[Pilote US] Off The Map

Après la médecine à l’hôpital (Grey’s Anatomy) et la médecine de ville (Private Practice), voilà qu’on nous propose la médecine… de brousse. Enfin, quelque part en Amérique du sud.

Si le concept ne m’enchantait pas plus que ça, je dois avouer que le pilote fut assez rafraichissant.

Ici, les médicaments se font rares, on donne de l’ibuprofène à tour de bras, on a la chance d’avoir des traitements antituberculeux, mais pas de bronchodilatateur. On manque évidemment de poches de sang pour certains groupes sanguins. La langue est un obstacle majeur à la compréhension, tout comme les différences culturelles.

Réaliste ? Je ne saurai dire. Le fait est que je trouve qu’il y a moyen de raconter des histoires de la médecine des années 50, celle où il fallait vaincre les réticences des patients, mais où le médecin était encore reconnu pour son savoir (et remercié avec les moyens du bord). C’est de la médecine ingénieuse, du bricolage. Un temps où le risque était pris parce qu’il n’y avait que ça pour faire avancer les techniques médicales, un temps où les médecins n’étaient pas davantage préoccupés par le besoin de se couvrir juridiquement. Et le pilote nous le rappelle.

Oui ce retour en arrière me plait. Il permet de lancer quelques questions et réflexions sur la médecine. J’aurai préféré une série médicale historique, mais au fond pourquoi pas : au lieu d’une reconstitution, nous voilà plongés dans un décor de jungle. (Il est d’ailleurs amusant de savoir que la série est en fait tournée à Hawaii).

Le problème, c’est que le pilote tente l’esbrouffe. Si je peux comprendre le côté casse-cou de certains médecins, j’ai en revanche plus de mal avec le côté démonstratif (un sauvetage au-dessus des arbres, vraiment ?). Mais ce sont des défauts qui peuvent se corriger une fois l’effet de découverte estompé. J’ai un peu peur également qu’au lieu de me retrouver avec une médecine ingénieuse, je finisse avec une série à la Mac Gyver. Le bricolage, c’est sympa, mais ça a ses limites.

En revanche, je ne m’attendais pas à aimer autant les personnages. Si évidemment le pilote se sent obligé d’expliquer pourquoi les 3 recrues sont arrivées dans ce coin perdu, j’ai beaucoup aimé leur tempérament. Un peu moins le côté grande gueule des résidents actuels, cependant. Si le pilote garde en réserve une part de mystère sur ceux-là, même si ce n’est pas ça qui va me faire revenir, pourquoi pas.

En fait, plus j’y pense et plus j’aime le cast. Mais là je dois vous avouer aussi que je ne pourrai pas être impartial. J’adore Caroline Dhavernas. J’aurai voulu la voir dans un rôle plus ébouriffant, mais hé, c’est déjà pas mal, et la revoir à la télé depuis Wonderfalls ça n’a pas de prix. Caroline, tu m’avais manqué. Et puis il y a les attendus, comme une partie du cast de What about Brian avec la sympathique Rachelle Lefevre, et Jason Winston George, décidément bien à l’aise avec son bagout habituel (oui je fais partie des rares personnes à avoir apprécié la série). Il y a même un ancien de Friday Night Lights, Zach Gilford. La bonne surprise, c’est la présence de Mary Willa « Mamie » Gummer (la fille de Meryl Streep), qui m’avait déjà marqué dans The Good Wife.

J’avais l’impression, à en lire quelques réactions sur le net, que le pilote allait être un désastre. Il n’en est rien. J’ai trouvé l’ensemble nettement plus intéressant et plus charmeur que celui de Private Practice par exemple. Alors oui, c’est calibré, millimétré, on sent la patte de Shonda Rhimes, mais j’aime les personnages, j’aime le concept même si je dois fermer les yeux sur le côté démonstratif, un poil plus sanglant et abracadabrantesque de certaines scènes. Peut-être aussi que l’effet découverte a joué son rôle, je n’avais rien vu mis à part le trailer.

Ça sera donc un oui, avec un soupir de soulagement, notamment grâce au cast (et je sais que je ne suis pas objectif sur ce coup-là). Et puis ça tombe bien, je commence à saturer du côté de Grey’s Anatomy.

Upfronts 2010 : ma sélection

Il est toujours hasardeux de faire des pronostics sur la base de trailers, de pitchs, de casting ou de réalisateurs. Mais quand on est fan de séries, ça fait partie du plaisir, de se dire que peut-être cette série-ci ou cette série-là sera une de mes grandes joies télévisuelles la saison prochaine.

Je ne vais donc pas vous parler des upfronts en totalité, mais juste de ce qui est susceptible de m’intéresser. Je suis prêt à me renier la saison prochaine, ne vous inquiétez pas.

On commence avec la CW, qui nous offrira un remake de Nikita, avec Maggie Q. Pour ceux qui ont vu Naked Weapon, je pense qu’il y a là de quoi fantasmer un peu sur une série d’action sexy. Et puis il y a aussi Shane West (Once and Again), un acteur que j’aime beaucoup, et Melinda Clarke (The OC), Xander Berkeley (24). Évidemment il faut relativiser, on est sur la CW, comme le prouve ce trailer mal monté. Mais peut-être aura-t-on une belle surprise ?

On continue avec ABC, qui nous offre une comédie avec Matthew Perry, qui incarne le manager quadragénaire d’une arène sportive. Ça s’appelle Mr Sunshine, et on y trouve également la talentueuse Allison Janney (The West Wing) et la jolie Andrea Anders (Better Off Ted). Le trailer donne un aperçu du potentiel comique, mais comme toujours difficile de juger. A tester, donc.

Sur ABC toujours : Happy endings semble être une comédie plus conventionnelle sur un groupe d’amis de longue date qui a vécu dernièrement la séparation d’un de leur couple. Les gags ont l’air vus et revus, mais je trouve que ça reste sympathique. On y retrouve notamment Elisha Cuthbert (24) et Eliza Coupe (Scrubs).

Du côté drama, chez ABC, je retiens 2 nouveautés. La première ne surprendra personne, No ordinary Family semble être la série qui fait le plus de buzz actuellement. Mais je tempère cet enthousiasme, parce que si le cast est plus qu’alléchant (Michael Chiklis (The Shield), Julie Benz (Buffy,Angel, Dexter), Autumn Reeser (The OC)), je trouve malheureux qu’on nous raconte encore une histoire de super-héros qui découvrent des pouvoirs, qui vont devoir se cacher et qui vont lutter contre le crime. Tout ça dans l’objectif de nous montrer avant tout des effets spéciaux (d’après la bande-annonce en tous cas). (Peut-être que The Cape, une autre série de super-héros sur NBC, sera meilleure, mais la bande annonce ne donne pas du tout envie, malgré la présence de Summer Glau)

Enfin, je retiens aussi Off The Map. Soyons clairs, j’ai pas adhéré à Private Practice. Alors quand Shonda Rhimes (Grey’s Anatomy) nous a proposé encore une nouvelle série médicale, j’étais un peu circonspect. Mais la présence de l’excellente Caroline Dhavernas (Wonderfalls) a suffi à me redonner de l’intérêt. Et le reste du cast n’est pas mal non plus : Jason George (what about Brian), Enrique Murciano (Without a trace). Reste à voir si transporter de jeunes médecins dans la jungle au milieu de nulle part a un véritable intérêt scénaristique.

Du côté de NBC, je retiens également la série comique Friends with Benefits. Oui, je sais encore une série sur des amis qui ont couché, couchent, ou coucheront ensemble. Il n’empêche, la série a du potentiel : l’extraordinaire Ryan Hansen (Veronica Mars, Party Down), Danneel Harris (One Tree Hill), et aussi Fran Kranz qui retrouve un joli rôle après sa révélation dans Dollhouse. Et quand on sait qu’il y a derrière tout cela les personnes à l’origine d’Arrested Development et du film 500 Days of Summer, il y a de quoi être curieux.

Toujours au rayon des séries comiques, Outsourced nous promet une fois encore le décalage entre une société occidentale et orientale. Ca a l’air assez drôle, et rafraichissant. A voir sur la longueur, évidemment, en espérant qu’on ne tombe pas dans une déferlante de clichés. Mais le pitch de base est vraiment intéressant : un américain est obligé d’aller en Inde pour diriger une équipe dans un Call-Center. Il est juste dommage que l’acteur principal soit un peu transparent, mais ça n’est qu’une première impression, bien sûr. En tous cas j’ai hâte de voir le résultat. La série bénéficie d’un bon buzz pour l’instant.

Du côté drama, la série que j’attends le plus cette saison est The Event. Jason Ritter au coeur d’un complot gouvernemental, ça me botte bien. Bien sûr rien de bien original sur le fond, mais j’adore Jason Ritter, génial dans tous ses rôles (Joan of Arcadia, The Class, Parenthood). Et puis les séries feuilletonnantes se font de plus en plus rares. La bande-annonce est particulièrement soignée et efficace. Vous rajoutez à cela Laura Innes (ER), un Scott Patterson méconnaissable (Gilmore Girls), Zeljko Ivanek (Heroes)… Je suis impatient de voir ça.

Enfin, alors que les rumeurs d’un remake d’Alias non feuilletonnant font grand bruit, JJ Abrams propose sur NBC Undercovers un cocktail à la Mr & Mrs Smith. Une série d’action-espionnage autour d’un couple d’espions qui assument vouloir le grand frisson. Des inconnus en tête du casting, des explosions, en bref, du savoir-faire. J’espère que Chuck n’a pas du souci à se faire.

Passons maintenant à la Fox, qui pour le coup, n’a que des séries comiques qui m’intéressent.

Vous y avez cru ? Mais non ! Bien sûr, Ride Along le nouveau drama de Shawn Ryan (The Shield) figure en tête de liste de mes priorités. Avec un tel savoir-faire aux commandes, on se dit qu’on ne peut pas être déçu, même si la bande-annonce n’en montre pas trop. Et puis Jennifer Beals (Flashdance) à la tête de la police, voilà de quoi être curieux.

J’en arrive maintenant aux comédies de la FOX :

Raising Hope est en quelque sorte la résurrection de My Name is Earl. Normal, avec Greg Garcia aux commandes. On y retrouve le même humour un rien redneck et trash, le même genre de caractères, dans une histoire sur un père qui doit s’occuper de son bébé tout seul… et à l’aide de sa famille pas très coopérative. Ca me fait très plaisir de voir Garrett Dillahunt dans un rôle à contre-emploi (il m’avait épaté dans Terminator : the sarah connor chronicles), et de revoir Shannon Woodward (the Riches). La bande-annonce parle d’elle-même :  c’est vraiment très drôle, mais ils risquent de mettre les services sociaux et les associations familiales en colère.

Enfin, dernière série à avoir attiré mon attention sur la FOX : Running Wilde. Forcément, c’est écrit Arrested Development en gros, je ne pouvais passer à côté. L’excellent Will Arnett incarne un riche playboy qui tombe amoureux d’une alter-mondialiste , jouée par Keri Russell (Felicity). Si sur le papier ça semble très bon, je trouve que le trailer qui a été diffusé ne montre pas beaucoup d’alchimie entre les deux protagonistes. Difficile d’intégrer Will Arnett tant son jeu est « à part ». Mais nous verrons bien, ça peut être une des surprises de la saison.

Pour terminer, un petit tour du côté de CBS :

Même si Bleep my dad says bénéficie de beaucoup de buzz avec cette histoire inspirée d’un compte Twitter, j’ai trouvé ça trop plat pour me donner envie de regarder, William Shatner ou non. Enfin, alors que Chuck Lorre est aux commandes, je m’attendais à un meilleur « Mike and Molly » dont la preview n’est pas du tout drôle.

Du coup, la seule nouveauté un tant soit peu attirante est le remake d’Hawai police d’Etat : Hawaii Five O. Je sais, remake + Alex O’ Loughlin, ça donne de quoi avoir peur. Mais la bande annonce est particulièrement efficace. Si, si, vous n’avez pas l’air d’y croire, j’étais moi-même circonspect, mais ça l’air d’être de bonne tenue : Et puis j’aime beaucoup Daniel Dae Kim (Lost) et Grace Park, (Battlestar Galactica) donc je ne pense pas les louper.

Au final, mes 5 plus grandes attentes seraient donc The Event, Off The Map, No ordinary family, Undercovers, Ride Along. Mais si ça se trouve, j’ai écarté dans cette sélection une série qui va me faire chavirer. Suspense !

White Collar – saison 1

White Collar a été la bonne surprise de la saison passée. Personne n’attendait vraiment ce show. Encore une série policière ou une série sur des escrocs comme Leverage ?

Pourtant à y regarder de plus près, il y avait déjà quelques indices. Sont présents : Tim de Kay qui était épatant dans Carnivàle, Tiffani Amber-Thiessen qui me manquait depuis What about Brian, et enfin Matthew Bomer, le regretté Bryce Larkin dans Chuck. Du bien beau monde, il ne restait plus qu’à les voir à l’oeuvre. Le résultat est sensationnel puisqu’il s’agit certainement pour chacun des 3 acteurs de leur meilleur rôle à la télévision. Mieux encore, il s’opère rapidement une véritable alchimie, vous savez ce petit plus qui fait qu’on s’attache rapidement à une série.

L’histoire permet de former l’ un des plus beaux duos de la télévision actuelle. Neal Caffrey est un escroc/faussaire extrêmement doué qui bénéficie d’une libération sous surveillance (via GPS aux chevilles) en échange de coups de main pour Peter Burke, qui travaille le FBI. Evidemment quand on joue au chat et à la souris depuis si longtemps, il n’est pas si facile de se faire confiance. L’un et l’autre sont donc très malins dans les informations qu’ils s’échangent, ils se surveillent, et testeront la limite de leur nouvelle « amitié ».

La série est donc drôle et jubilatoire quand elle exploite ce duo. D’autant que si Neal Cafrey a le physique et les manières parfaites, « la cool attitude » en toutes circonstances, ça a tendance à déconcerter Peter Burke qui lui ne se débrouille pas aussi bien. Fort heureusement Peter Burke a pour lui une femme intelligente qui sait l’épauler. Leur amour est d’ailleurs traité de manière très convaincante. Pour ma part je regrette d’ailleurs que l’on ne voit pas plus sa femme Elizabeth à l’écran.

Au delà de ses personnages très charismatiques, la série repose sur des intrigues relativement bien ficelées. L’univers des escrocs, de la manipulation, des mensonges et des astuces est quand même plus séduisant que l’univers froid des morgues. Et c’est en cela que la série est rafraichissante. J’avais abandonné Leverage au bout de quelques épisodes parce qu’elle n’arrivait pas à trouver des résolutions d’intrigue captivantes, qu’elle n’avait pas assez d’humour et que j’avais du mal à ressentir une quelconque alchimie entre des personnages pourtant bien typés. White Collar a surpassé tous ces défauts.

Enfin, la série a su exploiter un fil rouge, jouer avec quelque mises en scène pour nous tromper, bref, elle a su donner à son public ce qu’il attendait : de la complicité.

Malgré tout, la série n’est pas parfaite : tous les épisodes ne sont pas forcément du même tonneau, et surtout, le final de cette première saison est vraiment décevant. Bref, il reste quelques efforts supplémentaires à faire pour que la qualité reste constante.

Mais que cela soit dit, cela ne m’empêche pas d’être très impatient d’arriver début Juillet pour la seconde saison. A titre d’informations, le DVD zone 1 de la première saison devrait paraître à cette occasion, et il y aurait des sous-titres français. Si vous cherchez une série pleine d’astuces, de charme, subtilement drôle, vous savez ce qu’il vous reste à faire.