Shark [Pilote – Corée]

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C’est fou comme le temps passe vite au pays du matin calme. À peine un projet de série annoncé, la voilà déjà sur le petit écran. Shark est l’un de ces dramas qui vous captive, vous charme, dès la première seconde pour ne plus vous lâcher. Un de ces dramas qui vous rappelle pourquoi vous aimez la fiction coréenne.

Avec sa réalisation solide, sa BO envoutante, son casting de luxe, ses intrigues complexes et son souci d’apporter une vraie émotion à l’ensemble, Shark frappe un grand coup. Shark est aussi le troisième volet de la vengeance du duo Kim Ji Woo/Park Chan Hong(après Resurrection en 2005 et Devil en 2007).

shark young actors

Les deux premiers épisodes prennent leur temps pour annoncer la trame, et tout n’est pas encore en place. Les scénaristes commencent en effet très tôt dans l’histoire de nos personnages. J’ai souvent un avis mitigé avec ces épisodes situés dans l’enfance, car ils courent le risque d’opérer une vraie rupture avec le téléspectateur si l’impact émotionnel et l’attachement aux jeunes acteurs est présent. C’est encore le cas ici. J’ai été bluffé par leurs performances, et franchement, je vais avoir du mal à retourner dans le présent, même si c’est pour retrouver – excusez du peu – Son Ye Jin et Kim Nam Gil.  C’est dire si j’ai été charmé par ces débuts qui se concentrent donc sur Han Yi Soo, lycéen modèle dont le père est le chauffeur du grand-père (chaebol) de Jo Hae Woo, lycéenne désinvestie.

shark chaebol family

On passe du temps à nous montrer les caractères de chacun et les amitiés qui se forment. Notre héroïne est malheureuse parce que sa famille éclate : son père trompe allègrement sa femme et se conduit soit comme un abruti soit comme un ivrogne, bref, quelqu’un qui ne mérite pas d’être l’héritier chaebol, selon le grand-père. Jo Hae Woo va progressivement s’attacher à Han Yi Soo, qui certes joue un rôle protecteur mais lui laisse le soin de décider ce qu’elle veut faire de sa vie. Il n’est pas intrusif, et lui fait comprendre qu’il faut avancer dans la vie. Ça fonctionne très bien : Jo Hae Woo retrouve le sourire et le goût des études (artistiques). Pour sceller leur amitié (et leur amour naissant via un joli bisou sur le front) : un joli aveu au caméscope sur l’idée de dépasser la mort pour retrouver son amour (un thème repris plus tard en expliquant le mythe d’Orphée). On constatera au passage que le drama n’a pas peur d’en rajouter sur la symbolique, en nous parlant également de l’Etoile Polaire, et du requin qui ne reste jamais immobile… Bref, vous aurez compris, ces deux là vont se quitter et se retrouver. (C’est pas comme si c’était foncièrement original, soit dit en passant).

shark kiss

Jusque là, le drama est certes classique, lent, mais extrêmement attachant et émouvant, avec quelques très jolies scènes s’attardant avec bonheur sur les paysages et les visages. On est pas au niveau des meilleures prises de vue cette année, mais tout de même dans le haut du panier. Mais surtout, la bande sonore fait merveille, de ses thèmes au piano jusqu’à la mélodie chantée. Voilà ce qui explique le coup de cœur presque immédiat que j’ai eu avec la série. Bien au delà de ses thèmes, la série réussit une immersion parfaite.

shark secrets

Et puis, enfin, le drama se dévoile au second épisode, et nous affiche un puzzle complexe, où les multiples protagonistes ont des secrets bien lourds à porter, que ce soit le père du héros, le grand-père ou le père de l’héroïne. On admirera au passage l’ingéniosité de l’intrigue puisqu’on met un bon moment à comprendre comment tout ce petit monde va devoir s’accorder. J’aime quand on ne nous prémâche pas tout, et que l’on distille des indices au fur et à mesure. Des phrases dans le présent prennent une toute autre signification quand on comprend le passé. Un nom de famille entendu à un moment vous dressera la puce à  l’oreille. Un flashback confus vous titillera l’imagination. Et mieux encore, vous admirerez la dualité de certains personnages.

L’histoire prend alors un tournant dramatique plutôt classique mais pas excessivement larmoyant. Un regret toutefois dans ce second épisode : la quasi absence de Jo Hae Woo. A force de vouloir créer son intensité dramatique, le scénariste en a oublié d’inclure l’héroïne.

On peut comprendre la lassitude pour les histoires de vengeance, surtout quand elles restent classiques, mais la narration de Shark possède des qualités indéniables. En posant ses personnages, elle permet de s’y attacher. En fragmentant ses mystères, elle décuple le plaisir du puzzle. En ne versant pas dans le pathétique et le larmoyant, elle permet de mieux s’investir.

Petit bonus : au rayon casting, le drama a recruté Ha Suk Jin (le fils dentiste dans Childless Comfort), ce qui fait indéniablement plaisir quand on est en plein visionnage de la série.

shark son ye jin

Bref, j’ai été conquis par ce récit maîtrisé, et j’ai hâte de voir la suite, avec la toujours excellente Son Ye Jin. (Ça va finir par se voir que je l’adore, non ?).

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Bonne année !

Tous mes vœux de bonheur, de santé et de réussite pour l’année 2012 !

Dans ce monde qui se désagrège, espérons que cette année soit un nouveau départ vers plus de paix, plus de compréhension entre les peuples. Que l’économie reparte pour que toutes les couches de la société en profitent enfin… Et que notre planète ait un nouvel espoir…

A tous les sériephiles, je vous souhaite d’intenses séances télévisuelles, remplies d’humour, de larmes, de frissons, de suspense,  de surprises, de plaisir tout simplement ! Que l’année qui s’annonce vous permette de découvrir d’autres histoires, d’autres horizons, d’autres cultures…

Profitez en pour faire la fête comme certaines stars coréennes ! ( ci- contre : Son Ye Jin, Yoon Eun Hye et Song Yoon Ah) …

 

 

 

[30 days drama challenge] days 19-20-21-22 : meilleur(e) et pire acteur (actrice)

Encore une fois je regroupe les articles autant que possible.

Aime-t-on toujours les « meilleurs » acteurs ? Grande question. Mes acteurs préférés ne sont pas forcément ceux qui maîtrisent leur art. Il y a toujours un lien « unique » qui s’établit entre le téléspectateur et l’acteur, qui fait appel à sa mémoire, à son vécu.

Du coup pour répondre à la question, j’ai essayé de me positionner. J’aurai pu me draper derrière les récompenses ou les séries « élitistes » du câble américain par exemple (le choix de ce terme lui-même incite au débat, un débat que je préfère ne pas évoquer ici, Mad Men oblige). A contrario, j’aurai pu citer mes coups de cœur, ceux qui ne brillent pas par leurs compétences mais qui disposent d’une aura forte ou disons le plus clairement, de qualités esthétiques. J’ai choisi d’être à mi-chemin.

Et puis, je n’aime pas (plus) être méchant envers les acteurs. J’ai aussi conscience qu’un acteur ne s’épanouit que dans de bonnes conditions, et il appartient au scénariste de lui donner quelque chose d’intéressant à dire, au réalisateur de savoir le mettre en scène (et en tirer parti). Si tout le monde s’est mis à cracher sur Mischa Barton lors de ses passages sur The OC (y compris des attaques sur son physique – ce qui à mon sens est aussi nul, méchant et dangereux que des attaques qui visent des personnes sur leur obésité), pour ma part je n’avais pas oublié cette fébrilité particulièrement bien jouée lors de son rôle dans Once and Again. Idem pour Robin Tunney dans Prison Break qui pourtant est une  bonne actrice du cinéma indépendant. ( Cherish, Niagara niagara, voire même Runaway).

Voilà pourquoi j’ai eu du mal à nominer certaines personnes.

J’ai donc opté pour un up/down, une manière pour moi de dire que tout cela n’est pas figé, et que chaque acteur peut surprendre, dans un rôle comme dans un autre.

  • Actrices coréennes :

up : Son Ye Jin, Bae Doo Na, ou Kang Hye Jung. Son Ye Jin pour l’émotion qu’elle sait transmettre, Bae Doo Na pour sa palette de jeu dramatique, Kang Hye Jung pour son interprétation de rôles décalés et touchants. Difficile de trancher. Comme je vous ai déjà beaucoup parlé de Son Ye Jin et de Bae Doo Na, voilà l’occasion de déplorer le manque de présence télévisuelle de la fantastique Kang Hye Jung (Old Boy, Welcome to dongmakgol, Why did you come to my house) dans le drama Miss Ripley.

down : le surjeu de certaines actrices comme Choo Sang Mi dans City Hall (Oui je suis en plein visionnage de la série). Dans le même temps le surjeu est sans doute voulu pour accentuer les effets, mais c’est vrai que parfois c’est agaçant.

  • Actrices japonaises :

up : Ueno Juri ou Ayase Haruka. Ueno Juri est tout simplement épatante car elle peut interpréter une très grande variété de personnages, tandis qu’Ayase Haruka est – de façon surprenante – à la fois convaincante et attachante (Jin, Hotaru no hikari), même si elle n’a pas toujours des rôles à la hauteur de son talent (hum, Happy Flight !). Et comme Ueno Juri a du être nominée un bon million de fois sur les autres blogs, j’ai mis Ayase Haruka en photo, même si objectivement elle n’est pas au même niveau !

down : ? Aucun nom ne me vient à l’esprit.

  • Acteurs coréens :

up : Cha Tae Hyun, Lee Byung Hun, Hwang Jung Min. Cha Tae Hyun est tout simplement bluffant car il st capable d’exceller sur le plan comique et dramatique. Lee Byun Hun est nommé pour son charisme et son jeu qui peut se révéler très nuancé. Enfin Hwang Jung Min est un acteur dont le jeu ne cesse de progresser en même temps que mon admiration. D’acteur passe-partout il a peu à peu su voler la lumière, et j’ai encore en tête ses magnifiques prestations dans les films You are my Sunshine, Happiness ou A man who was superman. Mon seul regret : il ne fait que débuter en matière de dramas (That Fool en 2009).

down : les acteurs inexpressifs. Jung Yong Hwa ? (Non, je n’ai pas encore regardé Heartstrings).

  • Acteurs japonais :

up : Abe Hiroshi. S’il y a bien un acteur qui est capable de sauver un drama, c’est lui. Il a tout pour lui : du charisme, de l’expression, une variété de rôles tout simplement impressionnante…

down : Désolé, aucun ne me vient à l’idée.

  • acteurs américains :

up : Hugh Laurie, Andre Braugher, Peter Krause, … Non, il y en a vraiment trop. Pour la peine j’ai mis une photo d’Andre Braugher du temps d’Homicide, histoire de vraiment prendre un coup de vieux si vous regardez la seconde et dernière saison de la regrettée Men of a certain age. J’avais déjà parlé de la vieillesse en évoquant Scott Bakula. Mais bon que voulez-vous, le temps défile. Et je ne dis pas ça parce que je vais bientôt prendre un an de plus. Non, non, vraiment, les grands acteurs sont peut-être aussi ceux qui arrivent à durer et à marquer chaque génération.

down : Amaury Nolasco. Il y a du boulot pour qu’il remonte la pente. Et oui, j’ai vu la preview catastrophique de sa série comique pour la rentrée. J’en dis pas plus, j’avais promis de ne pas être méchant.

  • actrices américaines :

up : Evan Rachel Wood, Mae Whitman. Et comme j’arrête pas de vous bassiner à propos d’Once and Again et de mon admiration envers Evan Rachel Wood, j’ai décidé de compenser en mettant en avant Mae Whitman, qui ne cesse de me surprendre.

down : pour évoquer une première mauvaise impression : celle d‘Aly Michalka dans le pilote d’Hellcats. Un jeu fade, sans aucune lueur dans ses yeux. J’ai pas tenté l’aventure plus loin, j’espère qu’elle s’est améliorée.

Cycle Hur Jin-Ho (1) : Introduction

Comme promis j’entame un cycle sur mon réalisateur coréen préféré : Hur Jin-Ho (parfois orthographié Heo Jin-ho).

Il est assez peu prolifique, mais ses films ont toujours été de très grands moments pour moi. Tous ses films ont pour sujet l’amour, c’est un des rares grands maîtres du drame romantique, et la grande caractéristique du réalisateur (et scénariste) est qu’il arrive à capturer parfaitement les gestes de la vie quotidienne, perçant ainsi l’âme humaine, à nu. Il y a chez lui une réelle sensibilité, un façon toute particulière de laisser transpirer l’émotion dans l’observation. Son montage est particulièrement brillant, naturel et donnant du sens au moindre mouvement.  Bien sûr ce genre de films n’est pas pour tout le monde, il ne s’y passe pas grand chose à première vue, mais si vous regardez attentivement, si vous aimez faire un peu d’introspection pendant que vous regardez un film, vous y découvrirez toute la palette des sentiments humains. Tout y est subtil, et le moindre changement d’expression dans les visages peut vous émouvoir. C’est un cinéma d’observation, mais pas du tout un cinéma austère comme peuvent l’être beaucoup de films européens. Ce n’est pas le sujet social qui est dépeint, c’est le sentiment humain dans ce qu’il a de plus beau ou de plus torturé.

Vous l’avez peut-être déjà expérimenté, il est plus difficile de donner un avis sur un drama coréen que sur une série américaine par exemple, tant les sentiments entrent davantage dans la force de la fiction. Pour les oeuvres de Hur Jin-Ho, encore plus que tout œuvre coréenne, il y a  un tel ressenti qu’il devient difficile d’en faire la critique. Essayez d’analyser à froid vos sentiments, par essence volatiles, qu’en restera-t-il une fois couchés sur du papier ? J’espère pourtant parvenir à vous retransmettre ce que mon coeur a ressenti en visionnant ses films.

Hur Jin-Ho a été plusieurs fois récompensé en Asie, mais aussi au Canada et a fait la semaine de la critique à Cannes.

  • Sa filmographie (longs métrages):

Christmas in August (1998) a été récompensé au festival de Busan, sacré meilleur film au blue dragon award, et remporté une autre récompense à Vancouver. Le film dépeint les sentiments amoureux à leurs tous débuts, avec une approche très intime de la mort. Il est souvent considéré par les critiques (et selon moi à tort) comme le meilleur film du réalisateur.

One Fine Spring Day (2001) a lui aussi été récompensé au festival de Busan et sacré meilleur film au blue dragon awards et au festival international de Tokyo. Il montre comment les sentiments amoureux peuvent évoluer dans un couple, quand l’un est encore très attaché à l’autre qui ne l’aime plus.

April Snow (2005) a permis à Son Ye Jin d’être acclamée comme meilleure actrice au festival du film Asia-Pacific. Pour moi il s’agit du meilleur film du réalisateur, et c’est probablement un des films qui m’aura le plus marqué dans ma vie. J’aime ce film passionnément, et donc peut-être de manière abusive, mais je n’y peux rien, c’est ainsi. Si j’ai pu retrouver sur la toile des gens qui ont été bluffés comme moi par tant de maitrise de la mise en scène (chaque scène est millimétrée), j’ai malheureusement lu aussi quelques critiques par des personnes qui n’ont pas été émus comme moi. Ce qui m’attriste, car April snow parle brillamment des deux facettes de l’amour adultère, avec une approche extrêmement sincère et désarmante.

Happiness (2007) a également gagné le blue dragon award. Il montre une histoire de rédemption par l’amour, comment l’amour peut soigner physiquement et mentalement un être humain, et comment il devient à ce point indispensable. Mais est ce que l’amour vous change définitivement ?

Five senses of Eros (Ogamdo) (2009), dont Hur Jin-Ho est responsable du segment « I’m here« . Un petit bijou sur la mort par le sexe.

A good rain knows (2009) avait commencé comme un segment d’un autre film avant de devenir un long métrage. Il montre comment le sentiment amoureux perdure quand deux personnes se rencontrent à nouveau, comment tous ces gestes veulent en dire plus, comment l’amour est aussi une question de timing.

Hur Jin-Ho a travaillé avec d’excellents acteurs, qui auront tous trouvé chez lui leur meilleur rôle jusqu’alors : Han Seok-Kyu, Shim Eun-Ha, Lee Young Ae, Yu Ji-Tae, mais aussi de plus grandes têtes d’affiches ciné et dramas comme Bae Yong Jun (Winter Sonata) et  Son Ye Jin (Alone in love) dans April Snow, Hwang Jung Min (That Fool) et Im Soo Jung (le film …Ing) dans Happiness, Kim Kang-Woo (Story of a man) dans Five Senses of Eros, Jung Woo Sung (Athena) et la chinoise Gao Yuan Yuan (City of life and death) dans A good rain knows.

Il est à noter que les 3 premiers films du réalisateur sont disponibles dans un coffret DVD (que j’aurai longtemps attendu, avec des sorties maintes fois repoussées et sans aucune réponse de l’éditeur) à un prix tout à fait raisonnable (30 euros). Inutile de dire que je recommande fortement l’achat.

Je vous donne donc rendez vous prochainement pour les critiques successives de ces différents films, en espérant vous communiquer mon enthousiasme et ma dévotion à ce très grand réalisateur. J’éditerai ce post pour rajouter des liens.