Bilan détaillé de la saison USA 2012-2013

Après les statistiques la semaine dernière, je vous propose donc mes impressions sur cette saison américaine qui s’avéra plus riche que prévue.

J’ai une fois encore volontairement écarté les pilotes de séries. Il y aurait beaucoup à dire sur la médiocrité rampante des nouveautés (d’où mon appréhension qui augmente à chaque rentrée, malheureusement entretenue par des trailers désastreux). Mais il y aurait encore plus à dire sur la simplification des intrigues, hélas.

Je vais donc vous parler ici des 38 séries qui m’auront accroché au delà du pilote (seulement 6 ont été arrêtées en cours de route) : Arrow, Boss s2, The Walking Dead s3, Don’t trust the B in apartment 23 s2, Go on, Parenthood s4, Underemployed, Touch s2, Girls s2, Grey’s Anatomy s9, The Big Bang Theory s6, 2 Broke Girls s2, Dexter s7, Elementary, Homeland s2, Last Resort, Once upon a time s2, Raising Hope s3, The Good Wife s4, the Mentalist s5, the Mindy Project, 666 Park Avenue, Nashville, Nikita, Bunheads, Smash s2, White Collar s4, The Americans, House of Cards, Zero Hour, Cult, Red Widow, Bates Motel, Game of Thrones s3, Hannibal, Rectify, The Goodwin Games, Arrested Development s4

nouvelles séries

1/ Les nouvelles séries

honneur

A l’honneur :

Rectify

Rectify La série a réussi à rendre touchant son personnage principal sortant du couloir de la mort, sans que l’on ne sache vraiment s’il était innocent ou coupable. Car l’intérêt était ailleurs, dans la découverte d’un monde qui ne l’a pas attendu, et qui a déjà un jugement sur lui. C’est superbement réalisé pour exprimer toute la palette d’émotions d’un personnage pourtant énigmatique, et je n’en ai pas perdu une miette. Vivement la suite. (♥♥♥♥)

bunheads

Bunheads Si on m’avait dit qu’un jour j’adorerai une série sur la danse, je ne l’aurai pas cru. Mais la patte de Sherman-Palladino me manquait trop. Voilà peut-être la seule nouvelle série d’une fraîcheur et d’une bonne humeur à toute épreuve. Voilà la seule série avec une écrasante majorité de personnages féminins qui nous démontre que ce qui compte, c’est pas la parité, c’est le script. Voilà une des rares séries à l’antenne qui exploite encore le meilleur sujet qui soit : le quotidien. Non seulement la série est très drôle, ultra-référencée comme il se doit, mais en plus elle aborde tout en décalage et en modernité des problématiques plus actuelles. Les séquences de danse sont à la fois créatives et magnifiques. Malgré quelques épisodes en deçà au milieu d’une saison déjà découpée, la série est très attachante et développe de façon surprenante tout ce petit monde. Et si ABC Family ne la renouvelle pas, je leur jette un sort jusqu’à la 33è génération. (♥♥♥♥)

Les bonnes séries :

elementary

Elementary J’avais peur d’un Sherlock Holmes revisité, affublé d’une (et non pas d’un) Watson, tellement Hollywood nous a habitué aux one-shot marketing. Et pourtant, la série a su développer son duo, et surtout s’appuyer sur de solides énigmes, aux twists retords et surprenants. Pouvoir à nouveau réfléchir, établir des hypothèses devant un show policier américain, quel bonheur ! Mieux encore, la prestation des acteurs est au top (et pourtant si différente de son double anglo-saxon), et la fin de saison prend des virages plutôt osés, prouvant que la série peut aussi imposer un ton, une ambiance particulière. Une démonstration éblouissante. (♥♥♥)

nashville

Nashville Un soap dans l’univers de la country ? Là encore j’étais sceptique. Plus je plonge avec délice dans les séries coréennes, plus je suis en décalage complet avec ce que tentent de m’apporter les soaps américains. Mais Nashville a su prendre son temps pour faire évoluer ses personnages, et surtout nous donner une porte pour les comprendre, pour justifier leur comportements. D’où les bonnes surprises, du personnage affirmé d’Hayden Panettiere aux moments musicaux décrivant le ressenti de chacun. Ouf, l’émotion est là. Malgré l’avalanche de twists médiocres et une partie politique plombant l’ambiance, on arrive à s’intéresser au sort de nos personnages. Et si le final est overzetop, il donne tout de même très envie de voir la suite. (♥♥♥)

the americans

The Americans Traiter de la guerre froide au milieu des années 80, c’était une bonne idée, surtout en se positionnant du point de vue russe. Mais j’ai eu un peu de mal à m’y mettre. La faute à un couple qui a mis du temps à me convaincre (le positionnement psychologique de départ étant au mieux incompréhensible), mais également à une tension quasi inexistante dans les premiers épisodes. Fort heureusement, la série relève la tête par la suite, en forçant chacun à faire des choix devant un engrenage infernal. Mieux encore, le final ouvre enfin la perspective de parler d’une vie familiale sous un angle bien plus intéressant, et la romance entre les deux protagonistes passe enfin très bien à l’écran. (♥♥♥)

bates motel

Bates Motel La réadaptation de Psycho subit le modèle inverse. On retiendra ses débuts magnifiques, avec la relation dérangeante entre Norman Bates et sa mère, son développement psychologique qui exploite avec brio une certaine ambivalence, ou sa multitude détails qui montre que l’œuvre originale a été bien assimilée. On ira même jusqu’à apprécier ses nombreux twists, pour la plupart redoutables… Jusqu’au très laborieux reboot de la mi-saison, et le départ en vacances des scénaristes. Le final essaye de surprendre le téléspectateur avec ce que tout le monde attendait depuis l’annonce de la série, et ça, ça laisse dubitatif. J’espère vraiment retrouver ce qui m’avait plu au départ. (♥♥)

De passable à médiocre :

arrow

Arrow Arrow joue la carte d’un vengeur masqué qui n’hésite pas à tuer pour sauver sa ville. L’acteur, plutôt performant, sauve souvent la mise. Mais les scénaristes jouent la montre depuis le début, incapables de construire une mythologie correcte, nous plongeant dans des flashbacks insulaires aux intrigues copiés-collés, et essayant de nous imposer une romance bien peu convaincante. Bref, la série marche régulièrement au dessus du vide, et n’exploitera ses enjeux qu’à des moments clés de la diffusion. Vraiment dommage parce que la série a du potentiel. Espérons de nouveaux scénaristes pour la seconde saison.()

RADHA MITCHELL

Red Widow Le remake de la série hollandaise Penoza n’a elle aussi pas réussi à développer ses intrigues en milieu de saison. Heureusement cette femme obligée de bosser pour la mafia est aussi capable d’émouvoir son téléspectateur. La série n’est donc pas une simple mise en danger de l’héroïne avec des rebondissements prévisibles, et je me suis plutôt bien attachée à ce petit monde en même temps que j’y vérifiais mes hypothèses. Efficace, mais pas renversante. ()

hannibal

Hannibal Elles sont rares les séries où je suis en grand désaccord avec la communauté sériephile, mais Hannibal fait partie de celles-ci. Et pourtant j’adore Bryan Fuller (Dead Like Me, Pushing Daisies).  Je porte beaucoup plus d’importance au fond qu’à la forme, et les hallucinations répétitive de notre héros m’ont passablement irrité. Oui, la série a un sous-texte, mais elle oublie l’essentiel : raconter une intrigue policière. Et sur ce plan là, c’est un massacre, même la 5è saison de Mentalist fait mieux question raccourcis et invraisemblances. Si la série voulait évoquer le rapprochement psychologique entre le tueur en série et son « ami », elle pouvait le faire sans essayer de nous raconter en une minute comment coincer le coupable d’un crime tellement sordide que les mises en scènes de Dexter passent pour du barbouillage. Je n’aime pas les séries qui se décrédibilisent, qui frustrent parce qu’on a pas eu l’intelligence d’appliquer la moindre once de raisonnement aux intrigues annexes. Je n’aime pas les séries qui répètent ad nauseam la même chose sur une dizaine d’épisodes (on aura compris qu’Hannibal aime faire goûter de curieuses choses à ses convives). Et surtout, j’ai eu beaucoup de mal avec ces échanges soporifiques. Je savais déjà que Bryan Fuller avait besoin de bons dialoguistes pour relever ses œuvres, j’en ai eu une fois de plus la preuve. Je me suis ennuyé, je me suis endormi un nombre incalculable de fois devant la série. Et si j’en perçois ses qualités graphiques, je suis incapable de l’apprécier globalement. La mise en scène des meurtres ne me fait plus rien, étant donné que l’on a que rarement pris la peine d’évoquer les victimes comme des êtres humains (cf ma critique de The Fall, bien plus réussie sur ce point). Hannibal est totalement dénuée d’émotion, et c’est un obstacle insurmontable pour moi. ()

the mindy project

The Mindy Project J’aurai adoré tomber sous le charme de Mindy Kaling et de son amour des comédies romantiques. Hélas, la série est beaucoup trop centrée sur son héroïne plus agaçante que touchante. Pire, elle a pour acolyte Morgan dont les frasques délirantes déséquilibrent le show. Par moment, le show redresse la barre, insufflant enfin un peu d’émotion, montrant qu’elle a compris les codes qui l’inspirent, mais restant incapable de les utiliser à bon escient. Fort heureusement pour elle, certains dialogues font mouche, et le personnage de Danny Castellano est suffisamment bien écrit pour être attachant. Mais le final raté ne laisse que peu d’espoir. ()

go on

Go On Autre show égo-centré (cette fois sur Matthew Perry), Go On aurait du être une comédie intelligente sur ces groupes de parole, sur l’espoir d’une vie meilleure. Elle n’aura été qu’une galerie de personnages dont le développement n’a jamais été envisagé. Tout tourne autour de notre héros, qui en fait des tonnes. Pire, les gags sont d’un niveau lamentable, donnant ainsi l’impression que le script a parfois été écrit en deux minutes chrono. La bonne ambiance générale ne suffit visiblement pas. Voilà une annulation que je ne regretterai pas. (0)

Last Resort Après l’excellent pilote, quelle déception ! Au lieu de faire monter la pression sur ces militaires trahissant les Etats Unis, la série n’arrive pas à nous attacher aux sorts des personnages, aux comportements aléatoires et incohérents. Tout ou presque est écrit avec les pieds. Chaque « révélation » n’en finit plus de tomber à plat, les épisodes sont prévisibles, très mal rythmés, et on peine à savoir quel était le propos de la série. La définition d’une daube. (0)

underemployed

Underemployed Sympathique série sur des jeunes adultes qui peinent à trouver le chemin du travail. L’esprit est positif, humoristique, et les personnages attachants. Mais c’est pas toujours très bien joué, et cette naïveté, cette foi inébranlable en l’avenir a fini par m’agacer. D’autant que le scénario force la chance de nos héros, et chacun se montre bien trop compréhensif. Enfin, il faut croire que la jeunesse n’a qu’un seul mot à la bouche : party. C’est peut-être mon côté ronchon, mais j’ai frisé l’overdose de fêtes. ()

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Zero Hour Mélanger la science et la religion, le paranormal et les nazis, c’était s’assurer un concept à la Indiana Jones, et j’avoue avoir été plutôt agréablement surpris par les twists tout au long de l’aventure, avec une découverte progressive des enjeux qui faisait plaisir à voir tant ils étaient osés. Les puzzles étaient également très sympathiques, mais le manque de cohérence dans le développement des personnages, et le peu de moyens alloués ne permettent pas une seule seconde de rendre ce spectacle crédible. Masochiste, je suis resté au bout pour savoir comment ils allaient conclure, et j’ai reçu une gigantesque gifle, à vous faire passer l’envie de vous investir dans n’importe quelle série un tant soit peu mythologique. Complètement incohérente, elle ne répond à rien, n’explique rien. On sombre dans le n’importe quoi, avant d’être effaré par l’ultime séquence, qui donnerait envie à Gandhi de frapper à mort les scénaristes de la série. (0)

666 park avenue

666 Park Avenue Là aussi, cette série fantastique peine à susciter l’effroi ou l’horreur, avec ses effets spéciaux médiocres. Ses personnages se baladent dans cet hôtel diabolique, mais aucune idée n’est réellement exploitée. On passe du coq à l’âne, avec de intrigues qui donnent davantage envie de rire que de se réfugier derrière son canapé. La série ose le n’importe quoi, sans tenir son fil conducteur. Impossible de s’émouvoir sur quoi que ce soit, le final en déconcertera plus d’un. Un gâchis impardonnable. (0)

séries arrêtées

2/ Les séries arrêtées :

dont trust the b

Dont’ trust the bitch in apartment 23 s2 La série avait su me faire revenir avec ses gags absurdes et ses personnages délicieusement égoïstes, mais après une entrée en matière satisfaisante, cette seconde saison s’est avérée être un massacre sur tous les plans ou presque. En se concentrant sur les thématiques de mensonge et d’honnêteté, le show tourne en boucle, révélant froidement au téléspectateur qu’il n’a plus rien à dire. Le trash et la provocation sont tellement mal utilisés que 2 Broke Girls parait comme un chef d’œuvre à côté. Sans compter que l’irritant Dawson n’en finit plus de prendre de la place au mépris du concept initial. C’est devenu rapidement lourdingue. Et j’ai abandonné au sixième épisode, à l’aube de son annulation.

touch s2

Touch s2, c’est l’exemple parfait de ce qu’il ne faut pas faire. Le show avait réussi à faire oublier Jack Bauer en se concentrant sur des thématiques et un puzzle humaniste, certes naïf, mais sympathique. Il avait fini par prendre le chemin d’une mythologie bancale, et cette seconde saison bifurque vers le sauvetage d’enfants dans une paranoia très mal développée. On retrouve non pas un journaliste père de famille mais un Jack Bauer qui part flinguer à tout va. Le propos humaniste disparait, et on roupille ferme. J’ai tenu 4 épisodes avant son annulation.

white collar 04e10

White Collar s4 J’arrivais toujours à revenir auprès de cette série sympathique, grâce à la complicité des deux personnages principaux. Et puis, peu à peu, les intrigues se sont simplifiées et on ressent cruellement l’essoufflement créatif de la série. Les épisodes n’ont plus aucun twist, aucune tension, et l’arc principal concernant la famille de notre escroc s’avère extrêmement prévisible. Au 11ème épisode, j’ai fini par lâcher prise. Il n’y avait plus rien à en tirer.

Cult

Cult Il ne suffit pas d’avoir un bon concept pour faire une bonne série. Mêler la fiction, le fan-universe, et une conspiration, c’était peut-être s’assurer d’un buzz médiatique, mais il faut encore suivre. C’est terriblement mal joué, les dialogues ont 3 minutes de retard pour nous expliquer ce qu’on avait déjà compris, et le show veut tellement se prendre au sérieux que le décalage n’en est que plus ridicule. Affligeant. Et j’ai tenu 4 épisodes !

The Goodwin Games

The Goodwin Games Après un excellent pilote plein de rythme, d’humour, et twists sympathiques, j’avais décidé de donner une chance à cette comédie boudée par la chaine. J’ai fini par comprendre la raison de sa diffusion. Les épisodes suivants sont lamentables, tournent à vide, en voulant en faire des tonnes sur des gags creux et insipides, sans compter la quasi totalité des répliques balancées par des acteurs qui n’y croient plus. Ouch ! 4 épisodes et ça sera tout pour moi, merci.

House of Cards

House of Cards Si l’ambition du projet était impressionnante pour Netflix, elle était en décalage avec le résultat perçu à l’écran. Certes, avec son casting de luxe et son univers décortiquant les requins de la politique, la série ne manque pas d’atouts. Seulement voilà, Boss est passé par là, et le rythme lancinant des épisodes a fini par me faire prendre de plus en plus de distance avec une série qui aurait pourtant du m’inciter au binge-watching (vu que Netflix a mis tous les épisodes disponibles sans délai). Du coup après 6 épisodes, j’ai pas eu envie de reprendre.

anciennes séries

3/ Le retour des anciennes séries :

honneur

A l’honneur :

arrested development 405

Arrested Development s4 J’avoue être perplexe devant la frilosité des critiques, car cette saison fut pour moi un coup de maître, réussissant une nouvelle forme d’écriture parfaitement adaptée à son nouveau support (Netflix). J’en ai déjà parlé dans ma critique complète : comprendre un gag d’un épisode précédent a quelque chose de jouissif, et se surajoute au plaisir de dénicher tous ces gags d’arrière plan, que ce soient des clins d’œil à l’univers de la série ou des créations originales. A l’exception de deux épisodes un peu en dessous, j’ai adoré retrouver tout l’humour de la série, et j’ai bien plus rigolé devant elle que devant une bonne dizaine de nouveauté comiques réunies. Et vu les pourparlers j’espère qu’une cinquième saison verra le jour. (♥♥♥♥)

boss 202

Boss s2 Moins centrée sur la symbolique, davantage concentrée sur le jeu des alliances, cette seconde saison est tout aussi magistrale que la première. Les retournements de situation sont imprévisibles, et surtout parfaitement orchestrés. Avec ses acteurs, ses intrigues sur le mal qui rampe dans la ville, et ses multiples niveaux de lecture, la série enfonce le clou et s’impose définitivement comme un des plus beaux joyaux télévisuels de ces dernières années. En annulant ce petit miracle, Starz s’est suicidée. (♥♥♥♥)

game of thrones 03e04

Game of Thrones s3 Autant la seconde saison se perdait en évoquant les multiples nouveaux personnages, autant cette troisième saison récolte enfin les fruits. J’accroche beaucoup moins aux romances développées au delà du Mur. Peut-être au fond parce que je n’attends que de voir le sang couler. Et sur ce plan là j’ai été servi. Cette gigantesque histoire  a su trouver les images pour redevenir épique (mention spéciale à Khaleesi), passionnante (les intrigues à King’s Landing), et émouvante (Arya). C’est aussi dans cette saison que l’on perçoit enfin les ambitions de Margaery Tyrell. Dommage que du côté de Théon il ne s’y passe pas grand chose d’intéressant. Mais globalement j’ai trouvé que cette saison avait beaucoup plus d’ampleur que la précédente. Et j’ai vraiment hâte de voir la suite. (♥♥♥)

nikita 311

Nikita s3 J’étais parti pour détester le virage pris par la série, avec ses missions de justiciers, et l’intrusion du fantastique qui annihilait tout changement radical. Et puis, petit à petit, l’antagonisme autour d’Amanda s’est reconstruit, les rebondissements ont pris de l’ampleur, et si le show a perdu de sa vivacité, il s’est largement rattrapé en seconde partie. J’espère juste que les 6 derniers épisodes de la série (la saison 4) clôtureront le tout de manière efficace. (♥♥♥)

raising hope 314

Raising Hope s3 Plus encore que la saison précédente, la série a fait preuve d’une créativité débordante. Elle a poussé un peu plus loin le curseur sur le trash, aussi, tout en exploitant ses thématiques (cf le double épisode spécial Alzheimer). Les références pullulent : du Parrain à Retour vers le Futur, en passant par Modern Family … Bref, la série est encore plus drôle et je veux voir Garrett Dillahunt nominé un jour aux Emmys. (Oui je sais je peux toujours rêver). (♥♥♥)

big bang theory 06e20

The Big Bang Theory s6 La saison confirme l’orientation des saisons précédentes : les personnages féminins sont désormais parfaitement intégrés, permettant de sortir un peu du schéma habituel. Ça a développé l’imagination des scénaristes qui se sont surpassés, au point de prêter à Sheldon une romance… forcément particulière. Amy recherche une intimité, Raj se trouve une copine digne d’intérêt, Sheldon n’en finit plus de mettre les pieds dans le plat avec les femmes. La série ouvre des portes, mais sans mettre en danger son cast. Et surtout, les dialogues ont encore progressé. Pour un amateur de citations comme moi, c’était Noel à chaque épisode ou presque. (♥♥♥)

walking dead 301

The Walking Dead s3 La série a toujours du mal à développer ses intrigues en dehors des début et fins de périodes (merci les hallucinations de Rick), mais on sent que le remaniement opéré a eu du bon. Les personnages n’agissent plus systématiquement de façon incohérente, sans réfléchir au danger. L’approche est méthodique, raisonnée. Les personnages inutiles sont éliminés, et la saison se paye même le luxe de revenir nous parler du passé, afin de mieux nous montrer l’évolution morale de nos héros. Une renaissance. (♥♥)

good wife 322

The Good Wife s4 Après un début de saison catastrophique (l’intrigue de Kalinda jouée en boucle, les affaires traitées au tribunal manquant sérieusement d’imagination), la série a peu à peu repris du poil de la bête pour finir – enfin – par changer les règles du jeu. Il était temps. L’écriture progresse de manière impressionnante au fil de la saison, donnant suffisamment de rebondissement à des intrigues enchevêtrées, et permettant de nous faire oublier la mécanique trop huilée et donc trop prévisible de ses joutes oratoires. Cette surabondance d’excellentes intrigues va de pair avec les enjeux, et la série démontre une fois de plus sa maîtrise dans l’écriture. Du coup j’ai vraiment hâte de voir cette cinquième saison. (♥♥)

parenthood 401

Parenthood s4 Bizarrement, alors que c’est la saison de la reconnaissance pour tous ceux qui l’avaient injustement boudée, cette saison de Parenthood n’a pas réussi à me convaincre autant que l’an dernier. Certes, Monica Potter est exceptionnelle et l’arrivée d’un tel drame a permis à la série d’atteindre des sommets dans l’émotion, mais je ne peux pas oublier non plus ma frustration quant à la relation de Sarah. Si j’en crois certains recrutements pour l’année prochaine, on risque même d’abîmer sérieusement l’image d’un personnage masculin. La série court ainsi le risque de s’éloigner de la description du quotidien pour des intrigues soap plus vendeurs, et un peu de promo musicale en supplément. Et c’est franchement dommage. Heureusement, le casting reste parfait, et toutes les orientations prises n’étaient pas dénuées d’intérêt cette saison. Je reste profondément attaché à ces personnages, à leurs psychologies, à leurs différences de raisonnement, et à leurs ambitions. (♥♥)

Pas mal :

dexter 703

Dexter s7 Après une sixième saison qui avait touché le fond, Dexter a retravaillé ses intrigues. Plus question de le mettre en danger. Il s’agit d’exploiter sa relation avec Deb’, et Jennifer Carpenter fait un très bon boulot. Cerise sur le gâteau, l’arrivée d’Yvonne Strahovski a apporté à la série une réflexion salutaire, tandis que l’intrigue policière prenait un tournant particulièrement émouvant. Bref, de quoi donner envie de voir la dernière saison de ce serial killer. ()

2 broke girls 208

2 Broke Girls s2 On sentait bien le potentiel de la série l’année dernière, et sans arriver à se métamorphoser, cette saison a su délivrer quelques épisodes très bien écrits. Les défauts sont toujours là, mais les dialogues arrivent de mieux en mieux à exploiter le côté trash, ce qui rend le visionnage beaucoup plus drôle. Sur le plan des arcs, par contre, on peut légitimement se demander si les scénaristes savent où ils vont. Bref, la série s’améliore, et c’est plutôt rassurant de voir qu’elle ne s’appuie plus uniquement sur son duo très sympathique. ()

smash 02e12

Smash s2 Mais quelle mouche les a piqué ? Au lieu de développer les intrigues originelles, les scénaristes ont choisi de multiplier les protagonistes et les environnements musicaux, éloignant chaque personnage, enlevant ainsi tout l’intérêt de la série, à savoir l’opposition entre Karen et Ivy. La nouvelle comédie musicale peine à assurer, en raison d’un univers visant davantage MTV que les planches de Broadway. Et en plus le nouveau venu est proprement insupportable. Le côté flamboyant s’est perdu en route, et le final est une vraie gifle aux fans de la série. Pourtant, de temps en temps la magie opère, au détour d’une phrase ou d’un numéro musical plus travaillé. Malgré tous ses innombrables défauts, je sens que je vais regretter la série. (0)

once upon a time 02e21

Once upon a time s2 Voilà peut-être ma déception de l’année, la plus cinglante car inattendue. La première saison a été un vrai bonheur pour moi, entre la découverte du puzzle, du passé des personnages, les contes revisités… Et patatras, les auteurs n’ont pas su étendre l’univers sans briser la magie. Finis les puzzles, bonjour les intrigues soporifiques, les comportement incohérents mettant même en péril l’équilibre des personnages. Tout est simplifié à l’extrême, on veut faire du spectaculaire et de l’action avec des monstres, sans en avoir les moyens (la démonstration était pourtant limpide avec le dragon l’année dernière !), bref, on s’éloigne complètement de ce qui faisait la force de la série. Reste heureusement quelques bonnes idées, et de maigres épisodes pour redresser la barre en fin de saison, mais l’envie n’est plus là. Quel gâchis. (0)

On coule :

greys anatomy 913

Grey’s Anatomy s9 Année après année, je ne sais plus quoi dire sur cette série que je regarde plus par habitude que par envie. Après un léger mieux la saison passée, je me suis de nouveau profondément ennuyé devant ces intrigues prévisibles et des histoires médicales vues et revues. Le démarrage a été laborieux avant que l’humour ne revienne. Mais ce qui a définitivement plombé la série pour moi, ce ne sont même pas les personnages, c’est ce qu’on leur permet de faire. Mention spéciale au nouveau boulot d’Avery en fin de saison. De plus en plus incohérent. De moins en moins émouvant. (0)

girls 202

Girls s2 J’avais beaucoup de critiques à adresser aux girls l’an passé, mais je les attribuais à une erreur de jeunesse. Hélas, la série tourne déjà en rond, et il faut un certain masochisme pour avoir envie de regarder ces filles stupides, irresponsables démontrer leurs immaturités. Heureusement, de temps en temps, un épisode fait réagir, provoque une certaine réflexion. Mais l’inconstance demeure. Lena Dunham a déjà pris le melon. (0)

mentalist 508

The Mentalist s5 A part deux épisodes un peu plus travaillés que les autres, ce fut clairement la saison de trop pour Simon Baker. Les intrigues policières sont tellement simplistes et l’humour tellement dissimulé qu’on s’endort très rapidement. Pire, aucun membre de l’équipe n’arrive à développer une intrigue personnelle intéressante. Quant à Red John, vous voulez vraiment que j’en parle ? Les baffes se perdent. (0)

homeland

Homeland s2 Une fille insupportable, des artifices scénaristiques répétés, une histoire d’amour inexplicable… Plus le temps avance plus 24 renaît. Entre les épisodes bouche-trou et les incohérences, Homeland  s’est totalement perdu. On pourra cependant lui reconnaître une seule qualité : la volonté d’aller de l’avant, et de multiplier les rebondissements. Mais ses avancées ne sont pas du tout maîtrisées. (0)

White Collar mi-saison 2

Il n’est pas toujours facile de continuer une formule qui fonctionne. White Collar était une des très bonnes surprises de l’année passée : un excellent duo charismatique, de l’humour, de bons rebondissements, et un fil rouge tout à fait correct. Alors j’attendais impatiemment la saison 2.

La formule fonctionne toujours aussi bien. Elle est même reprise intégralement, tant dans la façon de concevoir les rebondissements que dans les personnages. L’épisode qui clôture la mi-saison est à cet égard emblématique de la trame de la série : Neal et Peter se font confiance tout en gardant des cartes dans leurs jeux. Pour ma part j’ai vraiment apprécié la connivence entre ces deux héros. Il est d’ailleurs montré plus d’une fois que ces deux-là se comprennent parfaitement (il y a une énorme alchimie, quand deux acteurs comme Matthew Bomer et Tim DeKay s’entendent bien hors écran, ça se voit). Je croyais à la fin du jeu du chat et de la souris, à l’évolution des personnages, mais la série retourne dans les mêmes mécanismes de confiance/mensonge près de la mi-saison. C’est bien, parce que c’est ce qui donne encore plus d’intérêt au duo, mais en même temps le mécanisme est devenu trop voyant pour ne pas être considéré comme grossier.

Si le show fait globalement du surplace, il y a quand même quelques petits changements :

Le retour de Diana (la middle(wo)man précédente, Natalie Morales,  n’ayant pas du tout été exploitée). J’ai d’ailleurs aimé l’effort d’intégration, notamment avec Mozzie, véritable icone du show.

Mozzie est d’ailleurs très bien exploité, et ses intrigues sont le point fort de cette première moitié de saison. C’est un personnage mystérieux rempli de tocs, lubies, obsession du secret, brillant, drôle et très attachant.

Un regret, tout de même, l’absence de Tiffany Amber Thiessen. Impossible d’échapper à sa maternité, l’écran vert et la déformation de son visage ne trompe personne. J’aurai aimé la voir davantage, car j’aime beaucoup le couple qu’Elizabeth forme avec Peter. C’est vrai que ce n’était déjà pas facile avant sa grossesse pour l’intégrer aux intrigues, mais j’espère que dans cette seconde moitié de saison nous la verrons davantage.

Côté fil rouge, on avance très lentement, les solutions apportées ne sont pas réellement satisfaisantes, mais on ne s’ennuie pas. Enfin, j’espère que le cliffhanger de cette mi-saison est trompeur, sinon, il va y avoir de la contestation dans l’air.

Au final, sans être décevante cette première moitié de saison est correcte. Je crois que c’est l’adjectif qui la définit le mieux. Pas de prises de risques sur une formule qui fonctionne, mais j’espère une seconde moitié de saison qui redresse un peu la barre. Ca serait dommage que passée la découverte du show et de son potentiel, on se mette à ronronner doucement.

Bilan de la saison 2009-2010 (US)

La saison télévisuelle américaine s’est désormais achevée, et il est temps de faire un petit bilan personnel. Une saison qui s’est finalement avérée un peu mieux que la catastrophe prévue. Vous trouverez en liens des critiques plus détaillées sur certaines séries (Monk, Lost, 24, Parenthood, Life Unexpected, White Collar, V, Men of a certain age, Modern Family, The Mentalist, Chuck, The Big Bang Theory, et House)

J’aurai pourtant essayé beaucoup de séries cette saison, j’en avais déjà parlé lors de mon bilan mi-saison :

Le domaine médical n’a visiblement pas bien réussi cette saison : Trauma, Three Rivers mettent l’accent sur le spectaculaire, tandis que Mercy revisite la profession d’infirmière (qui comme chacun le sait a son diplôme de médecine en poche). Bref, c’est à se demander si quelqu’un sait encore parler de problèmes de santé en dehors de House, depuis la fin d’ER.

Du côté juridique, vous me direz, on a bien tenté un croisement avec Grey’s anatomy, ça s’appellait The Deep End. Mais l’audience médiocre n’aura pas permis d’en voir beaucoup plus. De mon côté j’ai lâché l’affaire dès la fin du pilote, les personnages n’étant pas du tout attachants. Le monde des avocats est-il trop froid pour en faire quelque chose de plus léger ? Non, puisque Ally Mc Beal était drôle et attachant. La copie est donc à revoir. Et vu les upfronts – j’en reparlerai – on est davantage dans une période plus acerbe et sarcastique (J’adore House mais il faudrait voir à ne pas en mettre partout).

De toute manière, cette saison c’était aussi la tentative de reprendre les vieilles recettes. Avec la fin de Lost, Flashforward aurait du logiquement prendre sa succession. Mais quand on a un cast aussi peu charismatique, et des flashbacks réutilisés toutes les 10 minutes, on ne peut que zapper.

J’avais misé beaucoup d’espoir sur des séries de mi-saison. Pourtant entre les promesses sur le papier et le résultat à l’écran, le décalage fut énorme. Par exemple, Human Target devait être une série d’action avec McG aux commandes. Mais le héros est vraiment trop sûr de lui, indestructible, pour que je ressente le moindre intérêt au show. Autre exemple : Happy Town. Des mystères de disparitions et de meurtres dans une petite ville, avec un joli cast (des acteurs d’October Road, Amy Acker, Sam Neil), a priori ça devrait donner quelque chose de palpitant. Mais au final ça m’a fait penser à un sous Harper’s Island (qui lui-même était déjà très caricatural). Pauvre Amy !

Au rayon sitcom, j’ai essayé Community mais je n’ai jamais accroché aux délires de la série. On aura beau me dire que la série fait des références à la pop-culture, fait de l’auto-dérision, ça reste de l’humour ras les pâquerettes. Mais dois-je préciser que j’adore Arrested Development ? Peut-être lui redonnerai-je une chance un jour.

J’avais aussi tenté le retour de Kelsey Grammer (fan de Frasier oblige), mais Hank n’avait rien de percutant. Pour rire, il aurait fallu des dialogues davantage ciselés et surtout des acteurs talentueux pour lui donner la réplique. Dès les premières minutes, c’était une série sous-budgétisée. Dommage !

Enfin, j’ai également tenté Gravity, agréablement séduit par le thème et les acteurs (forcément, j’ai beaucoup aimé Yvan Serguei dans Les Repentis). Faire une série sur le suicide et le mal de vivre fallait oser. Malheureusement, j’ai trouvé ça très creux, et très inégal. Alors que certaines scènes sont bien trouvées, d’autres ne dégagent aucune émotion. Je suis vraiment embêté, parce qu’il arrive parfois qu’on a très envie d’aimer une série, mais qu’on y arrive pas.

Commençons par la fin

Cette saison, une page se tourne. Lost et 24 tirent leur révérence. L’une en ayant une dernière saison controversée, mais que j’ai pourtant adoré (il suffit de lire ma critique pour comprendre), l’autre en étant toujours aussi décevante.

Deux manières originales différentes de concevoir une série en utilisant le facteur temps pour détourner les contraintes habituelles (et en créer d’autres). Deux séries qui auront marqué la décennie 2000, et qui ne seront pas si facilement remplaçables.

Cette saison fut aussi l’occasion de dire adieu à Monk. Je passe sur la résolution du fil rouge de la série, vraiment décevante sur le motif, ce qui a minimisé l’impact émotionnel. Il est vraiment dommage d’avoir prolongé cette série indéfiniment, au point que son arrêt soit passé inaperçu.

Une autre série prolongée artificiellement, parce qu’elle n’avait plus rien à raconter, fut Heroes. Cette dernière saison n’aura rien changé, même si j’ai apprécié l’arrivée de Robert Knepper (T.Bagwell dans Prison Break). Je ne vais pas enfoncer le clou, tant cette série fut une déception après une si belle  entrée en matière. Aucune psychologie des héros, juste de la mise en scène pour montrer les pouvoirs des différents protagonistes, et des rebondissements capillotractés. Difficile de s’attacher à cette série que j’ai suivi pour avoir une fin. Une fin à l’image de la série, qui n’apporte rien. Mais il parait qu’un téléfilm est en prévision. Espérons que ce ne soit pas comme celui de Prison Break.

Une saison aura suffi à développer une petite sitcom sympathique, Accidentally on purpose. « Drôlement » bien ajustée, elle doit évidemment beaucoup à Jenna Elfman. Je ne pense pas vraiment la regretter puisque les auteurs ont eu le bon goût de clôturer l’histoire. L’ensemble forme un tout très cohérent, et même si c’est finalement très conventionnel, j’ai beaucoup ri.

Enfin, ce fut aussi l’arrêt de Dollhouse, qui n’en finissait plus de développer son potentiel, avec une saison 2 brillante, tout simplement. Joss Whedon avait encore raison.  J’attends les DVD avec impatience. Et quoi que vous puissiez en penser, Eliza Dushku me manque déjà.

Du neuf avec du vieux

Cette année encore, on a utilisé de vieilles recettes. Et pour certaines séries ça a plutôt bien marché, puisque j’ai eu quelques coups de cœur.

Parenthood, d’abord, qui aura su rendre à la série familiale toute ses lettres de noblesse. En plus d’avoir un cast parfait, une vraie alchimie, elle sait être émouvante et drôle. Attention tout de même à ne pas tomber dans l’excès d’optimisme, mais que ça fait du bien d’avoir une série qui donne un peu d’espoir. Si vous n’êtes toujours pas convaincus, allez voir ma critique.

Autre coup de cœur cette saison, Life Unexpected. Si vous avez la nostalgie des séries de la WB, cette série est peut-être celle qui s’en rapproche le plus. Emouvante bien que parfois prévisible, attachante, psychologiquement cohérente, elle développe des histoires romancées sur l’éducation et la responsabilisation sans ostracisme. Finalement, elle sait bien s’adapter à son temps. En ajoutant une pincée de romance et de bonne humeur, il n’en fallait pas plus pour que je tombe sous son charme.

Dans un autre registre, White Collar aura également su me charmer. Il était temps que je trouve une série réussie sur les escrocs, avec une aussi belle alchimie entre les acteurs. Je n’oublie cependant pas quelques épisodes moins réussis que d’autres, et un final peu satisfaisant, mais dans l’ensemble je n’ai pas boudé mon plaisir.

Comment dresser un portrait attachant de quadragénaires masculins ? Tel fut le défi relevé avec brio par Men of a certain age sur TNT. Cette magnifique série m’aura enchanté de bout en bout, notamment par son cast fabuleux (Scott Bakula, Andre Braugher, sans oublier Ray Romano qui fut une vraie bonne surprise). Dotée d’un ton sensible sans tourner au ridicule ses personnages (ce n’est pas un mockumentary, ouf !), la série pose son rythme, et renvoie intelligemment à notre propre existence. Une vraie pépite.

Enfin, la dernière surprise fut le remake de V. Je m’attendais à quelque chose de catastrophique, alors peut-être que ça m’a rendu plus clément. Mais même si la série accumule les défauts (cast dans l’ensemble peu charismatique, rythme élevé oubliant de donner de la profondeur aux thèmes et aux personnages, effets spéciaux peu crédibles), elle n’en reste pas moins plutôt agréable à suivre. (Merci Morena Baccarin, d’ailleurs, pour sa très bonne prestation !). Et maintenant je me demande bien comment ils vont se détacher de l’histoire originale.

Une petite forme

Au rayon des déceptions, cette année, figure en premier lieu Fringe. Oui, je sais, vous allez me dire que la saison s’est bien rattrapée sur la fin. Mais c’était trop tard. En fait, je me rends compte avec le recul que je n’ai jamais eu une saison à la hauteur de la précédente. Je voulais des loners réussis. Manque de bol, la quasi-totalité des loners de cette saison sont complètement ratés. 

Fringe a réussi le tour de force de m’endormir plusieurs fois cette saison. Quant au fil rouge, je cherche encore les raisons pour lesquelles je n’ai vraiment pas été fan. Est-ce parce qu’il s’agit d’un mélange entre des thèmes vus et revus ? Est-ce parce que le final est beaucoup trop prévisible, et cliché ? Quelque chose s’est cassé dans la mécanique de première saison, peut-être est-ce du au fait que Joshua Jackson est devenu subitement agent sur le terrain et monsieur réponse-à-tout ? Qu’on a tenté de nous vendre une romance qui n’avait rien à faire là ? En tous cas je sais que ce qui m’a manqué cette saison, c’est un vrai développement des intrigues. Et alors que sur le fond l’univers de Fringe est cohérent, sur la forme, il y aurait beaucoup de choses à revoir : du rythme, un peu plus d’humour (la série est nettement plus triste cette saison), des scènes qui exprimeraient un peu plus le ressenti des personnages (parce qu’ Olivia Dunham reste froide, quelque soit son habillement, tout comme Peter). Même John Noble m’a déçu cette année, lui qui était pourtant ma raison principale de regarder la série. Pourquoi avoir mis en retrait son humour et avoir assombri son personnage ? Le résultat est que je ne sais pas si je vais continuer de regarder la série l’année prochaine. Si je continue, ça sera probablement par défaut (absence de fantastique à la télé, et/ou pas de nouvelles séries intéressantes).

Une autre série constamment en sursis, c’est How i met your mother, que je continue de regarder par habitude plus que par plaisir. Que dire sinon que cette saison supplémentaire aura été médiocre, avec des gags lourdingues (et qu’on nous répète pendant tout un épisode, en plus), et des personnages qui sont tous devenus irritants. Dois-je mentionner aussi que la série continue de nous escroquer avec une « mother » qui n’est même plus évoquée ? Seuls subsistent quelques rares moments sympathiques, distillés ça et là. Je n’ai qu’une hâte : que la série se termine, avec au moins un épisode qui nous montrera la fin de cette histoire qui n’en est pas une.  Et qu’on cesse de nous rabacher qu’elle est le nouveau Friends, par pitié !

Je ne reviens pas sur Dexter, je n’ai finalement pas grand chose de plus à ajouter à mon bilan d’automne. Je suis curieux de voir comment la saison 5 va repartir.

Des compagnons inconstants

Grey’s anatomy aura vécu une saison chaotique. Rafraichissante en début de saison, elle aura repositionné ses personnages, apporté de nouvelles dynamiques. Hunt et Robbins deviennent intéressants, de nouvelles têtes arrivent. Et puis les histoires doivent être réécrites suite au départ soudain de Katherine Heigl. La seconde moitié de saison aura de longs moments de flottements, mais une fois encore la fin de saison est réussie. Tandis que l’épisode final marquera les mémoires, tant c’est une rupture de ton. Un épisode bourré de suspense et d’hémoglobine (peut être trop!), qui me rappelle un peu le fameux épisode d’ER en sixième saison (Be Still my heart, avec Kellie Martin).

The Mentalist, aura su faire une bonne saison 2, malgré une deuxième partie de saison moins intéressante que la première. Je n’oublie, pas, en effet, un arc bien amené, au final captivant, qui compense l’arrivée d’un personnage maladroitement exploité. Mais cette part de mystère aura peut-être sa signification en troisième saison. De toutes façons, j’ai encore une fois pris un grand plaisir à suivre les enquêtes d’un grand manipulateur.

Modern Family, nouvelle série comique encensée par les critiques, a su ne pas trop appuyer son mockumentary pour rester une série qui peut rire avec ses personnages. Les épisodes ne sont pas tous réussis, mais Ty Burrell mérite le détour.

Les valeurs sûres

Chuck c’est toujours le cocktail réussi de romance, d’action, d’humour. S’il y avait bien une inquiétude à ce sujet à la fin de la saison 2, c’est que les scénaristes n’arrivent pas à se dépêtrer du guépier dans lequel ils venaient de mettre leur héros. Il n’en est rien, la saison 3 aura permis de me procurer des moments de plaisir intenses en bouleversant les relations entre les personnages. Cette tactique est évidemment à double tranchant, puisqu’elle risque de réduire le nombre de rebondissements possibles. Mais je ne vais pas pour autant regretter cette orientation : les personnages sont au top de leur forme (excepté au BuyMore), mon côté shipper a été repu, et le rythme est toujours là. Bien sûr je pourrai regretter 2 guest stars, mais si ça a permis d’en arriver là, pourquoi pas. Au final, j’appréhende la saison 4. Mais j’espère qu’une fois encore, j’aurai eu peur pour rien.

Quant à House, me direz-vous ? Cela fait maintenant chaque saison qu’on nous dit que la série décline. Il n’en est rien. Cette saison aura davantage développé les personnages environnant House, en apportant des histoires plus intéressantes. Je regretterai tout de même le départ d’un des personnages clés de la série (n’en déplaise à ses détracteurs), mais je me dis qu’un retour n’est pas impossible. Une équipe recentrée, un House « modifié », de quoi se concentrer sur l’écriture de chaque épisode. Et cette saison en aura apporté d’excellents, que ce soit en début ou en fin de saison, et je n’oublie pas quelques cas médicaux bien tordus comme je les aime. J’ai d’ailleurs particulièrement apprécié un épisode particulier qui donnait un éclairage tout à fait différent sur la série, en donnant de multiples niveaux de lecture (épisode 6.13 – 9 to 5). Sans révéler la fin de saison, on pourra regretter le fait que House se soaperise un peu, mais le fait est que ça aura permis de donner à Hugh Laurie une prestation magistrale, qui fait voler en éclats son personnage à la toute fin de saison. Reste l’avenir, et d’après ce que j’en ai lu, les scénaristes vont persister dans cette nouvelle voie, et je suis vraiment optimiste. Parce que House n’a pas encore fini sa mutation, et qu’il sera intéressant de le voir se confronter à de nouvelles réalités, loin de ses habitudes. Donc, oui, je suis toujours aussi fan, et j’ai très hâte de voir cette saison 7.

La saison 3 de Big Bang Theory aura beau avoir été inconstante, je n’oublie pas les nombreux fous rires que la série m’aura encore apporté cette année. Oui, la geekerie est une excellente ressource comique même si cette saison elle fut un peu plus en retrait. Mais la série a su faire évoluer ses personnages, sans les casser, et ça n’était pas facile. Cette saison, s’il y a bien une sitcom que j’attendais impatiemment chaque semaine, c’était Big Bang Theory. Sans le moindre doute. J’en profite pour crier mon mécontentement envers le sort réservé à la série en France: entre la VF absolument effroyable et les coffrets DVD disponibles uniquement dans une seule enseigne, à un prix prohibitif, il y a de quoi pleurer amèrement.

Toujours en cours

Je finis ce tour d’horizon de la saison en parlant des autres séries que je regarde en ce moment, et qui ne sont pas terminées. J’y reviendrai sans doute dans des billets détaillés à la fin de leur saison. Je reviendrai aussi probablement sur The Pacific, la mini-série d’HBO sur la guerre du Pacifique. (Je ne l’ai pas encore terminée).

Tout le monde entend parler de Treme, par les créateurs de The Wire. Treme se passe à la Nouvelle-Orléans, après l’ouragan Katrina, et la série sait nous plonger lentement et délicatement dans ce monde musical. J’ai à vrai dire, eu un peu de mal à me mouiller, bien que j’aime beaucoup le jazz New Orleans (j’ai baigné dedans en étant petit). Il me fallait un peu de temps pour m’accorder à la température, la série voulant réaliste, mais surtout très peu rythmée. Et c’est quand j’ai enfin aimé certains personnages (Davis le passionné et Annie l’amoureuse), que je me suis aperçu que j’avais un problème avec le regard politique de la série. A en croire les personnages, tout ce qui leur arrive est la faute des autres : les politiciens -locaux et nationaux, la police, les touristes qui n’y connaissent rien. Pire, il ne fait que très peu mention de la criminalité effroyable qui règne dans la ville. Voir des touristes se balader dans les quartiers chauds et en revenir tout guillerets parce qu’ils ont vécu une expérience sensationnelle, ça m’a un peu chatouillé. A force de dépeindre la Nouvelle Orléans comme une cité martyre où il y fait pourtant bon vivre, je me suis dit qu’on était plus dans le réalisme, mais dans la propagande. Je peux comprendre la passion, j’adore lire, regarder ce qui a été fait par des passionnés, mais je n’aime pas quand on nous présente qu’une seule version. Mais peut-être que la série va revenir sur cet état d’esprit. Je l’espère en tous cas. J’en suis au 7è épisode, et juste parce que j’ai envie de parler frivolités après la politique, Lucia Micarelli, moitié coréenne, moitié italienne, est plutôt jolie en plus d’être très bonne violoniste.

Je reviens aussi sur la saison 2 de Party Down, la série comique déjantée de Starz. Je suis ravi de revoir les personnages pour l’instant, même si je n’adhère pas au remplacement de Jane Lynch par Megan Mullaly, et que j’aime moins la mise en retrait de Lizzy Caplan. Ca reste drôle, même si je trouve que la série a un peu perdu de son éclat. A voir pour la suite.

En conclusion, cette saison télévisuelle aura eu des moments extrêmement forts. J’en conserverai : la fin de Lost et de Dollhouse, les arrivées de White Collar, Life Unexpected, Men of a certain age et Parenthood, le final de la saison 6 de Greys’ anatomy, la très bonne saison de House avec les deux premiers épisodes, le départ d’un personnage, l’épisode centré sur Cuddy et le final bouleversant, les moments Penny/Sheldon dans Big Bang Theory, l’arc Sam Bosco de The Mentalist, les moments shipper de Chuck et les révélations…

Et vous ?

The Mentalist – saison 2

A ses débuts j’avais aimé CSI parce qu’elle apportait ce côté scientifique irréfutable, parce qu’elle permettait de reconstituer peu à peu le puzzle. Mais au bout de 3-4 saisons, la lassitude m’a gagné : il me manquait cet aspect malin, le fait que l’enquêteur puisse à son tour agir, et ne pas attendre que la preuve lui tombe devant le nez. Et puis surtout, il me manquait des personnages un tant soit peu attachants. Grissom ne me suffisait pas.

J’avais donc particulièrement apprécié The Mentalist la saison passée, retrouvant un peu espoir dans les séries policières alors que nous sommes toujours en pleine déferlante de séries médico-légales. Enfin un héros intelligent, au charisme indéniable, entouré d’une équipe avec du potentiel. Car The Mentalist c’est un peu un retour aux sources du genre policier.

Vous savez, le type qui déduit assez rapidement l’assassin, et conserve sa longueur d’avance pour le piéger en fin d’épisode. Simon Baker incarne parfaitement Patrick Jane, ce brillant manipulateur qui prend du plaisir à agir dans le dos de sa chef, Teresa Lisbon (Robin Tunney). Il est également impertinent, se soucie peu de ménager la susceptibilité de l’entourage de la victime, et aime prendre l’avantage dans ce qu’il considère comme un jeu. C’est ce jeu là qui rend le match passionnant. Un peu comme Columbo dont on est sûr qu’il parviendra à démasquer le coupable. D’ailleurs le clin d’œil est évident quand on s’aperçoit que sa voiture est une vieille Citroen.  Je suis en revanche moins intéressé par le côté noir du personnage. La famille de Patrick Jane a été massacrée par un serial killer (Red John),  et Patrick Jane n’a qu’un objectif : se venger (et non pas l’arrêter). Bon le serial killer non identifiable et insaisissable, on a vu ce que ça a donné quand il se prénomme Jack of all trades (Profiler). Et j’avoue ne pas être très passionné par ce fil rouge.

La saison 2 a été la confirmation de tout ce que je pensais sur la série.

Red John, c’est toujours pas pour moi, et le dernier épisode même s’il semble donner des indices est trop flou pour me happer complètement.

En revanche, j’applaudis les autres arcs de la saison : l’arrivée  de Sam Bosco (Terry Kinney, Oz) est probablement ma préférée. Elle a permis d’explorer efficacement les personnages de Teresa Lisbon et Patrick Jane. Et puis j’ai toujours eu un faible pour Robin Tunney qui a enfin trouvé un rôle plus intéressant que celui de Prison Break, tout en continuant de recevoir quelques prix cinématographiques.

Donner plus de profondeur aux personnages, c’était l’objectif de la saison, et le pari a été gagné. Même pour Kimball Cho, mon petit chouchou, terre-à-terre, doté d’un sens de l’humour très froid, le genre Casey (Chuck) en moins grognant. (j’en aurai voulu plus, mais ça sera pour la saison 3 certainement). Même pour la romance entre la méthodique Grace Van Pelt et le naïf Wayne Rigsby.

Les épisodes ont été assez inventifs en début de saison, avec des rebondissements intéressants (voire même palpitant), même si je déplore quelques épisodes assez conventionnels en seconde partie de saison. Mon épisode préféré restera la résolution de l’arc Bosco. J’en ai eu le souffle coupé.

Globalement j’ai donc adoré la saison, avant qu’elle ne vienne chercher une sorte d’alter ego à Jane, la medium Krystina Frye (Leslie Hope, 24). L’idée était intéressante sur le papier. Patrick Jane aime faire croire qu’il est médium, pour lui l’occulte est une escroquerie, alors quand il rencontre quelqu’un qui est capable d’arriver au même résultat que lui, il est bluffé…et charmé. Problème : j’aurai aimé avoir un match, ou découvrir le truc. Mais peut-être que tout cela était à dessein (vu le dernier épisode) et nous en saurons vraisemblablement plus la saison prochaine. En l’état, j’ai trouvé l’intrigue et son intérêt tronqués.

Au final, The Mentalist – saison 2 – a parfaitement rempli son office de série policière. Parfois brillante, souvent conventionnelle, mais toujours efficace, et très charmante. Avec White Collar, qui ne se consacre qu’aux escroqueries, elle constitue une parfaite alternative aux séries policières médico-légales qui monopolisent le spectacle audiovisuel (excepté peut-être Castle que j’ai peut-être arrêté trop vite, mais qui n’opérait pas sur moi le même charme que The Mentalist, malgré la présence de Nathan Fillion).

Je serai là pour la saison 3, évidemment, mais avec tout de même la peur que la lassitude ne s’installe, car le fil rouge sur Red John pourrait ne pas réveiller mon intérêt.