Salem [Pilote]

Salem

Encore une série sur la sorcellerie ? WGN America tente de nous en mettre plein la vue, au lieu de construire son récit de manière efficace.

Le pitch avait pourtant de quoi attiser la curiosité : de retour dans la ville puritaine de Salem après avoir passé 7 ans à se battre contre les indiens, John (Shane West, Urgences) retrouve sa petite amie de l’époque (Janet Montgomery, Dancing on the Edge) , qui est secrètement devenue sorcière. Cette dernière n’a qu’un objectif : retourner les habitants les uns contre les autres…

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Hélas, au lieu de procès qui amèneraient une réflexion sur la peur, les auteurs ont choisi de renforcer leurs effets spéciaux. Le spectacle tourne alors à l’outrance, avec des cris toutes les minutes, des flashs imbuvables, et des textes déclamés, surjoués. N’y cherchez pas une once d’originalité, d’ailleurs. La seule bonne idée était d’évoquer la sorcière de manière érotisée, opposée au puritanisme ambiant. Mais la mise en scène minimaliste dégrade sensiblement le propos…

shane west salem

Et surtout, il reste la question de l’attachement aux personnages. Et là, il y a encore du boulot. Notre héros trouve d’abord un angle sympathique lorsqu’il se moque des croyances des puritains, des cas de filles possédées… Mais dès le pilote on le confronte à la « réalité » : le fantastique n’est plus tapi dans l’ombre. Il est là, réduisant à néant toute subtilité, tout mystère. L’histoire d’amour entre notre héros et notre jeune femme devenue sorcière est déjà mal écrite depuis le début. Au lieu de nous expliquer cette romance, on nous l’impose (un cas typique de ce qui peut m’agacer dans certaines séries américaines). Tout cela sonne beaucoup trop artificiel pour soulever la moindre émotion.

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C’est d’autant plus dommage que j’avais plaisir à revoir Xander Berkeley (Nikita). Mais avec Brannon Braga, scénariste de 24, aux commandes, il y avait peu de chances d’arriver à quelque chose de bien construit, de cohérent et d’émouvant.

A quand une série fantastique sur la sorcellerie qui privilégie enfin la richesse de sa thématique au lieu des sempiternels effets spéciaux ?

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Nikita saison 1

Nikita aura été la bonne surprise de cette saison. Cette série créée par Craig Silverstein a largement été sous-estimée. Pensez donc, une série d’action… sur la CW ? Et pourtant Nikita est la parfaite démonstration qu’avec peu de moyens mais beaucoup d’idées, on peut tout à fait concevoir une série qui non seulement tient la route, mais tient la dragée haute à une écrasante majorité de shows du même type. Mieux encore, en regardant Nikita, j’ai eu le sentiment de retourner quelques années en arrière, où le divertissement était constitué de personnages charismatiques, de rebondissements spectaculaires et de montée en puissance graduelle tout en ayant une vraie cohérence. Il était temps qu’on comprenne que le suspense ne vient pas de l’échelle des catastrophes (bombe nucléaire, fin du monde, aliens, ou hommes du futur), mais bien de savoir rythmer ses intrigues en ne faisant pas des personnages de vulgaires pions qui cachent d’autres pions qui cachent d’autres pions… (Toute référence à d’autres shows télévisés … hum…)

La série s’inspire très librement du film originel et de la série la femme Nikita. Maggie Q incarne le rôle-titre, un agent assassin extrêmement talentueux recrutée et embrigadée par la Division, une organisation secrète qui se salit les mains à la place du gouvernement… ou de toute autre interlocuteur ayant besoin de leurs services. Lorsque l’homme qu’elle aime est assassiné, elle comprend que la Division est prête à tout pour sa survie, et elle décide de la combattre.

Mais on attaque pas un tel ennemi sans préparation, et Nikita trouve en la jeune Alex (Lyndsy Fonseca) une alliée de choix. Alex se fait recruter par la Division pour mieux l’infiltrer et renseigner Nikita sur ses moindres mouvements. Gagner la confiance, faire ses preuves, ne pas se faire prendre, aider Nikita autant que possible en étant inventive et surtout, ne pas se faire manipuler.  Vaste programme.

A la tête de la Division se trouve Percy (Xander Berkeley), un homme retord et intelligent qui protège ses propres intérêts. Son second, Michael (Shane West), a rejoint la Division pour des motifs que l’on apprendra plus tard. Cet ex-marine est en fait l’entraineur de Nikita, et désormais il la pourchasse impitoyablement. Pour cela, il va utiliser les jeunes recrues, entrainées notamment par des spécialistes comme Amanda (l’excellente Melinda Clarke), maître en manipulation, et Birkhoff, génie informatique. Un jeu du chat et de la souris ? Pas vraiment, car chaque personnage a son propre but. Et parfois, gagner une bataille peut faire perdre la guerre. Chacun cherche donc à protéger ses intérêts, et la série ne verse pas dans un manichéisme excessif grâce à des personnages plus complexes qu’il n’y paraît.

Faire le bilan de cette saison sans en aborder les multiples tournants est particulièrement difficile. Sachez néanmoins que la série ne s’endort pas sur ses lauriers, et contrairement à ce qu’on pourrait s’attendre, ne va pas se contenter du schéma une mission/un épisode. C’est la grande force de la série, comme je l’ai déjà dit en introduction : on comprend au bout de quelques épisodes qu’on peut s’attendre à tout, les lignes bougent constamment, les multiples révélations approfondissent les personnages, et finalement on arrive à s’attacher à ces personnages alors que ce n’était pas gagné.

Côté spectacle, le show arrive parfaitement à alterner quelques séquences sexy avec un ton particulièrement noir. Il n’y a pas de place pour le second degré, et malgré le manque de moyens, ça fonctionne parfaitement. Pas d’esbroufe, l’action est bien filmée, c’est propre et efficace. Le sang ne nous est pas épargné, les balles non plus. Chose appréciable,les héroïnes ne se sortent pas trop facilement des situations. Il n’y a pas que les armes qui parlent, mais un peu de jugeote, et de stratégie aussi. Ça n’empêche pas la série d’user de quelques ficelles, mais au regard du rythme intense des aventures, on ferme assez rapidement les yeux.

Je n’oublie pas les acteurs, qui font plutôt bien leur boulot. Maggie Q est parfaite pour ce rôle, pas de surprises. Elle incarne une femme d’action réfléchie, déterminée, mais sensible à la détresse des autres. Et Lyndsy Fonseca est la révélation. On aurait pu croire que son statut de jeunette l’empêcherait de jouer des scènes dures, que nenni. Elle assure le spectacle en se montrant à la fois forte et émouvante. Elle est sans contestation possible l’un des atouts de la série. Le cas de Shane West est par contre plus difficile, il n’a pas une énorme palette de jeu, mais il reste crédible et c’est l’essentiel. Enfin, il ne faut pas oublier Melinda Clarke. Elle est décidément très à l’aise dans le rôle d’une froide manipulatrice.

Bref, la série se prend au sérieux, et elle réussit à l’être. Efficace, passionnante, surprenante, jouissive même par moments si on aime l’action, elle est tout ce que je demande à un divertissement : être capable de surpasser mes attentes en permanence. La fin de saison est un véritable petit travail d’orfèvre, et je n’ai qu’une envie, celle de voir la suite.

[Pilote US] Nikita

J’avoue que lorsque j’ai entendu parler d’un énième remake de Nikita à la télé, je n’étais pas intéressé plus que ça par le projet. Mais avec Maggie Q dans le rôle-titre, les choses ont changé. Comme je l’ai déjà dit dans ma liste d’attente pour la rentrée, une série d’action sexy avec Maggie Q (Naked Weapon), je signe au moins pour le pilote. Alors qu’en est-il ?

Première bonne surprise, l’affreux trailer au montage rempli de ralentis ne correspond pas au pilote. Les scènes d’action sont plutôt bien réalisées (sans être extraordinaires). C’était le point qui me faisait le plus peur, parce que la série se doit d’être convaincante dans son domaine. Ce n’est pas trop édulcoré, non plus, au point de faire disparaître tout impact des scènes. Non, vraiment, ça fonctionne vu le budget.

Deuxième bon point, Maggie Q est bien utilisée. Je n’avais à vrai dire pas de doute sur sa faculté à endosser le rôle. Mais j’avais peur que la réalisation bâcle son charisme à l’écran. Il y a de l’inspiration et de la copie de nombreux classiques d’action pour la mettre en scène (notamment sur la caméra qui remonte sur ses jambes) mais l’essentiel c’est qu’on y croit.

Les autres bonnes surprises viennent du casting. Shane West (Once and Again), Xander Berkeley (24), Melinda Clark (The OC), chacun est à sa place. J’ai eu plus de mal avec les jeunes recrues de la Division, CW oblige, mais la jolie Lindsy Fonseca (la fille de Ted Mosby dans How i met your mother) s’en sort plutot bien.

Non, vraiment, jusque là j’étais plutôt content. L’ambiance est bonne du fait d’une réalisation correcte, le rythme est bon. J’ai eu quelques moments de doute avec l’introduction (a-t-on besoin de voix off pour expliquer la vie d’un personnage ?), mais ça s’est vite réglé. Le problème c’est que ça se suit sans qu’il n’y ait de réel rebondissement. C’est très prévisible, et ça s’oublie aussitôt. On devine très vite les liens cachés entre les personnages. Il y a quand même eu un effort pour nous donner une fausse piste, mais je n’y ai jamais cru. Il aurait fallu en donner un peu plus, et surtout ne pas faire de révélation à la fin pour vraiment donner un peu de mystère et donc l’envie de revenir.

Il faudra voir si la série est capable de lancer des intrigues un peu plus tarabiscotées. Parce qu’en dehors de ça, c’est très correct. Moi en tous cas je continue, pour le thème et pour le casting. Et peut-être aussi, parce que j’ai envie d’y croire.

[Classement de mes attentes pour la rentrée américaine] 16 – Nikita (CW)

Oui, je l’avoue, Nikita part sur de très mauvaises bases : c’est un remake, c’est une série pour la CW, le trailer est calamiteux et la mise en scène fait froid dans le dos. Mais quand bien même, si un jour vous avez regardé le film Naked Weapon, vous avez forcément succombé à la plastique ravageuse d’une espionne de choc : Maggie Q. Oui, la même. Et si la série pouvait se rapprocher d’un So Close, avec ou sans Shu Qi, ça serait très bien. En l’état il faudra se contenter d’un énième remake, avec Shane West (Once and Again).

Une série d’action sexy avec une actrice asiatique, c’est suffisant pour me vendre au moins le pilote. Oui, je suis faible, et alors ?