Treme saison 1

Lorsque HBO avait décidé de donner son feu vert à Treme, le petit monde des séries s’était enflammé en un temps record. Pensez donc, une nouvelle série par le créateur de The Wire, David Simon, c’était forcément génial.

Et puis, on aurait quand même du se demander si derrière le pitch de base ne se cachait pas une seule facette de la réalité, à contrario de son oeuvre précédente. On pourrait ainsi résumer la série : Les conséquences de la destruction partielle de la Nouvelle-Orléans par Katrina. Avec un gros sous-titres : La Nouvelle Orleans, berceau de la musique, paradis sur Terre, victime des politiciens. Vous voyez où je veux en venir ?

Je commence d’emblée, vous l’aurez compris, par le gros point noir de la série : sa vision étroite, et son application presque systématique à faire passer la ville et ses habitants comme des victimes d’un système (dont on osera jamais dresser les contours). Une ville où il fait bon vivre, où on meurt parce qu’on est un innocent roué de coups en prison, et non parce qu’on vient de se prendre un coup de couteau dans l’une des villes à la plus forte criminalité. Une ville où des jeunes touristes innocents peuvent se balader sans soucis dans les quartiers malfamés.  Une ville où les méchants policiers et les méchants juges appliquent la loi à la lettre sans s’adapter au contexte, et où il devrait être interdit d’interdire.  Une ville où votre voisin de palier qui vous a dénoncé finit par être un bon ami, et où tout finit bien en chanson. Si c’est pas une musique douce pour les oreilles de nos soixante huitards idéalistes et provocateurs, je sais pas ce que c’est !

Fort heureusement, la série a ses personnages, dont l’intérêt varie en fonction de ce qu’ils ont à dire. Prenons par exemple Albert « Big Chief » Lambreaux.  C’était effectivement très intéressant de voir une tribu d’indiens du mardi gras (c’est à dire des afroaméricains inspirés par les coutumes des indiens d’amérique), de voir un défilé, de voir comment une tradition peut s’intégrer dans le fonctionnement d’une ville moderne. Le problème, c’est que son personnage ne fait que ça, ne pense qu’à ça, et quand vous avez vu un très beau défilé, vous avez tendance à bailler au 4ème. Heureusement, le personnage redevient intéressant quand il soulève le problème des maisons inoccupées. Mais fallait-il pour autant appuyer l’importance du propos en mettant en scène une énième brutalité policière ? Le combat était « juste », on avait pas besoin de nous montrer des « méchants » pour qu’on croit encore plus  à la justesse de la cause.

J’ai donc eu un grand problème avec ces personnages qui se battent « pour leur ville ». Mais moins avec ceux qui sont « passionnés par leur ville ». On dira ce qu’on voudra mais je préfère qu’on essaye de nous montrer un Davis enthousiasmant qu’un Creighton Bernett vociférateur et nostalgique (tout génial que puisse être John Goodman). Oui, Davis vaut le coup d’oeil.

Et c’est bien sur l’aspect musical que la série comble mes attentes. Les épisodes fourmillent d’interventions orchestrales, voire a capella, avec de multiples clins d’oeil sur le message à donner, sur les artistes qui y sont promus. Ca dépasse de loin mes connaissances en matière de jazz new orleans ( j’ai baigné un peu dedans en étant petit). Et même si j’ai peu apprécié la diatribe sur les touristes qui veulent écouter du Louis Armstrong au lieu du « vrai » jazz, j’ai quand même été ravi du paysage qui s’est étalé pendant 10 épisodes. Mais mon enthousiasme est tout de même tempéré par l’omniprésence de ces scènes musicales. Au point de me demander si la série ne voulait pas simplement montrer que ça.

L’amour immodéré de la musique et de la ville se sent. Il se sent beaucoup trop.

Du coup j’ai tenté d’accrocher aux autres personnages, moins revendicatifs.

On a donc Ladonna qui cherche son frère disparu pendant l’ouragan. L’occasion d’accrocher un peu sur ce mystère, mais bizarrement j’ai eu du mal à ressentir l’émotion sur cette histoire à rallonge. C’est particulièrement flagrant au dernier épisode où on nous montre ce qui s’est passé, en fait ce qu’on savait déjà. L’intérêt de l’histoire est donc toute relative, puisqu’il apparaît clairement qu’elle n’a pour but que de montrer l’incompétence des policiers.

J’ai en revanche davantage accroché à Jeanette Desautel, la chef cuistot qui se bat pour faire survivre son restaurant et ses employés. Rien de bien original, mais le personnage montre à la fois du caractère et de l’émotion.

Bon évidemment, je l’avoue, je suis resté pour Lucia Micarelli qui interprète Annie, une innocente et talentueuse violoniste qui accepte tout de la part de son petit ami. (Ca doit être ses gènes coréens). On y retrouve ainsi le plaisir de la musique, la romance, le questionnement sur ce qui doit être sa vie, et sur le besoin de s’affirmer.

J’ai eu un autre problème avec la série, c’est qu’outre son besoin d’en faire des tonnes, elle nous indique même à un moment donné qu »‘une histoire n’a pas de fin, contrairement aux fictions télévisuelles. » Je veux bien, mais je regarde une fiction. Et en tant que telle, elle m’a beaucoup déçue lors du dernier épisode de la saison.

Au final, même si j’ai été dur sur la série, j’ai quand même apprécié le voyage, ce qui est l’essentiel. Mais la saison 2 a intérêt à s’éloigner de ses messages manichéens et à développer d’une autre manière son univers musical pour que j’y adhère davantage.

Bilan de la saison 2009-2010 (US)

La saison télévisuelle américaine s’est désormais achevée, et il est temps de faire un petit bilan personnel. Une saison qui s’est finalement avérée un peu mieux que la catastrophe prévue. Vous trouverez en liens des critiques plus détaillées sur certaines séries (Monk, Lost, 24, Parenthood, Life Unexpected, White Collar, V, Men of a certain age, Modern Family, The Mentalist, Chuck, The Big Bang Theory, et House)

J’aurai pourtant essayé beaucoup de séries cette saison, j’en avais déjà parlé lors de mon bilan mi-saison :

Le domaine médical n’a visiblement pas bien réussi cette saison : Trauma, Three Rivers mettent l’accent sur le spectaculaire, tandis que Mercy revisite la profession d’infirmière (qui comme chacun le sait a son diplôme de médecine en poche). Bref, c’est à se demander si quelqu’un sait encore parler de problèmes de santé en dehors de House, depuis la fin d’ER.

Du côté juridique, vous me direz, on a bien tenté un croisement avec Grey’s anatomy, ça s’appellait The Deep End. Mais l’audience médiocre n’aura pas permis d’en voir beaucoup plus. De mon côté j’ai lâché l’affaire dès la fin du pilote, les personnages n’étant pas du tout attachants. Le monde des avocats est-il trop froid pour en faire quelque chose de plus léger ? Non, puisque Ally Mc Beal était drôle et attachant. La copie est donc à revoir. Et vu les upfronts – j’en reparlerai – on est davantage dans une période plus acerbe et sarcastique (J’adore House mais il faudrait voir à ne pas en mettre partout).

De toute manière, cette saison c’était aussi la tentative de reprendre les vieilles recettes. Avec la fin de Lost, Flashforward aurait du logiquement prendre sa succession. Mais quand on a un cast aussi peu charismatique, et des flashbacks réutilisés toutes les 10 minutes, on ne peut que zapper.

J’avais misé beaucoup d’espoir sur des séries de mi-saison. Pourtant entre les promesses sur le papier et le résultat à l’écran, le décalage fut énorme. Par exemple, Human Target devait être une série d’action avec McG aux commandes. Mais le héros est vraiment trop sûr de lui, indestructible, pour que je ressente le moindre intérêt au show. Autre exemple : Happy Town. Des mystères de disparitions et de meurtres dans une petite ville, avec un joli cast (des acteurs d’October Road, Amy Acker, Sam Neil), a priori ça devrait donner quelque chose de palpitant. Mais au final ça m’a fait penser à un sous Harper’s Island (qui lui-même était déjà très caricatural). Pauvre Amy !

Au rayon sitcom, j’ai essayé Community mais je n’ai jamais accroché aux délires de la série. On aura beau me dire que la série fait des références à la pop-culture, fait de l’auto-dérision, ça reste de l’humour ras les pâquerettes. Mais dois-je préciser que j’adore Arrested Development ? Peut-être lui redonnerai-je une chance un jour.

J’avais aussi tenté le retour de Kelsey Grammer (fan de Frasier oblige), mais Hank n’avait rien de percutant. Pour rire, il aurait fallu des dialogues davantage ciselés et surtout des acteurs talentueux pour lui donner la réplique. Dès les premières minutes, c’était une série sous-budgétisée. Dommage !

Enfin, j’ai également tenté Gravity, agréablement séduit par le thème et les acteurs (forcément, j’ai beaucoup aimé Yvan Serguei dans Les Repentis). Faire une série sur le suicide et le mal de vivre fallait oser. Malheureusement, j’ai trouvé ça très creux, et très inégal. Alors que certaines scènes sont bien trouvées, d’autres ne dégagent aucune émotion. Je suis vraiment embêté, parce qu’il arrive parfois qu’on a très envie d’aimer une série, mais qu’on y arrive pas.

Commençons par la fin

Cette saison, une page se tourne. Lost et 24 tirent leur révérence. L’une en ayant une dernière saison controversée, mais que j’ai pourtant adoré (il suffit de lire ma critique pour comprendre), l’autre en étant toujours aussi décevante.

Deux manières originales différentes de concevoir une série en utilisant le facteur temps pour détourner les contraintes habituelles (et en créer d’autres). Deux séries qui auront marqué la décennie 2000, et qui ne seront pas si facilement remplaçables.

Cette saison fut aussi l’occasion de dire adieu à Monk. Je passe sur la résolution du fil rouge de la série, vraiment décevante sur le motif, ce qui a minimisé l’impact émotionnel. Il est vraiment dommage d’avoir prolongé cette série indéfiniment, au point que son arrêt soit passé inaperçu.

Une autre série prolongée artificiellement, parce qu’elle n’avait plus rien à raconter, fut Heroes. Cette dernière saison n’aura rien changé, même si j’ai apprécié l’arrivée de Robert Knepper (T.Bagwell dans Prison Break). Je ne vais pas enfoncer le clou, tant cette série fut une déception après une si belle  entrée en matière. Aucune psychologie des héros, juste de la mise en scène pour montrer les pouvoirs des différents protagonistes, et des rebondissements capillotractés. Difficile de s’attacher à cette série que j’ai suivi pour avoir une fin. Une fin à l’image de la série, qui n’apporte rien. Mais il parait qu’un téléfilm est en prévision. Espérons que ce ne soit pas comme celui de Prison Break.

Une saison aura suffi à développer une petite sitcom sympathique, Accidentally on purpose. « Drôlement » bien ajustée, elle doit évidemment beaucoup à Jenna Elfman. Je ne pense pas vraiment la regretter puisque les auteurs ont eu le bon goût de clôturer l’histoire. L’ensemble forme un tout très cohérent, et même si c’est finalement très conventionnel, j’ai beaucoup ri.

Enfin, ce fut aussi l’arrêt de Dollhouse, qui n’en finissait plus de développer son potentiel, avec une saison 2 brillante, tout simplement. Joss Whedon avait encore raison.  J’attends les DVD avec impatience. Et quoi que vous puissiez en penser, Eliza Dushku me manque déjà.

Du neuf avec du vieux

Cette année encore, on a utilisé de vieilles recettes. Et pour certaines séries ça a plutôt bien marché, puisque j’ai eu quelques coups de cœur.

Parenthood, d’abord, qui aura su rendre à la série familiale toute ses lettres de noblesse. En plus d’avoir un cast parfait, une vraie alchimie, elle sait être émouvante et drôle. Attention tout de même à ne pas tomber dans l’excès d’optimisme, mais que ça fait du bien d’avoir une série qui donne un peu d’espoir. Si vous n’êtes toujours pas convaincus, allez voir ma critique.

Autre coup de cœur cette saison, Life Unexpected. Si vous avez la nostalgie des séries de la WB, cette série est peut-être celle qui s’en rapproche le plus. Emouvante bien que parfois prévisible, attachante, psychologiquement cohérente, elle développe des histoires romancées sur l’éducation et la responsabilisation sans ostracisme. Finalement, elle sait bien s’adapter à son temps. En ajoutant une pincée de romance et de bonne humeur, il n’en fallait pas plus pour que je tombe sous son charme.

Dans un autre registre, White Collar aura également su me charmer. Il était temps que je trouve une série réussie sur les escrocs, avec une aussi belle alchimie entre les acteurs. Je n’oublie cependant pas quelques épisodes moins réussis que d’autres, et un final peu satisfaisant, mais dans l’ensemble je n’ai pas boudé mon plaisir.

Comment dresser un portrait attachant de quadragénaires masculins ? Tel fut le défi relevé avec brio par Men of a certain age sur TNT. Cette magnifique série m’aura enchanté de bout en bout, notamment par son cast fabuleux (Scott Bakula, Andre Braugher, sans oublier Ray Romano qui fut une vraie bonne surprise). Dotée d’un ton sensible sans tourner au ridicule ses personnages (ce n’est pas un mockumentary, ouf !), la série pose son rythme, et renvoie intelligemment à notre propre existence. Une vraie pépite.

Enfin, la dernière surprise fut le remake de V. Je m’attendais à quelque chose de catastrophique, alors peut-être que ça m’a rendu plus clément. Mais même si la série accumule les défauts (cast dans l’ensemble peu charismatique, rythme élevé oubliant de donner de la profondeur aux thèmes et aux personnages, effets spéciaux peu crédibles), elle n’en reste pas moins plutôt agréable à suivre. (Merci Morena Baccarin, d’ailleurs, pour sa très bonne prestation !). Et maintenant je me demande bien comment ils vont se détacher de l’histoire originale.

Une petite forme

Au rayon des déceptions, cette année, figure en premier lieu Fringe. Oui, je sais, vous allez me dire que la saison s’est bien rattrapée sur la fin. Mais c’était trop tard. En fait, je me rends compte avec le recul que je n’ai jamais eu une saison à la hauteur de la précédente. Je voulais des loners réussis. Manque de bol, la quasi-totalité des loners de cette saison sont complètement ratés. 

Fringe a réussi le tour de force de m’endormir plusieurs fois cette saison. Quant au fil rouge, je cherche encore les raisons pour lesquelles je n’ai vraiment pas été fan. Est-ce parce qu’il s’agit d’un mélange entre des thèmes vus et revus ? Est-ce parce que le final est beaucoup trop prévisible, et cliché ? Quelque chose s’est cassé dans la mécanique de première saison, peut-être est-ce du au fait que Joshua Jackson est devenu subitement agent sur le terrain et monsieur réponse-à-tout ? Qu’on a tenté de nous vendre une romance qui n’avait rien à faire là ? En tous cas je sais que ce qui m’a manqué cette saison, c’est un vrai développement des intrigues. Et alors que sur le fond l’univers de Fringe est cohérent, sur la forme, il y aurait beaucoup de choses à revoir : du rythme, un peu plus d’humour (la série est nettement plus triste cette saison), des scènes qui exprimeraient un peu plus le ressenti des personnages (parce qu’ Olivia Dunham reste froide, quelque soit son habillement, tout comme Peter). Même John Noble m’a déçu cette année, lui qui était pourtant ma raison principale de regarder la série. Pourquoi avoir mis en retrait son humour et avoir assombri son personnage ? Le résultat est que je ne sais pas si je vais continuer de regarder la série l’année prochaine. Si je continue, ça sera probablement par défaut (absence de fantastique à la télé, et/ou pas de nouvelles séries intéressantes).

Une autre série constamment en sursis, c’est How i met your mother, que je continue de regarder par habitude plus que par plaisir. Que dire sinon que cette saison supplémentaire aura été médiocre, avec des gags lourdingues (et qu’on nous répète pendant tout un épisode, en plus), et des personnages qui sont tous devenus irritants. Dois-je mentionner aussi que la série continue de nous escroquer avec une « mother » qui n’est même plus évoquée ? Seuls subsistent quelques rares moments sympathiques, distillés ça et là. Je n’ai qu’une hâte : que la série se termine, avec au moins un épisode qui nous montrera la fin de cette histoire qui n’en est pas une.  Et qu’on cesse de nous rabacher qu’elle est le nouveau Friends, par pitié !

Je ne reviens pas sur Dexter, je n’ai finalement pas grand chose de plus à ajouter à mon bilan d’automne. Je suis curieux de voir comment la saison 5 va repartir.

Des compagnons inconstants

Grey’s anatomy aura vécu une saison chaotique. Rafraichissante en début de saison, elle aura repositionné ses personnages, apporté de nouvelles dynamiques. Hunt et Robbins deviennent intéressants, de nouvelles têtes arrivent. Et puis les histoires doivent être réécrites suite au départ soudain de Katherine Heigl. La seconde moitié de saison aura de longs moments de flottements, mais une fois encore la fin de saison est réussie. Tandis que l’épisode final marquera les mémoires, tant c’est une rupture de ton. Un épisode bourré de suspense et d’hémoglobine (peut être trop!), qui me rappelle un peu le fameux épisode d’ER en sixième saison (Be Still my heart, avec Kellie Martin).

The Mentalist, aura su faire une bonne saison 2, malgré une deuxième partie de saison moins intéressante que la première. Je n’oublie, pas, en effet, un arc bien amené, au final captivant, qui compense l’arrivée d’un personnage maladroitement exploité. Mais cette part de mystère aura peut-être sa signification en troisième saison. De toutes façons, j’ai encore une fois pris un grand plaisir à suivre les enquêtes d’un grand manipulateur.

Modern Family, nouvelle série comique encensée par les critiques, a su ne pas trop appuyer son mockumentary pour rester une série qui peut rire avec ses personnages. Les épisodes ne sont pas tous réussis, mais Ty Burrell mérite le détour.

Les valeurs sûres

Chuck c’est toujours le cocktail réussi de romance, d’action, d’humour. S’il y avait bien une inquiétude à ce sujet à la fin de la saison 2, c’est que les scénaristes n’arrivent pas à se dépêtrer du guépier dans lequel ils venaient de mettre leur héros. Il n’en est rien, la saison 3 aura permis de me procurer des moments de plaisir intenses en bouleversant les relations entre les personnages. Cette tactique est évidemment à double tranchant, puisqu’elle risque de réduire le nombre de rebondissements possibles. Mais je ne vais pas pour autant regretter cette orientation : les personnages sont au top de leur forme (excepté au BuyMore), mon côté shipper a été repu, et le rythme est toujours là. Bien sûr je pourrai regretter 2 guest stars, mais si ça a permis d’en arriver là, pourquoi pas. Au final, j’appréhende la saison 4. Mais j’espère qu’une fois encore, j’aurai eu peur pour rien.

Quant à House, me direz-vous ? Cela fait maintenant chaque saison qu’on nous dit que la série décline. Il n’en est rien. Cette saison aura davantage développé les personnages environnant House, en apportant des histoires plus intéressantes. Je regretterai tout de même le départ d’un des personnages clés de la série (n’en déplaise à ses détracteurs), mais je me dis qu’un retour n’est pas impossible. Une équipe recentrée, un House « modifié », de quoi se concentrer sur l’écriture de chaque épisode. Et cette saison en aura apporté d’excellents, que ce soit en début ou en fin de saison, et je n’oublie pas quelques cas médicaux bien tordus comme je les aime. J’ai d’ailleurs particulièrement apprécié un épisode particulier qui donnait un éclairage tout à fait différent sur la série, en donnant de multiples niveaux de lecture (épisode 6.13 – 9 to 5). Sans révéler la fin de saison, on pourra regretter le fait que House se soaperise un peu, mais le fait est que ça aura permis de donner à Hugh Laurie une prestation magistrale, qui fait voler en éclats son personnage à la toute fin de saison. Reste l’avenir, et d’après ce que j’en ai lu, les scénaristes vont persister dans cette nouvelle voie, et je suis vraiment optimiste. Parce que House n’a pas encore fini sa mutation, et qu’il sera intéressant de le voir se confronter à de nouvelles réalités, loin de ses habitudes. Donc, oui, je suis toujours aussi fan, et j’ai très hâte de voir cette saison 7.

La saison 3 de Big Bang Theory aura beau avoir été inconstante, je n’oublie pas les nombreux fous rires que la série m’aura encore apporté cette année. Oui, la geekerie est une excellente ressource comique même si cette saison elle fut un peu plus en retrait. Mais la série a su faire évoluer ses personnages, sans les casser, et ça n’était pas facile. Cette saison, s’il y a bien une sitcom que j’attendais impatiemment chaque semaine, c’était Big Bang Theory. Sans le moindre doute. J’en profite pour crier mon mécontentement envers le sort réservé à la série en France: entre la VF absolument effroyable et les coffrets DVD disponibles uniquement dans une seule enseigne, à un prix prohibitif, il y a de quoi pleurer amèrement.

Toujours en cours

Je finis ce tour d’horizon de la saison en parlant des autres séries que je regarde en ce moment, et qui ne sont pas terminées. J’y reviendrai sans doute dans des billets détaillés à la fin de leur saison. Je reviendrai aussi probablement sur The Pacific, la mini-série d’HBO sur la guerre du Pacifique. (Je ne l’ai pas encore terminée).

Tout le monde entend parler de Treme, par les créateurs de The Wire. Treme se passe à la Nouvelle-Orléans, après l’ouragan Katrina, et la série sait nous plonger lentement et délicatement dans ce monde musical. J’ai à vrai dire, eu un peu de mal à me mouiller, bien que j’aime beaucoup le jazz New Orleans (j’ai baigné dedans en étant petit). Il me fallait un peu de temps pour m’accorder à la température, la série voulant réaliste, mais surtout très peu rythmée. Et c’est quand j’ai enfin aimé certains personnages (Davis le passionné et Annie l’amoureuse), que je me suis aperçu que j’avais un problème avec le regard politique de la série. A en croire les personnages, tout ce qui leur arrive est la faute des autres : les politiciens -locaux et nationaux, la police, les touristes qui n’y connaissent rien. Pire, il ne fait que très peu mention de la criminalité effroyable qui règne dans la ville. Voir des touristes se balader dans les quartiers chauds et en revenir tout guillerets parce qu’ils ont vécu une expérience sensationnelle, ça m’a un peu chatouillé. A force de dépeindre la Nouvelle Orléans comme une cité martyre où il y fait pourtant bon vivre, je me suis dit qu’on était plus dans le réalisme, mais dans la propagande. Je peux comprendre la passion, j’adore lire, regarder ce qui a été fait par des passionnés, mais je n’aime pas quand on nous présente qu’une seule version. Mais peut-être que la série va revenir sur cet état d’esprit. Je l’espère en tous cas. J’en suis au 7è épisode, et juste parce que j’ai envie de parler frivolités après la politique, Lucia Micarelli, moitié coréenne, moitié italienne, est plutôt jolie en plus d’être très bonne violoniste.

Je reviens aussi sur la saison 2 de Party Down, la série comique déjantée de Starz. Je suis ravi de revoir les personnages pour l’instant, même si je n’adhère pas au remplacement de Jane Lynch par Megan Mullaly, et que j’aime moins la mise en retrait de Lizzy Caplan. Ca reste drôle, même si je trouve que la série a un peu perdu de son éclat. A voir pour la suite.

En conclusion, cette saison télévisuelle aura eu des moments extrêmement forts. J’en conserverai : la fin de Lost et de Dollhouse, les arrivées de White Collar, Life Unexpected, Men of a certain age et Parenthood, le final de la saison 6 de Greys’ anatomy, la très bonne saison de House avec les deux premiers épisodes, le départ d’un personnage, l’épisode centré sur Cuddy et le final bouleversant, les moments Penny/Sheldon dans Big Bang Theory, l’arc Sam Bosco de The Mentalist, les moments shipper de Chuck et les révélations…

Et vous ?

Les séries de la décennie (2000-2009)

L’année 2009 vient de s’achever, et avant de parler de ce qui nous attend en 2010, je tenais à parler des différents classements de série qui sont apparus sur le net à cette occasion.

Par exemple, le Hollywood Reporter cite son top 10 : 10. Modern Family ,9. Lost ,8. 24 ,7. 30 Rock ,6. Mad Men , 5. Damages ,4. The Shield , 3. Curb Your Enthousiasm ,2. The West Wing ,1. The Sopranos

Inutile de dire que je ne me retrouve pas dans ce classement… pour le moins bizarre, qui cite des multi-récompensés aux Emmys (Mad Men, 30 Rock squattent la cérémonie depuis bien trop longtemps) et une nouveauté de cette saison. A croire qu’il ne s’est rien passé avant ?

Mais continuons notre petit tour du web, anglophone d’abord puis francophone :

Entertainment Weekly mixe les genres, pour y mettre des « shows » au sens large. On y trouve ainsi Les sopranos, Lost, l’émission satyrique The Daily Show, The Wire, The Comeback, la real tv American Idol, Arrested development, The Shield, et… Gilmore Girls (une jolie surprise).

20 minute.fr a établi son classement ainsi  (de la 10è à la 1è place) : The Shield, Desperate Housewives, Sex and the City, How i met your mother, Dexter, Mad Men, The Wire, Lost, Six Feet Under, Les Sopranos

D’autres, comme le blog de Roxy, sont plus minimalistes et citent les séries plébiscitées par le Figaro et TVMag : House, The Wire, The Shield, How i met your mother, et rajoutent True Blood, Battlestar Galactica.

Critictoo a fait le choix de citer les saisons en question. Mais une série, selon moi, est un tout. Ca n’a dès lors plus le même impact de comparer des saisons de séries différentes. Sont nommées : la série britannique Spooks, Arrested development, Friday Night Lights, 30 Rock, Rome, Farscape, Rescue Me, The Shield, The sopranos. (Rassurez-vous, pour Rescue Me, il s’agit bien de la saison 2 et non de la suite – catastrophique – de la série).

Du côté d’Excessif, les différents rédacteurs ont choisi de se limiter aux séries nées après 2000, pour laisser la chance à d’autres, sur un ton certainement plus passsionné. On y trouve ainsi des séries moins souvent citées comme Avatar, Wonderfalls, Six Sexy,  Charlie Jade, Docteur Who, Supernatural, Weeds, The It Crowd, Dollhouse, Jeremiah, Firefly, Dead Like Me, Veronica Mars, Alias, Chuck, Life on Mars, The L Word, … De quoi à la fois s’interroger sur la qualité de certaines séries citées (Euh, Weeds, vraiment ?? A part la promo ?) mais aussi se souvenir que les séries, c’est aussi affaire de passion.

Pour vérifier la popularité de ces séries chez les internautes, des sondages ont été réalisés sur TvChronik à partir d’une liste pré-établie (malheureusement, mais comment faire autrement ?). Le résultat donne deux podiums pour les dramas et les comédies. Ainsi, nous retrouvons :  Lost, Six Feet Under et Dexter d’une part, et How i Met your mother, Desperate Housewives et Malcolm d’autre part. Surprenant.

La difficulté d’un tel classement (outre sa subjectivité), est aussi de s’entendre sur la décennie. S’agit-il de séries qui ont débuté après l’an 2000 ou de séries qui ont été à l’antenne pendant quelques unes de ces années ? Doit-on parler que de séries terminées ou des séries encore à l’affiche, quitte à se tromper (les séries baissent majoritairement en qualité au fur et à mesure de leurs saisons) ? Pour ma part je ne veux pas oublier les séries qui se sont achevées cette décennie, car ce sont elles qui m’ont procuré le plus de plaisir, et ce sont elles qui me rendent nostalgique.

En mettant de côté toute promo ou toute récompense réçue par la série, pour n’écouter que mon coeur, j’ai donc réalisé une sélection d’une trentaine de séries :

Buffy (1997-2003) . Comment pourrait-il en être autrement ?
Once and again (1999-2003) . L’excellence de l’écriture et de la réalisation pour dépeindre le quotidien.
Gilmore Girls (2000-2007) . La verve, l’humour décalé, la romance, un bonbon acidulé qui manque cruellement à la télé aujourd’hui.
Veronica Mars (2004-2007) . Un petit bout de femme au caractère bien trempé, pour des enquêtes palpitantes et pleines d’humour. Vous connaissez des fictions pour ados aussi intelligentes ?
Alias (2001-2006). On a beau dire, Alias, avant que cela ne finisse un peu tristement, ça avait de la classe, du rythme, du charme, des intrigues, de l’action survitaminée.
Ally Mc Beal (1997-2002) . Non, je n’oublierai jamais Ally, et sa quête de romance dans un univers judiciaire délicieusement loufoque.
Angel (1999-2004) . Surpasser Buffy, un beau challenge, presque accompli. Merci Joss !
Chuck (2007-?) . Quand je vous disais qu’Alias me manquait. Chuck, c’est l’action, l’humour, le charme, un cocktail explosif !
ER (1994-2009). Même si la série a beaucoup souffert avant de se rattraper en dernière saison, elle n’en reste pas moins LA série médicale de référence.
Frasier (1993-2004) . Un casting détonnant, des répliques qui font mouche à tous les coups. Du travail de haute précision,pour constituer l’une des références en matière de sitcom.
Friends (1994-2004) . Ai-je vraiment besoin d’en dire quelque chose ? Friends c’est la série générationnelle, tout simplement.
Arrested Development (2003-2006). Du rythme, de l’humour loufoque, le maître étalon des nouvelles comédies. Comment peut-on citer The Office après avoir vu cette série ?
Firefly (2002) . Il faut toujours faire confiance à Joss.
Wonderfalls (2004) . Un univers délicieusement décalé, une héroine attachante qui essaye d’interpréter des voix singulières. Trop court, trop bon ! Comme la regrettée Pushing Daisies, si colorée et si vivace que tout m’ apparaît terne aujourd’hui.
House, MD (2004-?) . Multi-référentielle, la série ma satisfait sous tous ses aspects : l’intrigue médicale tortueuse à souhait, la peinture de la relation médecin-patient, et bien sûr la mysanthropie, l’acidité mêlée à la pertinence de réflexion d’une intelligence supérieure. Tout cela ne serait rien sans la qualité d’écriture de la série qui condense le meilleur en 42 minutes.
The Simpsons (1989-?) . Même si la série n’est plus ce qu’elle était, elle est le porte-étendard de la créativité et des private joke.
X-Files (1993-2002) . Ok, X-Files m’a bien lassé dans les dernières saisons. Mais comment oublier ces années de bonheur où Mulder et Scully investigaient le paranormal ? Certainement pas en regardant Fringe…
24 (2001-?) . J’ai longtemps hésité avant de la nommer. 24, c’est devenu un blockbuster de l’entertainment, une vision politisée de l’amérique (et pas toujours la bonne malheureusement), et un héros qui n’en finit plus de sauver le Monde. Enfin, les USA. Après tant d’espoir mis dans l’originalité et le traitement de son concept, il me fallait me rendre à l’évidence : 24 est devenu un pur guilty pleasure.
Prison Break (2005-2009). En parlant de rebondissements improbables et d’accidents temporels, je ne pouvais passer à côté de cette série. Oui, la série ne mérite plus ses éloges de première saison, mais quand même, j’ai bien apprécié l’aventure.
The Shield (2002-2008). Dure, violente, cette plongée dans la police corrompue est captivante. Servie par ses acteurs d’abord, mais par l’intelligence de son script qui lie les différentes saisons, la série est brillante, tout simplement.
Six Feet Under (2001-2005) . Parler de la mort en parlant de la vie d’une famille de croque-morts, il falait oser. Si les disfonctionnements familiaux sont parfois de trop, et que l’émotion n’est pas toujours là, la série reste envoûtante.
Lost (2004-?). Lost a soufflé le chaud et le froid pendant longtemps avant de nous livrer des saisons trépidantes, mystérieuses. Le puzzle gigantesque qui se forme peu à peu est en soi l’atout de la série. Pour l’instant j’ai été plus que charmé, ensorcelé, j’ai été comblé.
Dexter (2006-?) . Malgré ses défauts concernant la psychologie du personnage principal, la série a su trouver un ton propre, l’histoire d’une proie ou d’un chasseur à l’humanité défaillante.
Thief (2006). Tout le monde a oublié ce thriller ? Andre Braugher est magistral dans cet univers froid, sombre.
The Wire (2002-2008) . En cours de visionnage, je reste happé.
Farscape (1999-2004). Le summum de la créativité dans l’espace.
Battlestar Galactica (2003-2009) . De la SF intelligente, pertinente, avant qu’elle ne sombre dans des intrigues mollassonnes, qu’elle ne détruise ses personnages et même la cohérence de l’ensemble. Mais pour les excellents moments procurés à ses débuts, la série devait figurer ici.
Dead Like Me (2003-2004) . Un regard cynique, désabusé sur la vie et pourtant même la mort peut-être drôle. Un casting impeccable, une réalisation qui ne l’est pas moins. Un divertissement de très haute qualité.
Grey’s anatomy (2005-?) . Le renouveau du soap ? Ici le spectaculaire sert à l’humour ou au drame, et les personnages sont attachants, avant d’être détestés, puis attachants… Un produit millimétré, et donc qui fonctionne !
The Big Bang Theory (2007-?) . Si j’avais su que les geeks pouvaient être drôles sans être méprisés ! A voir pour ses répliques assassines et un Sheldon extra-ordinaire. Au delà de la norme, quoi.
Dollhouse (2009-2010) . Trust the Whedon. Always. J’ai été ravi de ce voyage dans la science fiction. Ses multiples intrications ont donné du corps à l’oeuvre.

Oui, j’ai fait abstraction de séries qui ne m’inspirent aucune passion 😉

C’est justement en faisant ce classement que l’ont ressent cette baisse de créativité actuelle. How i met your mother ne sera jamais qu’un sous-Friends, Modern Family un sous-Office, lui-même déjà bien terne après Arrested Development. Et comment ne pas voir que 30 Rock attire la complaisance par ses guests ?

Comment ne pas voir aussi, que les séries pour ados sont mortes aux USA, remplacées par des productions pour mannequins métrosexuels anorexiques, blafards et maquillés à outrance ? Que les séries fantastiques meurent les unes après les autres dans l’indifférence générale (excepté Lost) ? Comment ne pas voir la surexposition de familles dysfonctionnelles dans la quasi-totalité des productions du cable ?

Espérons que l’an 2010 sera le début d’un renouveau créatif qui s’appuiera sur des audiences limitées mais fidèles.  Espérons un vrai travail de finition dans les dialogues, le choix des comédiens, et une écriture non pas osée mais aboutie, qui dépeint la psychologie de personnages de façon réaliste et émouvante. Espérons.