Le statut de la personne handicapée à la télévision américaine (Legit – Pilote)

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Il devient de plus en plus difficile de trouver des sujets originaux et intéressants dans les séries. Alors je ne pouvais pas manquer cette occasion de mixer la review d’une nouvelle série (Legit) avec une réflexion sur une thématique importante. Sur le web, dans les journaux, les débats font rage, forçant les créatifs à intégrer un fâcheux système de quotas (la dernière victime en date étant Girls). On ne débattra pas longtemps sur le sujet des quotas. Ce n’est pas parce qu’une série y répond qu’elle est réussie, bien au contraire. J’ai déjà dit que le système était pernicieux à la base, puisqu’une série par essence ne peut être représentative… que de la vision de son créateur, elle ne peut (et ne doit pas) être un microcosme. En revanche, on peut s’interroger sur des absences réitérées et choquantes. En effet, s’il y a bien une minorité non visible à la télévision, ce n’est ni le black, ni le gay, ni l’asiatique, c’est la personne handicapée. Eh oui. On oublie encore trop souvent que cela concerne 15 à 20 % de la population mondiale soit presque un milliard d’hommes et de femmes, dont 200 millions ont les pires difficultés à vivre, que ce soit dans leurs gestes quotidiens ou dans le regard des autres.

jason ritter joan of arcadia

Elles sont rares ces séries qui auront donné ce type de rôles irréversibles, dès leur introduction, sans passer par un stade intermédiaire. On citera les paralysés comme Raymond Burr dans Ironside/l’Homme de Fer (1963), ou  Jason Ritter, qui joua un paraplégique dans Joan of Arcadia (2003). Ou encore Darius Mc Crary dans la sitcom Committed (2005), Kevin McHale (Artie) dans Glee (2009). On peut également citer Scott Porter dans Friday Night Lights (2006), RJ Mitte dans Breaking Bad (2008). Preuve s’il en est qu’on peut aborder beaucoup de sujets avec le handicap, et qu’il n’est pas forcément un argument tire-larmes.

max burkholder

Le handicap mental et social est bien plus fréquent dans les séries télé, et souvent l’occasion de « performances » d’acteur susceptibles d’être récompensés. Ainsi on trouve une multitude d’autistes comme David Mazouz dans Touch, ou de personnes souffrant de troubles obsessionnels compulsif (Tony Shalhoub dans Monk). Citons aussi une forme d’autisme, le syndrome d’Asperger (Max Burkholder dans Parenthood). Note : Jim Parsons n’interprète pas un autiste Asperger dans Big Bang Theory, d’après les auteurs, bien qu’il en ait plusieurs symptômes. On peut également penser aux schizophréniques (Patrick Dempsey dans Once and Again), aux bipolaires comme Claire Danes dans Homeland, …

Life Goes On

Seulement voilà. Aucun de ces acteurs n’est réellement handicapé, sauf exceptions. En effet, la surdité fut également un trait de caractère de Deanne Bray l’héroïne de Sue Thomas F B Eye. Et Michael J Fox continue de jouer dans occasionnellement dans the Good Wife. N’oublions pas non plus Chris Burke, atteint de trisomie 21 dans Life Goes On (Corky en France). Devant cette substitution d’acteurs handicapés, on pourrait rétorquer qu’il ne s’agit que d’un rôle comme un autre, de la même manière qu’un hétérosexuel peut parfaitement jouer un homosexuel (et vis versa). Sauf que l’analogie n’est pas la bonne, pour de nombreux téléspectateurs handicapés. Pour eux, c’est comme si un acteur blanc devait jouer un acteur noir en se saupoudrant le visage (ou inversement). Ça serait jugé offensant, et à raison. Oui, il y a un processus d’identification pour les téléspectateurs handicapés, qui cherchent un modèle qui leur donne la force de surmonter les épreuves quotidiennes, un espoir pour leur vie future (et pas forcément sous la forme habituelle, compatissante, excessivement empathique). Comment s’identifier à un acteur qui se lève de sa chaise roulante sitôt le clap de fin ? Comment s’enthousiasmer pour une personne qui ne pourra jamais comprendre ce que signifie être limité au quotidien ? Et surtout, comment lutter contre le sentiment d’exclusion, d’ostracisation de toute une population qui n’a jamais accès à ce type de rôles au long cours ?

Cette frilosité des producteurs de série n’est à mon sens pas justifiable. Pour faire un film sur le handicap avec des personnes qui en souffrent, il n’y aucun problème, sans doute pense-t-on que le sujet est susceptible de faire du buzz et de rapporter quelques récompenses dans les festivals. Mais arriver à faire évoluer sur plusieurs années une personne avec des contraintes physiques (et mentales) lourdes, c’est un défi qui fait malheureusement encore peur. Pour information, voici une liste d’acteurs réellement handicapés à la télévision et au cinéma américain.

huge tv serie

Peut-être arrivera-t-on un jour (lointain) à avoir des premiers rôles avec de vraies personnes handicapées. Elles ne font pas rêver, elles ne font pas vendre. Certes. Mais on commence à voir apparaître des personnalités réellement atypiques. Le physique de Lena Dunham (Girls) ou de Peter Dinklage (Game of Thrones) s’éloigne des standards hollywoodiens, ça ne les empêche pas d’accéder à la reconnaissance de leurs pairs. Les obèses sont toujours ostracisés, mais nous avons eu quelques tentatives comme Roseanne, Huge ou My Mad Fat Diary (UK), où nos héroïnes sont de vraies personnes ayant des problèmes de poids.

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Mis à part le problème de la représentation, il y a aussi et surtout le problème du traitement. Encore trop souvent, lorsque le sujet est simplement abordé, les critiques sont élogieuses. Mais leur plus grand défaut est de rechercher l’empathie, la pitié. Il n’y a qu’à voir les réactions au sujet d’Artie dans Glee. Artie ne sert qu’à donner du courage. Il manque encore des personnages capables d’être définis autrement que par leur handicap. En ce sens, on rejoint là le problème des stéréotypes qui pullulent à Hollywood (cf. ce que subissent nos amis asiatiques par exemple, qui comme chacun le sait sont soit des maîtres de kung fu soit des restaurateurs). Le meilleur moyen de parler des handicapés est encore de montrer leur personnalité, sans faire référence à leurs limitations.

En attendant, il y a des thématiques qui jusque là n’avaient pas été abordées à la télé américaine. C’est la sexualité des handicapés (physiques, et à fortiori mentaux). C’est un tel tabou que nombre d’associations hésitent encore sur la manière de répondre à cette demande. Quand on est isolé sur un fauteuil, vous pensez bien que la drague est difficilement une option. Et pourtant, le désir est là. Les spécialistes trouveront un autre vocabulaire, moins susceptible de choquer (désir d’affection…), mais qu’importe, qui dit désir dit pulsion sexuelle. Pendant des années le secteur social et médico-social a occulté le problème, pensant à des dérivatifs. Mais n’est-ce pas faire preuve d’humanité que d’essayer de satisfaire le désir d’une personne clouée sur son fauteuil ? Et dans le même temps, chercher à y répondre par le biais de travailleuses du sexe, n’est-ce pas aller à l’encontre d’autres valeurs ?

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C’est ce qui m’amène à parler de Legit. En effet La série de FX a eu le culot de parler frontalement de ce sujet. Le pilote nous montre comment un comique australien (Jim Jefferies dans son propre rôle) décide d’emmener le frère handicapé (DJ Qualls)  de son meilleur ami (Dan Bakkedahl), afin de lui donner ce qu’il attend depuis de longues années. A 32 ans, ce dernier n’a évidemment jamais pu avoir de relations sexuelles, et son état de santé ne lui permet guère des folies. La solution est trouvée, il finira par soulager son désir (et sa curiosité) avec une prostituée compatissante, non effrayée par son handicap. On notera au passage que les instructions qui sont données à cette dernière sont rudimentaires (et potentiellement dangereuses).

Un grand bravo, donc pour avoir parlé d’un sujet extrêmement sensible. Cependant, cela n’en fait pas pour autant une série agréable à suivre, malheureusement. Le gros problème du show n’est pas la façon dont on se moque du handicap, (et ça rappellera pour certains le film français Intouchables). Non, c’est son personnage principal, Jim, qui n’agit pas seulement pour rendre service, mais bien pour ses propres intérêts. Notre « héros » a vite compris le truc : le handicap inspire tellement de pitié que les gens sont admiratifs dès qu’ils voient une personne valide s’en occuper. Dès lors, Jim évite les amendes, et pense avoir trouvé le piège à filles ultime. C’est un personnage volontairement cynique qui balance ses vannes avec un style d’humour vraiment particulier. Et c’est ce qui m’a empêché d’adhérer à la série.

C’est dommage car il y aurait eu de la place pour quelque chose de plus tendre et drôle, permettant de rendre notre héros plus sympathique. Mais comment rire de quelqu’un d’aussi égoïste ? Seinfeld avait trouvé la solution pour rendre ses personnages détestables hilarants : il fallait les ridiculiser. Or ce n’est pas du tout le cas ici. J’espère évidemment que dans l’aventure Jim s’ouvrira sur le monde et cessera d’utiliser les gens pour son propre confort, et sans doute est-ce le récit qui nous attend. Mais il aurait fallu donner quelques indices, une lueur d’espoir… En l’état, je ne continuerai donc pas la série.

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2012, une année séries bien remplie – partie 1 : fictions occidentales

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Pas facile de résumer 2012, tant il s’est passé des choses devant mon petit écran. J’ai donc décidé, pour des raisons de lisibilité, de séparer les fictions occidentales des asiatiques. A contrecœur. Parce que s’il y a bien un vœu à faire pour 2013, c’est que la communauté sériephile prenne le temps de regarder ce qui se fait dans ces deux mondes.  Parce que ça me désole toujours autant de lire des livres sur « les meilleures séries » alors qu’ils ne font mention que de séries américaines voire, dans le meilleur des cas, que de fictions anglophones.

N’hésitez donc pas à lire l’autre partie de ce bilan. Ou mieux encore, allez faire un tour chez Livia, Lady ou Kerydwen.

Cette année 2012 fut pour moi la fin de la pseudo-suprématie culturelle américaine en matière de fiction télévisuelle (cela ne se voit pas trop dans les statistiques de visionnage en fin d’article, je vous l’accorde mais vous n’avez pas encore lu la deuxième partie du bilan). Pour moi, il y a de quoi se réjouir, car ma télé s’enrichit de jour en jour (Pardon Livia, c’était trop tentant).

Les revenants

D’abord, la fiction française lève la tête. Enfin. Je suis sans aucun doute mal placé pour en parler, puisque j’ai longtemps résisté à son appel. Mais à force de tentatives plus ou moins fructueuses (Ainsi soient-ils étant l’exemple d’une ambition détournée, Fais pas ci fais pas ça l’exemple d’une comédie qui s’épuise), nous avons eu notre perle, à nous sériephiles franchouillards. La fiction « Les revenants » fut la démonstration claire, limpide, qu’une fois débarrassée de ses oripeaux sociologiques, et construite dans un cadre rigide, une série française pouvait réussir. La fiction de genre nécessitait ambiance, mystères, personnages ambigus, révélations surprises, émotion… Autant d’éléments qui ne pouvaient cohabiter sans une écriture parfaite, réfléchie, posée. C’est ce requis là qui a conduit les auteurs à se surpasser. Et vous avez remarqué ? Pour une fois dans une fiction française on parle davantage du scénario que des acteurs ou du contexte social. Un signe, sans doute.

borgen saison 2

Ensuite, les fictions européennes prennent de l’envergure. On a un poil de retard sur les diffusions, mais grâce à Arte, nos soirées sont de plus en plus belles. Évidemment je pense d’abord à Borgen (bien que j’ai détesté l’orientation prise à la fin de la seconde saison). La fiction politique, tant qu’elle n’est pas idéalisée, permet surtout de comprendre l’arbitrage de nos dirigeants, qu doivent choisir entre leurs valeurs et le pragmatisme de l’instant, entre leurs ambitions politiques et leurs vies personnelles. Et la fiction danoise, bien que prenant des raccourcis, avait jusqu’alors parfaitement su le montrer, tout en n’oubliant pas de développer l’aspect émotionnel.

akta manniskor

Autre coup de cœur, Äkta Människor, série suédoise de science fiction où les robots à apparence humaine partagent notre vie. Ce qui frappe outre l’utilisation adéquate et non ostentatoire d’effets spéciaux, c’est comment la fiction arrive à mélanger conflits éthiques et suspense. La trame est rigoureuse, captivante, émouvante. Même si quelques épisodes sont un peu en deçà niveau rythme, le puzzle est bien conçu, et les rebondissements bien amenés. Une réussite.

gran hotel

Je n’ai pas eu l’occasion d’en parler sur ce blog, puisque je comptais organiser prochainement une quinzaine spéciale séries du monde (vu que Srugim fut une jolie découverte), mais je tenais quand même à parler de la première saison de Gran Hotel, la fiction espagnole que les critiques aiment à rapprocher de Downton Abbey. Que nenni. La série est bien plus drapée de mystères, secouée d’un bout à l’autre de rebondissements. On a beau lui reprocher son manque de cohérence (et son héros qui peut se balader n’importe quand), elle a su multiplier les personnages ambigus, aux comportements douteux, pour en faire une saga policière. Ce n’est pas non plus toujours bien joué – ce qui fait que la romance ne fonctionne qu’à moitié – mais on se prend rapidement au jeu. Et puis, le final est vraiment osé (et frustrant !). A quand une diffusion de la seconde saison en France ?

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Enfin les séries britanniques continuent leurs percées chez moi et j’ai même découvert – tardivement hélas, mais avec délice – les adaptations télévisuelles des romans de Jane Austen. Downton Abbey est toujours la figure de proue bien sûr, avec une troisième saison bien mieux écrite que la seconde. Je ne suis pas sûr que la série résiste à la transition et à la modification du casting lors de la prochaine saison, mais en tous cas l’équilibre était là, même si j’ai eu peur par moment d’avoir des redites. Downton Abbey était captivante, charmante, (et tragique !) cette année. Enfin le Sherlock de Moffat s’est révélé particulièrement brillant, et encore plus convaincant pour cette seconde saison, grâce notamment à un Moriarty exceptionnel. On fait tellement de compliments sur Cumberbatch que l’on en oublie parfois Andrew Scott. Le plus dur, c’est d’attendre la suite.

Il y a aussi des essais non transformés. Au Canada, la série de science-fiction Continuum, par exemple, m’a paru bien trop générique et bien trop orientée action par rapport à son potentiel.

Abordons maintenant les fictions américaines. Chaque année, insidieusement, une question me taraude : était-ce vraiment moins bon que l’année dernière ? A force de parler de ce fameux déclin qualitatif, où puis-je me situer ? Oui, je trouve les séries américaines de plus en plus génériques, formatées, sans showrunner, sans vision. La plupart des nouveautés se calent sur des pitchs qui voient leur potentiel fondre comme neige au soleil au fur et à mesure des épisodes. Je peine donc à trouver des remplaçants dignes de ceux qui nous ont quitté cette année.

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House tout d’abord. Je ne vais pas refaire l’éloge de la série, mais les networks vont avoir du mal à lui trouver une descendance. Que ce soit du côté de la comédie avec Animal Practice ou du côté médical avec Emily Owens MD (certes, cette dernière lorgne carrément sur Grey’s Anatomy).

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Boss, ensuite. Que Starz n’ait pas obtenu l’audience qu’elle souhaitait est une chose, mais ce qui me cause le plus de chagrin c’est que son annulation passe à ce point inaperçue. Je suppose qu’il faudra attendre quelques années et quelques commentaires dithyrambiques sur les dvds pour que l’erreur soit réparée comme The Middleman ou Firefly.

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Chuck, enfin. Trouvez moi une nouvelle fiction mélangeant action comédie et romance à la télévision américaine ! C’est un peu comme si le genre avait disparu, broyé par des fictions déprimantes qui se prennent bien trop au sérieux. (Heureusement Nikita (et Birkhoff) sont encore là même s’ils ont moins la forme).

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Pourtant, peu à peu, le soap renaît. Depuis Revenge, succès surprise de la saison passée, on sent que le feuilletonnant n’a pas dit son dernier mot devant l’avalanche de séries policières. C’est en soi, une bonne nouvelle. Dommage que cela ne se concrétise pas (cf Deception, la bien nommée). En attendant, peut-être que le public reviendra vers Parenthood, qui connait une magnifique quatrième saison. Et ce n’est pas seulement grâce à Monica Potter.

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J’ai plus d’inquiétude pour les comédies. Ne vous inquiétez pas, c’est récurrent chez moi. Je crois que je me suis jamais réellement remis des années 90, où Frasier, Seinfeld et Friends rivalisaient d’ingéniosité. Le changement d’époque, je le vis mal. Les sitcoms traditionnelles sont de plus en plus écartées, pour une mauvaise raison. Selon moi ce n’est pas la théâtralité qui gêne le rire, c’est l’absence de dialogues inventifs et percutants (évitons aussi le surjeu de Malibu Country s’il vous plaît !). Et je reste profondément attaché à ce système. Voilà pourquoi, au fond, Suburgatory, Don’t Trust the Bitch in Apartment 23 n’ont pas réussi à rester dans mon cœur, comme tant d’autres comédies single-camera. Cette saison, Go On a beau avoir Matthew Perry, The Mindy Project a beau avoir Mindy Kaling, tous ces shows sympathiques au demeurant très egocentrés n’ont pas le percutant attendu, même si ceux-ci compensent par une note émotionnelle. Inévitablement je reviens vers les sitcoms traditionnelles comme Big Bang Theory, qui fait une saison presque parfaite (on aurait pu croire que le show s’essoufflerait à la sixième saison, c’est tout le contraire). Même 2 Broke Girls est en train d’achever sa maturation, avec des gags un peu plus travaillés et un esprit jusqu’auboutiste qui lui va très bien. Seule exception notable : Raising Hope, toujours largement sous-estimée sur la toile, a contrario de Community. (Je sens les critiques, mais qu’y puis-je si je trouve que Raising Hope est à la fois créative et drôle alors que Community n’est que créative ?)

Alors, quelles nouveautés retenir (séries ayant commencé en 2012) ?

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Bunheads. Diffusée cet été, la série m’a rappelé en quelques secondes à quel point Gilmore Girls me manquait. On retrouve toute la verve, toute la fantaisie de Sherman-Palladino. C’est pas toujours parfait, mais c’est drôle, tendre, émouvant. Et elles se font rares les fictions qui jouent avec votre cœur.

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The Newsroom. Aaron Sorkin n’a pas vraiment changé sa recette, et j’ai vraiment du mal avec son côté rigide et démonstratif à l’excès. Toutes ces facilités scénaristiques, ces personnages trop certains de leur supériorité intellectuelle, sont autant de raisons qui auraient pu me faire fuir. Tout comme je me suis demandé pourquoi Sorkin n’a pas voulu faire une vraie fiction politique plutôt que de se cacher derrière le faux-argument journalistique. Mais j’en garde néanmoins un bon souvenir, car j’aime les fictions passionnées, dirigées. Et le débat pseudo-féministe ne méritait pas tant de buzz négatif.

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Smash. Ça va peut-être surprendre. Mais j’ai pris plaisir à revoir certains épisodes avec mon épouse. Si l’aspect soap est lourd et fonctionne très mal, je reste subjugué par les numéros musicaux et le duo d’interprètes féminins. Même au second visionnage.

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Touch. Là aussi, parmi les nouveautés de 2012, Touch sortait du lot. Avec son aspect « puzzle humaniste », la série avait réussi à me convaincre avant de me faire douter vers la fin de la première saison. Elle était devenue prévisible, et sa mythologie n’était guère attrayante. J’espère une meilleure reprise.

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Elementary. Celui-là, je ne l’ai pas vu venir (tout comme j’avais pas vu que Last Resort se transformerait en daube). Mais comme la plupart des shows policiers sont en déclin, c’est agréable de retrouver des épisodes bien ficelés, avec une enquête multipliant les twists et les raisonnements. C’est un peu dommage de voir Watson de plus en plus mis sur le côté, cependant.

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Je mise aussi quelques espoirs sur Arrow. La série du vigilante a un peu de mal à mettre la troisième vitesse et s’embourbe un peu, mais le personnage principal reste intéressant. La mythologie continue de se développer et tant mieux. Espérons que l’aspect soap restera minoritaire.

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Autre petite surprise : Nashville. La série suscite beaucoup de controverses, mais le charme opère sur moi, là encore grâce à un développement lent des personnages (on est pas dans Melrose Place) et à l’ambivalence du personnage de Hayden Panettiere. La série cherche l’émotion, notamment au travers de ses chansons country, et j’ai vraiment craqué pour le duo Bowen/Palladio. Dommage que la partie politique soit aussi ennuyeuse.

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Enfin, j’ai failli évoquer Underemployed, la série pour ados de MTV (Eh oui !), mais les derniers épisodes ont pris un virage un peu trop serré, avec la question de l’infidélité. J’espère que le show arrivera à surmonter cet obstacle car la série m’est toujours très sympathique. Quant à Veep, après de multiples hauts et bas, j’ai failli par lâcher prise. Veep, c’est l’exemple parfait du mockumentary qui ne fonctionne que sur son principe de moquerie et qui est incapable d’inventer d’autres gags. J’appelle ça du remplissage.

D’autres shows plus anciens sont en perte de vitesse.

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Mentalist a trop tiré sur la corde et les énigmes sont de plus en plus lamentables. Once Upon A Time a préféré jouer avec un « monster of the week » plutôt que de semer des indices sur les contes dont elle s’inspire, et elle a très mal utilisé ses figures emblématiques (les personnages semblent avoir perdu toute cohérence). Enfin, Nikita a simplifié ses enjeux au point de perdre tout suspense (où sont les retournements de table ?).

Fort heureusement, d’autres séries relèvent la tête.

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The Walking Dead d’abord. Après une deuxième saison calamiteuse, voilà enfin la peur qui resurgit, avec son lot de rebondissements. Une résurrection. C’est aussi le cas pour Dexter. Trois bons choix sont à l’origine de cette renaissance : Deb’ qui apprend la vérité sur son frère, cela a permis de faire évoluer le personnage, Yvonne Strahovski est peut-être la meilleure guest de la série car son personnage permet de faire comprendre à Dexter ce qu’il est réellement, et enfin l’intrigue du « méchant » a su prendre des virages complètement inattendus. Autre surprise, Grey’s Anatomy est en train de revenir lentement dans la course. On est toujours loin de la qualité des premières saisons, mais le ton est nettement plus équilibré. Peut-être arriverais-je à m’enthousiasmer de nouveau ?

Quelles valeurs sûres ?

Au milieu de ce chantier, rares sont les séries qui résistent.

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The Good Wife avait fait un début de saison assez catastrophique (avec une histoire répétitive et soporifique pour  Kalinda) mais elle s’est bien relevé depuis en se concentrant sur ce qu’elle sait faire : de très bonnes intrigues judiciaires.

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Big Bang Theory fait mieux que résister. La série a réussi l’exploit de s’améliorer une fois de plus, grâce à des épisodes de plus en plus denses et bien écrits.

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Raising Hope, également, parvient à délivrer son quota de loufoquerie et de rires de manière quasiment constante.

Mes Statistiques

Il ne fait nul doute que ma consommation télévisuelle a augmenté cette année. Malgré mes efforts pour diminuer les fictions américaines, je reste encore happé par les évènements que sont les upfronts et les diffusions des pilotes. Peut-être au fond, parce que j’ai toujours envie de retrouver les sensations d’il y a quelques années.

Côté USA, j’ai suivi cette année (hors pilotes uniquement qui sont aux alentours de 19) :

Partiellement (abandons en cours de route) (8) : Don’t trust the bitch in apartment 23, Person of interest,The River, Prime Suspect, Pan Am, Suburgatory, How i met your mother s7, Modern Family s3,

Intégralement (36) : Once upon a time, Boss, Homeland, Touch, Smash, Girls, Veep, 2 Broke girls, Ringer, Awake, Best Friends forever, Chuck, House,  Nikita, Raising Hope, The Big Bang Theory, Parenthood, The Mentalist, Game of Thrones, Grey’s Anatomy, Fairly Legal, The Walking Dead, Dexter, The Good Wife, 666 Park Avenue, Go On, The Mindy Project, Arrow, Elementary, Homeland, Last Resort, Nashville, Underemployed, Bunheads, White Collar, The Newsroom…

J’ai donc vu défiler environ 63 séries américaines différentes.

Ce qui a changé, c’est que j’ai réussi à trouver un peu plus de temps pour voyager, avec les fictions européennes évoquées tout à l’heure, mais aussi avec les fictions asiatiques. Bref : un peu plus de fictions américaines, beaucoup plus de fictions européennes, beaucoup plus de dramas coréens, et un peu plus de dramas japonais. Va falloir laisser refroidir la télé, je sais.

Évènements marquants

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Comme souvent dans ce genre de cas, j’ai tendance à privilégier les fins de série qui sont chargées en émotion. J’ai adoré celle de Chuck, parce qu’elle véhicule un joli message en plus de boucler parfaitement la série.

Quelques scènes (spoiler – free) : Sasha dansant sur Istanbul (Not Constantinople) (Bunheads), Amy soignée par Sheldon (Big Bang Theory), le départ de Haddie (Parenthood), la vitre qui se brise sous le poids d’un personnage (final de Nikita s2), le groupe pénètre dans la prison de façon méthodique (The Walking Dead), Tyrion organise la résistance de la ville (Game of Thrones), Dexter succombe aux charmes d’Hannah (Dexter), un personnage se fait tirer dessus (Boss), …

Pas de top ici (puisqu’il semble que ce soit la coutume), je fais mes statistiques en fin de saison chaque année, rendez-vous au mois de Mai-Juin 2013.

La seconde partie de ce bilan de l’année 2012 – consacrée aux séries asiatiques -sera publiée prochainement, très probablement après le jour de l’an. Elle est encore en cours d’écriture vu les récents évènements dans ma vie privée.

Merci de m’avoir lu jusqu’au bout et à bientôt pour la deuxième partie.

Les mamans dans les séries américaines

Pour un hommage à nos mamans, j’ai eu l’idée de faire un mini tour d’horizon des mères dans les fictions télévisuelles, sans aucune prétention d’exhaustivité bien sûr…

Les fictions nous montrent souvent les accouchements, et le sentiment de bonheur qui prévaut lorsqu’on devient maman pour la première fois. Je passe sur les incidents habituels qui surviennent avant l’arrivée du bébé, ce qui m’intéresse c’est le moment où la mère serre pour la première fois son nouveau-né. Ce moment où tout bascule, où tout prend sens, où l’émotion submerge le téléspectateur. Il n’est pas forcément évident de retransmettre l’intensité de ces instants dans une fiction télévisuelle.

Je citerai par exemple Once and Again 3.10 – Pictures, où avant de voir le bébé, on l’entend et on sent que la vie de chacun et en particulier de la mère, est transformée à jamais. La scène se passe ainsi : Grace entend les hurlements de douleur de Tiffany, et décrète, horrifiée : » je n’aurai jamais d’enfant.  » L’instant d’après tout devient silencieux, et le premier cri du bébé survient. Les visages changent, tout le monde, y compris Grace, change d’avis sur la nature de l’évènement. Et on voit alors Tiffany porter son bébé dans les bras.

Être mère peut prendre différentes formes. Et les séries abordent de plus en plus le cas des mères porteuses. On se souvient évidemment de Phoebe, dans Friends, qui a accepté de rendre service à son frère Frank et qui accouche de triplés dans l’épisode 5.03 – One Hundredth. (Pour l’anecdote la vraie grossesse de Lisa Kudrow a ainsi été exploitée dans la série). Dans cet épisode, le moment fort arrive quand tous ses amis décident de laisser Phoebe en tête à tête avec les triplés. Allongée sur son lit, elle les  serre dans ses bras et leur déclare qu’elle aurait bien voulu les garder « i had the most fun with you guys, i wish i can take you home and see you everyday », avant de se consoler en se disant qu’elle sera tante. Elle finit par pleurer  alors que le thème musical reprend.

Mais être une maman cela n’est pas seulement donner la vie, c’est aussi et surtout élever ses enfants.

Et là, il y a différents styles… de la mère égoiste à la mère courage…

Nous avons le cas de Peggy Bundy (Married with Children), qui refuse de faire le ménage, de cuisiner ou de travailler pour gagner de l’argent. Ses enfants doivent se débrouiller pour se sustenter, et bien souvent c’est le patriarche Al Bundy qui en fait les frais. Et ne comptez pas sur elle pour lui demander des conseils, comme en témoigne cette excellent échange entre son fils et elle (épisode 10.2 – a shoe room with a view) :

Bud : Mom, i have a lousy day, i could really use some motherly advice.

Peggy : Shut up Bud ! Oprah’s doing a show abour mothers who don’t pay attention to their sons.

Après il y a les mères qui n’ont pas les moyens mais qui à défaut d’avoir davantage de volonté, ont au moins un peu plus conscience de leurs responsabilités. (J’ai dit un peu, hein). Dans ce cas, on peut citer Virginia Chance (Raising Hope). Elevée par sa grand-mère, enceinte à 15 ans, Virginia fait avec le peu de moyens dont elle dispose. Et travaille comme femme de ménage. Dans l’épisode 1.09 – Meet the grandparents, Virginia s’adresse à son fils Jimmy en ces termes :

I’m allowed to criticize you. I made you. You’re my mistake.

Il y a aussi la mère qui a abandonné son enfant et qui culpabilise. Sa fille réapparaissant subitement, elle décide de reconstruire un lien mère-enfant. Mais comment le reconstruire quand l’enfant est désormais une adolescente ? La mission est difficile pour Cate Cassidy (Life Unexpected) vis-à-vis de sa fille Lux. Elle s’implique trop ou mal, pour rattraper des années qui ne se rattraperont jamais, elle n’arrivera d’ailleurs jamais à en faire son deuil.  Dans l’épisode 1.07, Cate s’engage : « Whatever you need, i’m here ». C’est peut-être aussi ça une maman, un soutien sans failles. Aimer inconditionnellement, même en étant détestée. Comme le souligne la phrase de Cate dans l’épisode 1.02 :

I know she’s a teenager, but is she supposed to hate me that fast ?

Oui élever son enfant, c’est dur. Et les fictions raffolent des ados rebelles. Inutile d’en montrer. Mais parfois la vie rajoute un coup du sort. Comme avoir un enfant handicapé. Il faut ainsi faire preuve de beaucoup de courage pour surmonter non seulement les difficultés intra-familiales, mais aussi parfois le regard des autres. Une mère veut défendre son enfant. A tout prix. Par exemple, Kristina Braverman, dans Parenthood, ne peut reprendre un emploi, car Max, qui a la maladie d’Asperger occupe une bonne partie de sa journée. Alors Kristina va se battre, avec un sens du sacrifice et un dévouement extrême : épisode 1.02 – Man versus Possum :

Kristina : Max, he’s smart, and he’s beautiful, and there’s so much potential and hope.

Adam : so what now ?

Kristina : We start to work.

A toutes les mamans, bonne fête !

Bilan de la saison automnale 2010 (USA)

J’ai un peu hésité avant de me lancer dans la rédaction de cet article, car par rapport à mon dernier bilan automnal (2009), j’ai un peu changé ma façon de faire. Je rédige chaque semaine un bilan de mes visionnages américains, ce qui fait qu’il est plus facile de lire mes impressions. En clair, j’ai un peu peur de faire redite, mais dans le même temps je ne voulais pas déroger à l’exercice.

Si globalement cette saison automnale (septembre à décembre 2010) est très morose, c’est en grande partie parce que les nouveautés n’ont pas du tout été à la hauteur.

Il y a bien sûr celles dont je n’attendais rien, et qui ne constituent donc pas une déception, comme Hellcats une série de cheerleader ni drôle ni sexy, Shit my dad says, une sitcom à base de répliques sans théâtralisation ni gestuelle adéquate, ou Mike et Molly, comédie lourdingue sur une romance sans romance.

Je cherchais un peu de fraicheur pour cette rentrée. J’ai déchanté quand j’ai vu le ratage que constitue No Ordinary Family. Un bon sujet, un bon cast, tout ça pour des effets spéciaux ? Outsourced, une sitcom qui devait travailler sur les différences culturelles entre les USA et l’Inde finit par être grossière, réductrice. Bref de quoi pleurer devant un aussi bon potentiel gâché. Autre idée ruinée, My generation, qui devait raconter le destin de lycéens 10 ans plus tard. Mais l’évolution est caricaturale et l’histoire ne sert que de prétexte à l’utilisation de clichés soap de mauvais goût, tandis que le montage achève toute envie de voir la suite. Et je passe sous silence les mauvais acteurs.

Lone Star, utilisant un vieux concept d’escroquerie, aurait pu être intéressante, car elle avait su développer une véritable émotion. Mais le couperet fatidique est tombé bien trop tôt.

Inutile de se tourner vers une énième série policière pour noyer son chagrin : Detroit 1-8-7 est juste un énième amassis de clichés du genre, le tout servi par des personnages apathiques ou insupportables.

Faire du conventionnel a ses limites, et elles sont malheureusement très vite atteintes. Beaucoup de séries sentent le pré-mâché, une fois l’effet de découverte passé. J’insiste, ce n’est pas un problème de format mais bien de capacité à dire quelque chose d’intéressant sur le long terme. Beaucoup critiquent l’omniprésence du non feuilletonnant à la télé, mais ce n’est qu’une partie du problème.

Prenons The Event par exemple. Alors que je ne tarissais pas d’éloges sur le pilote, déroutant, rafraichissant, je me suis vite rendu compte que j’avais affaire à du sous-24 feuilletonnant (pour moi qui ait toujours eu du mal avec 24, croyez moi c’est pas un compliment). D’ailleurs je ne pense pas reprendre à la mi-saison.

Autre exemple : Hawaï 5-0, qui m’avait beaucoup plu à ses débuts. Je pensais enfin revoir une certaine forme de duos d’action un rien blagueurs, et ressentir à nouveau les effluves des années 80. J’ai progressivement déchanté, puisque l’humour s’est dissout au profit des rebondissements de l’enquête. Je pensais me rabattre sur les personnages, mais au vu du background développé pour chacun des protagonistes je suis allé de désillusions en désillusions. Et la lassitude s’est installée.

Un autre exemple ? Undercovers. Blockbuster sans enjeu, sans âme. Un ressucé d’Alias sans le charisme de ses interprètes.

Ce fut une autre leçon de la rentrée. Ne pas s’appuyer sur des ténors qui ne savent pas se renouveler. Running Wilde en est l’illustration parfaite. Le concept d’Hurwitz est si cloisonné qu’on finit par détester ces personnages qui vivent sur une autre planète. L’effet rebours de la crise, peut-être.

Fallait-il pour autant se tourner vers le câble pour trouver des nouveautés enthousiasmantes ? C’est récurrent chez moi, j’ai beaucoup de mal à m’attacher sur le long terme à des séries de HBO. Prenez The Boardwalk Empire : un concentré de savoir-faire, de moyens, pour un résultat soporifique en terme de narration. Non, le cinéma ne fait pas tout. Alors que certains rêvent d’une meilleure réalisation (cinématographique,donc), moi je rêve de meilleurs scénarios. Je rêve d’émotions, de rythme, pas d’une scène clé tous les 3 épisodes.

Un problème de format ? Si je ne veux pas d’un cinéma « étiré » sur de multiples épisodes, je ne veux pas non plus que le support télévision soit à ce point si mal compris. Avait-on, au fond, besoin d’adapter un comic à la télé par un réalisateur de cinéma ? The Walking Dead n’a pas su développer ses personnages, encore moins trouver son ton.

Alors quelles furent les nouveautés valables de cette rentrée ? S’il y a bien un point positif dans l’histoire, c’est qu’il y a toujours un effet surprise lors d’une rentrée de seriephile. C’est du côté des comédies qu’il faut s’orienter. Je mets volontairement de côté le cas de Rubicon, qui a commencé cet été, mais qui reste une vraie réussite, sans oublier Men of a certain age qui vient de reprendre mais qui mérite aussi beaucoup d’éloges.

La grande gagnante est… Raising Hope. Je pensais que le créateur de My Name is Earl, série comique très réussie mais qui s’était essoufflée, n’arriverait pas à se renouveler. J’avais tort. Raising Hope est encore plus drôle, et contrairement à son prédécesseur, vraiment attachante. Au programme, toujours un mélange d’humour trash et de satire sociale. Irrésistible !

Et puis il y a également une série, certes pas extraordinaire de prime abord, mais qui a fait son chemin, petit à petit, pour me convaincre. Better With you réunit également un cast sensationnel, et même si ses mécaniques de jeu sont conventionnelles, ça fonctionne très bien, et je me suis attaché à ces personnages. Preuve que la sitcom n’est pas morte.

Enfin, sur le podium, qui l’eut cru, une série de la CW. Si avec ça je perds pas toute crédibilité… Et pourtant, Nikita est une série dramatique qui a su développer ses personnages en même temps qu’elle nous a donné notre lot de rebondissements et d’action bien calibrée. Voilà un exemple de divertissement qui me remémore un peu ce qu’on savait faire dans les années 90. Pas prétentieuse comme une série du câble, pas ratée comme The Event, Nikita a su construire peu à peu tout ce que j’attendais d’elle. (Et puis j’ai découvert Lyndsy Fonseca, en plus).

Voilà donc pour les nouveautés, au final peu satisfaisantes. On aurait pu penser que les séries habituelles allaient compenser ce manque. Eh bien non. Je vais essayer de classer les séries du pire au meilleur, même si je n’aime pas particulièrement cet exercice…

Commençons d’emblée par la plus grosse désillusion de cette saison automnale : la saison 5 de Dexter. Alors qu’elle devait être celle du renouveau, elle a été celle qui a ridiculisé la série. Dexter se sort tous les 2 épisodes de situations inextricables avec la complicité de scénaristes qui transforment les personnages au gré des besoins. Autant dire que le suspense est mort, un choix d’autant plus affirmé que la seule possibilité d’évolution nous revient violemment dans la figure à la fin de la saison.

Autre déception, celle de ce début de saison 2 de Community. J’avais misé beaucoup d’espoir en elle, étant donné que j’avais finalement été conquis par la fin de la première saison lors d’un rattrapage. Mais cette fois c’est la bonne, j’arrête les frais. A part un épisode d’Halloween très drôle car parodique, le reste est dans une médiocrité affligeante. J’attendais de l’humour, pas une débauche de créativité qui ne fait même pas sourire. Et puis le développement des personnages est toujours aussi incohérent.

J’ai également été déçu par la 7ème rentrée de Grey’s anatomy. D’abord tristounette (compréhensible vu les évènements), elle n’a pas su me ré-attacher à ses personnages. Je voulais une évolution, pas une révolution. Rendez-moi Christina ! En plus, de trop vieilles ficelles ont été utilisées, ça sent un manque flagrant d’imagination. J’espère un revirement pour la suite et des personnages mieux exploités (j’étais si content de l’arrivée d’April).

Modern Family a également eu un démarrage très difficile, avec une perte sensible d’inspiration, un manque d’enchaînement dans les gags. (Le côté apocalyptique, où tous les évènements concordent à une grande catastrophe, ça me manque). Ils ont même réussi à me rendre Claire détestable. Heureusement quelques bons épisodes ont su relever le niveau.

How i met your mother m’a beaucoup surpris. Je voulais arrêter la série l’année dernière, mais la présence de Jennifer Morrison m’en a dissuadé. Alors certes, il y a beaucoup de déchets dans les gags, mais je me suis surpris à aimer à nouveau la série. Ce n’est pas du à l’actrice (même si j’aurai aimé le lui accorder), mais plutôt à quelques (très) bons épisodes disséminés ça et là. Je n’avais pas ri depuis très longtemps dans la série. Espérons que ce soit de bonne augure pour la suite.

Ça me fait mal de le dire, mais Chuck m’a beaucoup déçu. Le renouvellement de scénaristes a finalement été préjudiciable au ton de la série, qui est devenue trop comique, au point d’être en parodie permanente, rendant certaines scènes entre Chuck et Sarah complètement surréalistes au lieu d’être émouvantes. Malgré un foisonnement de guests, la série a eu du mal à redevenir palpitante. Et il faut bien le dire, à deux fois je me suis exclamé : « tout ça pour ça ! ». Signe que la série a l’air d’être en roue libre. Je ne perds pas espoir cependant, puisque la début de la saison 3 avait aussi été un peu laborieux. Et puis il reste Yvonne. (Non ma chérie, pas taper !).

Je commence à me lasser de The Mentalist. J’ai trouvé que les loners n’étaient pas particulièrement bien écrits (sauf l’épisode 7). Mais bizarrement, alors que je n’étais pas passionné par le fil rouge sur Red John, j’ai à deux fois trouvé le récit palpitant. Au final la série reste sympathique mais bien en deçà de ses saisons précédentes.

Quant à Life Unexpected, qui devrait s’achever prochainement, j’ai cru à un moment l’avoir perdue. En effet, ça avait très mal commencé, avec une surabondance de clichés soap. Ce n’est qu’en fin de saison que la série m’a à nouveau convaincu. Les personnages étaient à nouveau exploités, en s’assurant de leur cohérence psychologique, et les derniers épisodes m’ont beaucoup ému. C’est vraiment dommage, je me suis rabiboché avec la série juste au moment où son annulation a été annoncée.

Pour Parenthood ce fut l’effet inverse. Alors que j’ai apprécié son retour, j’ai malheureusement déchanté par la suite. La surexposition de Crosby m’a finalement beaucoup ennuyé. Tout comme celle de l’arrivée de Baldwin (insupportable). Mais en fait c’est l’ensemble des histoires qui m’a déplu. Mis à part certaines scènes de Julia, ce n’était pas très passionnant. J’attendais peut-être aussi davantage des enfants de Sarah. Si les personnages restent attachants, il faut quand même leur donner un discours un peu plus intéressant sur la parentalité.

The Good Wife, qui ne m’avait pas encore déçu jusque là, a eu également son lot de loupés. Certes, deux épisodes, ce n’est pas grand chose, mais quand même.  D’une manière générale, j’ai également trouvé que les implications politiques étaient en deçà de mes attentes. Restent donc les cas juridiques, toujours aussi captivants même s’il y a moins d’efforts sur la forme. Le point positif, c’est que j’ai enfin pu apprécier Panjabi. Je reste confiant, j’ai vraiment l’impression qu’on aura à nouveau cet effet puzzle en fin de saison.

The Big Bang Theory aura beau été moins constant que la saison passée, j’ai quand même passé d’excellents moments. Je sais que la présence de nouveaux personnages féminins fait débat, donc je ne rentrerai pas (trop) dans ce jeu. Il est certain que les meilleurs moments ne proviennent pas de cet ajout au cast, mais dans le même temps c’est le prix à payer pour éviter la saturation et l’épuisement des ressorts comiques des personnages principaux.

Enfin, j’ai vraiment aimé ce début de septième saison de House. C’était pas gagné, puisque la nouvelle dynamique était surprenante. Difficile de s’y habituer ? Pas tant que ça, puisque c’est fait avec suffisamment d’intelligence pour poser les problèmes au fur et à mesure. Maintenant, pour que cela tienne sur le long terme, c’est un autre défi, et les derniers épisodes me rendent assez pessimistes. Mais plus encore que cette nouvelle relation, j’ai vraiment adoré l’arrivée d’Amber Tamblyn. Son personnage est particulièrement bien pensé et donne beaucoup de fraîcheur au show. Quelle dommage de ne pas pouvoir la conserver et de vouloir faire revenir Thirteen !