Once and again

Je vous ai déjà un peu parlé de cette série dans différents posts. Et pour cause, je pense sincèrement que cette série est ma série américaine préférée. Il était temps que je vous explique pourquoi.

Once and again est une série créée par Marshall Herskovitz, et Edward Zwick (Thirtysomething, Angela 15 ans, Relativity, Quarterlife) qui a été diffusée sur ABC de 1999 à 2002. 3 saisons pour raconter l’histoire d’une famille à recomposer (comme l’indique aussi le titre français de la série : Deuxième chance). La série fut récompensée par 1 Golden globe et 1 Emmy.

Lily Manning (Sela Ward, House) est une femme d’une quarantaine d’années, séparée de son mari Jake (Jeffrey Nordling, 24) qui l’a trompé. Avec ses deux filles, Zoe (Meredith Deane) 9 ans et Grace (Julia Whelan)14 ans, elle doit continuer à avancer alors que sa sécurité financière vient de s’envoler. Sa soeur, Judy (Marin Hinkle, Two and a half men), est une célibataire romantique qui désespère de trouver enfin un homme qui la complète, et si possible pas marié. Sa quête de l’âme soeur est particulièrement émouvante, même si ses épisodes sont moins aimés que les autres.

Lily rencontre un jour Rick Sammler (Billy Campbell, The 4400), architecte divorcé de Karen (Susanna Thompson, Kings). Rick a lui-même deux enfants de cette union : Eli (Shane West, ER), un ado de 16 ans pas doué pour les études et qui se cherche, ainsi que Jessie (Evan Rachel Wood, True Blood), préadolescente qui supporte mal la séparation.

On verra aussi comment Karen essaye de reconstruire sa vie amoureuse, alors qu’elle cherche elle aussi à protéger ses enfants.

Jessie Sammler : I just think that sometimes things happen between people that you don’t really expect. And sometimes the things that are important are the ones that seem the weirdest or the most wrong. And those are the ones that change your life.

La série va donc patiemment développer l’intimité, les interrogations des personnages pour progressivement arriver à reconstruire une nouvelle cellule familiale.

A noter aussi, la présence de Patrick Dempsey (dans le rôle d’un grand frère schizophrène qui lui donnera une nomination aux emmys). Et également le premier baiser entre adolescentes (avec une Mischa Barton épatante, eh oui je sais c’est difficile à croire mais pourtant bien dirigée elle peut être une très bonne actrice). Ce baiser est une première à la télévision, et sonne le glas de la série car les annonceurs se sont progressivement retirés à l’époque.

Quoi, un soap ?

Soap avec surabondance de bons sentiments, oui. Mais pas un soap au sens Melrose Place, avec rebondissements spectaculaires, ni le côté moderne adulte des chaînes câblées.

Ce qui fait la force de la série, c’est son authenticité : pour rendre une histoire plaisante, pas besoin de multiples rebondissements.

Grace Manning : It’s like your parents want you to be grown up in the really boring ways like school, and in the cool ways like being on your own, they try to keep you a kid.

Ici, il s’agira davantage d’explorer le ressenti des personnages dans une vie quotidienne « banale » de divorcés. Et c’est dans l’émotion, la profondeur des personnages que réside le secret de la série.  Leur profil est finement élaboré, rien à voir avec des personnages modernes qui changent d’avis comme de chemise. Ils ont leurs défauts, leurs qualité, bref, ils sont humains. Une humanité qui transpire dans leurs actes, mais surtout dans leurs apartés en noir en blanc, l’essence de la série, sorte de phase d’introspection en communion avec le téléspectateur. C’est ce petit plus qui nous permet d’être encore plus attaché à nos personnages, au point qu’ils finissent par faire partie de nos vies à la fin de la série. Car on les aime, malgré leurs défauts. On les comprend, on comprend leur raisonnement au fil du temps, comment ils sont construits, pourquoi ils agissent ainsi. Assurément une série intelligente et psychologique ! (Ed Zwick, co-créateur de la série incarnera même un psychiatre pour enfants, dans l’épisode Food for Thought (saison 2).

Au début, quand j’avais visionné la série, effectivement, ce ne fut pas le coup de foudre immédiat, comme dans beaucoup de séries, et surtout les soaps, c’est l’attachement aux personnages qui prime. Mais au bout de quelques épisodes, et malgré la non-avalanche d’évènements (comme quoi ce n’est pas forcément l’abondance de rebondissements qui font une bonne série), je suis devenu accroc. Il est difficile d’expliquer autrement un tel ressenti. La petite Evan Rachel Wood bien que n’ayant pas le plus grand temps d’antenne, m’a bluffé. Et depuis je suis devenu fan.  Mais le reste du cast a également énormément de talent. C’est bien simple, il est parfait. Tous les acteurs y trouveront là leurs plus beaux rôles.

Aaron : Are you in love?

Grace Manning : How could I know that?

Once and Again, je le redis, est une oeuvre intelligente et attachante, comme on n’en fait plus. Et comme on n’en fera plus.

Grace Manning : Sometimes people just aren’t who you need them to be, at like a certain moment, and unfortunately there’s nothing you can do about it.

En arrivant à comprendre ces personnages, l’oeuvre sonne vrai. On est à milles lieux de situations clichées traitées dans toutes les autres fictions américaines (bien que le résumé de la série puisse le faire croire). Elle offre ainsi une vision réaliste mais pour autant pas pessimiste sur la vie. La jeune actrice Meredith Deane a même déclaré que la série l’a aidé à mieux comprendre le divorce des parents de sa meilleure amie, pour lui donner le soutien dont elle a besoin. Car ces évènements qui sont dédramatisés aujourd’hui n’en restent pas moins une source d’anxiété majeure, surtout pour  un enfant ou un adolescent qui doit apprendre à tout reconstruire. Beaucoup de téléspectateurs retrouvent parfaitement ces sensations vécues douloureusement à l’époque du divorce de leurs parents.

Mais la série n’évoquera pas que le problème des conséquences du divorce, elle montrera les difficultés de chacun à se construire, les difficultés à se comprendre, qu’on soit dans la même famille ou non. Mieux encore, elle ne jugera pas. Ce qui fait qu’aucun personnage n’est écarté, aucun personnage n’est véritablement irritant : ils sont humains, comme vous, comme moi. Once and Again est peut-être aussi un formidable moyen de promouvoir la tolérance. Sans en parler.

Après être entré dans la vie de ces personnages, après leurs interpellations, leurs questionnements, leurs peurs, leurs rires, il reste ce qu’il doit rester : la sensation d’avoir suivi quelque chose de si réel que ça en devient magique. En miroir, la magie des acteurs se dévoile alors, laissant place à leur propre émotion (scène finale de la série – spoiler dans le lien). Et c’est là que, moi, foudroyé, je laisse écouler quelques larmes.

Une série est une oeuvre sur le long cours, elle est bien plus qu’une histoire qui pourrait être racontée au cinéma, elle rentre dans le quotidien des téléspectateurs. Ces personnages, deviennent des amis, des compagnons, … une famille éloignée.
Voilà pourquoi je regarde une série plutôt qu’un film. Parce qu’une série est ce qui se rapproche le plus de nos vies. La vie est un long chemin, un long apprentissage.Voilà pourquoi Once and Again est pour moi la série « ultime ».

Si je n’avais qu’une série à emporter sur une île déserte, ça serait celle-là.

V – saison 1

Il était temps de faire un petit bilan sur cette série fantastique qui vient d’être renouvelée il y a quelques jours. Plutôt que d’en parler dans le bilan généraliste de la saison télévisuelle américaine (bilan qui viendra début juin), j’ai préféré en toucher 2 mots dans un article à part.

Il faut dire que je connais la série originelle, pur produit 80’s, avec ses effets spéciaux kitsch et ses coupes tendances. Les deux premières miniseries m’avaient d’ailleurs particulièrement marqué à l’époque, avec notamment la révélation sur l’identité des visiteurs, et leur mode d’alimentation (hum !). Et Diana, bien sûr, la big boss de l’espace qui par sa cruauté inspirait le respect. La série qui a suivi m’avait beaucoup moins marqué, la faute à un budget insuffisant et des histoires insipides.

Forcément, je les attendais au tournant lors de l’annonce du remake de la série. Comment retrouver le charme de cette série ?

Après visionnage du pilote, j’avais espéré une lecture politique ou religieuse. Prendre un prêtre comme résistant c’était assez osé. Inutile de dire que j’ai été déçu.

La série à ses débuts reposait sur un handicap de taille : tout le monde connaissait l’histoire. Alors plutôt que de donner aux personnages un vrai traitement psychologique, une critique de notre société, les créateurs ont choisi de foncer. L’histoire se déroule donc très rapidement. Et c’est probablement la grande qualité de la série. On a pas le temps de s’ennuyer. Le corollaire étant : on a pas le temps de réfléchir. On peut pas gagner à tous les coups.

Une série d’action fantastique, donc ? Presque. Ca tire pas dans tous les sens, mais les évènements se précipitent, donnant une certaine tension à l’ensemble. Le problème, c’est qu’on a tout de même des personnages qui ne sont pas très charismatiques, et dont on se contrefout. Voilà donc pour la tension qui retombe.

Ca n’aurait pas du être un problème d’acteurs puisqu’il y en quelques uns qui méritent le détour : Joël Gretsch (Taken, The 4400), Elisabeth Mitchell (Lost),  Scott Wolf (Party of five), et surtout l’incroyable Morena Baccarin (Firefly). Morena reprend le rôle de Diana avec un aplomb, un charisme, qui valent le détour. Je ne l’aurai pas cru (bien qu’étant fan incodntionnel de Firefly), mais Morena Baccarin EST la raison pour laquelle j’ai continué à regardé la série.

N’attendez pas des effets spéciaux un raison de regarder  le remake au lieu de la série originelle. Vous aurez peut-être un effort sur le design, mais l’intégration des décors en image de synthèse fait peine à voir. Rien de dramatique pour la série, mais peut-être qu’avec un budget plus conséquent ça aurait pu donner plus de crédibilité à l’ensemble.

Evidemment plus la série avance, plus elle s’éloigne un peu des histoires originelles, même si elle en respecte les grandes lignes jusqu’à présent. Et pour le coup, j’ai hâte de savoir comment sera écrite la saison 2. Car il ne reste plus beaucoup  d’éléments de la série originelle à exploiter. La série va enfin pouvoir naviguer en plus grande indépendance. Un pari risqué, car aucun élément (mis à part Morena Baccarin et le rythme de l’intrigue) ne s’est montré suffisamment convaincant jusque là.

Néanmoins, à défaut d’une série fantastique d’envergure, (et vu les upfronts ça semble confirmé), je continuerai à regarder V la saison prochaine. V fut dans l’ensemble une meilleure surprise que prévue, même s’il’ y avait toujours moyen de faire mieux. La saison 2 sera la saison où tout se jouera.