Bilan de la saison automnale 2009 (USA)

Cela fait maintenant quelques années que les saisons télévisuelles américaines sont moins percutantes, apportant de moins en moins de nouveautés réussies. La grève des scénaristes n’a fait qu’accentuer cela. Beaucoup de discussions sur le Net tournent autour de la fin d’un âge d’or, c’est à dire la fin d’une création foisonnante qui amenait des séries cultes sur le petit écran.

Alors à chaque début de saison je me surprend à rêver de nouvelles trouvailles, de nouveaux joyaux propres à réveiller la flamme d’un passionné. Cette année encore j’avais de sérieux doutes en lisant les résumés de ces nouvelles séries.

L’heure du bilan a sonné. Je vous propose un petit tour d’horizon rapide de ce que j’ai vu.

La sitcom Community ne m’aura tenu en haleine que le temps d’une poignée d’épisodes. Malgré un cast sympathique, la série est prévisible, moralisatrice alors qu’elle tente des gags délirants…malheureusement pas drôles du tout (même au 74è degré).

Pour me consoler je me suis accroché à Modern Family, une autre sitcom au casting détonnant. De bons gags, une certaine sympathie, mais rien d’exceptionnel comme tentent de nous le faire croire certains critiques. Et puis bizarrement j’ai de plus en plus de mal avec la réalisation façon The Office, où les personnages témoignent devant la caméra d’une pathétique existence qu’ils sont les seuls à ne pas connaître. (J’ai tenu à peine quelques minutes devant Parks and Récréation tellement c’est repompé).

Quitte à regarder une sitcom, j’ai aucune honte à voir quelque chose de plus classique, comme Accidentally on purpose. J’avais pas trop accroché à Dharma et Greg, mais Jenna Elfman m’a agréablement surprise par sa bonne humeur et son dynamisme. Eh bien, Accidentally on purpose, c’est un mélange très subtil : Une pincée de sitcoms familiales à l’ancienne mais adapté aux moeurs actuelles (une grossesse imprévue peut-elle créer une famille, surtout quand il s’agit d’un choc générationnel entre les deux futurs parents ?), une pincée de gags plus « osés » (grâce à la jeunesse de certains protagonistes), et une réalisation conventionelle. Tout cela sent bon l’équilibre, et la magie opère : les personnages deviennent très sympathiques. Et fait curieux, j’ai tenu jusqu’à maintenant sans me dire que cela n’avançait pas, ou que cela faisait redite. C’est du plaisir, tout simplement.

Vous allez croire qu’en matière de sitcoms je suis très classique, c’est ma foi un peu vrai quand j’y pense. Bon, je ne le suis pas au point d’apprécier « Hank« , énième sitcom ratée de notre inégalable KelseyFrasierGrammer. Que voulez-vous, pour réussir une sitcom purement classique, il y a tout simplement un niveau d’écriture que personne ne peut plus atteindre désormais (Mes sitcoms préférées ? Friends, Frasier, Seinfeld, et … Arrested Development).

Et puis il y a ces autres sitcoms dont le résumé me fait peur : Cougar Town avec Courteney Cox-la quarantaine toujours séduisante- qui chasse l’homme (la peur de vieillir fait décidément naître des séries égocentriques), The Middle repompé sur Malcolm in the Middle (qui déjà à la base est loin d’être une réussite)…

Non, cette année, je me concentre sur The Big Bang Theory, seule comédie délirante assumée, auto-parodique, référencée, et magistralement interprétée (Jim Parson mérite des éloges encore plus appuyés). Oh bien sûr, la série n’est pas tout le temps réussie, mais elle a un capital culte. En amoureux des bons dialogues, des piques décisives, de joutes verbales sans fin, j’ai du reconnaître que la geekerie était un supplément savoureux.

Parler de How I met your mother m’est déjà beaucoup plus pénible. C’est la série qui m’horripile : promesses jamais tenues, gags de moins en moins drôles, destruction du seul personnage qui en valait la peine, et à peine lancée dans une voie sans issue, la voilà qui refait marche arrière. C’est pas facile de se séparer d’une série qu’on a suivi pendant plusieurs années, plus par habitude d’ailleurs que par réel plaisir. C’est peut-être aussi du au fait que c’est une série que l’on aime vendre comme un nouveau « Friends » alors qu’elle en est à des années lumière. J’irai peut-être jusqu’à la centième, vu que les derniers épisodes tentent – maladroitement, mais c’est déjà ça – de redresser la barre d’un navire qui coule…

En parlant de navire qui coule, je n’ai pas regardé la 9è saison de Scrubs. C’est un choix délibéré. Tout comme pour moi Prison Break ne continue pas avec un ultime téléfilm pourri, Scrubs s’arrête en huitième saison, avec un soupir de soulagement, en essayant de donner une cohérence et une certaine nostalgie. Ressusciter les morts, outre que c’est moralement répréhensible et que ça devrait être puni par la loi, c’est jamais bon. Enfin… je dis ça, mais je suis prêt à renier ces dernières paroles si jamais Pushing Daisies ressuscite, si vous me refaites revenir Caroline Dhavernas à la télé, ou si un miracle survient pour Dollhouse.

Au rayon dramas, je dois dire que je suis davantage excité par la mi-saison à venir (Parenthood, Chuck, Lost, Life unexpected, human target, ou Happy Town) que par ce qui m’a été proposé jusqu’à maintenant.

J’ai volontairement zappé Melrose place (je vous ai dit qu’il fallait pas faire revenir les morts, déjà ?), et Beautiful Life (y a des limites à l’indécence 😉 ). J’ai également zappé Glee (bien que savoir que Joss Whedon va réaliser un épisode me fait douter un peu), parce que je déteste Ryan Murphy (j’ai jamais compris le culte autour de Nip/Tuck, et vu comment il a détruit Running with Scissors…).

Flashforward avait pour lui un pitch alléchant… Et ça en restera là. J’ai tenu tant que j’ai pu, devant ces personnages anti-charismatiques et dont on se contrefout complètement, devant cette réalisation baclée, mais non, l’avancée de la mythologie de la série n’aura pas suffi à me convaincre. C’est un peu comme Jericho qui ne m’a pas tenu en haleine très longtemps, mais là au moins j’aimais une partie du cast. Flashforward, le nouveau Lost ? C’te blague…

J’ai tenté aussi les nouveaux med-show (on ne se refait pas), pour voir s’il y avait de place entre House et Grey’s Anatomy depuis l’arrêt d’Urgences. La réponse est non. Trauma balance des images chocs pour pallier à une profondeur psychologique caricaturale. Mercy et sa jolie Michelle Trachtenberg tentent de faire du sous-Grey’s Anatomy en nous expliquant que ce sont les infirmières qui sauvent le monde (!). Et enfin Three Rivers nous la joue CSI 2030 avec des histoires d’organes dans un complexe hospitalier avec des écrans tactiles (voire 3D) de la taille d’un mur avec bien sûr un accès à une base de données énorme dès l’arrivée du patient. Ah l’imagerie médicale fantasmée à Hollywood ! Bon Three Rivers ça sentait pas bon depuis le départ, mais j’étais curieux de voir enfin un acteur coréen dans les premiers rôles d’une série américaine (en l’occurrence Daniel Henney, célébré comme il se doit en Corée). Ben en fait j’ai rien vu. Et je préfère oublier !

Au niveau des retours, c’est assez catastrophique pour Fringe, qui après un bon départ se plante lamentablement avec des loners soporifiques. Le série est en danger, et c’est dommage parce que je lui trouve toujours du potentiel, et puis un peu de fantastique à la série, ça fait pas de mal. Outre l’absence d’enjeu satisafaisant (un combat entre deux mondes parallèles avec des méchants qui n’en finissent plus de concocter un plan diabolique qu’Olivia devait empêcher  mais maintenant c’est trop tard ! (reprenez votre respiration) ); le problème c’est aussi qu’ils ont changé un peu la dynamique en mettant Joshua Jackson en avant, il est subitement passé de conseiller à agent sur le terrain. La dynamique père-fils est toujours là, heureusement, et il y a même plus de scènes pour l’assistante. Je visionne la série avec beaucoup moins d’entrain, et ça remet même en cause l’éventuel achat de la première saison en DVD.

Heroes, c’est toujours du n’importe quoi. Ca part dans tous les sens. Avec quelques moments appréciables, c’est toujours ça de pris. Ce qui vaut le coup, en fait ça reste la prestation de T-Bag, pardon, Robert Knepper. Et puis on a moins de Grunberg, de Larter et surtout de Ramamurthy. Bon faudra toujours m’expliquer l’intérêt d’une intrigue d’une sourde et muette qui émet des couleurs en jouant de la musique… Comme toujours dans Heroes, les pouvoirs des héros sont là pour en mettre plein la vue, pas pour être utiles…

Je ne reviens pas sur la fin de Monk, j’en ai fait un billet.

Dexter s’est vu conclure sa quatrième saison sur un cliffhanger, chose étrange. La série va avoir du mal à repartir, il faudra un temps d’explication, un temps pour démêler l’inextricable pour rendre le tout cohérent. Et malheureusement la sortie du producteur originel n’annonce pas le meilleur. A part ça, Dexter a réalisé une saison moyenne, mais pas si mauvaise comme j’ai pu le lire. Comme d’habitude, la série a soufflé le chaud et le froid (que ce soit la prestation de John Lithgow ou une intrigue soap sans intérêt), mais j’ai davantage apprécié le chemin psychologique de Dexter, à contrario des autres saisons. Un regret, énorme, toutefois :  on nous a toujours présenté Dexter comme un tueur pas si méchant parce qu’il tue des assassins. Et il s’en était toujours sorti en ne tuant aucun innocent (la fin de la deuxième saison est magistrale à cet égard). Alors quand enfin les scénaristes nous présentent une situation contraire, je m’imaginais de sérieuses complications psychologiques, un développement, quelque chose. Que nenni, c’est presque comme si rien ne s’était passé. Voilà l’exemple parfait de potentiel narratif complètement gâché.

Grey’s anatomy remonte bien la pente. C’est le chamboulement question personnages, avec une dynamique et une intéraction toute nouvelle. Je ne suis pas certain que les petits internes ne soient là pour autre chose que des triangles amoureux ou des couples à faire/défaire, mais j’apprécie beaucoup une nouvelle régulière : Jessica Capshaw qui joue la pédiatre Robbins. Même Hunt regagne en intérêt, c’est dire. Bref, pour l’instant c’est assez rafraichissant. Mais pour combien de temps encore ?

House effectue une bonne saison (Mais en tant que fan, suis-je encore objectif ?). Après une entrée en matière tonitruante (le double épisode est un des meilleurs de la série), les anciens personnages ont enfin de la matière. Une vraie renaissance, mais de courte durée. Le départ de Jennifer Morrison m’a rendu un peu amer, d’autant que c’était un de mes personnages préférés, qui avait encore du potentiel. Heureusement, la série conserve ses qualités d’écriture, et balance efficacement ses histoires d’un personnage à l’autre. Même Wilson aura droit à un bon épisode. Et puis la relation House-Cuddy prend un nouveau tour, à voir, donc…

The Mentalist réalise pour l’instant une excellente 2è saison. Ce show a progressivement grandi, de sympathique, il m’est devenu incontournable. Cette année, il y a davantage d’approfondissement des personnages secondaires (Enfin Robin Tunney ! Et il ne manque plus que Cho, mon préféré), un arc très convaincant et palpitant, toujours de l’humour… Non, vraiment, The Mentalist assure et j’attends avec impatience les prochains épisodes. Que soient conspués ceux qui décrient sans savoir ses nominations à différentes récompenses 😉 On peut être classique et réussi.

Dollhouse. J’ai toujours défendu le show, même à ses débuts, où la déception était palpable vis-à-vis du ton et des arcs. On en a profité pour critiquer le cast, que je trouvais pourtant bien, y compris Eliza Dushku vu l’importance du défi. Cette deuxième saison a redonné la foi à ceux qui n’y croyaient plus, et me concernant, m’a rendu encore plus accroc. Oui, quand Joss s’installe dans une série, il lui faut toujours du temps, pour que les pièces s’imbriquent, que la mythologie s’installe, que le ton humoristique arrive peu à peu, pour que les personnages trouvent leur utilité. Rappelez-vous Angel ! Et maintenant qu’on y est, la série est annulée. Trop tôt, beaucoup trop tôt. Je n’espère pas un miracle, mais que la série se termine en beauté (et peut-être des comics pour prolonger l’histoire). Le dernier épisode s’intitulera Epitaph two ? Oui la Fox vient de tuer pour la deuxième fois une série fantastique (dans tous les sens du terme).

Je termine ce bilan par deux bonnes surprises (il en fallait quand même !).

La première, plus raisonnable, c’est le remake de V. Ca n’a certes pas l’envergure de la série originelle. Ca s’installe très vite. Mais le cast dans son ensemble, à défaut d’être très bon, est efficace, et l’histoire se laisse suivre sans déplaisir, même pour les nostalgiques. Certes, 4 épisodes, c’est court, mais la série part dans de bons rails, et c’était loin d’être gagné d’avance. Ah, et Morena Baccarin est également une très bonne surprise. (Elle avait un trop petit rôle dans Firefly, alors V, c’est la séance de rattrapage, mais sans les cheveux longs).

La seconde bonne surprise, c’est White Collar. Bon, ma chère et tendre avait commencé à regarder pour Matthew Bomer. Je suis resté pour l’alchimie entre les acteurs (Tim De Kay était éblouissant dans Carnivàle et il l’est encore plus en changeant de registre, son personnage lui sied comme un gant), le rythme, l’humour, et la sympathique mythologie qui se met en place. C’est vraiment une série auquelle on s’attache petit à petit. Un peu comme l’avait été The Mentalist, avec son personnage principal malin et manipulateur. Un regret : Tiffany Thiessen (What about Brian) aurait mérité un peu plus de temps d’antenne (mais sa grossesse en est peut-être la cause si j’ai bien compris).

En bref, 3 nouveautés que je suis avec plaisir (Accidentally on purpose, V, White Collar), une assez bonne reprise pour l’ensemble des shows que je suivais jusque là, et surtout l’attente de Janvier, pour que les choses sérieuses commencent enfin…