Récapitulatif des nouveautés hors USA (1er semestre 2013)

récapitulatif television hors usa

A force d’avoir le nez dans le guidon, je me suis dit qu’il serait peut-être utile de faire un petit bilan des séries non américaines. Vous trouverez donc ici tout ce qui m’a enthousiasmé (ou non) depuis Janvier, au rayon des séries occidentales et asiatiques. Les séries américaines sont exclues de ce récapitulatif car elles ont leur propre bilan saisonnier (lequel arrivera dès que possible).

L’exercice est intéressant parce qu’il permet de confirmer que le jugement sur pilote est loin d’être infaillible (cf Orphan Black). Mais je l’ai surtout conçu comme un moyen rapide de répondre à la question : qu’est ce qui m’a plu pendant la première moitié de l’année (hors USA) ? L’idée, c’est surtout de vous donner envie d’aller voir ailleurs, et la période estivale est idéale pour cela.

Vous trouverez donc la liste des critiques de pilotes selon leur appréciation (feu vert, orange ou rouge) et leurs origines (occidentales ou asiatiques), et le cas échéant une recommandation si j’ai continué le visionnage de la série. Pour les séries occidentales cette recommandation dépend tout simplement du ratio de bons épisodes (notés toute la saison pendant les bilans hebdomadaires).

Les présentations sont volontairement tranchées pour faciliter la lisibilité et le choix (il y a quand même plus de 50 séries !). Et je vous encourage vivement à lire les critiques complètes pour avoir un avis plus nuancé. De même, les notes ne sont là qu’à titre indicatif.

occident

  • Séries occidentales :

A titre d’information, voici quelques critiques publiées ce semestre et portant sur des rattrapages des années précédentes : Hellfjord, Miranda saison 1 à 3the hour s1 à s2,

Ce n’est pas une nouveauté, et pourtant, elle mérite qu’on parle d’elle : la deuxième saison de la fiction britannique Call the midwife continue son exploration du progrès médical dans les années 50, en orientant de plus en plus son propos sur la condition féminine : de la maltraitance conjugale à l’employabilité des femmes enceintes, en passant par les méthodes barbares d’avortement. Incontournable. [Statut : suivie, et terminée ; Recommandation : 14/20]

Quelques séries ont été visionnées sans avoir de pilote critiqué :

Broadchurch s1, Une enquête policière britannique sur la mort d’un enfant dans une petite localité côtière. Une intrigue prévisible et pleine de ficelles, mais parfaitement rythmée, dotée d’une très bonne ambiance et qui sait se rendre émouvante. [Statut : suivie, et terminée ; Recommandation : 14/20]

Complicit, La traque du terrorisme vue par nos amis britanniques ne se réduit pas à un jeu du chat et de la souris. Elle nous rappelle à chaque instant les valeurs que l’on cherche à défendre. Un dilemme éreintant, une brillante introspection, une mise en scène exemplaire. [Statut : suivie, et terminée ; Recommandation : 14/20]

Dancing on the edge Londres, les années 30, la percée d’un groupe de jazz, la discrimination raciale. Une très bonne ambiance, une excellente bande sonore, malheureusement gâchées par une intrigue policière sans twists satisfaisants et des épisodes bouche-trou. [Statut : suivie, et terminée ; Recommandation : 12/20]

Vikings. Série irlando-canadienne réécrivant l’histoire de ces guerriers. Plutôt inhomogène, alternant de jolies scènes de combat avec d’autres complètement ratées. L’aspect théologique là aussi oscille entre découverte et incohérence. Le souffle épique est dilué par des personnages pas du tout attachants, ce qui pose problème pour une dramaturgie déjà prévisible. [Statut : suivie, et terminée ; Recommandation : 12/20]

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Feu vert (les séries qui vous font de l’œil dès le premier épisode) :

A place to call home   Une fiction australienne située après la seconde guerre mondiale, où une femme mystérieusement débrouillarde côtoie une richissime famille. Une saga aux trames simplifiées, mais avec des personnages attachants. Émotion garantie. [Statut : suivie, et en cours de diffusion ; Recommandation : 14/20]

Dates

Dates Une fiction britannique au concept original, racontant un premier rendez-vous entre deux personnes apparemment opposées. Non seulement c’est fin parce que ça décortique parfaitement les modes de pensée de chacun, c’est brillamment joué, mais en plus certains personnages reviennent par la suite faire d’autres rencontres. Un sujet inépuisable et émouvant. Un petit bijou [Statut : suivie, et en cours de diffusion ; Recommandation 17/20]

the Fall Une fiction irlandaise sur un tueur en série, père de famille aux pulsions perverses qui cache bien son jeu. Avec Gillian Anderson en enquêtrice affirmée. Retourne l’estomac. [Statut : suivie, et terminée ; Recommandation : 16/20 ]

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Utopia Une fiction britannique paranoïaque mettant en danger un groupe d’individus. Mise en scène magnifique, twists diaboliques, violence décapante. [Statut : suivie, et terminée ; Recommandation : 18/20]

the Village Une fiction britannique qui raconte l’évolution d’un village de la première guerre mondiale à nos jours. Une première saison poignante [Statut : suivie, et terminée ; Recommandation : 13/20]

In the flesh Une fiction britannique qui nous propose de revisiter le mythe des zombis, en leur donnant une chance de s’intégrer à la population via un traitement. Beaucoup de pistes de réflexion mais trop court dans son développement. [Statut : suivie, et terminée ; Recommandation : 13/20]

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My Mad Fat Diary Une fiction britannique avec pour héroïne une adolescente obèse qui essaye de se reconstruire. Délicieusement drôle et touchante.  [Statut : suivie, et terminée ; Recommandation : 17/20]

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Feu orange (les fictions dont les pilotes peinent à convaincre):

Family Tree  Mockumentary en coproduction HBO-BBC qui raconte comment un homme s’imagine un autre destin en cherchant dans sa généalogie. Décalée sans être humiliante pour ses personnages, mais manquant de vivacité. [Statut : arrêtée ]

The Politician’s husband Une fiction britannique sur un couple politique pris dans l’engrenage de l’ambition de chacun, la dureté du milieu, et leurs enfants. A la fois peu subtile et oubliant de développer ses personnages. [Statut : arrêtée]

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Feu rouge : (les fictions dont les pilotes ne donnent pas envie de continuer)

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Orphan Black Une fiction canadienne sur une jeune femme qui prend l’identité d’une flic qui lui ressemble. Une intrigue conspirationniste sur le clonage humain, drôle, rythmée mais incohérente et peu attachante. [Statut : finalement suivie, et terminée – critique complète ; Recommandation : 12/20]

Top of the lake Coproduction anglo-australo-américano-néozélandaise racontant la violence masculine dans un univers où une jeune fille enceinte disparaît. Née de la vision militante de Jane Campion, manipulatrice, grossière, écœurante. [Statut : arrêtée]

Bluestone 42 Comédie britannique sur une troupe militaire en Afghanistan. Lourdingue, simpliste. [Statut : arrêtée]

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  • Séries coréennes :

Du point de vue des séries coréennes, le début d’année a eu un démarrage très lent, avec peu de fictions convaincantes. Ça s’est fort bien rattrapé depuis, ouf !

Pour information, j’ai également critiqué le Drama Special : A culprit among Friends

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Feu vert :

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Cruel Palace – War of flowers Sageuk de JTBC sur une période noire d’une Corée asservie, où les conflits de pouvoir au palais permettent l’ascension d’une concubine ambitieuse. Textes et interprétation classique, mais mise en scène léchée et mature, dramaturgie lourde mais efficace, évolution très intéressante des personnages féminins. [Statut : suivie, et en cours de diffusion ; Recommandation : 16/20]

Shark Drame basé sur le mythe d’Orphée, une histoire de vengeance qui prend son temps. Avec de solides acteurs, une bonne mise en scène et une intrigue captivante. [Statut : suivie, et en cours de diffusion ;  Recommandation : 15/20]

Childless Comfort poster

Childless Comfort un drama familial qui donne astucieusement beaucoup de clés pour comprendre l’évolution de la société coréenne. S’ajoute à cela une peinture attachante des caractères de chacun et des thématiques qui prennent le temps de se développer. [Statut : suivie ; Recommandation 16/20]

Monstar Un highschool drama musical sur une popstar retournant à l’école. Avec des passages musicaux vraiment émouvants, la sensation d’une déclaration d’amour à la musique, et une interprète charmante, on en oublierait presque la simplicité des intrigues. [Statut : suivie, et en cours de diffusion ; Recommandation : 14/20]

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That Winter the wind blows l’histoire d’une jeune héritière aveugle qui se fait duper par quelqu’un qui se fait passer pour son frère. Un drama habile, qui maintient à merveille l’ambiguïté des personnages, et développe son sujet avec suffisamment de twists pour être haletant. Réalisation impeccable, acteurs formidables, il n’y a guère que la fin bâclée qui vient gâcher le plaisir. [Statut : suivie, et terminée ; Recommandation 16/20]

I hear your voice Drama sympathique sur une avocate  flemmarde au caractère bien trempé qui rencontre un jeune homme capable de lire dans les pensées. Bien équilibré, malgré quelques scènes manquant de finition, avec de bons personnages et un background convaincant. [Statut : suivie et en cours de diffusion ; Recommandation 14/20]

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Heartless City Drama sombre et complexe dans l’univers de la pègre, avec son lot de twists savamment planifiés, à la mise en scène léchée et mature. Une ambition qui impressionne. [Statut : suivie et en cours de diffusion ; Recommandation 16/20]

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Feu orange :

Dating Agency Cyrano Le 4ème volet des Flower Boys tente de mêler les rebondissements d’une fiction d’espionnage à des affaires de coeur, mais échoue à présenter des personnages attachants. Tellement superficiel que le rythme fait penser à une fiction américaine. [Statut : arrêtée]

Jang ok Jung Living in love Un sageuk qui démarre un peu dans tous les sens, donnant le sentiment d’avoir une fiction mal écrite, brouillonne, mais dont les thématiques restent intéressantes. [Statut : arrêtée]

Queen of the office un remake d’un drama japonais, qui essaye de reprendre tous ses codes déjantés et transgressifs, omettant de nous donner des personnages sympathiques. Un délire à prendre pour ce qu’il est, mais guère plus. [Statut : arrêtée]

The End of the World

The End of the world Lente, trop lente plongée dans l’univers d’une épidémie mortelle. Souci de réalisme, ambiance oppressante, mais personnages à peine dessinés. [Statut : en pause ; Recommandation : 13/20]

The Virus Profitant de mêmes thèmes médicaux, le drama n’arrive jamais à décoller, préférant des rebondissements peu crédibles au développement de ses personnages. [Statut : arrêtée]

Nine : Nine Time Travels Remonter dans le temps pour changer le présent ? Voilà une fiction qui aurait du mieux exploiter le registre du fantastique. De la réalisation aux acteurs, l’ensemble est résolument plat. [Statut : arrêtée]

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Incarnation of Money Recyclage des auteurs du fabuleux History of a salaryman pour une fiction qui démarre bien trop mollement pour lui prêter attention, même avec Kang Ji Hwan au générique. L’argent n’achète pas tout. [Statut : arrêtée, mais sera peut être reprise vu certains échos]

Lee Soon Shin is the best Un weekend drama qui ne réinvente pas la roue, mais profite plutôt bien du charme de son interprète féminine. Demande malheureusement un investissement horaire trop important par rapport à ce qu’elle apporte.[Statut : arrêtée]

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Feu rouge :

Mandate of heaven Sageuk simplifié, lissé, unidimensionnel, sans enjeux intéressants, sur un médecin oriental qui veut sauver sa fille. Tellement prévisible qu’il en est soporifique. [Statut : arrêtée]

All about my romance Gags surjoués dans l’univers politique coréen, burlesque rendant les personnages détestables, sans aucune pointe de créativité. Dommage pour les acteurs. [Statut : arrêtée]

Gu Family Book Drama un peu trop prémâché, limite manipulateur, et surtout incohérent, qui reprend à sa sauce le mythe du gumiho. [Statut : arrêtée]

When a man loves drame sans surprises sur un chef de gang qui tombe amoureux. Caractères poussés aux extrêmes, rythme bien trop lent, et un manque flagrant d’implication. [Statut : arrêtée]

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Gu Am Heo Joon Très long sageuk (120 épisodes) sur le fameux médecin royal ayant écrit une encyclopédie de la thérapeutique orientale. Manquant peut-être un peu de personnalité pour avoir le courage de s’y mettre. [Statut : arrêtée]

Iris 2 Suite au fameux blockbuster, véritable condensé d’incohérences, avec une mise en scène calamiteuse et « cheap ». A réserver aux amateurs de la franchise. [Statut : arrêtée]

Level 7 Civil Servant Modifiant le concept du sympathique film d’espionnage My girlfriend is an agent, le drama loupe le coche, et nous propose un festival de clichés horripilants noyé dans une intrigue poussive. [Statut : arrêtée]

Queen of Ambition (Yawang) Une histoire de vengeance sans réelle personnalité, servie par de bons acteurs, mais au récit bancal, affadissant des enjeux déjà présentés dans les premières minutes. [Statut : arrêtée]

Flower Boy next door troisième volet des flower boys qui fait du surplace et n’arrive jamais à toucher le téléspectateur, la faute à un humour délavé, et au sujet (la solitude) très mal exploité. Même si Park Shin Ye peut se révéler touchante. [Statut : arrêtée]

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  • Séries japonaises :

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Feu vert :

saikou no rikon

Saikou no rikon Description jubilatoire d’un couple qui se déchire, trouvant le ton idéal pour parler des défauts de chacun sans verser dans la caricature. Incontournable [Statut : suivie ; Recommandation : 16/20]

Itsuka Hi no Ataru Basho de Drame humain sur la rédemption après la prison, avec des personnages simples et attachants qui cherchent à se reconstruire. Parfois un peu longuet, et ne bénéficiant pas d’une réalisation suffisamment soignée, mais le propos, qui ne cherche pas la pitié, est vraiment touchant. [Statut : suivie , Recommandation : 14/20]

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Feu orange :

Shotenin Michiru no Mi no Uebanashi

Shotenin Michiru no Mi no Uebanashi Une jeune femme égoïste découvre qu’elle a gagné à la loterie, alors que dans le même temps sa vie bascule peu à peu dans l’horreur. Le virage incohérent qui survient après des épisodes « vides » m’a convaincu de ne pas continuer. [Statut : arrêtée]

Biblia Koshodou no Jiken Techou Une plongée dans les livres et la promesse d’un récit romantique malheureusement complètement détruites par une bande sonore electro. Amis de la poésie, abstenez-vous. [Statut : arrêtée]

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Feu rouge :

kumo no kaidan

Kumo no kaidan Le drama plutôt longuet, fait l’impasse de son sujet intéressant (l’exercice illégal de la médecine) pour se vautrer dans des mystères sans imposer son ambiance. Soporifique. [Statut : arrêtée]

Mahoro Ekimae Bangaishi Une histoire décalée autour de deux personnages glandeurs. Effarant par son humour complètement raté et son propos vide de sens. A fuir. [Statut : arrêtée]

Share House no Koibito Une jeune femme agacée par sa solitude, un alien un peu excentrique et un dépressif vont vivre sous le même toit. On rêve d’un truc chaleureux, drôle, on obtient une série sans propos, ennuyeux et pas très originale. [Statut : arrêtée]

Nobunaga no chef Croisement improbable de Jin et d’un food drama, la série évoque un cuisinier moderne qui se retrouve dans les guerres d’unification du Japon. Dépourvue de toute émotion, filmée sans moyens, sans ambition, voire sans script. [Statut : arrêtée]

Le bloc-notes asiatique 1

bloc note asiatique 1

J’inaugure aujourd’hui une nouvelle rubrique, qui se veut le pendant du bilan hebdomadaire des séries occidentales. Mon visionnage de séries asiatiques ne suivant pas le même rythme, j’avais longtemps hésité sur la manière d’en parler. Il y a plus de 3 ans quand j’ai commencé ce blog j’avais opté pour un bilan en fin de série, avant de me lancer dans la critique des deux premiers épisodes et de faire un bilan annuel. Mais il me manquait toujours un moyen pour vous communiquer mon engouement ou ma déception pour les dramas au cours de leur diffusion. J’avais tenté à une époque de les intégrer dans mon bilan hebdomadaire avant de m’apercevoir que cela ne fonctionnait pas. Mon but ici a toujours été de faire venir des seriephiles vers les dramas (et inversement), et je pensais qu’en mixant les critiques dans un même article cela mixerait aussi les communautés. Cela n’a pas été le cas, j’ai plutôt eu l’impression d’avoir des critiques de dramas diluées dans la masse des séries occidentales.

Alors voilà, je me lance donc dans la critique de mes visionnages de dramas avec ce bloc-note asiatique, recensant mes impressions sur le vif, mes coups de cœur sur les dramas que je suis (rappel : pour la plupart ce sont des séries dont la critique des deux premiers épisodes s’est soldée par un « feu vert »). Ce n’est donc pas forcément très construit, et parfois en « mille-feuilles », mais c’est du à ce type d’exercice.

J’émets tout de même un bémol, de taille : je ne suis pas encore très régulier dans mes visionnages de dramas, préférant me concentrer sur l’actualité des nouvelles séries. Donc je suis bien incapable de vous dire à quelle périodicité ce type d’articles pourra voir le jour. J’espère en faire un au moins tous les mois, mais je ne peux m’imposer davantage de contraintes vu tout ce que je regarde.

N’hésitez surtout pas à échanger vos impressions, en évitant les spoilers si possible. Vous pouvez retrouver la critique des deux premiers épisodes de chaque série en cliquant sur leurs titres.

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♥♥♥♥♥ That winter the wind blows (12/16); l’épisode 5 a pour moi été un tournant dans la série. Absolument stupéfiant. On avait déjà des indices sur l’ambiguïté des héros, mais là on passe un excellent moment à comprendre les tourments qui les agitent. Non l’histoire ne se résume pas à des gentils contre des méchants. Tout comme Padam Padam, notre héros a un lourd passif. Et notre héroïne a du mal à digérer non seulement son handicap, mais sa « belle-mère », laquelle également semble bien loin de l’image d’une prédatrice présentée initialement. En plus de ça la romance entre les deux prend son temps (ça change des autres dramas), pour nous proposer en plus de magnifiques scènes d’une sensibilité rare, ainsi que des paysages superbes. Wow. Et puis le show s’embourbe un peu, à trop vouloir mettre en danger notre héros avec des cliffhangers résolus de manière trop simple l’épisode suivant. Cela dit ça fonctionne tout de même très bien, parce qu’on se pose toujours la question de la malveillance de l’entourage de notre aveugle. On a donc d’un côté quelques découvertes sur cet entourage tandis que ce dernier fait son enquête sur notre héros. Quelles vérités connaissent nos personnages ? Cette ambiguïté au début très attractive m’a parfois lassé. Le show rebondit de scène en scène, alternant entre des échanges d’une intensité magnifique, et d’autres où on ne se laisse pas autant prendre au jeu. Mais ce qui me plait le plus dans ce drama, c’est vraiment la relation entre nos deux héros. Et la façon dont est décrit le caractère de notre jeune femme aveugle, paralysée entre la déception, la dépression, et l’envie de se battre, de croire en ce frère sauveur. Si elle flirte avec un côté suicidaire, cela ne m’a pas dérangé, car beaucoup invoquent la mort pour mieux la combattre. C’est une sorte de moyen de protection, vouloir prendre les choses en main jusqu’au bout car elle ne veut plus être à la merci des autres. C’est vraiment bien vu, troublant, émouvant, et parfaitement joué. Et puis la relation entre nos deux personnages est intelligemment mise en scène (et expliquée) pour ne pas trop flirter avec le sentiment d’inceste. Plus que jamais notre héros – qui devait être son bourreau- devient son protecteur, et beaucoup de scènes sont très touchantes, et m’ont ému aux larmes. Arrivé au dernier quart du drama, je reste sur ces impressions. That Winter the wind blows a réussi à manœuvrer dans un espace étroit, jusqu’aux très attendues révélations. En tous cas ça faisait longtemps qu’un drama ne m’avait pas remué à ce point là. Celui là ira dans le top 2013 à moins de complètement louper son final.

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♥♥♥ Childless Comfort 6/39 Il règne dans ce drama familial une ambiance toute particulière, où la place de chacun est au cœur du débat. Les grands parents, dont on craint l’autorité et le conservatisme, les parents inquiets du qu’en diras-t-on, et les enfants, qui ont une vision nettement plus libérale de la vie. C’est évidemment particulièrement criant avec ce qui arrive à la fille qui veut assumer pleinement son statut de mère célibataire, tandis que tout le monde complote dans son dos pour faire adopter le petit, « parce qu’ici c’est pas comme les USA ». En dehors de cette trame principale, j’avoue, j’aime beaucoup les réactions et interactions de chacun au sien de la famille, qui exacerbe les défauts de chacun. On prend le temps de s’attacher aux personnages, et c’est très bien ainsi.

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♥♥♥♥ Cruel Palace – War of Flowers (3/50) Je suis un peu plus refroidi par certains aspects de la série mais toujours très emballé par son acuité. Elle accuse vraiment ses longueurs, et le roi Injo en fait des tonnes en allongeant excessivement son phrasé. Mais l’intrigue avance considérablement dans le troisième épisode, l’échiquier étant désormais prévisible. J’aime toujours autant ce mélange de vraies intrigues politiques, de positionnement des femmes dans une société ébranlée, qui fait passer la romance au second plan. Ainsi, beaucoup de thématiques sont traitées avec une âpreté qui fait plaisir à voir, tant cela détonne dans le paysage télévisuel coréen : l’hypocrisie généralisée du milieu où chacun espère duper l’autre, la domination patriarcale où les filles sont éduquées en tant qu’instrument de plaisir, la lutte pour la survie d’une nation qui va beaucoup apprendre de son voisin envahisseur, …

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♥♥♥ Itsuka Hi No Ataru Basho de 5/10 J’ai toujours apprécié les human drama japonais, parce qu’ils laissent le temps au téléspectateur comme moi de faire vagabonder leur esprit et leur faire réfléchir sur beaucoup d’aspects de leurs vies. Ce drama ne déroge pas à la règle, et je ressens parfaitement ce mélange de tristesse, d’humilité, de simplicité de ces personnages très attachants. Certes, certains épisodes sont plus longs que d’autres (et c’est le grand défaut de la série), mais cette chaleur humaine reste bien longtemps après l’extinction du téléviseur. J’aime le fait que notre héroïne n’arrive pas à se faire pardonner, et que le récit ne cherche pas à la prendre en pitié, mais juste à la rendre humaine. Cet effacement, cette peur d’aller de l’avant, de ne pas mériter l’amour de l’autre, c’est très touchant, mais ce n’est jamais larmoyant.

shotenin michiru no mi no uebanashi 5

Shotenin Michiru no Mi no Uebanashi 5/10 J’ai finalement décidé de continuer l’aventure, et pour l’instant bien mal m’en a pris. L’intrigue avance beaucoup trop lentement, et chaque épisode se termine  par une annonce du style « attendez, il s’est rien passé ce coup-ci, mais juré, craché, la prochaine fois on va enfin aborder notre sujet. Eh Bien il faudra attendre le 4è épisode pour voir notre héroïne enfin bouger, juste avant que l’intrigue ne tourne au n’importe quoi. J’aurai du rester sur mes premières impressions.

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♥♥♥♥ Saikou no Rikon 5/11 Vraiment emballé par la série. J’aime particulièrement les aveux, les disputes, qui sont particulièrement touchants. J’aime aussi le fait que chacun a sa part de responsabilité dans un couple qui se déchire, même si l’accent est mis sur l’homme. Dans ces échanges, forcément, il y a toujours une dose de véracité, et c’est ce qui fait l’essentiel du charme du show. Eita en fait parfois un peu trop dans la gaucherie, mais dans l’ensemble c’est vraiment bien joué, et ça se dévore avec beaucoup de plaisir. Le ton aide beaucoup, c’est drôle, sans en faire des tonnes et chaque scène peut prendre un tournant dramatique. Et j’adore le clip final. J’espère juste qu’ils vont nous amener la solution de la bonne façon, car le changement (des caractères de chacun) prend du temps. Seul léger « défaut », il aura quand même fallu attendre le 4è épisode pour qu’il y ait un peu plus d’intensité.

Cruel Palace – War of flowers [Pilote – Corée]

cruel palace war of flowers

Après un Gu Am Heo Joon aux saveurs limitées, il était temps de passer à un sageuk bien plus ambitieux. Avec un titre aux multiples facettes (Cruel Palace / War of Flowers / Palace Wars / Blood Palace / Palace’s Cruelty History – choisissez bien !), le drama de la chaîne câblée JTBC nous propose une plongée dans une période noire de l’histoire coréenne, en 1636 lorsque le 16ème roi de Joseon, Injo, capitule devant les forces militaires de la future Mandchourie lors de leur seconde invasion et – suprême humiliation, loue allégeance à leur empereur Hong Taiji (dynastie Qing).

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Le drama semble prendre beaucoup de libertés avec l’Histoire puisqu’il ne fait pas mention des liens de Joseon avec la dynastie Ming. Mais il aime particulièrement détailler ses protagonistes, rappelant sans cesse le nom de chacun, et utilisant une voix off pour resituer le contexte. Ça ne sera pas de trop.

Les deux premiers épisodes développent énormément la relation entre deux personnages principaux : Kim Ja Jeom (Jung Sung Mo, Korean Peninsula), et le roi Injo (Lee Duk Hwa, History of a salaryman). Des flashbacks viendront expliquer comment Kim Ja Jeom a participé au coup d’état renversant Gwanghaegun, instaurant le roi Injo. Alors que Kim Ja Jeom avait promis à Injo de le protéger, il n’interviendra pas avec son armée pour sauver son pays lors de l’invasion chinoise, obligeant le roi à se prosterner devant son ennemi. Une trahison que ne pardonnera pas celui-ci. Furieux, Injo exilera Kim Ja Jeom seul sur une île déserte et hostile, estimant ainsi le condamner à mourir de faim ou de froid.

cruel palace kim ja jeom

Le drama a du mal à décrire les émotions. Que ce soit l’exil de Kim Ja Jeom ou l’humiliation du roi Injo, on a souvent l’impression que les acteurs en rajoutent, voulant donner aux scènes un impact dramatique beaucoup trop important. C’est assez pénible, et vraiment dommage, car pour le reste, la réalisation fait extrêmement plaisir à voir, n’hésitant à montrer la violence des barbares dans des scènes bien chorégraphiées. Le sang coule, des viols sont perpétrés (en arrière-plan mais quand même), et la voix off d’un historien nous raconte comment 60 000 coréens furent déportés et réduits en esclavage à cette période. Quelques effets spéciaux d’intégration plutôt réussis permettent de mieux plonger dans cette reconstitution.

cruel palace king injo

C’est aussi la première fois que je ressens qu’une fiction télévisuelle coréenne a autant de liberté au niveau de la mise en scène, laquelle atteint largement les standards du câble en terme de beauté. Non seulement les corps sont dénudés (vus de dos) – on verra même une princesse donner le sein en gros plan (!) – mais les relations sexuelles sont amplement suggérées, nos personnages masculins plutôt vicieux passant décidément beaucoup de temps à se payer du bon temps. Rassurez-vous on est encore très loin des fictions américaines, mais le drama s’adresse clairement à un public plus âgé.

Et on va d’ailleurs beaucoup parler de la place de la femme à cette époque, avec les fameuses concubines, qui bien qu’ayant un peu d’influence n’ont pas pour autant un sort enviable. Notre héroïne, fille de concubine, désire une autre vie. Elle a assisté, étant enfant, à la sauvagerie de l’épouse officielle prête à tout pour garder son pouvoir, et à l’indifférence de son père. Non, être rouée de coups et côtoyer les hommes avides de pouvoir et un brin obsédés, ce n’est pas son truc pour le moment, et on la comprend. Ainsi Yam Jun (Kim Hyun Joo) en pince pour Nam Hyuk, un jeune homme dont la famille est désormais destituée. Malheureusement, leur amour est impossible, car un noble ne peut épouser une fille de concubine (ex gisaeng de surcroît).

cruel palace yam jun

Le drama va donc nous proposer de suivre l’ascension de notre héroïne auprès du roi Injo, qui va avoir soif de revanche et comptera bien utiliser la perversité masculine pour servir ses propres intérêts. Elle devrait ainsi être à l’origine d’un différend entre le roi et le prince héritier So Hyun (Jung Sung Woon) (alors qu’historiquement ce différend serait plutôt politique). Ce point est particulièrement intéressant, et je croise les doigts pour que notre héroïne soit suffisamment intelligente pour manœuvrer dans cet univers bourré de testostérone.

La question du prince héritier est donc également soulevée dans la fiction, puisqu’il est obligé de quitter Joseon (ainsi que son épouse), en délaissant leur fils, pour vivre temporairement dans une sorte de prison dorée, selon les termes de l’accord avec les mandchous.

La place est donc libre pour influer sur le gouvernement de Joseon, et le drama occupera une majeure partie de son temps à développer l’aspect politique, entre les partisans d’une rébellion, et les autres qui préfèrent fermer les yeux. Et forcément, avec le nombre de personnages secondaires, il n’est pas toujours évident de s’y retrouver.

cruel palace war of flowers king injo

Le récit est sans doute un peu trop complexe de prime abord, mais il y a là une richesse qui ne peut laisser indifférent. Si le parti-pris est largement politique (et les amours étant presque anecdotiques), on sent très bien les enjeux, et grâce à des personnages ambigus qui ne versent pas dans le manichéisme (du moins pour l’instant), et à un propos nettement plus incisif et adulte (et sans beaucoup d’humour), on peut largement se passionner pour le drama. J’aurai juste voulu un peu plus d’émotion dans les premiers épisodes, histoire d’arriver à mieux m’attacher au destin de chacun. Au fond, le drame lyrique, c’est peut-être trop ambitieux pour le responsable de Personal Taste ?

C’est là que vient le hic : 50 épisodes, c’est beaucoup. Mais le jeu pourrait bien en valoir la chandelle. En tous cas, moi, je continue un petit moment… et je vous en reparle.

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