Série télé et jeu vidéo

Les séries télé ont depuis longtemps été une source importante de merchandising. Et étant donné que l’E3 (Electronic Entertainment Expo) ferme ses portes, je voulais en profiter pour parler de ces adaptations de séries en jeu vidéo, mais aussi de l’apport des séries dans le jeu vidéo (si, si ça existe).

Pour tous ceux qui connaissent un peu le monde du jeu vidéo, vous savez qu’il y a une loi bien connue : jeu à licence = jeu raté. C’est malheureusement vrai dans 9 cas sur 10.

Si un jour vous voyez le jeu Plus belle la vie, fuyez…On pourrait citer également le jeu Grey’s anatomy (où il faut gérer les émotions et les sentiments des personnages en cliquant sur des logos, tout un programme), l’ennui d’un jeu 24 heures chrono pas très palpitant, Prison Break, etc… Bref, je vais arrêter là, la liste est trop longue.

Pourtant parfois on essaye de vendre le jeu aux fans en en prétextant des révélations et des réponses (Lost). Mais l’intérêt du jeu n’est bien souvent que le plaisir de retrouver l’ambiance de la série (quand elle est là).

Si je parle de Lost – le jeu , c’est aussi parce que la structuration d’une série a introduit une nouvelle manière de construire le scénario d’un jeu vidéo. Le jeu vidéo découpé en épisodes. On pourra par exemple citer le dernier volet des aventures de Monkey Island, découpé en de multiples épisodes. Ou plus récemment Alan Wake. Pour éviter que le joueur ne perde le fil au fur et à mesure de ses sessions si elles sont trop éloignées, le jeu rappelle régulièrement ce qui s’est passé dans les précédents chapîtres, façon 24. C’est à mon sens une excellente idée de game design.

Parfois ce n’est pas la série qui devient un jeu vidéo,  mais le jeu vidéo qui est utilisé pour faire une série. Par exemple Viva Pinata, un dessin animé pour enfants est issu du jeu vidéo disponible sur xbox360 (excellent jeu soit dit en passant).

Le lien entre séries et jeu vidéo n’est finalement peut-être pas si mercantile. J’en veux aussi pour preuve qu’il existe de très bons jeux vidéos basés sur les univers d’une série. On pourra citer Buffy sur xbox qui reprend parfaitement l’humour et les codes de la série dans une aventure inédite , passionnante et bien réalisée (pour l’époque), The X-Files sur PC en 1998, ou bien les simpsons, dont le récent opus console se permet en plus de parodier l’histoire des jeux vidéos. La boucle est bouclée.

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Mes séries comiques de référence (1/5) : Cheers

Si vous lisez mes billets, vous avez sans doute du vous apercevoir que je suis, en matière de comédies, très nostalgique. Alors, quitte à me lamenter (ah, c’était le bon vieux temps), j’avais tout de même envie de vous faire partager mes références en la matière. Histoire de voir qui a inventé le fil à couper le beurre.

Cheers (1982-1993, le jeudi sur NBC, « must see thursday »)

Avec ses 11 saisons, plus de 100 nominations aux Emmy Awards pour une trentained’ Emmys remportés, Cheers a beaucoup contribué à définir la sitcom moderne. Je vais pas vous refaire l’histoire et vous parler de I love Lucy dans les années 50, rassurez-vous.

Cheers, c’est l’histoire d’un bar situé à Boston, où viennent se rejoindre tous les soirs des habitués. Ce bar est tenu par Sam Malone (Ted Danson), un ancien joueur de baseball. Il a pour barman son ancien coach, et lors du pilote il engage une serveuse, Diane Chambers (Shelley Long) qui vient de se faire larguer par son fiancé. (Oui, dit comme ça, il y a de forts relents de Friends). Evidemment entre une érudite (snob) et un sportif, il va y avoir de l’orage – et de l’amour – dans l’air. D’autant que l’autre serveuse du bar, Carla, n’apprécie guère Diane, et n’hésite pas à le lui dire.

S’il y a bien une particularité de la série, c’est la qualité de ses personnages et de ses réparties. Les échanges Diane-Sam sont savoureux, bien sûr, mais les habitués du bar ont aussi leur quart d’heure de gloire. D’ailleurs, c’est un peu ce qu’ils recherchent : Cliff le facteur, a un avis sur tout, prétend tout savoir alors qu’il n’a toujours eu aucune relation sexuelle. Son meilleur ami, « Norm », aimerait bien au contraire, ne plus en avoir avec sa femme, Vera. Vera est l’ancêtre de la femme de Niles, dans Frasier : on la pare de tous les défauts imaginables, au point de créer au fur et à mesure des épisodes une créature mythique qui ne pourra jamais apparaître à l’écran, tant il est impossible de trouver une actrice pouvant lui ressembler. Norm le buveur de bière est accueilli dans une majorité d’épisodes par le fameux « Norm ! », un classique de la série. Au point que le bébé de Frasier et Lilith prononcera à la surprise de tous son premier mot : « Norm ! », bien sûr !

Car oui, la série va évoluer (spoiler !) : La romance Diane-Sam ne peut continuer indéfiniment. Frasier (Kelsey Grammer) le psychiatre érudit se fiance à Diane, qui le laisse tomber. Frasier devient un autre pilier du bar, avant d’avoir son propre spin-off à la fin de Cheers. Et puis Shelley Long, au bout de 5 saisons, après un Emmy et 2 Golden Globes, quitte la série. Elle sera « remplacée » par une femme manager, Rebecca Howe (Kirstie Alley). Je n’oublie pas non plus le remplacement de « Coach » par Woody Harrelson.

Témoin de l’époque, la série parlera de féminisme (et de machisme), et sera l’une des premières à parler d’homosexualité. Le tout dans un ton populaire, drôle, très bien écrit.

Diane: And everyone knows that hate is not the opposite of love. Indifference is.
Sam: Well, whatever you say. I really don’t care.

Diane: [se réferrant à sa relation avec Sam] Well, what about the idea that opposites attract?
Dr. Simon Finch-Royce: AH, the song of the TRULY desperate.

Je passe volontairement les phrases de Norm sur son alcoolisme, elles doivent être vues, surtout.

Si les piques sont nombreuses entre les différents personnages, on sent que ces moqueries ne sont jamais méchantes, elle sont davantage l’expression de la verve de chacun. Il subsiste une véritable amitié entre ces occupants de bar, et le télespectateur leur développe une vraie tendresse. Aujourd’hui, au contraire, la méchanceté est devenue – pour certains – un ressort comique, ce que je déplore vivement. (Et je ne parle pas seulement de séries comiques comme les mockumentary, mais de la vie française en général).

Bien sûr la série a vieilli, le rythme des scènes n’est pas du tout comparable aux montage actuels. D’ailleurs la sitcom est filmée devant une « live studio audience », comme on l’entend au début de chaque épisode. Cheers est devenue progressivement l’une des références télévisuelles, au point que la majorité des séries d’aujourd’hui la citent ou la parodient (How i met your mother, les Simpsons, l’épisode « Life in 4 cameras » de Scrubs, The Office, Community…).

Je parlais à l’instant d’amitié. « Where everybody knows your name » est devenu un classique, je suis sûr que vous avez déjà entendu ce générique quelque part :

Quant aux scènes, difficile d’en retrouver sur youtube, mais en voici quelques unes :

On s’attache donc à ses personnages, on rit de l’absurde, des mimiques des personnages, des gags récurrents, et même si l’ensemble paraîtra trop « déplumé » aux plus jeunes, il y a là une vraie intelligence comique, basée sur le rire populaire. Je déplore d’ailleurs le peu de reconnaissance de la série en France, puisque seuls les 4 premières saisons ont été éditées en DVD zone 2 FR, il y a fort longtemps. Je ne comprendrai donc jamais le choix des éditeurs. Pour ma part, je rêve toujours d’en acquérir l’intégrale en VOSTF.

Les séries de la décennie (2000-2009)

L’année 2009 vient de s’achever, et avant de parler de ce qui nous attend en 2010, je tenais à parler des différents classements de série qui sont apparus sur le net à cette occasion.

Par exemple, le Hollywood Reporter cite son top 10 : 10. Modern Family ,9. Lost ,8. 24 ,7. 30 Rock ,6. Mad Men , 5. Damages ,4. The Shield , 3. Curb Your Enthousiasm ,2. The West Wing ,1. The Sopranos

Inutile de dire que je ne me retrouve pas dans ce classement… pour le moins bizarre, qui cite des multi-récompensés aux Emmys (Mad Men, 30 Rock squattent la cérémonie depuis bien trop longtemps) et une nouveauté de cette saison. A croire qu’il ne s’est rien passé avant ?

Mais continuons notre petit tour du web, anglophone d’abord puis francophone :

Entertainment Weekly mixe les genres, pour y mettre des « shows » au sens large. On y trouve ainsi Les sopranos, Lost, l’émission satyrique The Daily Show, The Wire, The Comeback, la real tv American Idol, Arrested development, The Shield, et… Gilmore Girls (une jolie surprise).

20 minute.fr a établi son classement ainsi  (de la 10è à la 1è place) : The Shield, Desperate Housewives, Sex and the City, How i met your mother, Dexter, Mad Men, The Wire, Lost, Six Feet Under, Les Sopranos

D’autres, comme le blog de Roxy, sont plus minimalistes et citent les séries plébiscitées par le Figaro et TVMag : House, The Wire, The Shield, How i met your mother, et rajoutent True Blood, Battlestar Galactica.

Critictoo a fait le choix de citer les saisons en question. Mais une série, selon moi, est un tout. Ca n’a dès lors plus le même impact de comparer des saisons de séries différentes. Sont nommées : la série britannique Spooks, Arrested development, Friday Night Lights, 30 Rock, Rome, Farscape, Rescue Me, The Shield, The sopranos. (Rassurez-vous, pour Rescue Me, il s’agit bien de la saison 2 et non de la suite – catastrophique – de la série).

Du côté d’Excessif, les différents rédacteurs ont choisi de se limiter aux séries nées après 2000, pour laisser la chance à d’autres, sur un ton certainement plus passsionné. On y trouve ainsi des séries moins souvent citées comme Avatar, Wonderfalls, Six Sexy,  Charlie Jade, Docteur Who, Supernatural, Weeds, The It Crowd, Dollhouse, Jeremiah, Firefly, Dead Like Me, Veronica Mars, Alias, Chuck, Life on Mars, The L Word, … De quoi à la fois s’interroger sur la qualité de certaines séries citées (Euh, Weeds, vraiment ?? A part la promo ?) mais aussi se souvenir que les séries, c’est aussi affaire de passion.

Pour vérifier la popularité de ces séries chez les internautes, des sondages ont été réalisés sur TvChronik à partir d’une liste pré-établie (malheureusement, mais comment faire autrement ?). Le résultat donne deux podiums pour les dramas et les comédies. Ainsi, nous retrouvons :  Lost, Six Feet Under et Dexter d’une part, et How i Met your mother, Desperate Housewives et Malcolm d’autre part. Surprenant.

La difficulté d’un tel classement (outre sa subjectivité), est aussi de s’entendre sur la décennie. S’agit-il de séries qui ont débuté après l’an 2000 ou de séries qui ont été à l’antenne pendant quelques unes de ces années ? Doit-on parler que de séries terminées ou des séries encore à l’affiche, quitte à se tromper (les séries baissent majoritairement en qualité au fur et à mesure de leurs saisons) ? Pour ma part je ne veux pas oublier les séries qui se sont achevées cette décennie, car ce sont elles qui m’ont procuré le plus de plaisir, et ce sont elles qui me rendent nostalgique.

En mettant de côté toute promo ou toute récompense réçue par la série, pour n’écouter que mon coeur, j’ai donc réalisé une sélection d’une trentaine de séries :

Buffy (1997-2003) . Comment pourrait-il en être autrement ?
Once and again (1999-2003) . L’excellence de l’écriture et de la réalisation pour dépeindre le quotidien.
Gilmore Girls (2000-2007) . La verve, l’humour décalé, la romance, un bonbon acidulé qui manque cruellement à la télé aujourd’hui.
Veronica Mars (2004-2007) . Un petit bout de femme au caractère bien trempé, pour des enquêtes palpitantes et pleines d’humour. Vous connaissez des fictions pour ados aussi intelligentes ?
Alias (2001-2006). On a beau dire, Alias, avant que cela ne finisse un peu tristement, ça avait de la classe, du rythme, du charme, des intrigues, de l’action survitaminée.
Ally Mc Beal (1997-2002) . Non, je n’oublierai jamais Ally, et sa quête de romance dans un univers judiciaire délicieusement loufoque.
Angel (1999-2004) . Surpasser Buffy, un beau challenge, presque accompli. Merci Joss !
Chuck (2007-?) . Quand je vous disais qu’Alias me manquait. Chuck, c’est l’action, l’humour, le charme, un cocktail explosif !
ER (1994-2009). Même si la série a beaucoup souffert avant de se rattraper en dernière saison, elle n’en reste pas moins LA série médicale de référence.
Frasier (1993-2004) . Un casting détonnant, des répliques qui font mouche à tous les coups. Du travail de haute précision,pour constituer l’une des références en matière de sitcom.
Friends (1994-2004) . Ai-je vraiment besoin d’en dire quelque chose ? Friends c’est la série générationnelle, tout simplement.
Arrested Development (2003-2006). Du rythme, de l’humour loufoque, le maître étalon des nouvelles comédies. Comment peut-on citer The Office après avoir vu cette série ?
Firefly (2002) . Il faut toujours faire confiance à Joss.
Wonderfalls (2004) . Un univers délicieusement décalé, une héroine attachante qui essaye d’interpréter des voix singulières. Trop court, trop bon ! Comme la regrettée Pushing Daisies, si colorée et si vivace que tout m’ apparaît terne aujourd’hui.
House, MD (2004-?) . Multi-référentielle, la série ma satisfait sous tous ses aspects : l’intrigue médicale tortueuse à souhait, la peinture de la relation médecin-patient, et bien sûr la mysanthropie, l’acidité mêlée à la pertinence de réflexion d’une intelligence supérieure. Tout cela ne serait rien sans la qualité d’écriture de la série qui condense le meilleur en 42 minutes.
The Simpsons (1989-?) . Même si la série n’est plus ce qu’elle était, elle est le porte-étendard de la créativité et des private joke.
X-Files (1993-2002) . Ok, X-Files m’a bien lassé dans les dernières saisons. Mais comment oublier ces années de bonheur où Mulder et Scully investigaient le paranormal ? Certainement pas en regardant Fringe…
24 (2001-?) . J’ai longtemps hésité avant de la nommer. 24, c’est devenu un blockbuster de l’entertainment, une vision politisée de l’amérique (et pas toujours la bonne malheureusement), et un héros qui n’en finit plus de sauver le Monde. Enfin, les USA. Après tant d’espoir mis dans l’originalité et le traitement de son concept, il me fallait me rendre à l’évidence : 24 est devenu un pur guilty pleasure.
Prison Break (2005-2009). En parlant de rebondissements improbables et d’accidents temporels, je ne pouvais passer à côté de cette série. Oui, la série ne mérite plus ses éloges de première saison, mais quand même, j’ai bien apprécié l’aventure.
The Shield (2002-2008). Dure, violente, cette plongée dans la police corrompue est captivante. Servie par ses acteurs d’abord, mais par l’intelligence de son script qui lie les différentes saisons, la série est brillante, tout simplement.
Six Feet Under (2001-2005) . Parler de la mort en parlant de la vie d’une famille de croque-morts, il falait oser. Si les disfonctionnements familiaux sont parfois de trop, et que l’émotion n’est pas toujours là, la série reste envoûtante.
Lost (2004-?). Lost a soufflé le chaud et le froid pendant longtemps avant de nous livrer des saisons trépidantes, mystérieuses. Le puzzle gigantesque qui se forme peu à peu est en soi l’atout de la série. Pour l’instant j’ai été plus que charmé, ensorcelé, j’ai été comblé.
Dexter (2006-?) . Malgré ses défauts concernant la psychologie du personnage principal, la série a su trouver un ton propre, l’histoire d’une proie ou d’un chasseur à l’humanité défaillante.
Thief (2006). Tout le monde a oublié ce thriller ? Andre Braugher est magistral dans cet univers froid, sombre.
The Wire (2002-2008) . En cours de visionnage, je reste happé.
Farscape (1999-2004). Le summum de la créativité dans l’espace.
Battlestar Galactica (2003-2009) . De la SF intelligente, pertinente, avant qu’elle ne sombre dans des intrigues mollassonnes, qu’elle ne détruise ses personnages et même la cohérence de l’ensemble. Mais pour les excellents moments procurés à ses débuts, la série devait figurer ici.
Dead Like Me (2003-2004) . Un regard cynique, désabusé sur la vie et pourtant même la mort peut-être drôle. Un casting impeccable, une réalisation qui ne l’est pas moins. Un divertissement de très haute qualité.
Grey’s anatomy (2005-?) . Le renouveau du soap ? Ici le spectaculaire sert à l’humour ou au drame, et les personnages sont attachants, avant d’être détestés, puis attachants… Un produit millimétré, et donc qui fonctionne !
The Big Bang Theory (2007-?) . Si j’avais su que les geeks pouvaient être drôles sans être méprisés ! A voir pour ses répliques assassines et un Sheldon extra-ordinaire. Au delà de la norme, quoi.
Dollhouse (2009-2010) . Trust the Whedon. Always. J’ai été ravi de ce voyage dans la science fiction. Ses multiples intrications ont donné du corps à l’oeuvre.

Oui, j’ai fait abstraction de séries qui ne m’inspirent aucune passion 😉

C’est justement en faisant ce classement que l’ont ressent cette baisse de créativité actuelle. How i met your mother ne sera jamais qu’un sous-Friends, Modern Family un sous-Office, lui-même déjà bien terne après Arrested Development. Et comment ne pas voir que 30 Rock attire la complaisance par ses guests ?

Comment ne pas voir aussi, que les séries pour ados sont mortes aux USA, remplacées par des productions pour mannequins métrosexuels anorexiques, blafards et maquillés à outrance ? Que les séries fantastiques meurent les unes après les autres dans l’indifférence générale (excepté Lost) ? Comment ne pas voir la surexposition de familles dysfonctionnelles dans la quasi-totalité des productions du cable ?

Espérons que l’an 2010 sera le début d’un renouveau créatif qui s’appuiera sur des audiences limitées mais fidèles.  Espérons un vrai travail de finition dans les dialogues, le choix des comédiens, et une écriture non pas osée mais aboutie, qui dépeint la psychologie de personnages de façon réaliste et émouvante. Espérons.