[30 days drama challenge] Day 12 : scénario favori

On aborde aujourd’hui une question intéressante. Qu’est ce que j’aime dans un scénario ?

D’emblée, je tiens à dire qu’il n’est pas facile de généraliser, mais en réfléchissant j’ai quand même trouvé quelques tendances dans mes choix.

D’abord, la question de l’originalité ne se pose pas forcément. Oui, au bout d’un moment, pour éviter la lassitude, je suis attiré par des scenarii plus originaux, plus « rafraichissants ». Mais ça ne signifie pas que d’un coup de cœur passager ça peut se transformer en passion durable.

C’est là toute l’importance du média. Pour que le scénario me plaise, il faut qu’il réussisse à me tenir en haleine tout au long des épisodes de la série. Du coup, la série doit éviter deux sortes d’écueil, selon leur origine culturelle :

– pour les dramas asiatiques : éviter la redondance, les passages à vide fréquents en milieu de série coréenne.

– pour les séries américaines : au lieu de tergiverser parce que la série n’a pas de fin définie, elle doit se fixer un but et s’y tenir. Ou, à défaut, se réinventer en assurant un minimum de cohérence, en faisant évoluer ses personnages sans les transformer radicalement, que la série soit feuilletonnante ou non.

On touche un point sensible : la disparition progressive des séries feuilletonnantes sur les networks. Là où les séries asiatiques assurent au téléspectateur un début et une fin, s’engager dans une série feuilletonnante aux USA est un pari risqué. A quoi bon s’engager dans une fiction mystérieuse si pour des raisons d’audimat vous n’en connaitrez jamais la fin ? Oh bien sûr, ce qui prime ce n’est pas la destination, c’est le voyage (et c’est un de mes arguments principaux pour défendre Lost), mais quand même. Lost a eu l’immense chance de pouvoir planifier sa fin, et ça c’est ressenti sur la qualité d’écriture dès l’accord signé.

Du côté des dramas coréens, il y a cet étrange sentiment d’attirance et de répulsion envers des comédies romantiques formatées. Car oui, je comprends tout à fait le reproche de Ladyteruki sur le fait que ces séries là se ressemblent toutes. Pour simplifier : la fille au caractère trempé, généreuse mais qui en bave comme pas possible pour s’en sortir financièrement, le gars né avec une cuillère dans la bouche, imbu de lui-même mais au grand cœur, le prince charmant parfait sous tous rapports qui ne réussira jamais à conquérir la belle, la méchante jalouse, qui ne pense qu’ à détruire cet amour naissant, et enfin les parents qui représentent l’ultime obstacle à la durabilité du couple. Et pourtant, si je ne peux m’empêcher de tiquer moi aussi sur ces carcans, le charme opère quand même. Comment l’expliquer ? Tout d’abord parce que tout ceci n’est finalement qu’une poussière dans l’œil, car ce qui compte, c’est l’alchimie des protagonistes, l’émotion qu’ils transmettent. On ne le dira jamais assez aux producteurs d’Hollywood : une comédie romantique ce n’est pas une avalanche de gags médiocres portés sur le sexe avec deux têtes d’affiche qui subitement couchent ensemble sans aucune justification. Une comédie romantique, ça se construit. Et sur ce plan là, les coréens sont imbattables, car ils font progresser l’attraction/la répulsion, donnent de la profondeur à leurs personnages, les rendent peu à peu très sympathiques, puis attachants… Bref, ils visent au cœur.

Vous l’aurez donc compris, j’attache une très grande importance non seulement à la cohérence psychologique des personnages, mais aussi à l’émotion véhiculée. Et là, toute est une question de sensibilité, et j’aurai du mal à vous dire où je place le curseur. Quand la démonstration verse dans le larmoyant de manière répétitive, j’ai l’impression qu’on me « force », et je me détache… C’est donc une question de dosage subtil.

Du côté des dramas japonais, alors que je leur reproche pour la plupart leur manque de romantisme, je salue leur imagination débordante. Ce qui est bien avec les japonais, c’est qu’ils osent. Tout. C’est un vaste réservoir d’idées, de mise en scène inventive, de personnages décalés et dans le même temps ils peuvent très bien réussir à toucher la corde sensible avec leurs human drama.

Bref, je vous en reparlerai certainement quand j’aborderai mon dossier pour vous aider à plonger dans les dramas coréens (non je n’ai pas abandonné l’idée).

Alors, au regard de tout ce que je viens de dire, quels seront mes choix ? A vrai dire, j’ai hésité. La solution aurait été de dire : j’aime les scénarii qui parlent de vie quotidienne, sans rebondissements excessifs. Un bon scénario, pour moi, c’est celui qui arrive à maintenir en haleine avec… rien. Non, je ne vais pas faire comme dans Seinfeld, (« it’s a show about nothing »). Ce qui me plait, c’est la construction des personnages, l’émotion véhiculée. Que l’on parle d’amour, du sens de la vie, que l’on m’ouvre les yeux sur la beauté précaire de notre monde, que l’on me fasse rire, pleurer, que l’on réchauffe mon cœur avec un propos sincère, touchant, juste. Pour toutes ces raisons, j’aurai donc tendance à vous donner les mêmes réponses, encore et toujours  : Alone in love pour la Corée, Koi Ga Shitai pour le Japon, Once and again pour les USA.

Mais pour diversifier un peu mon propos et rendre hommage à d’autres séries qui ne déméritent pas, j’ai choisi d’autres fictions :

Flowers for my life et Coffee Prince (Corée du Sud). Voilà deux exemples de dramas qui sortent de leurs carcans originels (une comédie romantique avec carré amoureux) pour donner une vraie leçon sur l’amour, le bonheur et la vie.

Flowers for my life, d’abord, qui commence par nous présenter une fille cupide et un garçon menteur, et qui finit bien au delà d’une histoire d’amour, ou de la quête du bonheur. La série est l’une des rares, si ce n’est la seule, à donner une image sereine, chaleureuse, sur la fin de notre existence sur Terre.  Un véritable bouleversement pour moi qui suis un grand angoissé de la vie. D’un point de vue scénaristique, la série aura donc su contourner tous les méandres de la comédie romantique, en donnant de l’émotion, et du sens. Le tout plongé dans l’univers des funérailles coréennes. Flowers for my life est le côté pile de Six Feet Under, ou Dead Like Me. C’est en quelque sorte le chaînon manquant positif.

Coffee Prince, ensuite, parce qu’elle a su elle aussi se débarrasser progressivement de toutes ses intrigues habituelles pour se concentrer sur l’essentiel : l’amour rend heureux. C’est naïf, idiot de le dire, et pourtant je vous assure que l’on sort d’un tel visionnage avec le sourire aux lèvres. Voir ces deux là se taquiner, s’aimer à l’écran est une source de bonheur sans fin. Combien de fictions s’arrêtent sur l’aveu final, voire la rencontre ? Voilà une série qui a tout compris et qui fait mentir l’adage américain selon lequel une fois l’amour consommé il ne doit jamais durer car le spectateur s’en lasserait. Non, le téléspectateur a besoin de voir ses personnages heureux. Vous voyez, le scénario à la fin tient sur un timbre-poste, et pourtant ça fonctionne parfaitement. Parce qu’une fois tout en place, l’univers se suffit à lui-même. De la même façon qu’on a plaisir à retrouver une famille fictive dans une série, on a la joie de voir un couple s’avouer ses sentiments au grand jour. Quand vous êtes amoureux et que vous êtes heureux, vous avez envie de le crier au monde. Coffee Prince, c’est ça. Inutile de vous dire que j’ai hâte de voir paraitre le coffret dvd en France, prévu pour le mois d’octobre chez Dramapassion.

Manhattan Love Story (Japon). Je vous ai déjà parlé plusieurs fois de cette fiction, mais elle détonne tellement par rapport aux comédies romantiques que je voulais saluer son ingéniosité. L’originalité, ça paye parfois. Vous prenez des personnages qui n’ont a priori aucun point commun sinon de se retrouver un jour ou l’autre au café de Tensho, et vous vous imaginez jouer les entremetteurs. Problème, votre si beau schéma qui rend tout le monde heureux semble ne pas être juste. S’en suivent des moments jubilatoires, délirants où des couples improbables remplacent des couples pourtant si évidents. Le tout en essayant de donner une justification psychologique pour détailler l’attirance existante ou à naître. Vous finissez par ne plus rien comprendre : qui est avec qui, déjà ? Manhattan Love Story est un puzzle tout simplement extraordinaire, qui révolutionne tout ce qui s’est fait dans ce domaine.

Wonderfalls et Pushing Daisies (USA).  J’ai failli rajouter Dead Like Me, mais ça faisait peut-être un peu trop fan de Bryan Fuller, non ? Ça contredit un peu mes généralités, puisque ces personnages n’évoluent pas vraiment, et que la fin est un peu précipitée. Qu’importe, des idées créatives comme ça se font rares à la télévision. J’ai donc plutôt voulu mettre l’accent sur le concept que sur le scénario proprement dit.

Wonderfalls est parti d’un postulat simple : toute représentation d’un animal (sculpture, affiche, bibelots, …) se met à parler à une jeune fille désenchantée et lui donne une mission … pas très explicite. Celle-ci doit donc décoder le message et accomplir sa tâche, malgré tous les ennuis qu’elle va avoir ou qu’elle va causer. Si ce postulat fantastique est très drôle, le show n’oublie pas de donner à ses personnages une vraie personnalité, et un véritable petit univers se met peu à peu en place. J’en ai pas parlé dans mon introduction, mais construire un univers cohérent ça montre un scénario bien construit, et ça aide non seulement à l’immersion, mais à l’attachement. Que serait Gilmore Girls sans les habitants de la bourgade de Stars Hollow ?

Pushing Daisies est un concept un peu plus compliqué à assimiler, ce qui explique peut-être ses audiences moyennes, n’arrivant pas à attirer de nouveaux téléspectateurs. Ou peut-être est ce ce ton improbable, à mi chemin entre le policier, le fantastique et la romance ? Voilà un jeune garçon qui s’aperçoit qu’en touchant les êtres vivants morts, il les ranime à la vie. Pour une minute, seulement, hélas. Car s’il ne touche pas à nouveau ces êtres vivants pour les renvoyer à leurs morts au bout de ce délai, un être vivant perdra la vie dans un environnement proche. Alors le jour où il touche le corps inanimé de son amour de jeunesse, lui rendant la vie, ce jeune pâtissier ne peut se résoudre à la lui reprendre. Dès lors, il ne peut toucher celle qu’il aime, sous peine de la voir disparaître à jamais. Il ne peut que la regarder, ce qui donne au récit une très forte dimension romanesque. Et en attendant, le jeune pâtissier va aider un détective privé à résoudre des crimes, simplement en demandant au défunt qui l’a tué. Mais évidemment, dans cet univers délirant, rien n’est jamais simple. Avec ce concept alléchant, cette mise en scène soignée et ces acteurs sympathiques, le show aurait du cartonner. Hélas, il ne suffit pas d’avoir un bon scénario de départ, encore faut-il donner du rythme au récit, et c’est là que se trouve son talon d’Achille. Dans les grandes lignes le show est extraordinaire. Au quotidien, il n’a pas su trouver son souffle.

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[Ma sélection d’épisodes de Noël] Seinfeld 9.10 – The Strike

Nous avons vu précédemment une nouvelle invention pour les fêtes de Noêl (Chrismukkah). Ce n’est rien comparé à Festivus, la fête créée par le père de George Costanza, parce qu’il ne supportait plus l’aspect commercial de Noël. Une partie du délire de l’épisode provient de ces situations absurdes, où lors de la fête de Festivus, on ne remercie pas les personnes venus à table, mais on les engueule. Et puis le sapin de Noël est remplacé par un pôle en aluminum, sans guirlandes. Il sert pour des combats père-fils qui ont d’ailleurs traumatisé ce pauvre George.

Pauvre George, pas étonnant qu’il ne comprenne rien à la signification de Noël. Cet avare trouve une astuce pour éviter de débourser le moindre centime en cadeau tout en passant pour un bienfaiteur. Ayant reçu comme cadeau une carte lui disant qu’un don a été fait en son nom à une œuvre de charité, le voilà qui reprend l’idée à son compte. Sauf que, évidemment, quand il distribue ses cadeaux, ses dons sont faits au nom de la Human Fondation (« des sous pour les gens »), une invention signé George. Malheureusement, il va se faire piéger quand il recevra un don de son patron pour cette fondation, la comptabilité n’appréciant guère les plaisanteries.

Outre les échanges de cadeaux et Festivus, l’épisode parle également de la grève de 12 ans de Kramer, personnage habitué aux loufoqueries, mais aussi de l’avarice et de la malhonnêteté d’Elaine. Elle veut en effet obtenir son sandwich gratuit après en avoir acheté et mangé 23. Mais pour se débarrasser d’un homme qui le courtise mais qui ne l’intéresse pas, elle se trompe et lui donne son carton avec un mauvais numéro. Il va falloir qu’elle revienne vers lui pour obtenir son sandwich, mais ça va pas être si simple.

La petitesse de Jerry est également mise à l’honneur, avec Jerry qui s’effraye de sa nouvelle conquête qui n’arrête pas de changer d’aspect.

En bref, tous les défauts des personnages sont particulièrement mis en exergue dans cet épisode de Noël. Eh, ils sont humains, aussi. Malheureusement. Mais c’est ça qui rend Seinfeld si drôle.

Mes séries comiques de référence (4/5) : Seinfeld

Ah, Seinfeld! Inoubliable Seinfeld. La série phare de la NBC, diffusée de 1989 à 1998. Seinfeld est un objet atypique dans l’univers télévisuel, et lorsqu’il arrive, il mettra du temps à trouver son audience (Ce n’est qu’à la 3è saison que tout décolle vraiment). Il faut dire que cette série ne fait rien comme les autres : c’est d’ailleurs son but : parler de rien, comme si c’était tout. Au point qu’elle racontera elle-même sa propre histoire : Jerry et George cherchent à vendre le concept d’une série télévisée.

George Costanza : I think I can sum up the show for you with one word: nothing.

Russell Dalrymple : Nothing?

George Costanza : Nothing!

Ce délire philosophico-comique pourrait être qualifié de  nihiliste (à tendance masochiste) : donner du sens à ce qui n’en a pas, ou plutôt enlever du sens à ce qui pourrait en avoir. Le résultat est proprement décapant. L’absurde est à son paroxysme dans des tonnes de dialogues millimétrés :

Jerry What are you saying?

Elaine : I’m not saying anything.

Jerry : You’re saying something.

Elaine : What could I be saying?

Jerry : Well you’re not saying nothing so you must me saying something.

Elaine : If I were saying something, I would have said it.

Jerry : So why don’t you say it?

Elaine : I said it.

Jerry : What did you say?

Elaine : Nothing.

La série ne parle de rien, n’a pas d’histoire à part un léger fil comique que l’on sent venir petit à petit. Souvent l’épisode débute lorsque ses personnages sont attablés dans un snack. On y trouve donc Jerry Seinfeld, le comédien qui n’arrive pas à trouver l’âme soeur. Son ami George Costanza (Jason Alexander), un chauve à la moralité douteuse, est extrêmement radin, peureux, et menteur. On y trouve également Elaine Benes  (Julia Louis-Dreyfus), l’ex de Jerry, intelligente mais superficielle, et qui ne trouve pas non plus chaussure à son pied. Enfin, le voisin de palier de Jerry, le pique-assiette Kramer (Michael Richards) naïf, à l’inventivité débridée, est l’élément loufoque du groupe, source de nombreux gags visuels. Outre les parents de Jerry et de George qui feront régulièrement des apparitions, un autre élément s’est petit à petit immiscé dans le groupe : Newman le facteur, détesté par Jerry, car sa cupidité et ses mauvais coups sont sans borne.

C’est donc un groupe de gens pour le moins méprisables qui sont les héros de cette série. Ils se mêlent de tout pour pour vérifier leurs théories farfelues ou améliorer leur train de vie, avec évidemment des conséquences désastreuses.

Jerry : I’m not gay. Not that there’s anything wrong with that.

Les premiers épisodes de la série voient Jerry en stand-up à la fin de l’épisode, un moment privilégié pour comprendre l’intelligence comique de Jerry Seinfeld, dont les sketchs restent inégalable. Mais Jerry Seinfeld n’est pas le seul aux commandes. On sent très vite la patte de Larry David (Curb your enthousiasm). Au fur et à mesure que la série avance, des arcs entre les épisodes se forment, et d’innombrables gags deviennent récurrents : des gags visuels (Kramer qui ouvre la porte de l’appartement de Jerry), et bien sûr des répliques cultes, dont la plus fameuse (yada, yada, yada) sert désormais à remplir les blancs dans une histoire :

Jerry : Where’s Marcy?

George Costanza: She went shopping for some shoes for the wedding, and yada yada yada, I’ll see her in six to eight months.

D’autres répliques seront passées dans la culture populaire (comme « master of my domain », un euphémisme qui aura valu un prix à Larry David).

Jerry : But are you still master of your domain?
George Costanza : I’m king of the county. You?
Jerry :I’m lord of the manor.

Il m’aura fallu un certain temps pour plonger dans cet humour particulier, pour apprécier des personnages détestables, mais au final les moments « cultes » se sont enchainés (the soup nazi, et à peu près toutes les scènes de George Costanza, l’un des meilleurs personnages jamais vus à la télé…). Pour moi, Seinfeld est encore aujourd’hui une institution, une véritable référence en matière d’écriture.

La série aura rencontré un succès phénoménal et tire sa révérence en pleine gloire, au bout de 9 saisons. L’épisode final attirera près de 80 millions de téléspectateurs, plaçant la série comme la 3è de tous les temps. Elle aura rapporté à ce jour près de 3 milliards de dollars.

Mes séries comiques de référence (3/5) : Friends

Pour une écrasante majorité de téléphiles avertis, la sitcom de référence, c’est Friends. Mais le temps passe vite, et je n’aurai jamais cru dire ça un jour, il existe des jeunes qui n’ont pas vécu Friends comme les autres. Car Friends, série phare de NBC, diffusée de 1994 à 2004, est la série générationnelle par excellence.

Qui aurait pu croire à l’époque, qu’une série basée sur 6 jeunes amis, interprétés par des inconnus ou presque (Seule Courteney Cox était connue) , allait devenir un phénomène  de pop-culture au niveau mondial ? On avait pu sentir les prémices de la révolution télévisuelle, avec Cheers : les amis sont en passe de remplacer le cercle familial. Finies les Cosby Show, Madame est servie ou la nounou d’enfer. La famille va progressivement se cloisonner dans les dramas et les amis vont faire exploser les sitcoms.

Mais pour arriver à une telle identification, il fallait que la série parle de problèmes communs à tous les jeunes qui ont débuté leur vie active : les relations amoureuses, la carrière, et l’avenir. Pour éviter que la série ne se focalise sur un ou deux personnages, les scripts vont uniformément développer les 6 caractères, et leur donner le même temps d’antenne.

Phoebe (après avoir chanté) : If you want to receive e-mails about my upcoming shows, then please give me money so I can buy a computer.

Il y a donc Monica Geller (Courteney Cox), un chef cuistot obsessive et compétitive. Elle a eu des problèmes de poids dans son adolescence. Son frère Ross Geller (David Schwimmer), paléontologue, marié, avec un enfant, s’aperçoit qu’il a de graves problèmes de couple (sa femme est lesbienne). Il a toujours été secrètement amoureux de Rachel Green (Jennifer Aniston) qui vient de rompre avec son futur mari. Rachel est une enfant gâtée, qui a toujours vécu grâce aux aides financières de sa famille, et elle va devoir apprendre à faire sa vie seule.  Joey Tribbiani (Matt LeBlanc) est un acteur raté, simple d’esprit, glouton, mais dragueur né (son personnage donnera lieu à un spin-off raté qui dura quand même deux saisons). Son meilleur ami est Chandler Bing (Matthew Perry), le blagueur du groupe, beaucoup trop difficile avec les filles pour être un séducteur. Enfin Phoebe Buffay (Lisa Kudrow) est la chanteuse excentrique, décalée, qui a été abandonnée par sa mère mais qui a une sœur jumelle Ursula Buffay (dont le rôle apparaît dans la sitcom Mad about you).

Ross : We were on a break!

Chandler: Oh, my God! If you say that one more time, I’m going to break up with you!

C’est vers la seconde saison que le succès est venu, même si tout était déjà en place pour être très drôle. Les répliques fusent, notamment avec Chandler, on s’amuse de l’ébouriffante Phoebe, de l’agaçante Monica, ou du stupide Joey, et on veut savoir où va nous mener le rapprochement Rachel-Ross. Le couple phare de la série n’aura heureusement jamais pris l’ascendant sur les autres histoires : par exemple sur l’amitié si forte entre Joey et Chandler.

Ross : You know, you probably didn’t know this, but back in high school, I had a major crush on you.

Rachel : I knew.

Ross : You did. Oh… I always figured you just thought I was Monica’s geeky older brother.

Rachel : I did.

Joey : Why do you have to break up with her? Be a man. Just stop calling.

Le phénomène d’identification, l’affectif joue à plein. Le générique est chanté par des fans. Les scènes rejouées. Des mimiques sont reprises un peu partout (les guillemets avec les doigts, les poings qui se balancent l’un contre l’autre). Et le merchandising suit. Les acteurs deviennent les stars que l’on connait, et la série est prolongée jsuqu’à une 10ème et dernière saison. Malgré une baisse de régime, la série conserve toute sa magie. Et lorsque le final est diffusé en 2004, il constitue la 4è audience de show télévisé (les trois premiers dans l’ordre étant MASH, Cheers, et Seinfeld). Le spin-off sur Joey ne sera pas une réussite, et depuis les rumeurs vont bon train sur un épisode spécial, voire un film, mais une page est tournée.

Désormais culte, la série continue d’être diffusée partout dans le monde.

C’est là qu’on se rend compte qu’il est très dur de parler d’une série auquelle on est attaché sentimentalement. Grâce à tous ces moments forts, drôles, émouvants, elle fait partie des meilleurs moments de ma vie de téléphile, tout simplement. Et je souhaite à tout le monde de découvrir un jour une série remplie de singe, de canards, de bébés qui restent dans le bus, d’échanges d’appartement, de secrets entre amis, de pantalon en cuir trop serré, de nudiste, de coupe Geller, de Gunther, de « 7 – 7 – 7 ! », de piqûre de méduse, de crâne sexy, de demandes en mariage, de divorces, d’histoire de premier baiser dans le noir, … « oh my eyes, ! my eyes ! ».