Acteurs et actrices coréennes : Son Ye Jin

Rares sont les actrices que j’admire profondément. Je veux dire, il y a des actrices qui ont du charme, qui savent jouer de leurs atouts, et puis il y en a quelques unes qui crèvent tellement l’écran qu’on en reste bouche bée. Tant de maîtrise dans l’interprétation qu’elles appartiennent à la classe stratosphérique des actrices. Et parmi celles-ci il y en a qui savent tout faire, ou presque.

Au pays du matin calme, les actrices sont en féroce compétition.

L’une de mes actrices préférées, particulièrement douée dans le registre de l’émotion s’appelle Son Ye Jin (Son Yeh Jin).

Comme toute actrice coréenne, elle alterne dramas télévisuels et cinéma, allant d’un support à l’autre sans jamais se poser des questions. Une différence assez nette avec ce qui se passe aux USA, où la limite entre les deux reste une frontière bien marquée dans la carrière d’un acteur.

A son actif, les plus beaux drames romantiques que j’ai pu voir, ou presque.

Son Ye Jin marque déjà les esprits dans Lover’s concerto. Ce film sera un très beau prologue au chef d’oeuvre « The Classic » sorti la même année en 2003. Un incontournable, bien que le rythme du film soit particulièrement lent (le démarrage du film est un peu pénible, mais la suite vaut le détour).

Le drame « A moment to remember » achève de confirmer son statut d’actrice extrêmement douée. L’histoire d’amour entre une fille d’un chef d’entreprise et un charpentier, qui tourne au drame lorsque la maladie frappe. Je vous conseille vivement d’essayer de le regarder (les critiques sont toutes extrêmement élogieuses, ce film est parmi les tous meilleurs films coréens). Si vous ne me croyez pas, allez voir ici.

Mais c’est avec « April Snow » que Son Ye Jin atteint le sommet de son art, tout en délicatesse, en émotion réservée. J’en parlerai plus en détail lors d’un article. Mais ce film fait tout simplement partie de mes 10 films préférés. Mais attention, si vous n’êtes pas habitué au cinéma coréen, si vous n’aimez pas ressentir la puissance émotionnelle de l’image, ça risque de vous endormir.

Son Ye jin est peut-être aussi l’une des actrices qui veut le plus progresser. D’abord innocente dans ses premiers rôles, elle finit par avoir des rôles de femme de plus en plus forte. C’est un lent processus pour casser son image, qui a commencé avec The Art of Seduction.

My Wife got married, comme son nom l’indique, traite d’une femme indépendante mais amoureuse de plusieurs hommes. Un rôle pour le moins sulfureux dans une Corée encore très attachée au mariage. Mais le film dépeint avec beaucoup d’intelligence le sujet, donnant à Son Ye Jin l’un de ses plus beaux rôles (elle fut la meilleure actrice de 2009 au Blue Dragon Film award).

Désormais, elle ose aussi tourner des scènes nues (encore camouflées par la pudeur coréenne), ce qui lui a valu également de fortes critiques. Mais elle tient bon dans ce rôle de femme plus indépendante et plus libre de ses choix.
Son dernier film (White Night) adapté de la série japonaise Byakuyako, était très attendu (Son Ye Jin est également une star au japon).

Au rayon séries, on peut la regarder dans Delicious Proposal (qui l’a révélé), Summer Scent (l’un des volets de la tétralogie Endless Love), ou le mitigé Spotlight.

Elle est devenue une telle superstar que pour la série Alone in love son cachet a atteint le record de 50 millions de won par épisodes (plus de 40 000 euros), alors que la plus forte somme était de 20 millions auparavant. C’est dire si l’actrice est demandée !

Du reste, au vu de ses dernières performances, c’est extrêmement mérité. Alone in love est l’une des plus belles séries que j’aurai pu voir à la télé, et détonne avec le reste des dramas coréens : plus adulte, plus subtil. Peu de séries ont cette profondeur émotionnelle et intellectuelle.

Son dernier drama en date est la comédie Personal Taste/ Personal Preference, que je reviewerai sans doute prochainement.

Son Ye Jin, a pour elle l’élégance, le charme, l’émotion, et c’est sans doute pour cela que je suis toujours ses projets d’assez près.

Winter Sonata

Je continue mon tour d’horizon des anciens classiques coréens par le maître absolu du mélo : Winter Sonata. Ce drama a été diffusé en 2002 sur KBS2, et est devenu l’un  des symboles de l’Hallyu.

Il constitue le deuxième volet de la tétralogie Endless Love, basée sur les 4 saisons : Autumn in my Heart/Autumn Tale (2000), Winter Sonata (2002), Summer Scent (2003), Spring Waltz (2006). Chaque volet a cependant une histoire indépendante et son propre casting. Cette notion de tétralogie est davantage un argument commercial pour l’exportation de ces dramas hors Corée du Sud.

Mélo larmoyant, poignant, romantique, Winter Sonata constitue en effet une pièce maîtresse pour comprendre le succès des dramas coréens. La série utilise à plein effet la symbolique, les flashbacks, magnifiés par une bande son piano et orchestre prodigieuse. Elle est d’ailleurs l’une des Bandes Originales les plus vendues.

Ce drama a révélé Bae Yong Joon, acteur dont la popularité est immense, jusqu’au Japon, où il les fait toutes craquer. Il sera d’ailleurs sublimé dans l’excellent film April Snow (il faudra que je vous reparle de ce film de Hur Jin-ho).

Pour vous donner une autre idée du phénomène : près de 8 ans plus tard, sachez qu’elle a donné naissance fin 2009 à une série animée de 26 épisodes (Winter Sonata -the anime). Le merchandising autour de la série marche toujours très fort.

Comme la plupart des histoires de la tétralogie Endless Love, ce mélo est en deux parties : l’une racontant le passé, l’autre se déroulant bien plus tard.

Kang Joon Sang (Bae Yong Joon) est un étudiant qui arrive dans la ville rurale de Chuncheon. Introverti, se sentant mal, mais charmant et sensible, il captera tout de même l’attention de la jeune Jung Yu-Jin (Choi Ji Woo). Les deux jeunes vont tomber amoureux, juste avant qu’un accident ne les sépare… L’histoire reprendra 10 ans plus tard.

A noter que la fin de la série a été réécrite sous la pression des fans (mais chuut !).

L’alchimie est exceptionnelle, la musique, la réalisation est magnifique (notamment les scènes de neige) et tout cela contribue au succès de la série. Mais c’est surtout cette idée de destin impossible qui aura scotché les téléspectateurs. La série parlera beaucoup de mémoire et de fidélité.

Si les scènes sont poignantes, larmoyantes, bouleversantes, on ne ressort pas indemne de la série. En effet, elle peut aussi devenir très déprimante : le rythme est très lent (avec d’innombrables flashbacks) et ça s’étale sur 20 épisodes (alors que 16 auraient été largement suffisants). Le bilan final est donc mitigé. Soit on adhère à un des plus beaux mélos qui existe, soit on ne supporte pas les défauts de la série, et on trépigne de rage devant tant de larmes versées. Pour ma part, regarder la série a été une épreuve, mais j’ai réussi à passer outre ces défauts, pour en garder un excellent souvenir. Mais sachez que la série est vraiment réservée aux coeurs sensibles et patients. Vous êtes prévenus.

Petite sélection des dramas coréens à venir

Il n’est pas toujours facile de se repérer dans les sorties de séries asiatiques, puisqu’elles n’ont pas du tout le même calendrier que les séries américaines. Voici donc une petite sélection purement, absolument, totalement subjective et contestable des dramas coréens susceptibles de m’intéresser dans les mois à venir. (Avec moins de dramas historiques, donc).

Mais d’abord un petit aparté. Je suppose que vous avez tous une petite liste de séries à voir, et finalement l’été, période américaine plus creuse en termes de sorties (quoique, ça l’est de moins en moins), c’est une bonne période pour se mettre à jour au niveau asiatique.

Pour ma part, j’ai encore Iris, Chuno, That Fool, You’re Beautiful, Personal Taste et Cinderella Sister à voir, tandis que Coffee House qui vient de démarrer n’en finit plus de me faire des yeux doux. Et j’en oublie (God of Study, Harvest Villa, Pasta, Soul, Summer Scent, Triple..) pour ne pas me faire du mal.

Le problème, c’est que je ne peux m’empêcher en même temps de loucher vers les productions à venir.

Bad Guy vient à peine de commencer et après avoir vu le teaser, j’aime cette ambiance noire et un brin mélancolique. La mise en scène a l’air d’être soignée, la réalisation a été confiée à l’homme derrière Winter Sonata, Autumn Tale et I’m sorry i love you (des mélos « extrêmes ») mais je me méfie du montage des bande-annonce. On y retrouve Kim Na-Gil (Queen Seon-Duk), la jolie Han Ga In qui n’avait plus fait parler d’elle depuis un moment (physiquement elle me fait penser à Son Ye Jin quand elle était plus jeune), Kim Jae Wook (l’un des acteurs de Coffee Prince), et la prolifique Oh Yun Soo.

A voir donc, si le mélo a bien été remplacé par du suspense.

J’attend particulièrement Road Number One, un drama historique sur le début de la guerre de Corée en 1950. Le budget est  important (environ 10 millions d’euros). Et cette tragédie qui coupa la péninsule en 2 nations est à mon sens plus intéressante que les drama historiques habituels façon Damo. Même s’il faut se méfier d’une lecture patriotique qui a parfois surgi dans les fictions coréennes traitant de ce sujet. Ce qui est également intéressant, c’est qu’on y verra pour la première fois Kim Ha Neul dans un nouveau registre (elle a toujours été parfaite dans les comédies romantiques ou les comédies d’action). On y retrouve aussi So Ji Sub (I’m sorry i love you) et Yoon Kye Sang (Triple). Ca commence le 23 Juin sur MBC.

Toujours dans un contexte de guerre (je suppose, vu son affiche), Comrades sera l’adaptation du film chinois Comrade almost a love story (avec Maggie Cheung). 10 ans de voyage et de séparation d’un couple. Avec le retour de Park Yong Ha (Story of a man).

Non, je n’aurai pas le courage de me lancer dans le drama patissier King of baking (basée sur l’histoire réelle de la firme Paris baguette – ça ne s’invente pas), car même s’il bénéficie de la présence d’Eugene (Wonderful life), 36 épisodes, c’est un investissement trop important. Pour les courageux ça commence le 9 Juin.

Je suis en revanche un peu plus intéressé par What’s up, un drama basé sur l’apprentissage de la musique à l’Université. Une belle brochette de jeunes acteurs : Im Joo Eun (Soul, et le délirant et malheureusement non sous-titré Me Ri Dae Gu’s Attack and Defense Battle), Im Joo Hwan (Boys before flowers), Jun Hye Jin (Smile, you). Ca devrait être diffusé en Juillet.

Le hype commence déjà à monter pour la nouvelle production des soeurs Hong (basée sur la légende coréenne du renard aux 9 queues qui dévore des foies humains (Eh oui, chacun son conte !). Ca s’appelle My girlfriend is a Gumiho / My girlfriend is a nine-tailed fox. Et rien qu’en lisant le titre vous aurez compris le scénario. Avec les soeurs Hong aux commandes, on peut être optimiste. Et puis maintenant que l’on sait que Shin Min Ah a pris le rôle titre… C’est prévu pour le mois d’Août.

Et juste avant, s’il y avait besoin d’une preuve que les idées se copient rapidement, nous aurons droit également en Juillet à Gumiho : Tale of the fox child, qui provient d’un script récompensé dernièrement. Il s’agira là d’une toute autre ambiance puisqu’on nous promet un drame historique plein de suspense. Avec Han Eun Jung (Wonderful life). De quoi piquer ma curiosité.

Le drama musical, un nouveau filon ? Nous aurons droit en Août à I am Legend, l’histoire d’une jeune femme qui divorce et revient à son premier amour : la musique. Elle va ainsi constituer un groupe de rock. C’est joué par Kim Jung Eun, après le départ regretté de Kim Sun Ah (My name is Kim Sam Soon).

Après What’sup, I am Legend, viendra en seconde partie d’année le drama The Musical, avec Gu Hye sun (Boys over flowers). Peu de choses filtrent encore, on parle de rêves et d’amour de talents musicaux. A voir, donc, si on a pas déjà eu l’overdose.

Je n’oublie pas le drama special (un épisode) à venir le 5 Juin sur MBC : Our slightly risque relationship, avec Lee Sun Gyun (Coffee Prince, Pasta), un acteur que j’aime beaucoup.

Encore moins Athena, la suite/spin-off d’Iris, sans Lee Byung Hun, mais avec l’excellent Jung Woo Sung (au ciné : A moment to remember, The good the bad the weird). Autant dire que ça promet. A venir après l’été, sûrement.

Enfin, le hype de l’année vient sûrement au drama Runaway, par ceux qui sont derrière Chuno, et qui pourrait réunir les deux plus grandes superstars coréennes : Rain (Full House, le film i’m a cyborg but it’s ok et le film américain Ninja Assassin) et Jeon ji hyun (My Sassy Girl, Windstruck, Il Mare, Daisy, A man once a superman). Pour un peu on croirait au poisson d’avril. Et pourtant ça pourrait venir en septembre-octobre…

Article modifié le 8 Juin : Il semblerait que cette association de rêve ne se fera pas, Jeon Ji Hyun  ayant refusé le rôle. Un rêve s’écroûle…

A noter également que le drama Comrades pourrait être renommé en Love Song. Les droits de diffusion aux USA auraient également été achetés par la Warner (!) (source : Javabeans).

Pour une sélection des dramas fin 2010 début 2011, rendez-vous ici.