L’objet culte de la semaine : le sac en papier Dunder Mifflin

Pour les fans de la série The Office, achetez donc des sacs en papier kraft « Dunder Mifflin », la compagnie de papier.

Non vous ne rêvez pas, ce lunchbag parfaitement inutile est fait pour vous ! Au prix exceptionnel de 3,75 dollars les 5 sacs , ne manquez pas cette occasion unique.

Et en plus il est personnalisable, vous pouvez mettre plein de choses dans ce sac !

Non mais là ils ont loupé leur coup, un sac en papier à imprimer c’est compliqué. Iil y avait une manière beaucoup plus simple de faire du merchandising pour la série : faire des feuilles en papier Dunder Mifflin. Il suffit de rajouter un post-it avec la mention Dunder Mifflin sur une rame de papier, et hop, on vend 5 fois plus cher.

Qu’est ce qu’il faut pas faire pour gagner de l’argent, je vous jure…

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Les remakes de séries télé

Je me suis souvent posé la question, si au fond, je n’étais pas un peu trop nostalgique. Ou si tout bonnement j’avais une profonde aversion contre le système américain, qui n’est bien souvent qu’une usine de recyclage. En d’autres occasions, je parlerai des remakes américains de films asiatiques, mais pour le moment, j’avais juste envie de faire un petit tour du côté des séries.

Faire un remake, ça a souvent été le moyen de faire revivre d’anciennes séries. Et le moins qu’on puisse dire c’est que le résultat n’a pas été très concluant, ce qui n’a pas empêché bien sûr les nouvelles vagues de remakes que l’on connait aujourd’hui.

On se souviendra particulièrement de la franchise Mission Impossible. Non je ne parlerai pas des films dans lequel joue un scientologue, mais bien de la série originelle, diffusée entre 1966 et 1973 sur CBS. La série est devenue culte en 7 saisons. Tout le monde connait je pense cette série, nul besoin de la présenter. J’en profite pour rendre hommage à Peter Graves qui nous a quitté cette année et qui représente un pan entier de la culture télé américaine. Il avait réussi à ressusciter la série en 1988 (Mission impossible, 20 ans après), pendant 2 saisons. Un remake qui était davantage axé sur des gadgets malheureusement un peu invraisemblables (comme la création de masques). Cela n’a duré que 2 ans.

Dans un autre pays, ce fut aussi le remake de Chapeau Melon et Bottes de Cuir (The Avengers) : The New Avengers. Exit le duo entre John Steed et  Gale, Peel ou King, voilà qu’on nous mettait en scène un trio sans sex-appeal, composé de John Steed, Purdey et Gambit. Là aussi cela ne dura que 2 saisons.

Je pourrai aussi citer The Addams Family, dont la franchise perdurera en couleurs avec The New Addams Family et pour quaisment le même nombre d’épisodes : 2 saisons.

Des tentatives plus récentes ont rapidement avorté : fallait-il vraiment ressusciter K2000 ? Les téléfilms qui ont suivi la fin de la série ne montraient-ils pas déjà à quel point la série n’avait plus rien à dire ? Knight Rider n’aura même pas une saison complète : elle sera rapidement écourtée.

On nous avait aussi promis un remake de Super Jaimie, (elle-même déjà spin-off de the Six Million Dollar Man – dont la conversion en français coûte 3 milliards). Une héroine optimisée, ça avait du potentiel en ces temps de féminisation des personnages. Et pourtant, quelle déception : Bionic Woman est un remake sans âme, qui ne sait même pas ce qu’elle doit raconter. 8 épisodes dont la série originelle n’avait vraiment pas besoin.

Alors pourquoi ne pas tenter de faire revivre des soap ? J’avoue, que sur le papier, revoir Jennie Garth (Beverly Hills), ça suscitait au moins ma curiosité (j’ai aussi été ado). Mais a quoi bon ? L’esprit n’est définitivement plus le même, et le décalage entre les moeurs de l’époque et celles d’aujourd’hui ne donne vraiment pas envie de s’investir. Pour autant, la CW a persisté et elle devrait obtenir une 3è saison. Notez bien que la recette n’a pas fonctionné pour le remake de Melrose place, qui n’aura eu qu’une saison. Là aussi je n’ai pas tenté.

Au rayon des remakes réussis, bien sûr, il y a Battlestar Galactica. Un reboot intelligent de la franchise, un discours politique et humaniste, des effets spéciaux modernes, des révélations, tout était en place pour attirer le fan de SF. Avant que la série ne se fourvoie dans des triangles amoureux insipides, des épisodes sans histoire et sans rythme, pour se finir dans un grand n’importe quoi. Mais c’est dit : BSG fut une très grande série pendant 2 saisons. Et l’une des très rares séries qui a su apporter quelque chose à partir d’une série au concept limité.

En parlant de concept, c’est bien beau de l’exploiter et de vouloir apporter une autre version, encore faut-il que la forme suive. Ce n’est pas du tout le cas par exemple du remake du Prisonnier, série culte par excellence. Soporifique et délirante,la minisérie remake d’AMC se voulait pourtant intelligente en apportant un degré de lecture supplémentaire. Au bout de 6 douloureux épisodes, la déception est belle et bien là.

Enfin, le dernier remake a voir su tirer temporairement son épingle du jeu est V. Sans arriver à convaincre complètement, elle a au moins le mérite de booster le rythme de l’originale et d’avoir un personnage charismatique. Reste à voir si elle survivra une deuxième saison.

J’avais parlé en tout début d’article des adaptations de films étrangers. La tendance aujourd’hui est d’aller chercher les idées qui marchent en matière de séries. Est-ce le signe d’une pauvreté créatrice ou de la main mise du marketing sur les créateurs ? (il est plus facile de faire parler d’une série quand on peut déjà dire qu’elle est l’adaptation d’une autre) : Ugly Betty, Coupling, Eleventh hour, The Office… Ne connaissant pas les originaux je me garderai bien de tester leur pertinence. Mais dans les faits, aucune n’a réussi à me convaincre. Par exemple Ugly Betty n’était pour moi qu’une mise en scène astucieuse pour camoufler la pauvreté des intrigues, tandis que The Office n’a du sa survie qu’à la présence de Jim et Pam, avant que je ne me lasse des gags pas drôles (et souvent méchants) du restant des intervenants. J’avais pourtant cru comprendre qu’à l’origine ça devait être une satire du monde du travail…

Enfin, il semblerait que les USA commencent à regarder d’un peu plus près les productions coréennes (les droits de diffusion du futur drama Comrades/Love song auraient été accquis par Warner, ce qui à ma connaissance, est une première). J’ai le droit d’être suspicieux après l’immonde histoire de My Sassy Girl (En occident, seule la France a pu éditer le DVD du film asiatique, car les américains avaient acheté les droits partout ailleurs pour en faire un immonde remake et ne voulaient pas de concurrence avec l’original)…

Alors quel avenir pour nous les téléphiles ?

C’est malheureux à dire, mais les remakes sont un vrai atout pour les networks dans une guerre de communication. Nikita et Hawai police d’Etat sont les remakes de la saison à venir. Si évidemment je ne peux me prononcer sur leur qualité, je peux en revanche m’inquiéter sur cette tendance à privilégier la forme au fond. Les échecs cuisants qui se sont succédés ces dernières années n’ont pas refoidi les ardeurs des décisionnaires. Mais à force de jouer sur la fibre nostalgique, on va vite manquer de franchises valables. Et moi ça me fait peur qu’on ose envisager un remake d’Alias à peine 4 ans après sa fin.

Mes séries comiques de référence (1/5) : Cheers

Si vous lisez mes billets, vous avez sans doute du vous apercevoir que je suis, en matière de comédies, très nostalgique. Alors, quitte à me lamenter (ah, c’était le bon vieux temps), j’avais tout de même envie de vous faire partager mes références en la matière. Histoire de voir qui a inventé le fil à couper le beurre.

Cheers (1982-1993, le jeudi sur NBC, « must see thursday »)

Avec ses 11 saisons, plus de 100 nominations aux Emmy Awards pour une trentained’ Emmys remportés, Cheers a beaucoup contribué à définir la sitcom moderne. Je vais pas vous refaire l’histoire et vous parler de I love Lucy dans les années 50, rassurez-vous.

Cheers, c’est l’histoire d’un bar situé à Boston, où viennent se rejoindre tous les soirs des habitués. Ce bar est tenu par Sam Malone (Ted Danson), un ancien joueur de baseball. Il a pour barman son ancien coach, et lors du pilote il engage une serveuse, Diane Chambers (Shelley Long) qui vient de se faire larguer par son fiancé. (Oui, dit comme ça, il y a de forts relents de Friends). Evidemment entre une érudite (snob) et un sportif, il va y avoir de l’orage – et de l’amour – dans l’air. D’autant que l’autre serveuse du bar, Carla, n’apprécie guère Diane, et n’hésite pas à le lui dire.

S’il y a bien une particularité de la série, c’est la qualité de ses personnages et de ses réparties. Les échanges Diane-Sam sont savoureux, bien sûr, mais les habitués du bar ont aussi leur quart d’heure de gloire. D’ailleurs, c’est un peu ce qu’ils recherchent : Cliff le facteur, a un avis sur tout, prétend tout savoir alors qu’il n’a toujours eu aucune relation sexuelle. Son meilleur ami, « Norm », aimerait bien au contraire, ne plus en avoir avec sa femme, Vera. Vera est l’ancêtre de la femme de Niles, dans Frasier : on la pare de tous les défauts imaginables, au point de créer au fur et à mesure des épisodes une créature mythique qui ne pourra jamais apparaître à l’écran, tant il est impossible de trouver une actrice pouvant lui ressembler. Norm le buveur de bière est accueilli dans une majorité d’épisodes par le fameux « Norm ! », un classique de la série. Au point que le bébé de Frasier et Lilith prononcera à la surprise de tous son premier mot : « Norm ! », bien sûr !

Car oui, la série va évoluer (spoiler !) : La romance Diane-Sam ne peut continuer indéfiniment. Frasier (Kelsey Grammer) le psychiatre érudit se fiance à Diane, qui le laisse tomber. Frasier devient un autre pilier du bar, avant d’avoir son propre spin-off à la fin de Cheers. Et puis Shelley Long, au bout de 5 saisons, après un Emmy et 2 Golden Globes, quitte la série. Elle sera « remplacée » par une femme manager, Rebecca Howe (Kirstie Alley). Je n’oublie pas non plus le remplacement de « Coach » par Woody Harrelson.

Témoin de l’époque, la série parlera de féminisme (et de machisme), et sera l’une des premières à parler d’homosexualité. Le tout dans un ton populaire, drôle, très bien écrit.

Diane: And everyone knows that hate is not the opposite of love. Indifference is.
Sam: Well, whatever you say. I really don’t care.

Diane: [se réferrant à sa relation avec Sam] Well, what about the idea that opposites attract?
Dr. Simon Finch-Royce: AH, the song of the TRULY desperate.

Je passe volontairement les phrases de Norm sur son alcoolisme, elles doivent être vues, surtout.

Si les piques sont nombreuses entre les différents personnages, on sent que ces moqueries ne sont jamais méchantes, elle sont davantage l’expression de la verve de chacun. Il subsiste une véritable amitié entre ces occupants de bar, et le télespectateur leur développe une vraie tendresse. Aujourd’hui, au contraire, la méchanceté est devenue – pour certains – un ressort comique, ce que je déplore vivement. (Et je ne parle pas seulement de séries comiques comme les mockumentary, mais de la vie française en général).

Bien sûr la série a vieilli, le rythme des scènes n’est pas du tout comparable aux montage actuels. D’ailleurs la sitcom est filmée devant une « live studio audience », comme on l’entend au début de chaque épisode. Cheers est devenue progressivement l’une des références télévisuelles, au point que la majorité des séries d’aujourd’hui la citent ou la parodient (How i met your mother, les Simpsons, l’épisode « Life in 4 cameras » de Scrubs, The Office, Community…).

Je parlais à l’instant d’amitié. « Where everybody knows your name » est devenu un classique, je suis sûr que vous avez déjà entendu ce générique quelque part :

Quant aux scènes, difficile d’en retrouver sur youtube, mais en voici quelques unes :

On s’attache donc à ses personnages, on rit de l’absurde, des mimiques des personnages, des gags récurrents, et même si l’ensemble paraîtra trop « déplumé » aux plus jeunes, il y a là une vraie intelligence comique, basée sur le rire populaire. Je déplore d’ailleurs le peu de reconnaissance de la série en France, puisque seuls les 4 premières saisons ont été éditées en DVD zone 2 FR, il y a fort longtemps. Je ne comprendrai donc jamais le choix des éditeurs. Pour ma part, je rêve toujours d’en acquérir l’intégrale en VOSTF.

Modern Family – saison 1

Modern Family fait partie de ces séries qui, cette saison, ne m’ont jamais suscité un enthousiasme débordant. Pour tout dire j’ai failli l’abandonner au bout de quelques épisodes. Il faut dire que je suis devenu, avec le temps particulièrement allergique à cette mode des mockumentary. Et qui dit mockumentary dit The Office (on parle de la version américaine ici).

The Office avait plutôt bien débuté, avec une mise en scène qui permettait des apartés, des clins d’oeil, avec le téléspectateur. Se rajoutait à cela Pam et Jim, pour les shippers en herbe, et puis Michael Scott, bien sûr. Mais j’ai rapidement trouvé les limites de la série : se moquer façon real tv de la bêtise des personnages. On aura beau, par la suite, essayer de donner une certaine profondeur, le mal est fait. On peut rire de, mais on peut rire avec, surtout. C’est en tout cas ma conception de l’humour.

Inutile de dire que Parks and recreation n’a duré que quelques minutes chez moi, tellement ces gimmicks « regardez moi comme je suis bête quand je me confesse devant la caméra », m »horripilent profondément.

Et puis cette saison fut l’avènement de Modern Family. Bien qu’encensée par les critiques, j’avais toujours du mal à comprendre ces éloges. Pour le coup, le visionnage fut rude à ses débuts. Mais la série avait au moins un atout pour contrecarrer ces gimmicks : un casting de qualité, et un thème familial assez original.

Beaucoup de séries parlent de famille « traditionnelle », ou recomposée. Mais Modern Family a fait le choix de concentrer la plupart des types de famille, pour un effet explosif. Bien sûr, on a la famille traditionnelle, homme et femme avec 3 enfants. Et puis on s’aperçoit que l’épouse a un frère homosexuel, qui est en ménage avec un homme, et qui a  adopté un bébé étranger. Enfin, le patriarche s’est marié avec une jeune latino qui a déjà eu un fils. Tout ce petit monde est prétexte à de nombreux gags qui fort heureusement se passent majoritairement hors confession. Les personnages sont typés, et très bien interprétés (mention spéciale à Ty Burrell). J’avoue j’aime beaucoup Jesse Tyler Ferguson, depuis The Class. Dans Modern Family, il est malheureusement un peu en retrait. Ed O Neil, le magnifique Ted Bundy, a pris du poids mais fait un très bon patriarche dépassé par la culture de sa jeune épouse. Sofia Vergara est le cliché sud-américain, un personnage pas très éloigné de Catalina (My name is Earl). Ah, les bons gros clichés sur les étrangers ont la vie dure !

Et c’est vrai que la série frôle souvent la caricature, fort heureusement sans en arriver à rendre les personnages irritants. Et dans une série familiale, ça compte beaucoup. Car il y a toujours un processus d’attachement (à défaut d’identification). Pour moi ce fut un long, très long processus. Et pour tout dire, il n’a pas encore abouti. Car comme toujours pour moi, il est dur d’être attaché ET de se moquer des mêmes personnes.

Alors finalement la saison a eu ses bons gags, mais n’a jamais brillé, malgré son casting. Les gimmicks sont suffisamment courts pour fermer les yeux temporairement. La série n’a pas non plus développé de fil rouge (à mon grand regret, car la série s’y prêterait pourtant bien). Du coup, le rendez-vous hebdomadaire n’a jamais été une priorité, mais une série comique qui se laisse regarder, en ces temps de vache maigre, c’est déjà beaucoup.