Dramas coréens à venir (édition Novembre 2011)

Après un long break dans mes présentations, voici donc les dramas coréens à venir (et ceux qui viennent tout juste de commencer). Il faut évidemment prendre tout ceci avec précaution, puisque ça bouge toujours… Les « general service channels », avec l’explosion du câble, sont en train de changer la donne, notamment parce que les plus grandes stars sont appelées en renfort. On peut les comprendre puisqu’ils y bénéficient de meilleures conditions de travail pour la plupart.

Me too, Flower (MBC), le drama fait déjà parler de lui de la plus mauvaise manière : remplacement à la dernière minute de l’acteur principal pour cause de blessures, et planning extrêmement serré pour arriver à filmer la série à temps pour la diffusion. L’histoire est celle d’une jeune policière qui tombe amoureuse de son patron, lequel cache bien des choses. On retiendra dans le cast la présence de Lee Ji Ah (The Legend), et celle de Seo Hyo Rim (Scent of a woman). Mais tout cela n’augure rien de bon. (diffusion commencée le 9 novembre).

Ce drama sera suivi en Janvier sur la même chaîne par The Moon embracing the Sun, un fusion sageuk romance, inspiré du roman écrit par celui qui a donné Sungkyunkwan Scandal. Kim Soo Hyun (Dream High) y jouera un roi de la dynastie Joseon, amoureux d’une shaman, interprétée par Han Ga In (Bad Guy). Un projet à suivre si vous avez aimé Sungkyunkwan Scandal.

Lights and Shadow (MBC) fait circuler de charmantes photos rétro. Une histoire vraie qui va nous plonger pendant 50 ans dans les débuts du showbiz coréen, de la guerre du Vietnam en 1959 à nos jours (le coup d’état du 16 Mai 1961, l’assassinat de Park Chung Hee en 1979, etc..). Le drama va-t-il pouvoir reconstituer toutes ces années ? En tous cas le contexte est original, et je suis curieux de voir comment on va parler de l’extrême censure de l’époque. A noter qu’il va faire 50 épisodes, c’est un investissement… mais pour les passionnés d’histoire, peut-être que cela vaut le coup. , Le cast est assez intéressant : le vétéran Kim Min Jong, l’impeccable Lee Pil-Mo (du très beau film Dance with the wind) la jolie Nam Sang Mi (Time between Dog and wolf), et l’équipe est celle qui a donné le mythique Jumong (un très grand dramas qui a contribué à l’Hallyu, avec plus de 80 épisodes). Ça débute le 28 Novembre, préparez vos soirées…

Just Like Today ou Be like today (MBC) est un drama familial qui devrait raconter les aspirations et les déboires de la génération baby-boom. Nous y verrons leurs difficultés financières, leurs quêtes pour donner un sens à leur vie. C’est notamment le retour de la petite nouvelle Han Groo après le tonitruant Killer K (je suis admiratif  car elle a sacrifié son enfance pour son rêve – en enchainant les heures après sa journée scolaire, un exemple parmi d’autres de l’extrême pression que se mettent les élèves coréens) mais le reste du casting est essentiellement composé d’acteurs dans la cinquantaine. C’est un daily drama (donc au moins une centaine d’épisodes) et ça commence le 21 Novembre.

Strangers 6 (MBC), une collaboration entre le Japon, la Chine et la Corée pour une histoires d’experts protégeant les intérêts économiques de leurs pays. 22 épisodes diffusés en 2012 si tout va bien. Je suis curieux de voir le résultat même s’il n’y a pas de grands noms associées au projet. Ce n’est pas la première initiative de ce genre, mais c’est une démarche intéressante.

Pas de news  concernant Onjo Biryu, encore rien sur le mystérieux Triptaka (un recueil de textes bouddhistes sacrés pendant l’époque de Goguryeo). Après l’orgie de sageuks ces derniers mois, je ne vais pas m’en plaindre.

Absolutely Him (MBC), où la prochaine comédie romantique qui fait déjà du buzz malgré sa sortie programmée en 2012, en raison du casting réunissant TOP aka most wanted korean male, et Kim Ha Neul. C’est tiré du manga du même nom, c’est à dire qu’il s’agit d’une femme qui achète un robot pour devenir son parfait petit ami. Top, en robot… un rôle sur mesure.

Brain (KBS) est un médical drama prévu pour la mi-novembre. L’histoire d’une lutte pour le pouvoir au sein d’un service de neurochirurgiens, où notre héros deviendra peu à peu meilleur. Côté casting, je retiens surtout Shin Ha Kyun (je l’avais adoré dans Harvest Villa). On essaiera surtout d’oublier le remplacement entier du casting alors que les acteurs avaient déjà commencé leur promo !

Wild Romance (Agressive Romance) (KBS), prévu pour Janvier prochain est décidé à nous raconter comment un joueur de baseball et une garde du corps, championne de judo, tombent amoureux. Décidément la femme coréenne est bien représentée dans les disciplines d’arts martiaux. Lee Dong Wook et Yoon Eun Hye ne sont pas envisagées malgré la rumeur, mais on devrait retrouver Lee Si Young (Poseidon), une actrice qui a pratiqué de la boxe. Mais ce qu’il faut retenir surtout, c’est la grande nouvelle concernant la scénariste, puisqu’on retrouvera la talentueuse Park Yeon Seon (Alone in love, Evasive Inquiry Agency, White Christmas) à l’écriture, en collaboration avec le réalisateur de Women in the sun. J’ai hâte d’en savoir plus, c’est déjà le drama que j’attends le plus.

Dream High (KBS) aura une deuxième saison, prévue pour Janvier également. Même format, nouveau cast… Même histoire ? Les ados vont en raffoler.

Autre projet de KBS pour 2012, celui de porter devant le petit écran Doll Mask, l’histoire d’un combattant en arts martiaux luttant contre l’invasion japonaise dans les années 30. Le réalisateur devrait être celui de Story of a man.

Enfin, le projet qui fait le plus de buzz sur KBS pour l’année prochaine est Love Rain. Un évènement, puisqu’il s’agit du retour des personnes qui ont mis au monde Autumn my heart et Winter Sonata. Attendez-vous donc à du mélo larmoyant : l’histoire d’un couple qui n’a pas réussi à être ensemble dans les années 70, mais qui verra peut-être leurs propres enfants s’aimer dans notre temps. Le casting fait l’effet d’une bombe pour ados, avec Jang Geun Suk (You’re Beautiful) et Yoona des Girls Generation (dont les qualités d’actrice sont bien éloignées de ses qualités de chanteuse malheureusement).

Des fois en lisant le pitch d’une série on mesure le décalage avec nos pensées occidentales. Je cite celui d’If tomorrow comes‘ : une jeune fille au bon cœur pense que respecter ses parents contribue à son propre bonheur. Hmm. Je relis. Hmm. Ok, je savais que le respect des aînés prenait une part importante en Corée, mais là ils poussent le bouchon un peu loin… C’est sorti fin Octobre sur SBS, avec Seo Woo (Cinderella Sister).

Je passe sur le daily drama My Daughter the flower qui narre les aventures d’une fille et de sa mère qui n’est pas sa mère biologique.

Autre concept, Take Care of us captain, prévu pour fin décembre. Histoire de varier les approches, nous voilà à l’aéroport. Ça vous dit une histoire d’amour entre pilote, co-pilote et contrôleur aérien ? Gu Hye Sun (the greatest love, the musical), elle, a répondu présent. Pas sûr que j’en fasse autant, tant le reste du casting m’indiffère.

Prévu pour Janvier 2012, History of a salaryman (SBS) va nous raconter l’histoire d’un salarié moyen qui lutte contre la solitude. Les producteurs de Giant sont derrière, donc le projet est à suivre. Le casting est désormais bouclé, avec côté masculin Lee Bum So (Giant), Jung Gyu Woon (Romance Town) et côté féminin Jung Ryu Won (My name is Kim Sam Soon) et Hong Soo Hyun (l’amie jalouse dans Lie To Me).

Pour les projets situés bien plus loin, signalons le drama Beautiful life qui devrait être le retour de la star Moon Geun Young (The Painter of the wind, Cinderella Sister, Marry me Mary). Il s’agit d’une histoire d’amour entre une infirmière et un neurochirurgien. On a encore le temps d’en savoir plus, c’est prévu pour septembre 2012.

Hanbando ou Korean Peninsula (à ne pas confondre avec le film de 2006) devrait réunir l’excellent Hwang Jung Min et Kim Jung Eun (I am Legend) bien que l’on parlait de Ha Ji Won et Jang Dong Gun pendant un moment. C’est un drama politique ambitieux, véritable blockbuster traitant d’une Corée unifiée, où les ressources naturelles sont rares. On y voit un scientifique devenir président. Un drama post-apocalyptico-écologico-scientifique ? Le synopsis est en tous cas très alléchant. Décidément le câble apporte d’intéressantes idées. Il faudra attendre Janvier pour la voir sur la nouvelle chaîne CSTV/TV Joseon. J’ai hâte.

Et si Jang Dong Gun change son fusil d’épaule, peut-être va-t-il se rabattre sur A gentleman’s dignity, le nouveau drama du scénariste de Secret Garden. On sait peut de chose pour le moment si ce n’est qu’il s’agit d’une histoire d’amour entre trentenaires.

Pour les amateurs de séries policières la chaine câblée OCN nous promet Ten dans quelques jours (le 18 Novembre pour être précis). Le pitch n’a rien de passionnant : l’histoire d’une unité spéciale chargée de résoudre des affaires classées. Le héros devrait être la star de Giant, Joo Sang Wook.

Prévu pour la nouvelle chaîne JTBC, voilà un nouveau drama qui va faire du bruit : Padam padam the sound of his and her heartbeats. Le casting fait rêver : le talentueux Jung Woo Sung (Athena, A moment to remember), le charismatique Kim Bum (Boys Before Flowers), et la jolie Han Ji Min (Capital Scandal). Il s’agit d’une histoire d’amour entre un prisonnier et une femme, avec l’intervention d’un ange gardien.Ça devrait arriver début décembre.

Vous en voulez encore, des titres bizarres ? Voilà Fermentation Family. Est ce que ça sent bon ? On a quelques indices : la scénariste de Devil et Revenge, une histoire mystérieuse d’un gangster orphelin qui pour retrouver son passé, travaille dans un célèbre restaurant qui prépare le fameux kimchi (plat fermenté). On retrouvera notamment Park Jin Hee (The Woman who still wants to marry). Pourquoi pas… C’est pour mi-décembre, toujours sur la nouvelle chaine jTBC.

Pour les amateurs de sageuk (dramas historiques), qui sont nombreux, jTBC a également pensé à vous en vous proposant Queen In Soo. Situé dans la période Joseon, le drama vous racontera les habituelles intrigues politiques et les conflits entre les 3 femmes les plus influentes de cette période. Dans le rôle titre, Chae Si Ra, vétéran du genre. C’est prévu pour décembre.

Saving Madame Go Bong Shil (ou Go ! Mrs Go !) mise sur la popularité des korean idols. Au programme, les premiers débuts de Luna de F(x), et de Kim Kyu Jong (SS501), encadrés par des acteurs expérimentés comme Chun Ho Jin (City Hunter). Enfin, le réalisateur de The Legend et Bicheonmu devrait donner un peu de cachet à l’ensemble. Réservez vos soirées à partir de décembre sur CSTV pour une trentaine d’épisodes. L’histoire ? Une femme âgée d’une cinquantaine d’années s’installe à Séoul après la perte de son mari, et écrit des best seller.

A l’heure où j’écris ces lignes, le mini-drama Bang Ja Chronicles (The Servant) (CGV) devrait bientôt se terminer après 4 épisodes nous racontant une histoire d’amour inspirée du film The Servant. Ce film réécrivait avec audace le célèbre conte de la fidèle Chun-Hyang, qui préféra mourir plutôt que trahir son fiancé. Dans cette nouvelle version, c’est le serviteur qui séduit la belle à la place de son maître, et enchaine les leçons de séduction. On nous promet beaucoup de scènes dénudées, ce qui explique peut-être sa popularité dans les recherches sur internet. En tous cas le premier épisode a été un joli succès d’audience.

Grand nouvelle pour les fans de K-pop, What’s up devrait enfin arriver sur le petit écran le 3 décembre sur MBN. Pour rappel, cette série située dans le monde de la musique (et dont les premiers trailers faisaient penser à Fame), n’avait pas réussi à trouver sa place sur la grille. L’explosion récente des chaines de télé a changé la donne.

Diffusé également au début du mois de décembre sur MBN (le 5 décembre) , Vampire Idol a un pitch complètement délirant : un jeune vampire veut devenir une star de la pop. Il s’agit d’une sitcom qui devrait faire plus de 100 épisodes. Les amateurs de No Min Woo (My girlfriend is a gumiho) vont être ravis.

Et si l’univers des sitcoms coréennes vous plait, voici You’re here, you’re here, you’re really here (Come, Come, Absolutely Come), débutant au même moment sur la même chaine pour un nombre d’épisodes impressionnant (120). L’histoire est celle de trois personnes (un jeune homme et deux jeunes  femmes) qui décident de vivre sous le même toit. L’objectif avoué est de s’inspirer de la sitcom américaine Friends. Une tentative d’américanisation qui sera intéressante à visionner. Mais pourquoi je vous en parle ? Parce qu’il y a la sublime actrice de Soulmate, Lee Soo Kyung, bien sûr. Elle était parfaite dans cette « fausse » sitcom.

Enfin, si vous ne voulez pas vous engager dans une longue sitcom, MBN a également pensé à vous, avec Bolder by the day, l’histoire d’une famille de militaires. La série ne devrait compter qu’une cinquantaine d’épisodes.

Je passe sur Heaven’s garden, qui nous parle de réconciliation familiale à la campagne. Prévue sur Channel A pour le mois de décembre, la série n’a pour l’instant pas grand chose pour elle.

Channel A devrait également nous proposer une vraie success story, celle de Lee Young Suk qui a commencé à vendre des légumes dans un petit magasin et qui possède plus d’une trentaine de magasins dans le monde aujourd’hui. Ca s’appelle Bachelor’s vegetable store (ou Veggie Store) et c’est prévu pour fin décembre, avec le duo Wang Ji Hye (insupportable dans Personal Taste mais parait-il géniale dans Protect the boss) et Ji Chang Wook (Warrior Baek Dong Soo). Autant dire que le casting suscite de l’intérêt. Mais au final j’espère qu’on va suivre l’ascension du jeune homme, pour éviter le cliché du prétentieux riche et arrogant.

Au rayon des projets de la chaine pour décembre, le retour d’Eugene (Wonderful life, Baker King) avec le drama Color of woman est finalement compromis, l’actrice ayant préféré s’occuper de sa sœur victime d’un grave accident. Le héros sera interprété par Jae Hee (Three Dads, One Mom), qui revient de son service militaire obligatoire. Signalons surtout qu’il s’agit d’un drama qui aura la chance d’avoir une vraie équipe de scénaristes. Fini le scénariste qui travaille seul. On espère fortement que cela aura un impact positif dans l’écriture de cette romance.

On attend toujours des nouvelles de Jeon Woo Chi, le drama inspiré du film du même nom. Probablement abandonné, mais j’ai pas lu de confirmation.

Le projet de Choi Ji Woo, Medical College, ne semble pas avancer non plus.

Évidemment parmi les projets qui enflamment le net figure en bonne place Full House 2. Non, vous ne rêvez pas, le drama qui est à l’origine de la vague coréenne va avoir une suite. Enfin… on nous promet une nouvelle histoire, un casting différent, donc vous pouvez voir à quel point le produit est bien labellisé. Mais un tel nom fait encore vendre malgré sa qualité assez déplorable par rapport aux standards d’aujourd’hui (abus de flashbacks, longueurs, répétitions). Néanmoins c’est quand même le drama qui aura connu de multiples clones pendant des années. C’est prévu pour être diffusé en Mars au Japon, mais le casting n’arrête pas de bouger. Je suis plus que dubitatif, vous l’aurez compris.

Enfin, signalons le projet de drama Speed pour CSTV, situé dans l’univers des courses automobiles, et qui devrait réunir 3 chanteuses du groupe Girls Generation (Yoona, Yuri et Soo young). Le réalisateur d’Iris serait partant.

Au final, qu’en retenir ? Pour ma part ça sera probablement Hanbando, Padam Padam, Wild Romance, Lights and shadow.

Harvest Villa

Voilà une vraie perle injustement méconnue au royaume des dramas coréens. Harvest Villa est un drama qui n’a pas été diffusé sur les chaînes classiques comme KBS, SBS ou MBC, mais sur TvN. Ce qui fait que le drama a été produit en intégralité avant sa diffusion, a contrario d’une majorité écrasante de dramas. On pourrait d’ailleurs longuement disserter sur les avantages et les inconvénients d’une telle production, disons simplement que ce qui frappe c’est que le drama apparaît cohérent dans son ensemble, et chose plutôt rare en Corée, extrêmement bien rythmé. Mieux : haletant.

Harvest Villa est arrivé à pic. Je recherchais quelque chose qui s’éloigne des comédies romantiques, histoire de varier les plaisirs. Il faut dire qu’il n’est pas facile de trouver des dramas coréens qui évitent de se centrer sur l’amour. On pourrait citer l’excellent Story of a man, ou le très sympathique Evasive Inquiry Agency. Et justement, en parlant de ce dernier, si vous l’avez vu, je suis sûr que vous ne pourrez pas vous empêcher de rapprocher son pitch avec celui d’Harvest Villa.

Ces deux fictions ont par exemple en commun de se focaliser sur des laissés-pour-compte, des habitants qui survivent dans un milieu urbain, loin de la richesse ou du tape à l’œil qui inonde les histoires habituelles.

Ainsi Harvest Villa est un immeuble décrépi, vieillot, sale, très mal entretenu, qui pourrait facilement tomber en ruine. Presque rongés par l’intérieur, ses logements sont à l’image de leurs propriétaires, qui cachent pour la plupart de lourds secrets, et des desseins malhonnêtes. Mais faisons un peu le tour des lieux…

Nous avons Park Tae Chon (Baek Yoon Shik, de l’excellent film Save the green planet), un gangster qui survit en jouant les détectives et en « réglant » les problèmes de ses clients. Dur et froid en apparence, il impose le respect et néglige sa femme, No Mae Ja qui semble lui cacher quelque chose. Leur fille Park Song Yi (Kang Byul), véritable garçon manqué, leur ment également : elle est tout sauf assidue en classe.

Kim Choo Ja est la concierge de l’immeuble, qui semble avoir un but particulier en plus de cacher ses relations du passé.

Autres occupants de l’immeuble : les frères Geun, qui travaillent dans l’achat et la revente de voitures d’occasions. Ils vont être les premiers à subir l’arrivée d’un nouvel habitant particulièrement gaffeur et héros de la série : Oh Bok Gyu.

Oh Bok Gyu (Shin Ha KyunSave the green planet) est un acteur qui survit dans des rôles de figurants. Sans famille depuis des années, il a renoncé à retrouver son père jusqu’au jour où il apprend son décès. Le père d’Oh Bok Gyu est en effet assassiné par trois mystérieuses personnes sur le toit d’Harvest Villa au tout début de la série, même si les conclusions initiales de l’enquête diront le contraire. Oh Bok Gyu hérite donc, par testament, de la Harvest Villa et conformément à ses instructions va devoir l’occuper.

Ce changement n’est pas le seul dans sa vie . Avant de déménager, il est tombé sous le charme de sa nouvelle voisine Yoon Seo Rin (la charmante Lee Bo Young), une ravissante jeune femme bien trop belle pour lui mais qu’il va essayer de conquérir au prix de multiples gaffes tout en éliminant son rival.

En dire plus serait criminel. Sachez cependant que les secrets des personnages vont vous surprendre. Auraient-ils tous quelque chose à se reprocher ? Que cache Harvest Villa ? La série accumule les rebondissements et les révélations rendent l’histoire particulièrement passionnante… et cohérente.

Le ton est pourtant franchement comique au départ de l’aventure. Les gaffes d’Oh Bok Gyu sont très drôles, et rappellent un peu l’esprit déjanté des comédies visuelles comme Can’t Live without robbery. Il faut dire aussi que l’acteur y met du sien, et est parfaitement à l’aise sur les terrains comiques et dramatiques. Mais il est parfaitement entouré. Kang Byul est irrésistible, et je crois que la scène de l’ascenseur en panne va rester longtemps dans mon top des meilleurs gags tous dramas confondus (épisode 9).

Ce mélange des genres est la grande force du drama, qui réussit à rendre son récit captivant, drôle, mystérieux, tout en le saupoudrant très légèrement d’éléments romantiques. Et encore, il faudra du temps avant qu’on ne prenne cette romance au sérieux, tant les scénaristes se sont amusés à  tourner en dérision les rapprochements des intéressés.

C’est sur le long terme que l’on comprend que ce pari d’équilibriste est en fait largement gagné. C’était osé de passer du second degré à l’émotion pure, du loufoque à l’humour noir. Bien sûr, on savait déjà que les coréens excellaient dans l’art de faire passer leurs séries de la comédie pure au drame absolu, mais Harvest Villa marque un tournant, car tout au long des épisodes des petites touches sont distillées de ci de là sans jamais perdre en crédibilité. Mieux encore, l’aspect comique permet de relâcher la vigilance du téléspectateur qui se mettait à suspecter tout le monde.

Du reste, si on fait le bilan, la série compte de nombreux cadavres, et la tension va crescendo. Pour tout dire je n’avais jamais ressenti autant de suspense dans un drama coréen. Même Story of a man, pourtant l’un des références coréennes, paraît insuffisamment rythmé en comparaison. Tout se tient, les rebondissements ne sont pas capillo-tractés, et aucun comportement des personnages n’apparaît aberrant. Ça bouge beaucoup, surtout que les 20 épisodes font 45 minutes chacun au lieu de plus d’une heure habituellement. Haletant, je vous dis.

Malheureusement, si la série mérites ses éloges pour l’ensemble de ses épisodes, elle m’a un peu déçu dans son quart d’heure final, bien trop précipité. Comme si les scénaristes, passionnés par leurs excellents rebondissements, s’étaient rendus compte de l’heure qui tournait. Il aurait fallu quelques minutes de plus pour développer le destin de ces personnages, et reconstruire ce qu’ils ont bâti pendant si longtemps. Dommage, mais au regard du plaisir donné pendant tant d’épisodes, c’est presque du chipotage.

Je dois dire aussi que j’ai beaucoup aimé ces personnages. J’insiste, car c’est important. Au delà de l’affection que je peux avoir pour le héros, son coup de cœur, ou la fille du gangster, ce qui m’a sauté aux yeux c’est qu’aucun personnage n’est larmoyant. Alors que n’importe quel autre drama coréen s’apitoierait des heures sur chaque évènement dramatique, la série continue d’enfoncer la pédale d’accélération. Du coup, en se rapprochant (très) légèrement des séries américaines, les personnages existent davantage dans l’action que dans la mise en scène de leur ressenti. Ils sont pourtant émouvants, bien définis, complexes (pour certains), et malgré leurs côtés sombres, on ne peut s’empêcher de vibrer pour eux. La preuve que ce drama est un petit bijou d’écriture.

Quelques défauts gâchent la fête. Outre la fin un rien bâclée, j’ai eu du mal à supporter la redondance musicale. Le même thème est en effet utilisé en long en large et en travers à chaque évènement important, au point, parfois, de me gâcher le moment. De l’allergie, sans doute. Mais il aurait suffi de quelques variantes pour que je ne devienne pas tout rouge. Rien de grave, mais avouez que c’est bête quand même… D’autant que les scènes comiques pour le coup, sont plus entrainantes (l’air russe, ou l’usage de l’accordéon).

Malgré ces défauts, vous l’aurez compris, la série est tout simplement immanquable. Alors oui, il n’y a pas beaucoup d’acteurs connus en dehors de l’acteur principal, mais vous ne trouverez pas de sitôt un mélange aussi détonnant, passionnant, mystérieux, haletant et drôle. Plus qu’un coup de cœur, il s’impose comme une nouvelle référence. Dans le top 5. Oui, carrément.