[Pilote – Corée] Manny

Il n’y a pas de mal à se faire du bien. Tel pourrait être le leitmotiv de la nouvelle série du câble, Manny. Spécifiquement orientée pour un public féminin, Manny est à lui seul une vision idéalisée de la gente masculine.

Manny est un homme garde d’enfant (man + nanny = manny). De son vrai nom Kim Yi Han, il revient auréolé de gloire après une carrière spectaculaire comme nounou aux USA. (Comme toutes les fictions coréennes, il semblerait que l’éducation ou le succès aux USA est ce qui permet de définir la « coolitude »). Kim Yi Han est capable en quelques secondes de trouver le mal dont souffre un enfant, comme nous le montre un gimmick un peu irritant (zoom et pause sur certains détails). Fin psychologue, attentionné, il sait comment s’y prendre avec les enfants difficiles et n’hésite pas à élaborer des stratagèmes à l’insu des parents pour parvenir au résultat escompté.

Comme il ne peut retourner aux USA suite à un malentendu, il se voit obligé d’accepter un poste de nounou chez Seo Do Young, une femme divorcée avec deux enfants : un petit garçon, Jung Bin qui a du mal à vivre sans un père et la fille aînée Eun Bin. On devine évidemment en filigrane que Seo Do Young n’est pas insensible au charme de sa nounou. Mais les auteurs restent discret à la fois sur ce sujet et sur ce personnage, et c’est tant mieux pour ménager une place pour les autres intrigues.

Comme dit précédemment, les auteurs ont mis le paquet pour concevoir l’homme idéal. Non seulement il est très compétent avec les enfants, mais en plus c’est une gravure de mode ambulante qui fait de la course à pied, de la boxe… Et l’épisode n’hésite pas à le montrer. Ne vous étonnez pas, d’ailleurs, s’il finit par côtoyer le monde de la mode et des mannequins aux abdominaux irréprochables. J’ai jamais vu autant de torses nus dans un drama.

Mais pour le double épisode pilote, les auteurs ont eu une excellente idée : celle de mettre en scène une véritable guerre entre Kim Yi Han et la sœur de Seo Do Young, Janice. Janice vit en effet sous le même toit, et est d’une arrogance et d’une prétention à toute épreuve. Fort heureusement, elle n’est pas pour autant la nemesis imbuvable qui rend les scènes lourdingues (même si elle a un tempérament de feu). Au contraire, pour le moment, elle apporte au récit une bonne dose de légèreté :  les coups bas fusent entre ces deux là, et c’est assez drôle. Cette dispute incessante de deux personnes obligées de s’entendre est l’un des points forts du drama.

Si en Corée le sujet est original, en France en revanche, la lecture du scenario pourrait davantage faire penser à un téléfilm de TF1. Mais ça serait négliger le savoir-faire coréen. L’histoire est plaisante, et bénéfice de personnages immédiatement attachants. Le héros, en tête évidemment. J’ai beau tiquer devant sa mise en scène millimétrée, l’acteur Suh ji Suk (Gloria) a du charisme, et son rôle est très sympathique. Et si j’ai été déçu par la nature des problèmes des enfants (un rien cliché), j’ai fondu devant leur pseudo innocence. L’envie d’être père sans doute.  J’ai quand même du fermer les yeux devant le surjeu de certaines scènes parfois maladroites (comme celles où les personnages parlent en anglais).

Bref, ce n’est pas une grande série mais c’est tout de même un très honnête divertissement dont je ne suis malheureusement pas la cible.  Manny aura quand même réussi à me plaire : c’est léger, drôle, parfois émouvant, simple mais attachant. C’est du reste plutôt bien équilibré dans le mélange des genres, comme le sont les bonnes séries coréennes, même si la série est loin d’être sans défauts concernant la tonalité de certaines scènes un peu trop naïves. Je pourrai aussi forcer ma nature et dire qu’objectivement c’est tout sauf original, mais qu’y puis-je si j’ai sincèrement aimé ?

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