Arrow [Pilote]

Après Smallville, il fallait faire revenir les fans de comics devant CW. Et c’est Green Arrow qui a été choisi. N’étant pas vraiment familier avec cet univers, je ne saurai dire si l’adaptation est réussie ou non. En revanche, le pilote frôle de peu l’élimination.

La mise en scène apporte beaucoup. Les scènes d’action sont bien réalisées (à mille lieues de Revolution, par exemple), et l’ensemble a un certaine fluidité qui convient aux bondissements de notre héros. Autre bon choix, celui de se rapprocher de Batman Begins pour créer un univers suffisamment noir. Green Arrow tue et  n’éprouve aucune pitié. Et c’est tant mieux.

Le héros lui-même n’est d’ailleurs pas foncièrement sympathique. Avant de devenir justicier, c’était un type richissime qui passait son temps à faire la fête et c’était aussi un dragueur hors pair. Il a même réussi à tromper sa copine avec… sa sœur ! Mais lors d’un terrible naufrage, il perd cette dernière ainsi que son père. Il survit 5 ans sur une île hostile avant d’être récupéré par des pêcheurs. Il revient transformé en une machine à tuer, avec le désir d’éliminer la racaille de sa ville. Cette motivation est d’ailleurs beaucoup trop floue pour être acceptée telle quelle, et j’espère que des flashbacks nous en apprendront davantage. Une liste de vilains, vraiment ?

L’acteur Stephen Amell a certes le physique pour asseoir sa crédibilité, mais il a encore quelques cours à prendre pour devenir acteur. Il n’est pas vraiment aidé non plus par sa partenaire féminine, Katie Cassidy. Heureusement le show n’est pas un défilé de modèles pour ados, puisque l’excellente Susanna Thompson (Once and Again) joue le rôle de la mère de notre héros. Et puis ça fait plaisir de revoir Willa Holland, qui a bien muri depuis the OC (et devrait donc incarner Speedy, l’acolyte de Green Arrow ?).

Mais le plus agaçant dans la série est cette voix off permanente qui a son utilité pour expliquer les choses dans un pilote assez dense, mais qui empêche de rentrer totalement dans la série. On se détache assez facilement des prouesses de notre gymnaste, et il faudra le montrer bien plus vulnérable pour donner du suspense à des scènes qui en font parfois un peu trop. Je ne suis pas rassuré sur l’orientation feuilletonnante de la série. Les enjeux sont absents (on ne sent pas vraiment une opposition) et la révélation finale concernant l’auteur de l’enlèvement de notre héros n’est pas une surprise suffisante.

Le principal reste cependant acquis : un héros crédible, des scènes d’action efficaces, une noirceur plutôt bien vue. Mais avec un jeu d’acteur défaillant, une voix off calamiteuse et des enjeux encore trop flous, difficile de se prononcer. La thématique n’étant pas ma tasse de thé, je vais juste tester quelques épisodes…mais je reste pessimiste.

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[30 days drama challenge] Day 5 : Second rôle féminin favori

Je continue donc ce challenge par une sélection de seconds rôles féminins. Vous l’aurez peut-être deviné, je n’ai pas eu de grande difficulté à trouver ces personnages. Ce sont des caractères qui m’ont durablement marqué (surtout pour les fictions coréennes et américaines), et qui me manquent terriblement.

Quand je vous disais que les seconds rôles apportaient bien plus à la série que les héros !

Corée : Yoo Ji Ho (Lee Ha Na) dans Alone in love. Oui, je sais, le drama est encore cité. Mais qu’y puis-je ? Dès sa première apparition dans la série, Lee Ha Na rayonne au point de presque voler la vedette à Son Ye Jin. Sa malice, son non conformisme, son petit grain de folie font merveille. Elle-même a beaucoup à découvrir sur elle-même… Et elle va former un couple très attachant. Il y a parfois dans les séries des personnages auxquels on adhère immédiatement. Yoo Ji Ho fait partie de ceux-là. Et depuis cette série, j’enrage car le talent de cette actrice n’est pas assez utilisé.

Japon : Nakata Makiko (Yamada Yu) dans Seigi no Mikata. Voilà un personnage en tous points horripilant : égoïste, glacial, vaniteux, fainéant. Et malheureusement, il n’y a pas de justice sur Terre. Car personne ne connaît sa vraie nature, sa méchanceté démoniaque, mis à part sa petite sœur. Et par de multiples coups du sort, Makiko reçoit tous les lauriers pour des qualités qu’elle n’a pas. C’était un pari complètement fou d’inventer un tel personnage, et pourtant ça fonctionne parfaitement à l’écran.

USA : Karen Sammler (Susanna Thompson) dans Once and Again. Parce que c’est une femme divorcée dévouée envers ses enfants au point de culpabiliser quand elle fait une rencontre. Consciente de ses défauts, elle va accepter la nouvelle situation de son ex-mari, et peu  à peu reprendre sa propre route. C’est un long travail, dur, pénible, mais indispensable. Et son courage et sa sincérité m’ont beaucoup ému.

Once and again

Je vous ai déjà un peu parlé de cette série dans différents posts. Et pour cause, je pense sincèrement que cette série est ma série américaine préférée. Il était temps que je vous explique pourquoi.

Once and again est une série créée par Marshall Herskovitz, et Edward Zwick (Thirtysomething, Angela 15 ans, Relativity, Quarterlife) qui a été diffusée sur ABC de 1999 à 2002. 3 saisons pour raconter l’histoire d’une famille à recomposer (comme l’indique aussi le titre français de la série : Deuxième chance). La série fut récompensée par 1 Golden globe et 1 Emmy.

Lily Manning (Sela Ward, House) est une femme d’une quarantaine d’années, séparée de son mari Jake (Jeffrey Nordling, 24) qui l’a trompé. Avec ses deux filles, Zoe (Meredith Deane) 9 ans et Grace (Julia Whelan)14 ans, elle doit continuer à avancer alors que sa sécurité financière vient de s’envoler. Sa soeur, Judy (Marin Hinkle, Two and a half men), est une célibataire romantique qui désespère de trouver enfin un homme qui la complète, et si possible pas marié. Sa quête de l’âme soeur est particulièrement émouvante, même si ses épisodes sont moins aimés que les autres.

Lily rencontre un jour Rick Sammler (Billy Campbell, The 4400), architecte divorcé de Karen (Susanna Thompson, Kings). Rick a lui-même deux enfants de cette union : Eli (Shane West, ER), un ado de 16 ans pas doué pour les études et qui se cherche, ainsi que Jessie (Evan Rachel Wood, True Blood), préadolescente qui supporte mal la séparation.

On verra aussi comment Karen essaye de reconstruire sa vie amoureuse, alors qu’elle cherche elle aussi à protéger ses enfants.

Jessie Sammler : I just think that sometimes things happen between people that you don’t really expect. And sometimes the things that are important are the ones that seem the weirdest or the most wrong. And those are the ones that change your life.

La série va donc patiemment développer l’intimité, les interrogations des personnages pour progressivement arriver à reconstruire une nouvelle cellule familiale.

A noter aussi, la présence de Patrick Dempsey (dans le rôle d’un grand frère schizophrène qui lui donnera une nomination aux emmys). Et également le premier baiser entre adolescentes (avec une Mischa Barton épatante, eh oui je sais c’est difficile à croire mais pourtant bien dirigée elle peut être une très bonne actrice). Ce baiser est une première à la télévision, et sonne le glas de la série car les annonceurs se sont progressivement retirés à l’époque.

Quoi, un soap ?

Soap avec surabondance de bons sentiments, oui. Mais pas un soap au sens Melrose Place, avec rebondissements spectaculaires, ni le côté moderne adulte des chaînes câblées.

Ce qui fait la force de la série, c’est son authenticité : pour rendre une histoire plaisante, pas besoin de multiples rebondissements.

Grace Manning : It’s like your parents want you to be grown up in the really boring ways like school, and in the cool ways like being on your own, they try to keep you a kid.

Ici, il s’agira davantage d’explorer le ressenti des personnages dans une vie quotidienne « banale » de divorcés. Et c’est dans l’émotion, la profondeur des personnages que réside le secret de la série.  Leur profil est finement élaboré, rien à voir avec des personnages modernes qui changent d’avis comme de chemise. Ils ont leurs défauts, leurs qualité, bref, ils sont humains. Une humanité qui transpire dans leurs actes, mais surtout dans leurs apartés en noir en blanc, l’essence de la série, sorte de phase d’introspection en communion avec le téléspectateur. C’est ce petit plus qui nous permet d’être encore plus attaché à nos personnages, au point qu’ils finissent par faire partie de nos vies à la fin de la série. Car on les aime, malgré leurs défauts. On les comprend, on comprend leur raisonnement au fil du temps, comment ils sont construits, pourquoi ils agissent ainsi. Assurément une série intelligente et psychologique ! (Ed Zwick, co-créateur de la série incarnera même un psychiatre pour enfants, dans l’épisode Food for Thought (saison 2).

Au début, quand j’avais visionné la série, effectivement, ce ne fut pas le coup de foudre immédiat, comme dans beaucoup de séries, et surtout les soaps, c’est l’attachement aux personnages qui prime. Mais au bout de quelques épisodes, et malgré la non-avalanche d’évènements (comme quoi ce n’est pas forcément l’abondance de rebondissements qui font une bonne série), je suis devenu accroc. Il est difficile d’expliquer autrement un tel ressenti. La petite Evan Rachel Wood bien que n’ayant pas le plus grand temps d’antenne, m’a bluffé. Et depuis je suis devenu fan.  Mais le reste du cast a également énormément de talent. C’est bien simple, il est parfait. Tous les acteurs y trouveront là leurs plus beaux rôles.

Aaron : Are you in love?

Grace Manning : How could I know that?

Once and Again, je le redis, est une oeuvre intelligente et attachante, comme on n’en fait plus. Et comme on n’en fera plus.

Grace Manning : Sometimes people just aren’t who you need them to be, at like a certain moment, and unfortunately there’s nothing you can do about it.

En arrivant à comprendre ces personnages, l’oeuvre sonne vrai. On est à milles lieux de situations clichées traitées dans toutes les autres fictions américaines (bien que le résumé de la série puisse le faire croire). Elle offre ainsi une vision réaliste mais pour autant pas pessimiste sur la vie. La jeune actrice Meredith Deane a même déclaré que la série l’a aidé à mieux comprendre le divorce des parents de sa meilleure amie, pour lui donner le soutien dont elle a besoin. Car ces évènements qui sont dédramatisés aujourd’hui n’en restent pas moins une source d’anxiété majeure, surtout pour  un enfant ou un adolescent qui doit apprendre à tout reconstruire. Beaucoup de téléspectateurs retrouvent parfaitement ces sensations vécues douloureusement à l’époque du divorce de leurs parents.

Mais la série n’évoquera pas que le problème des conséquences du divorce, elle montrera les difficultés de chacun à se construire, les difficultés à se comprendre, qu’on soit dans la même famille ou non. Mieux encore, elle ne jugera pas. Ce qui fait qu’aucun personnage n’est écarté, aucun personnage n’est véritablement irritant : ils sont humains, comme vous, comme moi. Once and Again est peut-être aussi un formidable moyen de promouvoir la tolérance. Sans en parler.

Après être entré dans la vie de ces personnages, après leurs interpellations, leurs questionnements, leurs peurs, leurs rires, il reste ce qu’il doit rester : la sensation d’avoir suivi quelque chose de si réel que ça en devient magique. En miroir, la magie des acteurs se dévoile alors, laissant place à leur propre émotion (scène finale de la série – spoiler dans le lien). Et c’est là que, moi, foudroyé, je laisse écouler quelques larmes.

Une série est une oeuvre sur le long cours, elle est bien plus qu’une histoire qui pourrait être racontée au cinéma, elle rentre dans le quotidien des téléspectateurs. Ces personnages, deviennent des amis, des compagnons, … une famille éloignée.
Voilà pourquoi je regarde une série plutôt qu’un film. Parce qu’une série est ce qui se rapproche le plus de nos vies. La vie est un long chemin, un long apprentissage.Voilà pourquoi Once and Again est pour moi la série « ultime ».

Si je n’avais qu’une série à emporter sur une île déserte, ça serait celle-là.