Acteurs et actrices coréennes : Song Hye Kyo

Je vous avais déjà parlé de cette actrice lorsque j’avais évoqué le drama Full House et le phénomène d’Hallyu. Mais son talent et son charisme méritait un article à part entière, elle n’est pas pour rien l’une des actrices les plus suivies en Corée du Sud et dans le reste du continent asiatique.

Song Hye Kyo (Song Hye Gyo) de constitution fragile, a failli ne jamais survivre à sa naissance. Mais les fées se sont penchées sur son berceau. Après avoir gagné un concours de mannequin, elle débute en 1996, dès 15 ans, dans les séries télé.

A peine 4 ans plus tard, lorsqu’elle atteint la gloire avec le premier volet d’Endless Love : Autumn in my heart, (voir l’article sur Winter Sonata), elle est déjà apparue dans une dizaine de shows télévisés. Dans cette série, elle incarne Eun-Suh à l’âge adulte (l’enfance étant jouée par Moon Geun Young). Le drama raconte l’histoire de filles échangées par erreur à la naissance, puis la rectification de cette erreur, avant qu’un amour impossible ne se dessine et qu’une tragédie ne clôture la série. Le drama réunit d’ailleurs à peu près toutes les ficelles scénaristiques possibles et est donc vivement conseillé à tous ceux qui veulent savoir ce qu’est un vrai mélodrame coréen « à l’ancienne ».

Devenue très populaire, elle continue d’enchaîner les rôles à la télévision. Après Guardian Angel, elle joue dans Hotelier en 2001, rejoignant ainsi Bae Yong Jun. (Le drama Hotelier fera l’objet d’un remake japonais dans lequel Bae Yong Jun, devenu Yon-sama superstar asiatique, jouera en caméo dans le premier épisode).

Elle joue ensuite dans la série All In, en compagnie de Lee Byung Hun. Alchimie ou pas dans la vraie vie, ces deux là vont d’ailleurs sortir ensemble temporairement.

Mais c’est surtout en jouant auprès de Bi/Rain, dans Full House (cf l’article sur la série), que sa popularité va atteindre des sommets. Désormais symbole de l’Hallyu, Song Hye Kyo peut rêver d’une carrière internationale, notamment au cinéma.

Elle jouera ainsi au côté de Cha Tae Hyun dans le film My girl and I, (cf mon article sur l’acteur), un joli succès pour un remake. Mais malgré une promo remaquable, son film suivant Hwang Jin Yi ne connaîtra pas le même destin.

Son retour à la télé, très attendu n’a pas non plus été très récompensé, The World that they live in, qui narre les coulisses de production d’un drama, n’a été qu’un succès mitigé. Mais sa rencontre avec Hyun Bin, son partenaire à l’écran, sonnera le début d’une réelle histoire d’amour.

Après un film indépendant américain, et une coproduction Corée-Thailande-Japon, elle tourne actuellement en Chine avec Wong Kar Wai The Grand Master (l’histoire d’Ip Man).

Song Hye Kyo est adulée où elle va, et les rumeurs sur son compte vont bon train. Sa fraicheur et sa bonne humeur sont en tous cas très communicatifs.

L’anecdote amusante, c’est qu’elle a été prise pour modèle, et reproduite à la quasi perfection en 3D. Bluffant, non ?

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Acteurs et actrices coréennes : Moon Geun Young

Moon Geun Young est souvent appelée la petite soeur de la nation sud-coréenne. Il faut dire que son physique juvénile (alors qu’elle est en fait plus âgée), combiné à un réel talent et à son besoin de s’impliquer dans des causes nobles, lui ont permis d’acquérir une immense popularité au pays du matin calme. La présence de son seul nom suffit pour attirer le succès.

Elle est devenue star à 13 ans en jouant la partie enfance du drama Autumn Tale. Puis elle jouera la petite soeur de Cha Tae Hyun dans le film Lover’s concerto.

C’est en 2003 que sa notoriété dépasse les frontières du continent asiatique : elle joue dans l’excellent thriller horrifique A tale of two sisters, premier film coréen à être diffusé dans les salles américaines.

Mais c’est dans une comédie romantique de 2004 qu’elle m’a véritablement fait craquer. My little bride est pourtant un film dont le pitch est tendancieux : le mariage forcé d’une lycéenne avec … un professeur de son école ! Le film doit tout à la prestation de l’adorable Moon Geun Young, même si Kim Rae Won a son public.

Elle enchaînera avec le sympathique mais un peu trop calculé Innocent steps, un film où elle montre ses capacités de danseuse. Dommage que le film utilise à peu près la même scène que The Classic (les lucioles).

Elle joue ensuite dans le film Love me not, remake de la série japonaise Ai nante iranee yo, natsu, avant de reprende le chemin des studios télé pour le très beau drama Painter of the wind. Elle y incarne une peintre de la dynastie Chosun, dans les années 1770. (La dynastie Chosun s’étale approximativement 1400 à 1900, fin de la dynastie où le Japon pris une énorme influence sur la Corée avant de l’annexer). Moon Geun Young sera très récompensée pour ce rôle.

Dernièrement, elle a joué dans Cinderella’s sister, où elle essaye encore un peu plus de casser son image de fille modèle. Pourtant bien réalisé il serait un mélodrame épuisant et beaucoup trop long (un peu comme Winter Sonata ?).

Suicides, accidents et maladies en séries au pays du matin calme

Si vous suivez un peu l’actualité de la fiction coréenne, vous êtes sans doute au courant du récent suicide de l’acteur Park Yong-Ha. J’avoue avoir pris la nouvelle très à coeur, étant donné que c’était un acteur brillant, qui avait fait merveille dans la série Story of a man (aka Slingshot). Quand on sait qu’il y jouait un homme dont le frère se suicide et bouleverse ainsi toute la famille, c’est d’autant plus troublant. Il avait aussi joué dans Winter Sonata et On Air, et juste avant l’annonce de son décès, je me réjouissais de voir son nom accolé à celui de la délicieuse Yoon Eun Hye dans la future série Comrades/Love Song dont je vous parlais dans mon article sur les séries coréennes à venir. Le projet avait tout du hit (bien qu’il faille se méfier du buzz, puisque beaucoup de projets se sont finalement révélés décevants, comme le dernier Road Number one, avec Kim Ha Neul.)

Il s’avère que Park Yong Ha était très dévoué envers son père, malade d’un cancer de l’estomac en phase terminale. Ayant de plus une forte tendance à la dépression (ce qu’il reconnaissait de lui-même dans plusieurs interviews), il aurait donc choisi de mettre fin à ses jours.

Adieu Park Yong Ha, ton absence va créer un vide.

Outre le drame humain personnel (qui montre d’ailleurs à quel point les liens familiaux sont encore importants en Corée du Sud), j’avais envie de revenir sur le nombre impressionnants de suicides, d’accidents et de maladies dans le petit monde des acteurs coréens.

C’est un fait, en Corée, comme le dit Ladyteruki dans sa très brillante présentation de la télévision coréenne, (même si je ne suis pas tout à fait d’accord lorsqu’elle dit que passé le service militaire les acteurs font plus difficilement carrière, bien sûr beaucoup sont oubliés mais la plupart rebondissent grâce à la grande quantité d’oeuvres produites chaque année, et le public a de la mémoire, par exemple Gong Yoo de Coffee Prince est sorti de son service, acclamé par les fans), c’est un fait, disais-je, les suicides d’acteurs font régulièrement la une de la presse. Ce petit monde n’est pas épargné et subit une vraie pression. Il faut voir par exemple à quel point une simple affaire de consommation de drogue (cannabis, ecstasy) est devenue un scandale brisant la carrière de ceux qui y sont impliqués (Joo Ji Hoon), ou bien comme les harcèlements de la presse sont éreintants. On se souvient par exemple de Choi Jin Shil, qui s’est suicidée car ne pouvant plus supporter les fausses accusations qu’on lui portait (elle aurait profité du suicide d’un autre acteur Ahn Jae Hwan pour prêter de l’argent avec intérêts). D’une manière générale, la presse people et le comportement des internautes, prompts à lancer toutes sortes de rumeurs, semblent vraiment scandaleux. Mais outre les rumeurs, ce sont beaucoup de jugements et de critiques sur la moindre action, la moindre apparence des stars (critiques sur le poids, la chirurgie esthétique omniprésente là-bas). Je trouve aussi que les fans sont particulièrement dangereux (on se souviendra de la pauvre Yoon Eun Hye qui aura subi des jets d’eau vinaigrée dans son oeil, ce qui a abîmé la cornée de l’actrice).

Parmi les suicides, on peut ainsi nommer celui de l’actrice Jung da Bin ou de l’actrice Lee Eun Ju (Bungee Jumping of their own, Lover’s concerto) qui s’est suicidée suite à la scène de nue qu’elle avait tourné dans The Scarlett Letter.

Mais c’est peut-être aussi du côté des mentalités qu’il faut chercher une explication. La dépression n’est pas considérée comme une maladie comme chez nous, mais comme une faiblesse honteuse, et le seul moyen de réparer sa fierté et son honneur semble être le suicide.

Cette mort n’est pas la seule malédiction frappant les acteurs coréens. Je pense notamment à des accidents ou des maladies graves, phénomènes plutôt fréquents là-bas.

Ainsi, la Corée aura perdu le très sympathique acteur de Coffee Prince (Lee Eon) par un accident de moto, tandis que l’actrice Jang Jin Young est morte d’un cancer de l’estomac juste après son mariage.

Ce sont à chaque fois des évènements qui bouleversent le pays, mais rien ne change. Il faut croire que ces tragédies contribuent à ce que ce pays reste le roi de la fiction mélodramatique.

Winter Sonata

Je continue mon tour d’horizon des anciens classiques coréens par le maître absolu du mélo : Winter Sonata. Ce drama a été diffusé en 2002 sur KBS2, et est devenu l’un  des symboles de l’Hallyu.

Il constitue le deuxième volet de la tétralogie Endless Love, basée sur les 4 saisons : Autumn in my Heart/Autumn Tale (2000), Winter Sonata (2002), Summer Scent (2003), Spring Waltz (2006). Chaque volet a cependant une histoire indépendante et son propre casting. Cette notion de tétralogie est davantage un argument commercial pour l’exportation de ces dramas hors Corée du Sud.

Mélo larmoyant, poignant, romantique, Winter Sonata constitue en effet une pièce maîtresse pour comprendre le succès des dramas coréens. La série utilise à plein effet la symbolique, les flashbacks, magnifiés par une bande son piano et orchestre prodigieuse. Elle est d’ailleurs l’une des Bandes Originales les plus vendues.

Ce drama a révélé Bae Yong Joon, acteur dont la popularité est immense, jusqu’au Japon, où il les fait toutes craquer. Il sera d’ailleurs sublimé dans l’excellent film April Snow (il faudra que je vous reparle de ce film de Hur Jin-ho).

Pour vous donner une autre idée du phénomène : près de 8 ans plus tard, sachez qu’elle a donné naissance fin 2009 à une série animée de 26 épisodes (Winter Sonata -the anime). Le merchandising autour de la série marche toujours très fort.

Comme la plupart des histoires de la tétralogie Endless Love, ce mélo est en deux parties : l’une racontant le passé, l’autre se déroulant bien plus tard.

Kang Joon Sang (Bae Yong Joon) est un étudiant qui arrive dans la ville rurale de Chuncheon. Introverti, se sentant mal, mais charmant et sensible, il captera tout de même l’attention de la jeune Jung Yu-Jin (Choi Ji Woo). Les deux jeunes vont tomber amoureux, juste avant qu’un accident ne les sépare… L’histoire reprendra 10 ans plus tard.

A noter que la fin de la série a été réécrite sous la pression des fans (mais chuut !).

L’alchimie est exceptionnelle, la musique, la réalisation est magnifique (notamment les scènes de neige) et tout cela contribue au succès de la série. Mais c’est surtout cette idée de destin impossible qui aura scotché les téléspectateurs. La série parlera beaucoup de mémoire et de fidélité.

Si les scènes sont poignantes, larmoyantes, bouleversantes, on ne ressort pas indemne de la série. En effet, elle peut aussi devenir très déprimante : le rythme est très lent (avec d’innombrables flashbacks) et ça s’étale sur 20 épisodes (alors que 16 auraient été largement suffisants). Le bilan final est donc mitigé. Soit on adhère à un des plus beaux mélos qui existe, soit on ne supporte pas les défauts de la série, et on trépigne de rage devant tant de larmes versées. Pour ma part, regarder la série a été une épreuve, mais j’ai réussi à passer outre ces défauts, pour en garder un excellent souvenir. Mais sachez que la série est vraiment réservée aux coeurs sensibles et patients. Vous êtes prévenus.