoup d’entre elles seraient liées à l’utilisation de ces évènements fantastiques. Autant dire qu’elles justifient le visionnage de la série.

L’humour est tout de même présent ailleurs. Je pense notamment à des personnages éloignés comme l’assistant personnel de Kim Joo Won, pleutre, pleurnichard, et jaloux, qui ne sait jamais sur quel pied danser tant son patron est imprévisible. Il est tout simplement irrésistible.

Enfin, une remarque sur l’OST de la série, très déconcertante. J’ai – vraiment – adoré les phases instrumentales (qui me rappellent étrangement Flowers for my life), et quelques chansons titres, mais le reste n’est malheureusement pas du même niveau. Si évidemment à la fin de la série, j’ai fini  par m’en contenter, j’ai quand même eu un peu de mal.

Au final, la série a frôlé le podium. Ne vous méprenez pas, j’ai adoré des pans entiers de la série. Mais si certains éléments fonctionnent à merveille (la musique orchestrale, les acteurs, un personnage féminin fort et intéressant, l’aspect fantastique, l’humour, l’évolution des personnages et la romance quand elle s’installe), d’autres caractéristiques semblent plus à la traine (le cliché de certaines intrigues, les personnages à la limite du supportable, le manque d’émotion et de rythme en fin de première partie). Que cela ne vous empêche surtout pas de profiter de ce très bon drama et de persévérer si vous en avez l’occasion, car il fait désormais partie des incontournables. Du reste, vous n’êtes pas prêts de revoir Hyun Bin, puisqu’il vient de partir faire son service militaire pour 2 ans (vu sa récente maigreur doit-on s’inquiéter ?). Pour la petite histoire il en a profité pour officialiser sa rupture avec Song Hye Kyo. (Non, Cinedramas ne va pas devenir un site people !).