Bilan de la saison automnale 2010 (USA)

J’ai un peu hésité avant de me lancer dans la rédaction de cet article, car par rapport à mon dernier bilan automnal (2009), j’ai un peu changé ma façon de faire. Je rédige chaque semaine un bilan de mes visionnages américains, ce qui fait qu’il est plus facile de lire mes impressions. En clair, j’ai un peu peur de faire redite, mais dans le même temps je ne voulais pas déroger à l’exercice.

Si globalement cette saison automnale (septembre à décembre 2010) est très morose, c’est en grande partie parce que les nouveautés n’ont pas du tout été à la hauteur.

Il y a bien sûr celles dont je n’attendais rien, et qui ne constituent donc pas une déception, comme Hellcats une série de cheerleader ni drôle ni sexy, Shit my dad says, une sitcom à base de répliques sans théâtralisation ni gestuelle adéquate, ou Mike et Molly, comédie lourdingue sur une romance sans romance.

Je cherchais un peu de fraicheur pour cette rentrée. J’ai déchanté quand j’ai vu le ratage que constitue No Ordinary Family. Un bon sujet, un bon cast, tout ça pour des effets spéciaux ? Outsourced, une sitcom qui devait travailler sur les différences culturelles entre les USA et l’Inde finit par être grossière, réductrice. Bref de quoi pleurer devant un aussi bon potentiel gâché. Autre idée ruinée, My generation, qui devait raconter le destin de lycéens 10 ans plus tard. Mais l’évolution est caricaturale et l’histoire ne sert que de prétexte à l’utilisation de clichés soap de mauvais goût, tandis que le montage achève toute envie de voir la suite. Et je passe sous silence les mauvais acteurs.

Lone Star, utilisant un vieux concept d’escroquerie, aurait pu être intéressante, car elle avait su développer une véritable émotion. Mais le couperet fatidique est tombé bien trop tôt.

Inutile de se tourner vers une énième série policière pour noyer son chagrin : Detroit 1-8-7 est juste un énième amassis de clichés du genre, le tout servi par des personnages apathiques ou insupportables.

Faire du conventionnel a ses limites, et elles sont malheureusement très vite atteintes. Beaucoup de séries sentent le pré-mâché, une fois l’effet de découverte passé. J’insiste, ce n’est pas un problème de format mais bien de capacité à dire quelque chose d’intéressant sur le long terme. Beaucoup critiquent l’omniprésence du non feuilletonnant à la télé, mais ce n’est qu’une partie du problème.

Prenons The Event par exemple. Alors que je ne tarissais pas d’éloges sur le pilote, déroutant, rafraichissant, je me suis vite rendu compte que j’avais affaire à du sous-24 feuilletonnant (pour moi qui ait toujours eu du mal avec 24, croyez moi c’est pas un compliment). D’ailleurs je ne pense pas reprendre à la mi-saison.

Autre exemple : Hawaï 5-0, qui m’avait beaucoup plu à ses débuts. Je pensais enfin revoir une certaine forme de duos d’action un rien blagueurs, et ressentir à nouveau les effluves des années 80. J’ai progressivement déchanté, puisque l’humour s’est dissout au profit des rebondissements de l’enquête. Je pensais me rabattre sur les personnages, mais au vu du background développé pour chacun des protagonistes je suis allé de désillusions en désillusions. Et la lassitude s’est installée.

Un autre exemple ? Undercovers. Blockbuster sans enjeu, sans âme. Un ressucé d’Alias sans le charisme de ses interprètes.

Ce fut une autre leçon de la rentrée. Ne pas s’appuyer sur des ténors qui ne savent pas se renouveler. Running Wilde en est l’illustration parfaite. Le concept d’Hurwitz est si cloisonné qu’on finit par détester ces personnages qui vivent sur une autre planète. L’effet rebours de la crise, peut-être.

Fallait-il pour autant se tourner vers le câble pour trouver des nouveautés enthousiasmantes ? C’est récurrent chez moi, j’ai beaucoup de mal à m’attacher sur le long terme à des séries de HBO. Prenez The Boardwalk Empire : un concentré de savoir-faire, de moyens, pour un résultat soporifique en terme de narration. Non, le cinéma ne fait pas tout. Alors que certains rêvent d’une meilleure réalisation (cinématographique,donc), moi je rêve de meilleurs scénarios. Je rêve d’émotions, de rythme, pas d’une scène clé tous les 3 épisodes.

Un problème de format ? Si je ne veux pas d’un cinéma « étiré » sur de multiples épisodes, je ne veux pas non plus que le support télévision soit à ce point si mal compris. Avait-on, au fond, besoin d’adapter un comic à la télé par un réalisateur de cinéma ? The Walking Dead n’a pas su développer ses personnages, encore moins trouver son ton.

Alors quelles furent les nouveautés valables de cette rentrée ? S’il y a bien un point positif dans l’histoire, c’est qu’il y a toujours un effet surprise lors d’une rentrée de seriephile. C’est du côté des comédies qu’il faut s’orienter. Je mets volontairement de côté le cas de Rubicon, qui a commencé cet été, mais qui reste une vraie réussite, sans oublier Men of a certain age qui vient de reprendre mais qui mérite aussi beaucoup d’éloges.

La grande gagnante est… Raising Hope. Je pensais que le créateur de My Name is Earl, série comique très réussie mais qui s’était essoufflée, n’arriverait pas à se renouveler. J’avais tort. Raising Hope est encore plus drôle, et contrairement à son prédécesseur, vraiment attachante. Au programme, toujours un mélange d’humour trash et de satire sociale. Irrésistible !

Et puis il y a également une série, certes pas extraordinaire de prime abord, mais qui a fait son chemin, petit à petit, pour me convaincre. Better With you réunit également un cast sensationnel, et même si ses mécaniques de jeu sont conventionnelles, ça fonctionne très bien, et je me suis attaché à ces personnages. Preuve que la sitcom n’est pas morte.

Enfin, sur le podium, qui l’eut cru, une série de la CW. Si avec ça je perds pas toute crédibilité… Et pourtant, Nikita est une série dramatique qui a su développer ses personnages en même temps qu’elle nous a donné notre lot de rebondissements et d’action bien calibrée. Voilà un exemple de divertissement qui me remémore un peu ce qu’on savait faire dans les années 90. Pas prétentieuse comme une série du câble, pas ratée comme The Event, Nikita a su construire peu à peu tout ce que j’attendais d’elle. (Et puis j’ai découvert Lyndsy Fonseca, en plus).

Voilà donc pour les nouveautés, au final peu satisfaisantes. On aurait pu penser que les séries habituelles allaient compenser ce manque. Eh bien non. Je vais essayer de classer les séries du pire au meilleur, même si je n’aime pas particulièrement cet exercice…

Commençons d’emblée par la plus grosse désillusion de cette saison automnale : la saison 5 de Dexter. Alors qu’elle devait être celle du renouveau, elle a été celle qui a ridiculisé la série. Dexter se sort tous les 2 épisodes de situations inextricables avec la complicité de scénaristes qui transforment les personnages au gré des besoins. Autant dire que le suspense est mort, un choix d’autant plus affirmé que la seule possibilité d’évolution nous revient violemment dans la figure à la fin de la saison.

Autre déception, celle de ce début de saison 2 de Community. J’avais misé beaucoup d’espoir en elle, étant donné que j’avais finalement été conquis par la fin de la première saison lors d’un rattrapage. Mais cette fois c’est la bonne, j’arrête les frais. A part un épisode d’Halloween très drôle car parodique, le reste est dans une médiocrité affligeante. J’attendais de l’humour, pas une débauche de créativité qui ne fait même pas sourire. Et puis le développement des personnages est toujours aussi incohérent.

J’ai également été déçu par la 7ème rentrée de Grey’s anatomy. D’abord tristounette (compréhensible vu les évènements), elle n’a pas su me ré-attacher à ses personnages. Je voulais une évolution, pas une révolution. Rendez-moi Christina ! En plus, de trop vieilles ficelles ont été utilisées, ça sent un manque flagrant d’imagination. J’espère un revirement pour la suite et des personnages mieux exploités (j’étais si content de l’arrivée d’April).

Modern Family a également eu un démarrage très difficile, avec une perte sensible d’inspiration, un manque d’enchaînement dans les gags. (Le côté apocalyptique, où tous les évènements concordent à une grande catastrophe, ça me manque). Ils ont même réussi à me rendre Claire détestable. Heureusement quelques bons épisodes ont su relever le niveau.

How i met your mother m’a beaucoup surpris. Je voulais arrêter la série l’année dernière, mais la présence de Jennifer Morrison m’en a dissuadé. Alors certes, il y a beaucoup de déchets dans les gags, mais je me suis surpris à aimer à nouveau la série. Ce n’est pas du à l’actrice (même si j’aurai aimé le lui accorder), mais plutôt à quelques (très) bons épisodes disséminés ça et là. Je n’avais pas ri depuis très longtemps dans la série. Espérons que ce soit de bonne augure pour la suite.

Ça me fait mal de le dire, mais Chuck m’a beaucoup déçu. Le renouvellement de scénaristes a finalement été préjudiciable au ton de la série, qui est devenue trop comique, au point d’être en parodie permanente, rendant certaines scènes entre Chuck et Sarah complètement surréalistes au lieu d’être émouvantes. Malgré un foisonnement de guests, la série a eu du mal à redevenir palpitante. Et il faut bien le dire, à deux fois je me suis exclamé : « tout ça pour ça ! ». Signe que la série a l’air d’être en roue libre. Je ne perds pas espoir cependant, puisque la début de la saison 3 avait aussi été un peu laborieux. Et puis il reste Yvonne. (Non ma chérie, pas taper !).

Je commence à me lasser de The Mentalist. J’ai trouvé que les loners n’étaient pas particulièrement bien écrits (sauf l’épisode 7). Mais bizarrement, alors que je n’étais pas passionné par le fil rouge sur Red John, j’ai à deux fois trouvé le récit palpitant. Au final la série reste sympathique mais bien en deçà de ses saisons précédentes.

Quant à Life Unexpected, qui devrait s’achever prochainement, j’ai cru à un moment l’avoir perdue. En effet, ça avait très mal commencé, avec une surabondance de clichés soap. Ce n’est qu’en fin de saison que la série m’a à nouveau convaincu. Les personnages étaient à nouveau exploités, en s’assurant de leur cohérence psychologique, et les derniers épisodes m’ont beaucoup ému. C’est vraiment dommage, je me suis rabiboché avec la série juste au moment où son annulation a été annoncée.

Pour Parenthood ce fut l’effet inverse. Alors que j’ai apprécié son retour, j’ai malheureusement déchanté par la suite. La surexposition de Crosby m’a finalement beaucoup ennuyé. Tout comme celle de l’arrivée de Baldwin (insupportable). Mais en fait c’est l’ensemble des histoires qui m’a déplu. Mis à part certaines scènes de Julia, ce n’était pas très passionnant. J’attendais peut-être aussi davantage des enfants de Sarah. Si les personnages restent attachants, il faut quand même leur donner un discours un peu plus intéressant sur la parentalité.

The Good Wife, qui ne m’avait pas encore déçu jusque là, a eu également son lot de loupés. Certes, deux épisodes, ce n’est pas grand chose, mais quand même.  D’une manière générale, j’ai également trouvé que les implications politiques étaient en deçà de mes attentes. Restent donc les cas juridiques, toujours aussi captivants même s’il y a moins d’efforts sur la forme. Le point positif, c’est que j’ai enfin pu apprécier Panjabi. Je reste confiant, j’ai vraiment l’impression qu’on aura à nouveau cet effet puzzle en fin de saison.

The Big Bang Theory aura beau été moins constant que la saison passée, j’ai quand même passé d’excellents moments. Je sais que la présence de nouveaux personnages féminins fait débat, donc je ne rentrerai pas (trop) dans ce jeu. Il est certain que les meilleurs moments ne proviennent pas de cet ajout au cast, mais dans le même temps c’est le prix à payer pour éviter la saturation et l’épuisement des ressorts comiques des personnages principaux.

Enfin, j’ai vraiment aimé ce début de septième saison de House. C’était pas gagné, puisque la nouvelle dynamique était surprenante. Difficile de s’y habituer ? Pas tant que ça, puisque c’est fait avec suffisamment d’intelligence pour poser les problèmes au fur et à mesure. Maintenant, pour que cela tienne sur le long terme, c’est un autre défi, et les derniers épisodes me rendent assez pessimistes. Mais plus encore que cette nouvelle relation, j’ai vraiment adoré l’arrivée d’Amber Tamblyn. Son personnage est particulièrement bien pensé et donne beaucoup de fraîcheur au show. Quelle dommage de ne pas pouvoir la conserver et de vouloir faire revenir Thirteen !

De la morale dans les séries (1ère partie)

Commençons cet article par un petit coup de gueule.

Car oui j’ai envie de fustiger les récentes campagnes publicitaires de Canal +. Celle de The Pacific m’a pour ainsi dire retourné l’estomac. Je ne suis pas le seul.

« Vous n’en reviendrez pas. Eux non plus ». Trop fun, une série sur la guerre où ils vont tous mourir. Est-ce vraiment cela qu’il faut retenir de la série? Est-ce vraiment cela que l’on veut donner comme message, premièrement vis à vis de la boucherie humaine qu’a constitué la guerre dans le Pacifique, et deuxièmement vis à vis d’une série traitant du sujet ? L’argument de l’humour ou du second degré a bon dos. C’est une fiction historique, traitant de la vie de soldats qui ont donné leur vie pour libérer le monde, et de soldats qui sont morts pour une mauvaise cause. Le moins qu’on puisse faire, c’est de respecter leur honneur, et de ne pas rire de leurs morts. Mais comme il s’agit de soldats américains et japonais, personne ne monte au créneau dans la presse. Imaginez une fiction traitant des héros de la résistance ou des guerres d’indépendance, avec le même sous-titre. Je suis sûr que cela aurait déclenché les foudres de cette même presse. La vie, c’est sacré. Même dans une fiction. Même sur la chaîne Canal plus, où la ligne éditoriale est tellement préoccupée par l’esprit subversif et provocateur qu’elle en oublie parfois l’essentiel. (Oui j’ai envie d’être dur).

C’est encore en regardant la promo de Canal + concernant Mad Men que j’avais envie de réagir. Si vous ne l’avez pas vue, elle consiste en la phrase suivante : « La morale de cette série c’est qu’il n’y en a aucune ».

Et c’est là que je m’interroge. Pour vendre une série, maintenant, il faut qu’elle soit amorale ? C’est la première qualité d’une série ?

C’est pas tant la présence de comportements déviants  qui me dérange (je suis pas là pour parler de censure, bien au contraire), c’est plutôt qu’elle est devenue un argument commercial auquel peu de gens pensent à répondre. Enfin, si, mais là c’est une très mauvaise critique qui d’une part ne connait pas son sujet et qui d’autre part met tout  dans le même panier. Quitte à faire de l’analyse, voilà un article bien plus intéressant. L’amoralité est devenue un phénomène publicitaire. Je me garderai bien de contester les arguments sur le fond ou la forme de Mad Men, étant donné que je ne l’ai pas vue.

Quoi ? Je vais parler de moralité et d’éthique sans parler de Mad Men ? Eh oui, vous pouvez d’ors et déjà zapper le reste de l’article.

Non, sérieusement, j’insiste, ce qui m’intéresse n’est pas tellement de savoir si Mad Men est une série morale parce qu’elle met en scène l’amoralité, ou si c’est une coquille creuse destinée à assouvir les penchants de bobos inconsciemment frustrés par leur présent et de féministes plus avant-gardistes que l’époque représentée.

Mon but, c’est a minima de provoquer un electrochoc, de susciter une reflexion. Pourquoi la télévision cherche-t-elle à aborder ces sujets, est-ce de la provocation, y a-t-il du voyeurisme ? Quel est l’intérêt créatif derrière tout ceci ? Et n’y a-t-il pas une certaine hypocrisie scénaristique aussi ?

  • En ce qui concerne l’hypocrisie scénaristique

Prenons l’exemple de Dexter dont le comportement amoral nous est vendu à travers d’innombrables campagnes publicitaires. Mais qu’a-t-il fait et qu’est devenu ce personnage ? Son amoralité se limite à tuer des meurtriers. Au pays de la peine capitale.  Il n’est pas un anti-héros comme on veut nous le faire croire, il est le héros d’une majorité de la population qui se prononce toujours en faveur de la peine de mort. Dexter est le justicier masqué (pas étonnant d’ailleurs qu’à un moment donné on parle de comic-book). La série sait d’ailleurs très mal développer la psychologie de son personnage principal, se bornant à le limiter à un traumatisme dans son enfance et à un code de conduite. En fait, on nous présente ce serial-killer comme une victime. Car il faut créer du suspense dans une série : va-t-il ou non se faire prendre ? Mais quand un innocent découvre la vérité, le hasard arrange bien les choses pour qu’il ne meure pas de la main de Dexter. Voilà d’ailleurs ce qui explique mon extrême frustration lors de la saison précédente lorsque Dexter tue par erreur un innocent, et qu’aucun développement ne s’en est suivi. C’était pourtant une occasion en or pour trancher une bonne fois pour toutes entre cette amoralité superficielle, publicitaire (oh super, il y a plein de sang ! il découpe des corps aussi !), et cette moralité sous-jacente (bien fait pour ces meurtriers !).

Mais si je critique cette hypocrisie du positionnement moral, je dois aussi avouer que parfois, l’amoralité, quand elle est bien traitée, peut participer à donner de belles séries. The Shield, a mieux réussi cette intégration du concept d’anti-héros. Parce qu’il a su décentrer un peu son propos vers le contexte sociopolitique. Vic Mackey est une ordure qui doit assumer ses actes, et dont tous ses actes lui sont rappelés sans cesse. C’est une ordure qui a grandi dans un environnement amoral, mais on ne lui donne pas d’excuses. On essaye pas de nous dire : « mais de toutes façons il vise que les méchants ». Et ce, dès le premier épisode qui est magistral . Pour autant il faut bien se garder de déformer son propos. Si elle traite de l’amoralité de ses personnages, la série réinjecte de la moralité régulièrement (via les enquêtes de police). C’est une série foncièrement ambivalente, mais pas hypocrite.

Et ce n’est pas parce qu’elle traite de l’amoralité qu’elle est qualitativement supérieure au reste de la production télévisuelle. C’est surtout parce qu’elle est très bien écrite (chaque évènement a sa conséquence), qu’elle est très bien réalisée (la réalisation est un modèle du genre), et très bien interprétée (citez moi de mauvais acteurs dans The Shield, tiens, juste pour voir). C’est vraiment quelque chose qui m’énerve, le fait de faire croire que parce qu’une série est amorale, elle est forcément au-dessus de la moyenne des autres séries. C’est même un discours dangereux, qui mène à une certaine médiocrité créative.

  • En ce qui concerne l’intérêt créatif

Quand True Blood multiplie les scènes de sexe, quand HBO dit s’intéresser à une série dans l’univers du porno, on pourrait au moins se demander si la sur-représentation du sexe à la télé amène à une quelconque réflexion, à une émotion, à quelque chose quoi. Les fans de True Blood pourraient-ils me justifier ces scènes ? Je vais faire un parallèle osé. Pour moi, c’est comme la tendance actuelle de mettre des effets spéciaux partout au détriment du développement psychologique des personnages. Le sexe, c’est visuel, les effets spéciaux de type destruction, c’est visuel. C’est destiné à assouvir les pulsions et l’angoisse de destruction en chacun de nous (ne dit on pas parfois que l’acte sexuel est une façon de lutter contre l’angoisse de la mort ?). Et je peux d’autant plus en parler que je regarde beaucoup de films d’action asiatiques.

C’est donc très basique, ça repose sur des instincts primaires. Et c’est peut-être aussi pour ça que ça marche. Et d’ailleurs je suis convaincu que le public visé n’est plus seulement l’adulte, mais aussi l’adolescent en manque de sensations. Sans verser dans une critique conservatrice pronant la censure (ce que je refuse formellement, c’est une fiction pour adultes, le problème c’est son accès), c’est tout de même un peu inquiétant, vu que l’adolescent est de nos jours confronté de plus en plus tôt à la (mauvaise) pornographie, et finit par confondre réalité et fantasme. Mais j’y reviendrai peut-être. C’est fou comme ce sujet est large et mérite des développements.

  • Le choc des mondes, le choc des codes moraux

Pour mieux comprendre, rien de tel qu’un petit choc culturel. Ladytelephagy l’a souligné récemment. Les dramas coréens sont diffusés, doublés (eh oui ! pas de sous-titres!), dans les pays arabes. Preuve s’il en est d’une certaine popularité dans les valeurs transmises par ce type de fiction. Si vous suivez un tant soit peu ce domaine, vous n’avez pas pu vous empêcher de remarquer la pudibonderie qui règne dans les relations amoureuses : quelques bisous, très peu de sexe.

L’émotion et le développement psychologique vont de pair. C’est une évidence, et pourtant, on dirait que les américains ont perdu cette notion. Les comédies romantiques actuelles (et la plupart des séries américaines) ne développent plus assez leurs personnages, on se contente de montrer deux êtres qui finissent pas s’embrasser et coucher, dans la foulée. Passez maintenant aux séries asiatiques. Vous y verrez l’intérieur du coeur des personnages. Tous ces sentiments contradictoires qui naissent à l’aurore d’une liaison amoureuse. Tous ces doutes, ces refus inconscients, mais aussi le besoin d’être protégé, la jalousie, la peur, la timidité… et tant d’autres. Ce n’est pas pour rien que plusieurs séries tentent d’ailleurs d’expliquer ce qu’est l’amour et ce qu’il n’est pas, avec parfois des propos plein de sagesse voire philosophiques (Someday et Alone in love y arrivent très bien). De plus, il y a un vrai lien avec le passé des personnages, expliquant parfaitement l’origine de leurs handicaps sentimentaux ou de leurs comportements dans ces domaines.

Ce qui importe n’est pas de montrer ce que le couple va faire, mais de donner de l’émotion à ce qu’ils vont faire. Le premier baiser est souvent très attendu dans les séries asiatiques. Parce qu’il signifie quelque chose.Quand je lis sur Twitter qu’une personne qui jusque là détestait les comédies romantiques se met à apprécier la romance dans les séries asiatiques et leur côté « naïf » (non je ne donnerai pas de nom, la personne peut se dénoncer si elle le veut 😉 ), peut-être que l’explication vient de là.

C’est là que je reviens à ces codes moraux totalement différents aux USA. Le baiser, comme les scènes de sexe ne signifient plus rien là-bas. Elles sont mises en scène pour créer artificiellement un couple (voilà pourquoi c’est devenu si ennuyeux). Comme si un couple ne se définissait que par ça. Et pourtant, on peut croire à un couple sans montrer la montée du désir. Je vais rapporter une anecdote ici (la personne concernée s’en rappellera peut-être). J’ai montré la génialissime comédie romantique coréenne My Sassy Girl à des amies. Ce n’est qu’à la fin dudit film que j’ai entendu l’une d’entre elles s’exclamer : « mais ils ne s’embrassent même pas ». Je ne l’avais même pas remarqué. Pour moi l’important c’était de savoir ce qui se passait dans leurs cœurs, pas ce qu’ils en faisaient. On ne doute pas à un seul moment que le couple formé brûle d’amour, si vous me passez l’expression. Alors à quoi bon rajouter un baiser ? A quo cela aurait servi ? A l’inverse, est ce qu’une certaine pudeur ne permettrait pas de mieux raconter l’essentiel ?

Certes, les choses évoluent au pays du matin calme, mais là aussi, on ne montre pas du sexe pour le sexe, on perçoit de plus en plus la montée du désir dans les fictions. (là encore, c’est le comportement du personnage qui crée l’émotion). Dans Coffee Prince, par exemple, c’est très parlant, et très émouvant, sans que les corps ne soient exhibés.

Voilà, c’est tout pour cette première partie. La prochaine fois on parlera probablement d’éthique, avec un plus long développement sur l’éthique médicale dans les séries.

Bilan de la saison automnale 2009 (USA)

Cela fait maintenant quelques années que les saisons télévisuelles américaines sont moins percutantes, apportant de moins en moins de nouveautés réussies. La grève des scénaristes n’a fait qu’accentuer cela. Beaucoup de discussions sur le Net tournent autour de la fin d’un âge d’or, c’est à dire la fin d’une création foisonnante qui amenait des séries cultes sur le petit écran.

Alors à chaque début de saison je me surprend à rêver de nouvelles trouvailles, de nouveaux joyaux propres à réveiller la flamme d’un passionné. Cette année encore j’avais de sérieux doutes en lisant les résumés de ces nouvelles séries.

L’heure du bilan a sonné. Je vous propose un petit tour d’horizon rapide de ce que j’ai vu.

La sitcom Community ne m’aura tenu en haleine que le temps d’une poignée d’épisodes. Malgré un cast sympathique, la série est prévisible, moralisatrice alors qu’elle tente des gags délirants…malheureusement pas drôles du tout (même au 74è degré).

Pour me consoler je me suis accroché à Modern Family, une autre sitcom au casting détonnant. De bons gags, une certaine sympathie, mais rien d’exceptionnel comme tentent de nous le faire croire certains critiques. Et puis bizarrement j’ai de plus en plus de mal avec la réalisation façon The Office, où les personnages témoignent devant la caméra d’une pathétique existence qu’ils sont les seuls à ne pas connaître. (J’ai tenu à peine quelques minutes devant Parks and Récréation tellement c’est repompé).

Quitte à regarder une sitcom, j’ai aucune honte à voir quelque chose de plus classique, comme Accidentally on purpose. J’avais pas trop accroché à Dharma et Greg, mais Jenna Elfman m’a agréablement surprise par sa bonne humeur et son dynamisme. Eh bien, Accidentally on purpose, c’est un mélange très subtil : Une pincée de sitcoms familiales à l’ancienne mais adapté aux moeurs actuelles (une grossesse imprévue peut-elle créer une famille, surtout quand il s’agit d’un choc générationnel entre les deux futurs parents ?), une pincée de gags plus « osés » (grâce à la jeunesse de certains protagonistes), et une réalisation conventionelle. Tout cela sent bon l’équilibre, et la magie opère : les personnages deviennent très sympathiques. Et fait curieux, j’ai tenu jusqu’à maintenant sans me dire que cela n’avançait pas, ou que cela faisait redite. C’est du plaisir, tout simplement.

Vous allez croire qu’en matière de sitcoms je suis très classique, c’est ma foi un peu vrai quand j’y pense. Bon, je ne le suis pas au point d’apprécier « Hank« , énième sitcom ratée de notre inégalable KelseyFrasierGrammer. Que voulez-vous, pour réussir une sitcom purement classique, il y a tout simplement un niveau d’écriture que personne ne peut plus atteindre désormais (Mes sitcoms préférées ? Friends, Frasier, Seinfeld, et … Arrested Development).

Et puis il y a ces autres sitcoms dont le résumé me fait peur : Cougar Town avec Courteney Cox-la quarantaine toujours séduisante- qui chasse l’homme (la peur de vieillir fait décidément naître des séries égocentriques), The Middle repompé sur Malcolm in the Middle (qui déjà à la base est loin d’être une réussite)…

Non, cette année, je me concentre sur The Big Bang Theory, seule comédie délirante assumée, auto-parodique, référencée, et magistralement interprétée (Jim Parson mérite des éloges encore plus appuyés). Oh bien sûr, la série n’est pas tout le temps réussie, mais elle a un capital culte. En amoureux des bons dialogues, des piques décisives, de joutes verbales sans fin, j’ai du reconnaître que la geekerie était un supplément savoureux.

Parler de How I met your mother m’est déjà beaucoup plus pénible. C’est la série qui m’horripile : promesses jamais tenues, gags de moins en moins drôles, destruction du seul personnage qui en valait la peine, et à peine lancée dans une voie sans issue, la voilà qui refait marche arrière. C’est pas facile de se séparer d’une série qu’on a suivi pendant plusieurs années, plus par habitude d’ailleurs que par réel plaisir. C’est peut-être aussi du au fait que c’est une série que l’on aime vendre comme un nouveau « Friends » alors qu’elle en est à des années lumière. J’irai peut-être jusqu’à la centième, vu que les derniers épisodes tentent – maladroitement, mais c’est déjà ça – de redresser la barre d’un navire qui coule…

En parlant de navire qui coule, je n’ai pas regardé la 9è saison de Scrubs. C’est un choix délibéré. Tout comme pour moi Prison Break ne continue pas avec un ultime téléfilm pourri, Scrubs s’arrête en huitième saison, avec un soupir de soulagement, en essayant de donner une cohérence et une certaine nostalgie. Ressusciter les morts, outre que c’est moralement répréhensible et que ça devrait être puni par la loi, c’est jamais bon. Enfin… je dis ça, mais je suis prêt à renier ces dernières paroles si jamais Pushing Daisies ressuscite, si vous me refaites revenir Caroline Dhavernas à la télé, ou si un miracle survient pour Dollhouse.

Au rayon dramas, je dois dire que je suis davantage excité par la mi-saison à venir (Parenthood, Chuck, Lost, Life unexpected, human target, ou Happy Town) que par ce qui m’a été proposé jusqu’à maintenant.

J’ai volontairement zappé Melrose place (je vous ai dit qu’il fallait pas faire revenir les morts, déjà ?), et Beautiful Life (y a des limites à l’indécence 😉 ). J’ai également zappé Glee (bien que savoir que Joss Whedon va réaliser un épisode me fait douter un peu), parce que je déteste Ryan Murphy (j’ai jamais compris le culte autour de Nip/Tuck, et vu comment il a détruit Running with Scissors…).

Flashforward avait pour lui un pitch alléchant… Et ça en restera là. J’ai tenu tant que j’ai pu, devant ces personnages anti-charismatiques et dont on se contrefout complètement, devant cette réalisation baclée, mais non, l’avancée de la mythologie de la série n’aura pas suffi à me convaincre. C’est un peu comme Jericho qui ne m’a pas tenu en haleine très longtemps, mais là au moins j’aimais une partie du cast. Flashforward, le nouveau Lost ? C’te blague…

J’ai tenté aussi les nouveaux med-show (on ne se refait pas), pour voir s’il y avait de place entre House et Grey’s Anatomy depuis l’arrêt d’Urgences. La réponse est non. Trauma balance des images chocs pour pallier à une profondeur psychologique caricaturale. Mercy et sa jolie Michelle Trachtenberg tentent de faire du sous-Grey’s Anatomy en nous expliquant que ce sont les infirmières qui sauvent le monde (!). Et enfin Three Rivers nous la joue CSI 2030 avec des histoires d’organes dans un complexe hospitalier avec des écrans tactiles (voire 3D) de la taille d’un mur avec bien sûr un accès à une base de données énorme dès l’arrivée du patient. Ah l’imagerie médicale fantasmée à Hollywood ! Bon Three Rivers ça sentait pas bon depuis le départ, mais j’étais curieux de voir enfin un acteur coréen dans les premiers rôles d’une série américaine (en l’occurrence Daniel Henney, célébré comme il se doit en Corée). Ben en fait j’ai rien vu. Et je préfère oublier !

Au niveau des retours, c’est assez catastrophique pour Fringe, qui après un bon départ se plante lamentablement avec des loners soporifiques. Le série est en danger, et c’est dommage parce que je lui trouve toujours du potentiel, et puis un peu de fantastique à la série, ça fait pas de mal. Outre l’absence d’enjeu satisafaisant (un combat entre deux mondes parallèles avec des méchants qui n’en finissent plus de concocter un plan diabolique qu’Olivia devait empêcher  mais maintenant c’est trop tard ! (reprenez votre respiration) ); le problème c’est aussi qu’ils ont changé un peu la dynamique en mettant Joshua Jackson en avant, il est subitement passé de conseiller à agent sur le terrain. La dynamique père-fils est toujours là, heureusement, et il y a même plus de scènes pour l’assistante. Je visionne la série avec beaucoup moins d’entrain, et ça remet même en cause l’éventuel achat de la première saison en DVD.

Heroes, c’est toujours du n’importe quoi. Ca part dans tous les sens. Avec quelques moments appréciables, c’est toujours ça de pris. Ce qui vaut le coup, en fait ça reste la prestation de T-Bag, pardon, Robert Knepper. Et puis on a moins de Grunberg, de Larter et surtout de Ramamurthy. Bon faudra toujours m’expliquer l’intérêt d’une intrigue d’une sourde et muette qui émet des couleurs en jouant de la musique… Comme toujours dans Heroes, les pouvoirs des héros sont là pour en mettre plein la vue, pas pour être utiles…

Je ne reviens pas sur la fin de Monk, j’en ai fait un billet.

Dexter s’est vu conclure sa quatrième saison sur un cliffhanger, chose étrange. La série va avoir du mal à repartir, il faudra un temps d’explication, un temps pour démêler l’inextricable pour rendre le tout cohérent. Et malheureusement la sortie du producteur originel n’annonce pas le meilleur. A part ça, Dexter a réalisé une saison moyenne, mais pas si mauvaise comme j’ai pu le lire. Comme d’habitude, la série a soufflé le chaud et le froid (que ce soit la prestation de John Lithgow ou une intrigue soap sans intérêt), mais j’ai davantage apprécié le chemin psychologique de Dexter, à contrario des autres saisons. Un regret, énorme, toutefois :  on nous a toujours présenté Dexter comme un tueur pas si méchant parce qu’il tue des assassins. Et il s’en était toujours sorti en ne tuant aucun innocent (la fin de la deuxième saison est magistrale à cet égard). Alors quand enfin les scénaristes nous présentent une situation contraire, je m’imaginais de sérieuses complications psychologiques, un développement, quelque chose. Que nenni, c’est presque comme si rien ne s’était passé. Voilà l’exemple parfait de potentiel narratif complètement gâché.

Grey’s anatomy remonte bien la pente. C’est le chamboulement question personnages, avec une dynamique et une intéraction toute nouvelle. Je ne suis pas certain que les petits internes ne soient là pour autre chose que des triangles amoureux ou des couples à faire/défaire, mais j’apprécie beaucoup une nouvelle régulière : Jessica Capshaw qui joue la pédiatre Robbins. Même Hunt regagne en intérêt, c’est dire. Bref, pour l’instant c’est assez rafraichissant. Mais pour combien de temps encore ?

House effectue une bonne saison (Mais en tant que fan, suis-je encore objectif ?). Après une entrée en matière tonitruante (le double épisode est un des meilleurs de la série), les anciens personnages ont enfin de la matière. Une vraie renaissance, mais de courte durée. Le départ de Jennifer Morrison m’a rendu un peu amer, d’autant que c’était un de mes personnages préférés, qui avait encore du potentiel. Heureusement, la série conserve ses qualités d’écriture, et balance efficacement ses histoires d’un personnage à l’autre. Même Wilson aura droit à un bon épisode. Et puis la relation House-Cuddy prend un nouveau tour, à voir, donc…

The Mentalist réalise pour l’instant une excellente 2è saison. Ce show a progressivement grandi, de sympathique, il m’est devenu incontournable. Cette année, il y a davantage d’approfondissement des personnages secondaires (Enfin Robin Tunney ! Et il ne manque plus que Cho, mon préféré), un arc très convaincant et palpitant, toujours de l’humour… Non, vraiment, The Mentalist assure et j’attends avec impatience les prochains épisodes. Que soient conspués ceux qui décrient sans savoir ses nominations à différentes récompenses 😉 On peut être classique et réussi.

Dollhouse. J’ai toujours défendu le show, même à ses débuts, où la déception était palpable vis-à-vis du ton et des arcs. On en a profité pour critiquer le cast, que je trouvais pourtant bien, y compris Eliza Dushku vu l’importance du défi. Cette deuxième saison a redonné la foi à ceux qui n’y croyaient plus, et me concernant, m’a rendu encore plus accroc. Oui, quand Joss s’installe dans une série, il lui faut toujours du temps, pour que les pièces s’imbriquent, que la mythologie s’installe, que le ton humoristique arrive peu à peu, pour que les personnages trouvent leur utilité. Rappelez-vous Angel ! Et maintenant qu’on y est, la série est annulée. Trop tôt, beaucoup trop tôt. Je n’espère pas un miracle, mais que la série se termine en beauté (et peut-être des comics pour prolonger l’histoire). Le dernier épisode s’intitulera Epitaph two ? Oui la Fox vient de tuer pour la deuxième fois une série fantastique (dans tous les sens du terme).

Je termine ce bilan par deux bonnes surprises (il en fallait quand même !).

La première, plus raisonnable, c’est le remake de V. Ca n’a certes pas l’envergure de la série originelle. Ca s’installe très vite. Mais le cast dans son ensemble, à défaut d’être très bon, est efficace, et l’histoire se laisse suivre sans déplaisir, même pour les nostalgiques. Certes, 4 épisodes, c’est court, mais la série part dans de bons rails, et c’était loin d’être gagné d’avance. Ah, et Morena Baccarin est également une très bonne surprise. (Elle avait un trop petit rôle dans Firefly, alors V, c’est la séance de rattrapage, mais sans les cheveux longs).

La seconde bonne surprise, c’est White Collar. Bon, ma chère et tendre avait commencé à regarder pour Matthew Bomer. Je suis resté pour l’alchimie entre les acteurs (Tim De Kay était éblouissant dans Carnivàle et il l’est encore plus en changeant de registre, son personnage lui sied comme un gant), le rythme, l’humour, et la sympathique mythologie qui se met en place. C’est vraiment une série auquelle on s’attache petit à petit. Un peu comme l’avait été The Mentalist, avec son personnage principal malin et manipulateur. Un regret : Tiffany Thiessen (What about Brian) aurait mérité un peu plus de temps d’antenne (mais sa grossesse en est peut-être la cause si j’ai bien compris).

En bref, 3 nouveautés que je suis avec plaisir (Accidentally on purpose, V, White Collar), une assez bonne reprise pour l’ensemble des shows que je suivais jusque là, et surtout l’attente de Janvier, pour que les choses sérieuses commencent enfin…

Alice

La nouvelle mini-série de Sy Fy, adaptation de l’oeuvre de Lewis Caroll, m’a déconcerté. Bien sûr le cast est plutôt bon : Caterina Scorsone¹ (Missing) fait une jolie Alice, Andrew Lee Potts (Primeval)  joue un excellent Hatter, et le reste du cast est flamboyant mais trop peu exploité. La réalisation oscille entre le bon et le médiocre (les effets spéciaux trop ambitieux sans doute dénaturent complètement l’impact des scènes, tandis que les décors et les costumes bien que parfois vides sont soignés et font très 70’s).

Gros problème : la première partie est extrêmement linéaire et nous présente les personnages et les situations les unes après les autres sans captiver pour autant (le dépaysement a ses limites, surtout quand on ne ressent aucune émotion). Et si la deuxième partie joue avec les rebondissements, ils sont très répétitifs. Pour tout dire cet aller-retour permanent avec la reine (interprétée par Kathy Bates) m’a beaucoup ennuyé. Même le twist final pourtant audacieux n’est pas émouvant.

Du coup j’ai du mal avec les quelques bonnes critiques trouvées sur le net. Peut-être que ce remake ne s’adressait qu’aux fans de Lewis Caroll, ceux qui voulaient voir avant tout une nouvelle version de cet univers. Alors que moi je me suis passablement ennuyé.

¹: vous ne trouvez pas qu’elle ressemble beaucoup à Marin Hinkle (Once and Again) ?